Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

lundi 16 septembre 2013

Equateur, Communautés Indiennes, Parc de Yasuni et Pétrole

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1600

Le pétrole d’Équateur est-il de gauche ?


Cet article a paru dans Charlie Hebdo le 28 août 2013
Rafael Correa, président de l’Équateur, et rusé renard. D’un côté, il prétend en 2007 vouloir se passer du pétrole du parc de Yasuni. De l’autre, il vend l’Amazonie et les Indiens aux transnationales.
——————————————
La version pour les altergogos : Rafael Correa, président – de gauche – de l’Équateur, est un héros. D’ailleurs, Mélenchon l’adore et réciproquement. En 2007, Correa propose de ne pas exploiter le pétrole du parc national Yasuni, en échange d’un chèque de 3,6 milliards de dollars signé par les pays du Nord. Ceux qui parlent de la crise climatique sans jamais rien foutre. Nous.
Six ans plus tard, n’ayant obtenu que des clopinettes, le même Correa annonce le 15 août dernier que le pétrole du Yasuni sera exploité. Aux chiottes les 696 espèces d’oiseaux, les 2 274 d’arbres, les 382 de poissons, les 169 de mammifères. Et les Indiens de la forêt, car nous sommes, mais oui, en Amazonie.
C’est beau comme un chromo, mais comme un chromo, c’est de la daube. Correa a été élu président en 2006 grâce à une coalition mêlant la gauche classique, y compris chrétienne, les groupes écologistes et alter, et le puissant mouvement indigéniste. Les Indiens sont certes minoritaires – ils représentent quand même 25 % de la population -, mais leurs idées le sont bien moins.
Et quand Correa fait voter sa nouvelle Constitution, en juin 2008, il prend soin d’y inscrire en toutes lettres une vision politique remontant aux Quechuas de l’ère précolombienne : le sumak kawsay, qu’on traduit généralement par « bien-vivre ». Bien qu’aucune définition n’épuise sa signification, ce « bien-vivre » tourne le dos à l’idée de croissance économique et considère les relations avec la nature comme essentielles à l’équilibre de toute société.
Et donc Sarayaku, village kichwa de 1200 habitants. Kichwa, c’est-à-dire quechua. Quand on commence à parler de pétrole dans ce coin d’Amazonie – qui n’a rien à voir avec Yasuni -, dans les années 90, les habitants de Sarayaku envoient une émissaire se renseigner à Quito, la capitale. Elle y rencontre des biologistes, des économistes, des politiques, et rentre, ayant compris l’essentiel : on va éventrer son pays. Les Indiens envoient chier toutes les propositions des compagnies et en 2002, lourdent les employés venus pour les premiers travaux, escortés par 400 flics et militaires. La résistance n’a cessé depuis de s’amplifier, sur fond de menaces, d’emprisonnements, de tortures.
En 2003, les Indiens déposent une plainte devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qui leur donne raison, contre toute attente, estimant en juin 2012 que l’État équatorien a violé leurs droits. La Cour exige qu’à l’avenir, les Indiens soient consultés sur tous les projets les concernant.
Certes, le verdict condamne les prédécesseurs de Correa, mais ce dernier tire une tronche épouvantable, car il gêne considérablement ses projets. En novembre 2012, sans bruit, il met aux enchères l’exploitation de 13 champs pétrolifères au beau milieu de l’Amazonie, déclarant : « Bienvenidos todos los inversionistas que buscan esa rentabilidad razonable, pero con altísima responsabilidad ambiental ». On dirait un dépliant de Total : « Bienvenue à tous les investisseurs qui cherchent une rentabilité raisonnable, mais avec un haut sentiment de responsabilité environnementale ».
À ce stade, plus de faux-semblant. Dans un entretien au magazine américain de gauche New Left Review (septembre-octobre 2012), Correa officialise sa rupture avec une partie de ses soutiens de 2006. Il déclare notamment : « Je ne crois pas que Marx, Engels, Lénine, Mao, Ho Chi Minh ou Castro ont dit non aux mines ou aux ressources naturelles. C’est une nouveauté absurde, mais qui semble être devenue une part fondamentale du discours de gauche ».
Dans le même entretien, Correa embrasse sur la bouche les transnationales, assurant : « Une exploitation propre des ressources naturelles peut aider à conserver la nature plutôt qu’à la détruire ». Sublime. Alberto Acosta, ancien président de l’Assemblée nationale, qui a rompu avec Correa, a un point de vue un poil différent. Pour cette grande gueule locale, l’exploitation du pétrole dans le parc national Yasuni serait une honte nationale. Et il réclame l’organisation d’un référendum. Sûr que Mélenchon va le soutenir.

NDDL : l'Ancienneté du Projet Pourrait le Retarder

On a reçu ça et ma foi, la flore et la faune du bocage seront certainement épargnés, enfin, cette info peut nous le faire penser. Restons tout de même vigilant, ne nous laissons pas endormir 

 Bonne nouvelle sur le front de l’aéroport. 


Le Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD), siégeant en formation d’Autorité Environnementale, a rendu une décision le 29 juillet dernier, au sujet du permis de construire de l’aérogare dans le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Paru sur le site du CGEDD le 05 août 2013, cet organisme (présidé par Philippe MARTIN, Ministre de l’Ecologie et du Développement durable !) considère :

* que les impacts et les mesures environnementales correspondant à l’aérogare n’ont pu être suffisamment appréciés !

* que l’étude d’impact de 2006 doit être actualisée, avec TOUTES les constructions retenues dans le projet, en raison de l’ancienneté de l’étude d’impact existante et sur tous les points qui ont été précisés ou qui ont évolué depuis 2006 !

http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/130729_Decision_Aeroports_Grand_Ouest_cle2b3d15.pdf

mercredi 11 septembre 2013

Daniel Mermet : Droit de Réponse (3)

C'est la rentrée, voici deux autres témoignages concernant l'émission Là-bas si j'y suis et Daniel Mermet suite à l'article à charge d'Olivier Cyran.

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2809&var_recherche=Agn%E8s+Le+Bot

Agnès Le Bot : Là-bas si j’y suis, 2008 - 2011.


10 juillet 2013,

Je suis Agnès Le Bot, « cheffe » du répondeur pendant une saison en 2008-2009, attachée de production (i.e. assistante) de « Là-bas si j’y suis » les deux années suivantes. J’ai hésité à répondre au papier d’Olivier Cyran. Cela ne servait à rien me semblait-il, les faits seraient encore « tordus », mes mots mal compris, retournés contre moi. C’était aussi une de ces querelles de clochers dont je me sens on ne peut plus éloignée. Il y avait également la peur de ne pas savoir m’exprimer. Et un sentiment de ne pas être légitime aussi, puisque je ne travaille plus à France Inter.

