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samedi 5 octobre 2024

Les enfants métis sacrifiés

Les enfants métis sacrifiés

 Emission à écouter ici : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/les-enfants-metis-sacrifies-6401481

Vendredi 