Mais j’ai continué à regarder ce qui s’écrivait ici ou là, la pseudo « enquête » de Rue 89, certains des commentaires sur les différents sites. Et que n’ai-je pas lu sur moi ces jours-ci ! Je suis « lobotomisée », entrée dans « une équipe à caractère sectaire » au sein de laquelle je détournais la tête lorsque d’autres « se faisaient démolir », et dont je serais ressortie à la fois comme « les soldats de la Légion » et « terrorisée » à l’idée de parler de cette expérience.
N’en jetez plus !

Si je veux écrire maintenant c’est aussi parce que je suis frustrée de ne pas avoir parlé dans ces papiers. Pas parce que j’avais peur mais pour une raison très simple : personne ne m’a interviewée, ni même contactée. Ils ont réussi à retrouver « Eve » et « Mauranne » mais pas moi. Pas plus qu’aucun des anciens ou actuels membres de l’équipe que je connais. Une soixantaine de personnes passées à « Là-bas », cinq témoignages. Bonjour l’enquête contradictoire.

Il y a aussi quelques faits, rapportés comme des preuves irréfutables, qui m’ont effarée. Les salaires des reporters par exemple. Comptez donc : 927 euros par reportage, deux reportages sans les indemnités de l’intermittence : 1 854 euros. Ou un reportage et les 1 500 euros par mois de l’intermittence, selon François Ruffin : 2 427 euros par mois. Vous gagnez ça, vous ? Pas moi.
Le répondeur qui ne serait pas un mi-temps ? L’année où je le faisais j’étais également attachée de production remplaçante pour la Matinale de France Inter et je faisais le montage pour les reportages à l’étranger de « Là-bas si j’y suis ». Alors là oui je peux vous parler de conditions précaires : trois boulots pour avoir un salaire, quelques jours de 5h du matin au soir. Mais ce n’était pas le fait de Daniel Mermet. Vous croyez quoi, c’est comme ça partout dans les media : piges, cdd à répétitions, faux intermittents du spectacle. Allez disons presque partout en espérant très fort trouver la jolie boite qui fait exception à la règle, un jour !

Pour revenir à « Là-bas », il faut que je prévienne, je ne parle pas depuis un bord politique. Ma politique c’est la radio et le journalisme, les faits. Bien sûr je suis « sympathisante », mais pas militante. Du coup, je comprends que les libertaires voudraient que « Là-bas » soit plus libertaire, les communistes plus communiste, les ... enfin bref, nous sommes sûrement nombreux à vouloir que « Là-bas » nous appartiennent, mais ce n’est pas le cas.

Moi, donc, je suis arrivée pour la radio. A Inter depuis deux ans, je voulais devenir monteuse. J’ai commencé à le faire sur des émissions de la grille d’été, mais c’est à « Là bas » que j’ai réellement appris ce métier. Pour ça il me semble que je n’ai pas ménagé ma peine. J’ai travaillé tard, tôt, beaucoup. Ce n’était pas le bagne hein, les gens étaient compréhensifs et mes heures étaient payées (et mieux que dans mes postes précédents). Mais j’ai raté beaucoup de montages, recommencé à zéro, Giv, Antoine, Khoi ou Raphaël ont du me réexpliquer vingt fois les choses. Bref j’ai appris, c’était long, c’était difficile. Et c’était exactement ce que je voulais : pas par masochisme, mais parce que l’artisanat c’est ainsi, il faut prendre le tour de main et ça ne se fait pas en une semaine.

C’est Khoi, le réalisateur, qui me l’a dit après mon premier vrai montage, qui n’était même pas diffusable : on ne peut pas y arriver du premier coup, c’est comme pour tout, il faut accepter d’apprendre.

J’ai eu mes séances d’écoute avec Daniel. La première des messages du répondeur par exemple, ma première fois assise à côté de son bureau. Il m’a dit « C’est mal monté ». C’est tout. Et bien c’était vrai. Puis plein d’autres après, pour les reportages qu’il faisait à l’étranger avec Giv ou Antoine. C’était différent des écoutes dont parle François : moi ce n’était pas mes questions que j’avais coupées, c’était les siennes. C’est un truc que les journalistes détestent, ça, les monteurs qui se permettent de couper leurs si belles et intelligentes questions. Avec d’autres d’ailleurs ça c’est parfois très mal passé. Daniel m’a dit que ça n’allait pas, parfois. Et parfois que c’était bien.

Qu’on se comprenne, Daniel ce n’est pas un gentil monsieur tout en rondeur. C’est une forte personnalité, qui s’entoure de fortes personnalités. Dans le bureau 528, pour faire entendre sa voix, il faut y aller. Pas « mettre ses couilles sur la table », non, je suis bien contente de ne pas en avoir. Il faut prendre son courage à deux mains, s’exprimer, être plus intelligent que son prochain, convaincre Daniel. Ne pas s’écraser devant lui. Il ne faut pas être tiède. Mais j’ai tendance à croire que dans la vie en général, il ne faut pas être tiède.

Donc, au sein de l’équipe de « Là-bas si j’y suis », j’ai appris le montage, j’ai appris le direct, j’ai appris la radio. Et j’ai appris l’engagement aussi, beaucoup de choses sur la politique, l’économie, l’histoire, moi débarquant petite fille qui se croyait cultivée parce qu’elle savait épeler le nom de Chomsky.
J’ai appris à m’exprimer, à (essayer de) m’imposer, à échanger. J’ai rencontré des gens formidables, reçu de l’amour et de l’amitié, et puis d’autres que j’ai moins aimés, avec qui je n’irai pas boire un café. Comme partout où je suis allée. Je me suis tapée des heures très longues et j’en ai vécu d’autres plus légères. J’en ai eu marre, j’ai été fatiguée, j’ai été remotivée, j’ai été heureuse. Comme dans mes autres boulots.

Et puis j’ai vu des reporters rivaliser entre eux, j’ai vu des gens que j’appréciais ne pas s’entendre avec Daniel et d’autres membres de l’équipe, j’ai vu des querelles internes, des avis qui divergent, des gens qui envoient tout valser, des nouveaux qui veulent apprendre, et qui à leur tour trouvent cela long et difficile. Comme dans mes autres boulots. J’ai vu également la reporter qui témoigne dans le papier de Cyran. J’ai vu avec Daniel et elle deux personnes qui ne se comprenaient pas du tout tenter de travailler ensemble. Oui j’aurais du comprendre que la situation s’envenimait, que cela allait mal se terminer, que chacun se retranchait sur ses positions, que tout le monde était malheureux. J’aurais du lui dire qu’elle serait plus heureuse ailleurs, pas parce qu’elle était médiocre, du tout, pas parce que Daniel était un tyran, mais pour la même raison que moi j’ai été malheureuse parfois dans d’autres équipes : parce qu’il me semble qu’ils ne parlaient pas le même langage. Je regrette de ne pas l’avoir fait.

Pour les autres témoignages, j’étais déjà partie lorsque Benjamin Fernandez est arrivé. Eve et Maurane étant anonymes, je ne peux pas savoir qui c’est et donc ce qu’elles ont vécu. Quant au témoignage de Julien Brygo, je suis circonspecte. J’étais là et je m’étonne beaucoup qu’il n’ait pas été payé pendant six mois, alors que ses reportages étaient diffusés. Je m’étonne qu’il ne se soit pas senti soutenu, vu le travail qu’ont fourni pour ses sujets le réalisateur, l’assistant réalisateur et Daniel. Je m’étonne du récit qui est fait des deux dîners racontés dans l’article. L’un parce que j’étais là. Et l’autre parce que je n’y étais pas mais Olivier Cyran oui. Je ne dis pas que cela veut dire quelque chose, sa présence, mais que taire ce fait est étrange, à mes yeux. 

Mais je ne gérais pas les piges, les salaires, les heures de montages, je n’étais pas de tous les dîners, je n’ai donc pas les éléments concrets en ma possession, ce qui m’oblige à attendre les conclusions de l’enquête du CHSCT, qui pour l’instant semble bien circonspect, lui aussi. Et à me taire, en attendant. Mais cela ne m’oblige pas à considérer son témoignage comme tout à fait honnête. Du tout.

J’avais imaginé que je voudrais aussi raconter le Daniel que je connais. Vous me pardonnerez, j’ai ma pudeur. Simplement : le portrait qu’en fait François Ruffin est juste. Daniel n’est pas un ange. Je suis contente de ne pas en être un non plus. Mais ce n’est pas un monstre, un sadique, un tyran, un pervers narcissique... je ne sais même plus ce qui est dit, tout ça me semble si fou.

Ce que je garderai toujours en mémoire, en plus de toutes ces choses que j’ai apprises en parlant avec lui, Charlotte, Pascale, Khoi, Giv, Raphaël ou Antoine, c’est ce qui est décrit dans ces quelques lignes : « Il est dix heures du soir et je quitte le bureau, quasi-désert. Plus aucun bruit au cinquième étage. Juste la sonnerie de l’ascenseur. « Bonne nuit, Daniel. » Il ne reste que lui, sous un petit halo de lumière. Il épluche les courriels de ses auditeurs, ou il prend des notes dans ses carnets, ou il appelle Daniel Bensaïd. Mentalement, je le photographie, avec nostalgie déjà : c’est un morceau d’histoire au présent que je contemple. Et je me demande : qu’est-ce qui le fait courir, encore ? »

Il faut de l’endurance pour travailler à la radio en général, il faut de l’endurance pour travailler à « Là-bas si j’y suis ». Et lui il en a. Plus que moi, plus que beaucoup des gens qui sont passés à « Là-bas », sûrement. J’espère sincèrement qu’aucun de ces commentateurs ne parviendra à le décourager.

Car je lis un peu partout « Que Mermet passe la main ». Il m’arrive parfois de me dire qu’il faudrait qu’il le fasse. Pour lui, pour qu’il profite plus des gens qu’il aime, pour la vie quoi. Mais il a raison de continuer, tant que la direction ne l’en empêche pas définitivement. Pourquoi ? Parce qu’il ne peut pas passer la main, justement. Vous croyez qu’il a quelque chose à passer ? Vous croyez que France Inter, à son départ, va s’embêter à garder « Là-bas si j’y suis » ? La relève, à mon avis elle est déjà quasi programmée, et je mets ma main à couper que vous allez déçus, si vous vous attendez à ce qu’un autre « Là-bas » existe, après. Écoutez donc l’antenne...

En conclusion, ce qui est attaqué ces jours-ci c’est l’émission que Daniel Mermet a créée, c’est lui, mais c’est aussi moi, mon travail, ma personne, ce que j’ai fait et été pendant ces années. Et quand je vois comment c’est fait, pour le coup c’est ça qui me terrorise.

Agnès Le Bot 


Christophe IMBERT (ancien "chef du répondeur" à là-bas-si-j’y-suis) 2001-2007


10 juillet 2013 

En tant qu’ancien assistant chargé du répondeur (de septembre 2001 à juin 2007) et face à cette curée étonnement lancée au début de l’été, ne permettant pas à l’intéressé Daniel Mermet de se défendre dans les meilleures conditions, je me dois de vous raconter l’émission « là-bas-si-j’y suis » telle que je l’ai vécue contrairement à tous ces web accusateurs qui commentent ou rapportent avec violence une situation sans aucune connaissance de cause, n’ayant jamais mis les pieds dans le bureau. 

En tant que « chef du répondeur », j’ai passé des années essentielles à là-bas, je ne connaissais pas Daniel Mermet plus que ça, ne militais pas, je ne l’encensais pas, ne le craignais pas ; des réal et autres assistants de France-Inter me disait qu’il était plutôt bon de passer par l’émission de Daniel Mermet pour voir ce qu’était de la bonne radio, apprendre à bien monter, que c’était dur mais qu’il était toujours possible d’en sortir de toute façon, on n’y était pas enfermé. 

En 6 ans de boulot à là-bas, jamais je n’ai ressenti personnellement ne serait-ce que le début d’un sentiment de harcèlement, ni d’humiliation. J’y ai même connu des grands moments de fou-rires. Au début Daniel s’est rapidement penché sur mon très bas salaire (d’assistant payé à mi-temps à radio France) pour décider de le rallonger en prenant dans le budget de son émission, je n’ai plus les sommes en tête mais il me serait facile de les ressortir, seulement si j’ai une véritable preuve du montant de tous les salaires effectivement versés à ceux qui se plaignent (avec complément chômage que le statut d’intermittent permet) sachant que « là bas si j’y suis » est l’émission de reportage qui paye le plus à France Inter.


La plupart des piges (ce peut être pour un papier comme un reportage) qui sont autour de 100 euros dans les autres émissions, à part quelques exceptions, j’ai vu des chroniqueurs payés dans les 280 euros par pige (une pige par mois). Tout dépend du budget alloué à une émission. Je rappelle que le statut d’intermittents à Radio-France est en voie de disparition, voulu par la direction et par les syndicats, trop précaires ? Une autre discussion serait nécessaire quant à la précarité actuelles de dizaines de chargés de production et de réalisateurs à France-Inter du fait qu’ils sont désormais en CDD, statut choisi (par défaut) par les syndicats et la direction en lieu et place de l’intermittence qui, malgré son caractère précaire, m’avait permis de travailler pendant 17 ans sans risque de rupture de contrat pour cause de cumul comme cela se fait pour les CDD après 3 années de bons et loyaux services.

Pour ce qui est des conditions du travail des reporters et des moments difficiles qu’ils vivent à la préparation ou à l’écoute des reportages, ils son réels évidemment, ne serait-ce que déjà en raison du caractère direct et bien trempé de Daniel qui ne pratique pas l’hypocrisie contrairement à l’usage général et en raison aussi de la rigueur demandée qui ont fait la réputation de cette émission.

Daniel Mermet ne fait pas partie de ceux qui embauche des « amies » ou des « militants » pour bien les servir, il propose à ceux qui le désirent de venir travailler pour lui mais ne garanti pas d’accepter un reportage s’il n’est pas bon c’est un fait, c’est parfois difficile, est-ce condamnable ? j’aimerais bien connaître les conditions de salaire et de travail des autres médias.

Daniel Mermet se trouve dans le même bureau que l’équipe où parfois une douzaine de personnes travaillent en même temps et cela ne permet pas, contrairement à ce que font certains « patrons », d’engueuler ou de faire des critiques en catimini dans un bureau confiné. Cela peut donner hélas du grain à moudre effectivement à ceux qui ne s’entendent définitivement pas avec Daniel ou qui ne supportent plus la critique répétée et leur permettre de pouvoir rapporter, auprès d’amis journalistes, d’avoir été humilié devant une équipe de « lâches » impassibles.

En tout cas de mon côté, toutes ces années passées à Là-bas si j’y suis m’ont permis, en observant, écoutant, d’apprendre beaucoup grâce au sens que Daniel Mermet a de la mise en onde d’un reportage. Cette expérience m’a permis de devenir le réal (imparfait) que je suis à France-Inter.
Je rappelle pour finir qu’une enquête internet menée par SUD Radio-France à eu lieue, avec les témoignages d’ex et d’actuels de l’émission, je n’y ai même pas été convié, curieux. Aucune suite n’a pu être donnée pour faute de preuve suffisante.

Je me demande si cette attaque savamment étudiée (juste à l’orée de l’été) ne relèverait pas plus de l’envie d’une vengeance personnelle et politique avec le souhait final de débarquer et prendre la place de Daniel Mermet que d’une réelle défense de deux ex-futurs grands reporters ? 
A qui peut profiter ce « crime » ? posez-vous la question.
En CDI depuis 2007 à Radio-France (j’étais intermittent assistant, puis réal depuis 1991), je réalise les émissions « Sur les épaules de Darwin », « Co2 mon Amour », « l’as-tu-lu mon p’tit loup » et « Tous Politiques » sur France Inter

Christophe IMBERT 

mardi 10 septembre 2013

Chaîne humaine pour l'Indépendance de la Catalogne

On a reçu ça :

Pour votre information. Demain (mercredi 11 septembre) nous ferons une chaîne humaine de plus de 400 km pour l'indépendance de la Catalogne Sud.
Ceux de la Catalogne Nord prolongerons depuis le Perthus, ou la Jonquera (en voiture personnelle il faut y aller avant 13h00 car les routes seront fermées ensuite jusqu'à 19h00).
Désolé pour ceux qui ne parlent pas le catalan pour ce qui suit...



més_informacions_de_l'interès_de_tots
No et limites a contemplar, aquestes hores que ara vénen,baixa al carrer i participa. No podran res davant d´un poble unit, 

alegre i combatiu” Vicent Andrés Estellés
 L'11 de setembre escriurem una pàgina rellevant de la història catalana. 

A la Via Catalana tots hi sem necessaris, tots hi tindrem la mateixa importància.

per a ser segur de poder arribar-hi un consell

Un dossier complet amb totes les explicacions pràctiques per a reéixer la manifestació
​ 
Llegiu aquest dossier atentament, si us plau. La complexitat de la Via Catalana exigeix que tots i cadascun dels participants disposi de la màxima informació. Només si és un èxit logístic, serà un èxit polític.
Hi trobaràs:

RESUM
• HORARIS
• RECOMANACIONS PER ALS DIES PREVIS
• RECOMANACIONS PER A LA DIADA
• FREQÜÈNCIES DE RÀDIO
• CONSELLS DEMOBILITAT 
• CONSELLS DE SEGURETAT
• CONSELLS DE SALUT 
• ENS TROBARÀS A...
Llegeix
 
Recordem que aquest dimarts a les 18.30 convoquem una concentració a les 18.30h al peu del Castellet.
Farem un assaig de Cadena Humana a les 19h... llegeix més


Programa de les animacions al Portús

a partir de les 15h
  • Els Mariners del Canigó (Havaneres)
  • Carles Sarrat (cantant i músic del grup Blues de Picolat)
  • De CALAIX
  • Pascal Comelada i Enric Casasses
  • Performance de Lluís COLET (1659 paraules per la sobirania de Catalunya)
  • crida a posar en plaça la cadena nord-catalana (16H59)
  • 16H59: Connexió amb la pantalla i el rellotge de Figueres (TV3) llegeix més
El Portús serà un lloc on se concentrarà la premsa nord i sud catalana.

vendredi 6 septembre 2013

NDDL : Chronique août 2013 (9)

Neuvième chronique illustrée pour savoir ce qui s'est passé sur la ZAD et aussi  ce qui s'est dit et fait autour du projet d'aéroport inutile, imposé et destructeur à Notre Dame Des Landes pendant ce mois d'août 2013. 
Merci encore à l'auteur partie prenante du Collectif Conflent 66 en soutien à NDDL.



Infos de la semaine : du 1er au 4 août


Jeudi 1er août

Jean-Paul Naud (2e élu avec une écharpe tricolore en partant de la gauche), lors d'une manifestation contre le projet d'aéroport, en 2010.© Archives PO


Notre-Dame-de-la-poudrière. Lundi, Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, a décoché un arrêté interdisant le déroulement du « Zad’nard déchaîné », manifestation prévue à partir de vendredi sur le site dédié au projet de nouvel aéroport.  Cet événement, orchestré par les zadistes - militants altermondialistes et anticapitalistes campant sur la zone - se veut le pendant alternatif du rassemblement organisé ce week-end par les opposants historiques. Festival qui verra défiler des artistes comme Sanseverino, Tryo ou Lo'Jo.
Selon Jean-Paul Naud, la manifestation est illégale, car elle « n’a fait l’objet d’aucune déclaration de la part des organisateurs ». L'élu indique que « les services communaux et la brigade de gendarmerie de Blain sont chargés de l’application » de cet arrêté. Même si on peine à croire que les autorités mobilisent des forces de l'ordre pour évacuer le site.

Scission

Des tensions se font également jour entre les opposants historiques et les zadistes, même si officiellement, chacun récuse cette analyse. Dominique Fresneau, porte-parole de l’Acipa - l’une des principales associations luttant contre le projet - déplore sans fard la concomitance des festivals : « C’est d’autant plus regrettable qu’on laisse toujours une place aux zadistes lors de notre grand rassemblement estival, et c’est évidemment le cas ce week-end ». Samedi, une tentative de médiation a tourné court.
Une partie des zadistes va donc faire scission. « C’est gênant pour nous comme pour eux, même si ce n’est pas le même public qui est visé, reprend Dominique Fresneau. Il y aura du gros son sur leur manif.
Nous, c’est clair que l’on n’a pas pris l’option d’amener un festival techno sur place. Reste à espérer que les gens suivront la bonne signalétique pour ne pas être déçus. »
Presse Océan – 31-07-13

Vendredi 2 août

C’est la fourmilière à différents endroits par ici, entre les préparations du "On ne lâche rien" organisé par la Coord du "ZADnard déchaîné", des rencontres des comités et autres, semaine antispéciste...

Samedi 3 août  


Le ZADnard déchainé (sans autorisation municipale) :





















Le festival officiel de l’ACIPA et de la Coordination :











Egalement :



Aéroport. Week-end de rassemblement sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes



L'association d'opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'Acipa, organise un grand week-end de rassemblement à Notre-Dames-des-Landes. Vingt-quatre groupes et artistes se produiront bénévolement avec en têtes d’affiche Sanseverino, Tryo et le groupe de world music Lo’jo. 
Des forums et des débats animeront l’ensemble du week-end sous les chapiteaux, avec pour thèmes centraux les grands projets inutiles, l’aménagement du territoire et la transition énergétique. 
Le site choisi, un champ de 11 hectares non loin du carrefour des Ardillières, se situe au nord de la ZAD et de la désormais fameuse route D281 longtemps bloquée par les opposants radicaux. L’entrée est soumise à une participation de soutien libre.
Parallèlement, les Zadistes organisent un festival "off" "en soutien à la programmation officielle". Le maire de Notre-Dame-des-Landes a pris un arrêté interdisant ce festival qui n'a fait l'objet d'aucune demande d'autorisation.

L'appel d'Europe-Ecologie-Les Verts

Europe Écologie Les Verts, en Loire-Atlantique, appelle à participer massivement au rassemblement. « Pour compléter les actions juridiques et les recours administratifs, nous invitons tous les citoyens opposés au projet d’un aéroport inutile économiquement et nuisible écologiquement à rejoindre ce week-end de mobilisation », expliquent les élus écologistes. A noter également la présence d’élus EELV de Bretagne : Anne-Marie Boudou, Janick Moriceau et Gaëlle Rougier, René Louail, conseillers régionaux et Michèle Le Tallec, co-secrétaire et porte-parole EELV Bretagne.
Un millier de cerfs-volants
500 bénévoles sont mobilisés tout au long de ce week-end. 200 comités de soutien, venus de toute la France, sont réunis pour participer à une quarantaine de forums. Ce dimanche matin, le ciel de Notre-Dame-des-Landes sera constellé d'un millier de cerfs-volants.
Presse Océan – 13H30

Dimanche 4 août

La presse parle d’affluence timide au festival estival de la coordination des associations et partis politiques contre l’aéroport. 5000 personnes samedi selon Ouest torchon. Ça doit bien rigoler dans les préfectures et bureaux des gens de la haute... Nous, on pourrait être déçu ou inquiet si on en oubliait qu’on ne gagne pas une lutte à coups de recensements mais en construisant un rapport de force et que pour ça, le nombre n’est pas forcément l’élément clé...

Pendant ce temps-là, la capitale verte coupe des platanes (42 à priori) et les élague pour optimiser ses places de parking, boulevard de la prairie aux ducs.


La mobilisation POUR l’aéroport ("des ailes pour l’ouest") continue :


  • Pfff.... AH AH AH ! D’en bas on pourrait croire à un moustique écrasé dans un rond bleu mais il s’agit d’un oui et d’un avion.... Un petit conseil : chacun ses méthodes, laissez nous l’affichage et gardez les bons vieux pots de vins et lobbying divers, ça vous réussit mieux !



    Aéroport. Rassemblement NDDL : 40 000 personnes selon les organisateurs


    Le rassemblement festif de Notre-Dame-des-Landes "est un succès" d'après les organisateurs qui expliquent avoir comptabilisé 15 000 personnes pour la journée d'hier et 40 000 sur l'ensemble des deux jours. Aujourd'hui à 14h30 " ce chiffre était déjà atteint" assure Julien Durand, président de l'Acipa. Les gendarmes quant à eux recensaient 8 000 personnes aujourd'hui à 18 heures. Sur les onze hectares que couvre le festival militant, concerts, débats, conférences ou encore projections de films s'enchaînent sous les chapiteaux et sur la scène. Ce soir le chanteur Sanseverino donnera de la voix à partir de 22h30.

    Presse Océan – 19H24



    Infos de la semaine : du 5 au 11 août

    Lundi 5 août  


    Aéroport. Notre-Dame-des-Landes : la bataille des chiffres

    Pari gagné à Notre-Dame-des-Landes


    Combien étaient-ils dans les prés de Notre-Dame-des-Landes pour protester contre l’aéroport ? 40 000 assurent les organisateurs de l’Acipa. 17 000 selon la préfecture. Du simple au double. Comment arrive-t-on à un tel écart ? Une certitude : la mobilisation n’a pas réuni les 50 000 festivaliers attendus par les opposants les plus optimistes. « C’était sans doute un peu imprudent d’afficher ce chiffre, convient Ronan Dantec, sénateur EELV. Si la fréquentation n’atteint pas des sommets, l’enjeu n’était pas un record d’affluence. Il fallait avant tout passer les messages. Beaucoup ont le sentiment que c’est gagné. Mais il faut rester mobilisés. L’État a rouvert des espaces de dialogue. »



    Presse Océan – 06H20




    © Frédéric Girou

    L'affluence importante de ce week-end montre que la mobilisation des opposants à l'aéroport ne faiblit pas.De 30 000 à 40 000 personnes ont participé ce week-end au rassemblement contre le futur aéroport.
    Après un démarrage un peu lent, dans l'après-midi de samedi, des milliers de militants (entre 30 000 et 40 000) se sont retrouvés à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), tout au long du week-end, pour réaffirmer leur opposition au projet d'aéroport. Pari gagné pour les organisateurs qui espéraient 40 000 à 50 000 personnes et qui savaient que l'affluence constituait l'enjeu majeur de ce rassemblement estival.
    Pour Julien Durand, porte-parole de l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes), c'est « une très belle édition, avec des gens très différents. Il y a eu aussi beaucoup de débats. Samedi soir, on a fini la soirée avec plus de 15 000 personnes, ça fait plaisir. »
    Autre motif de satisfaction, « un rajeunissement. Les jeunes sont sans doute davantage venus pour les concerts. Mais on les a aussi vus dans les forums : la relève est assurée... »
    Anne-Marie Chabod, coprésidente et cofondatrice de l'Acipa, association organisatrice, se souvient en souriant des premières années, « où on invitait les gens à venir avec leur pique-nique. La scène, c'était une remorque agricole... » En 13 ans, ce rassemblement estival a changé de braquet. Notamment, ce week-end, avec la venue bénévole de plusieurs têtes d'affiches : Tryo, Sanseverino, Bernard Lubat... De quoi conforter des militants déterminés à enterrer ce projet d'aéroport, au nord de l'agglomération nantaise.
    Un festival Off, organisé par des opposants plus radicaux, a eu lieu à quelques kilomètres de là. Interdit par la municipalité, il s'est déroulé sans encombre mais avec beaucoup moins de participants.

    Anne-Lise FLEURY.   Ouest-France – 05-08-13 - 05:30 

    Le week-end à Notre Dame des Landes, des lumières dans le ciel et de l’espoir



    Le grand rassemblement festif contre le projet d’aéroport et les projets inutiles s’est déroulé les 3 et 4 août. Une superbe ambiance, ici racontée.



    Reportage, Notre Dame des Landes


    Lettre à toi qui aurais dû venir à Notre Dame des Landes
    Je sais que ce sont les vacances et que la date n’était pas pratique pour toi, mais franchement, tu aurais dû venir à Notre Dame des Landes, ce week-end des 3 et 4 août. On était presque 40 000 sur les deux jours ! Bien loin des prévisions pessimistes relayées par les principaux médias, la semaine dernière... Et j’ai d’ailleurs bien peur qu’ils ne te racontent aujourd’hui que le dixième de ce qu’on a pu y vivre réellement. Parce qu’une nouvelle fois, ce grand rassemblement fut une belle réussite.
    Pour l’occasion, les organisateurs de l’ACIPA avaient aménagé un grand champ de onze hectares, à cinq cents mètres au nord de la ZAD, pas très loin du carrefour des Ardillières. C’était très bien organisé, il y avait différents emplacements de parking et un grand camping géant, avec des points d’eau et des toilettes sèches. Et sur le site même de l’événement, ils avaient installé des chapiteaux et des barnums, de multiples stands, des bars au quatre coins, en plus bien sûr de la grande scène et de sa régie. Il y avait même des tables de ping-pong et des terrains de jeux pour les enfants ! Et pour gérer tout ça, il n’y avait pas loin de 500 bénévoles.


     Comme d’habitude, tu me connais, je ne savais pas où donner de la tête. Le programme était dense, avec trente-huit conférences-débats-forums officiels... On a pu discuter de plein de sujets ; bien entendu, on a beaucoup parlé du dossier de Notre-Dame-des-Landes en tant que tel – avec les enjeux du partenariat public-privé, la question de son financement, les failles juridiques, etc.
    On a aussi abordé les sujets de l’accaparement des terres avec la Confédération Paysanne, de la justice climatique avec Bizi ! ou de la tendance à la métropolisation avec le COSTIF (Coordination pour la solidarité des territoires d’Ile-de-France et contre le Grand Paris). Cela ne nous a pas empêché non plus d’évoquer de grands concepts de l’écologie politique autour de l’anti-productivisme et de la décroissance, avec Michel Lepesant (Mouvement des objecteurs de croissance) ou Vincent Liégey (Parti pour la Décroissance). Il y avait de quoi s’abreuver aussi avec Le Passager Clandestin, qui présentait son nouveau livre sur les Grands Projets Inutiles. Quelques jours après le troisième forum européen contre les GPI, tout cela a permis d’avoir une vision plus précise de la situation conceptuelle et pratique des résistances citoyennes en France et en Europe. Tout le monde était réuni pour donner un sens global et collectif à la démarche de lutte contre l’aéroport de NDDL. Ils étaient nombreux à s’exprimer : politiques, associatifs, syndicats, médias, éditeurs, etc., on comptait près de cinquante structures présentes.
    Moi, ce que j’aime bien dans ce genre de contexte, c’est la panoplie d’ateliers et d’animations, à côté, qui donne à voir les choses autrement. Niveau imagination et créativité, on était bien servi : les Amis de la Terre avaient organisé un jeu de rôle sur le financement des Grands Projets européens au stand Climat, tandis que Désiré Prunier nous jouait « Notre Dame d’Hollande et les Vincicrates » dans une conférence gesticulée qui valait sûrement mieux que quelques grands discours...
    J’ai aussi beaucoup ri quand j’ai vu les hommes-patates scander à qui veut l’entendre leur slogan « Oui aux patates, non au tarmac » !


    Et je ne te parle pas du Dragon du réchauffement climatique personnalisé par Bizi ! et qui déambulait dimanche pour cracher ses flammes et alerter tout un chacun sur le risque des hausses de la température mondiale...


    Samedi soir, l’ambiance était plutôt romantique : l’envol de centaines de lanternes célestes au coucher du soleil a teinté d’une jolie lueur d’espoir le ciel nantais.


    Celui-ci, comme une allégorie évidente du combat, s’est vu le lendemain matin colorié par mille cerfs-volants fabriqués à la main par un ancien habitant de NDDL. L’action avait un message : « Le ciel – comme la terre – restera libre à Notre Dame des Landes ». Tout ça au doux son des cornemuses bretonnes, je peux te dire que le tableau n’appelait qu’à l’évasion...



    De musique, il en fut aussi question tout le week-end, avec plus de vingt concerts différents. Les artistes jouaient bénévolement, et rends-toi donc compte : les organisateurs ont reçu plus de 150 sollicitations ! Plutôt que de jaser sur Tri Yann qui a publiquement soutenu le projet d’aéroport à NDDL la semaine dernière, on ferait mieux de parler de tous ceux qui étaient là, car le panel était éclectique et talentueux.
    On a découvert des groupes locaux, avec les Génisses dans l’maïs. On a dansé quelques fest-noz avec Lo Cor de la Plana. On a vibré sur la world music façon Lo’Jo et Gnawa Diffusion. On s’est rappelé nos tendres années de jeunesse quand Tryo a repris la main verte. Et on a même fait des slams sur la musique punk des Ramoneurs de Menhir ! Tu vois, il y en avait pour tous les goûts, et tous les âges. A l’image de la manifestation, multiculturelle et intergénérationnelle. C’est Christian, un paysan du Larzac et membre de la Via Campesina, qui me l’a dit à l’issue d’un énième pogo : « Se retrouver entre cheveux blancs, tout le temps, c’est chiant » !

    Et puis, après, il y a tous les interstices qu’offrent de tels rendez-vous. Le charme de ces grandes manifestations vient aussi des rencontres improbables qu’elles offrent. Comme celle de ce jeune cycliste, Jordi, 16 ans, parti tout seul depuis chez lui, à Rodez, dimanche dernier pour rejoindre Notre Dame des Landes. Plus de 500 km sur un vélo qu’il avait lui-même confectionné avec le collectif Vélorution. S’il était encore à prouver qu’on peut être jeune et engagé intelligemment...

    Sinon, j’ai pensé à toi, j’ai croisé ce bon vieux Camille, toujours plus zadiste dans l’âme. Il venait retrouver de vieux camarades et écouter quelques concerts. Comme quoi, il n’y avait pas de problèmes particuliers à l’égard des zadistes ce week-end. Je te dis ça, parce que l’organisation simultanément sur la ZAD d’un Off – qui a été interdit par la préfecture de police – avait semblé raviver la tension. Les gens veulent souvent opposer les zadistes aux autres comités organisés tels que l’ACIPA. Mais c’est plus compliqué que ça. J’en discutais avec Emmanuelle, qui est membre active d’un comité de soutien local à NDDL, elle connaît bien la ZAD. Elle fait souvent le pont entre ces deux mondes. Opposer les uns aux autres est la meilleure stratégie pour diviser et casser la convergence des résistances au projet d’aéroport !

    D’ailleurs, Camille m’a emmené faire un tour chez les zadistes. Cette mosaïque de profils et d’alternatives ne désemplit pas. Ils sont toujours près de trois cents à y vivre au quotidien, à expérimenter d’autres modes de vie en communauté. La résistance à la force militaire, notamment lors de l’opération César en novembre dernier, doit beaucoup à ceux qu’on qualifie de « marginaux », vagabonds modernes. Tant qu’il y aura ces cabanes en bois, il y aura de l’espoir, je te le dis.


    Enfin, bref, tu l’auras compris, c’était un beau week-end à Notre-Dame-des-Landes. Ne te fie pas trop à ce qu’on en dira dans les médias : bien sûr, l’affluence par rapport aux objectifs initiaux était moindre. Ce n’était pas le Larzac 2003, certes, mais était-ce là l’enjeu du rassemblement ? Je préfère voir la sérénité qui émanait des participants, elle traduit bien cette confiance en l’avenir et l’issue positive du combat. Et puis cette douce euphorie qui s’emparait parfois de la foule réunie autour des artistes... n’est-ce pas cela la force joyeusement subversive du militantisme face au pouvoir austère et conservateur de quelques-uns ?
    Il y avait comme une odeur de bonheur dans ce rassemblement militant. C’est ça, je crois, le convivialisme. Et entre nous, il y a quand même parfois des signes qui ne trompent pas : à voir toutes les étoiles filantes qui zèbraient ces belles nuits d’août, je me suis dit qu’en effet, il y avait d’autres manières de tracer le ciel...
    Ce n’est toujours qu’une question de perspective : on peut aussi prendre le temps, revenir aux éléments essentiels, contempler et apprécier. Cela m’a rappelé le dicton : « Tout peut encore arriver, même le meilleur ». Il n’en tient qu’à toi et moi, à nous.
    Barnabé Binctin – Reporterre – 05-08-13

    Notre-Dame des Landes, Lip et le droit de savoir

    Dans le droit fil de sa quatrième Rencontre avec Médiapart, CAMédia a participé samedi 3 août au rassemblement de Notre-Dame des Landes, haut lieu de réinvention démocratique dans les luttes et les institutions.


    © Denis Lafontaine


     Nous y avons présenté le film de Christian Rouaud Lip ou l’imagination au pouvoir et animé un bref débat. Pourquoi se référer à une lutte d’il y a quarante ans pour sauver les emplois dans un site industriel ? Parce que nous pensons qu'elle peut nourrir celles que mènent aujourd’hui des paysans et des citoyens pour sauver un cadre de vie dans un site rural et naturel. Lip, et à la même époque, le combat du Larzac contre l’extension du camp militaire et celui de Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire, sont riches d’une expérience qu’il faut arracher à l’oubli. A travers les décennies, on y retrouve l’initiative populaire autonome, le déploiement de mille ressources imaginatives, pour se réapproprier des biens communs. Notre-Dame des Landes prend le relais de cette tradition de lutte créative.


    © Denis Lafontaine

    © Denis Lafontaine

    En tant qu’abonnés de Médiapart, nous sommes tout particulièrement sensibles à l’importance d’une information de qualité pour éclairer l’action et la réflexion. Le film de Christian Rouaud met bien en évidence cet aspect des choses : les informations décisives que les ouvriers découvrent eux-mêmes en fouillant dans la serviette d’un administrateur, le rôle de la presse qui s’intéresse aux événements à partir du moment où la lutte s’engage dans des voies nouvelles, le réseau de bénévoles qui aident les Lip à réaliser leur communication écrite, les portes ouvertes en permanence pour que le grand public comprenne les enjeux et apporte son soutien...

    En toute logique indignée, nous avons invité les personnes présentes à signer la pétition « Le droit de savoir » contre la censure que subit Médiapart, dont nous avons affiché le texte.

    Ensuite nous avons eu le loisir de circuler à travers le vaste champ de chaume et y découvrir les débats sous les chapiteaux, les stands des associations, les panneaux des comités de soutien, les concerts.


    © Denis Lafontaine
    © Denis Lafontaine
    La Parisienne Libérée, en pleine forme, a bien sûr chanté « Le fol aéroport de Notre-Dame des landes »
    et nous a fait sauter sur « les deux pieds en même temps », comme le recommande le premier ministre, au son de « Le nouveau modèle français ».


    © Denis Lafontaine












    Les photos de Denis Lafontaine  nous offrent les instants, les portraits, les rêves de la fête et du débat pris sur le vif.

     Pour tirer un bilan des deux jours du rassemblement, nous avons interrogé Gilles Denigot, participant à la rencontre de Montluel, et membre de l’ACIPA – Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes. Pour lui, le succès du rassemblement – 15 000  personnes samedi, 40 000 personnes dimanche – confirme que le «  socle » de la lutte fonctionne très bien. Ce socle repose sur trois piliers : un pilier militant, un pilier politique et un pilier juridique.

    © Denis Lafontaine

    © Denis Lafontaine

    Du point de vue militant, le rassemblement confirme que la mobilisation des paysans et des citoyens se consolide, depuis l’automne 2012 (17 novembre, réoccupation des lieux, 11 mai, chaîne humaine, actions à chacune desquelles avaient participé 40 000  personnes). Une nouveauté importante : beaucoup de jeunes sont venus cette fois-ci, pour les concerts mais aussi pour participer aux débats sous les chapiteaux.
    Du point de vue politique, le collectif de 1200 élus qui doutent de l’opportunité de l’aéroport a enregistré beaucoup de nouvelles adhésions. Les élus qui ne connaissaient pas son existence commencent à en être informés – ce qui accentue les tiraillements et oblige les membres des partis, des appareils, à réfléchir.
    Du point de vue juridique, la commission européenne, en décembre 2012, a engagé une procédure précontentieuse envers la France qui viole certaines directives, entre autres sur la protection des zones humides. La cour de cassation, en janvier 2013, a donné un répit de dix-huit mois à deux ans sans expulsions des occupants en titre.

    Le gouvernement, pour calmer le jeu, en novembre 2012, a créé trois commissions : une commission de dialogue, une commission agricole, une commission d’experts scientifiques. Ces trois instances concluent en avril 2013 qu’il faut arrêter immédiatement les opérations en cours (fouilles archéologiques, expulsions, démolitions) et retirer les forces de police. L’Etat est embarrassé. Si l’ACIPA est confiante, elle ne relâche pas sa vigilance et s’attend à mener bataille pendant longtemps, des années peut-être.

    © Denis Lafontaine

    Gilles Denigot conclut que, symboliquement, il est important de renouer avec les combats victorieux du Larzac et de Plogoff.
     Lip, entreprise viable, a été coulée par décision politique lorsque Giscard-d'Estaing est arrivé au pouvoir. Lip a été puni pour que son exemple d’auto-organisation inventive ne se répande pas. Elu en 1981, François Mitterrand a tenu ses promesses et mis fin aux projets militaire au Larzac et nucléaire à Plogoff. François Hollande s’inspirera-t-il de Giscard d’Estaing ou de Mitterrand, pour Notre-Dame des Landes ?
    Les mobilisations seront déterminantes dans la prise de décision politique.
     Chantal Evano, Roger Evano, Denis Lafontaine

    © Denis Lafontaine

    Collectif CAMédia – Médiapart – 05-08-13

    Mardi 6 août

    Une farce poétique et fabuleuse sur l’aménagement, l’urbanisme et la marchandise, les appels d’offres, et qui aurait comme sous-titre en néon coloré, lettrage clignotant à tour de rôle sous l’enseigne principale. Un peu comme à Las Vegas. De quoi la ZAD est-elle le nom ? De quoi la métropole est-elle le nom ? Un feuilleton en neuf épisodes. Le premier épisode a été mis en ligne le samedi 3 août 2013 à 10 heures depuis Notre-Dame-des-Landes et les autres épisodes le seront tous les 9 jours. Bonne lecture.

    INFO 
    reçu :
    Je viens de croiser un collègue qui assure de source sure (mais à vérifier) que 25 camions-toupie neufs sont arrivés chez le transporteur ROUXEL à Vannes qui semble être le futur transporteur de béton pour le futur aéroport......peut être que par là-bas quelqu’un peut aller vérifier....

    reçu : Beurk !
    un facho qui s’affiche et affiche sur NDDL :


    Quelle tête de con.... et en plus, de la façon qu’il affiche son drapeau, ça fait plutôt « drapeau en berne »

    Mercredi 7 août

    Les rencontres intercomités se sont terminées hier soir, de prochains rendez-vous ont été fixés : compte-rendu à suivre bientôt ! Les semaines pour la libération animale et de construction en terre crue se poursuivent, et plein d’autres trucs ...

    Vendredi 9 août

    Bonne nouvelle sur le front de l’aéroport. Le Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD), siégeant en formation d’Autorité Environnementale, a rendu une décision le 29 juillet dernier, au sujet du permis de construire de l’aérogare dans le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

    Paru sur le site du CGEDD le 05 août 2013, cet organisme (présidé par Philippe MARTIN, Ministre de l’Ecologie et du Développement durable !) considère :
    • que les impacts et les mesures environnementales correspondant à l’aérogare n’ont pu être suffisamment appréciés !
    • que l’étude d’impact de 2006 doit être actualisée, avec TOUTES les constructions retenues dans le projet, en raison de l’ancienneté de l’étude d’impact existante et sur tous les points qui ont été précisés ou qui ont évolué depuis 2006 !


    Infos de la semaine : du 12 au 18 août


    Dimanche 18 août

    Ce matin vers 7h des individuEs sont venus se défouler sur la ZAD. Un four situé au niveau des Planchettes a été incendié. Un feu a également été lancé sur une des chicanes placée à proximité. Heureusement des copinEs vivant sur les lieux ont réagi avec rapidité et ont pu limiter les dégâts. Ces tentatives minables d’intimidation ne nous effraient pas mais on ne peut qu’être plein de colère face à ces actions qui mettent en jeu la vie des habitantEs.
     Plus réjouissant, les personnes parties diffuser des appels à se retrouver pour discuter samedi prochain (Rencontres entre habitantEs de la ZAD et des bourgs alentours) ont été bien accueillies. Comme quoi la volonté de réduire la tension est partagée. L’ACIPA s’est jointe à l’évènement. Venez nombreuSEs !


    Infos de la semaine : du 19 au 25 août


    Lundi 19 août  

    Communiqué à propos de la marche des veilleurs


    La marche des veilleurs projette de venir aux abords de Notre-Dame-des-Landes le 28 août[1]. En tant qu’individus, groupes et associations en lutte contre le projet d’aéroport et/ou son monde, nous voulons leur signifier qu’illes ne sont pas les bienvenu-e-s, ni ici, ni ailleurs.
    La marche des veilleurs est une émanation de la contestation contre le mariage pour tou-te-s. Elle refuse l’égalité des droits entre les homos et les hétéros. Ce mouvement porte des valeurs homophobes et peine à cacher ses liens avec l’extrême droite.
    Nous luttons contre un projet d’aéroport mais aussi pour une société où chacun-e avons notre place. Pour nous il est hors de question que la lutte contre l’aéroport serve de vitrine à des idées homo/lesbophobes et nationalistes.
    Ni Vinci, ni veilleurs !
    Premiers signataires :
    collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport (COPAIN)  collectif vigilance aéroport du pays de Redon et de Vilaine  comité anti répression  comité nantais contre l’aéroport (CNCA)  des occupant-e-s de la ZAD  groupe non-mixte meufs gouines trans de la ZAD

    [1]. selon son site officiel, la marche projette maintenant d’aller à Nantes le 28 en faisant toujours référence à la lutte contre l’aéroport. Un rassemblement est prévu pour "ne pas leur laisser l’espace"

    Vendredi 23 août

    Ce matin, un huissier est passé au Haut Fay, une ferme occupée à l’est de la ZAD pour délivrer une ordonnance de quitter les lieux pour le 29 avril 2014 suite à la décision du Tribunal d’Instance de Nantes qui a accordé un délai de 6 mois et 2 mois en bonus... Délai qui court donc officiellement à partir d’aujourd’hui... Les pneus de la voiture de l’huissier auraient fait « pchiit ».

    Samedi 24 août

    Deux réunions se tenaient ce samedi. Peu, trop peu de personnes se sont déplacées à la Gaité à 18h pour parler d’agriculture différente. Espérons qu’un prochain rendez vous aura plus de succès tant la question du comment cultiver la terre parait pour beaucoup ici primordiale.

    La rencontre avec les habitantEs des alentours, à la Paquelais, a en revanche attiré près de 150 personnes. Les problèmes ont été soulevés et notamment celui de la circulation sur la D281, les problèmes de vols. Beaucoup de pistes de réflexion ont été mises en place. Un public varié s’était déplacé et on était loin de la langue de bois. La discussion s’est bien passée malgré quelques bouffées de chaleur de part et d’autre. Il reste encore beaucoup à faire mais on espère que le débat se continuera à travers les réunions paysannes de Sème Ta Zad ou lors des AG des opposantEs à la Vacherit (à 20h, un mardi sur deux, la prochaine mardi prochain).

    Infos de la semaine : du 26 au 31 août


    Jeudi 29 août

    Aujourd’hui, les habitant-e-s du chenil du Moulin de Rohanne ont (été) déménagés. La maison aurait été réouverte... probablement plus de nouvelles bientôt !

    Samedi 31 août

    Aujourd’hui et demain, une grosse récolte de patates est prévue aux Rosiers. Passez filer un coup de main !.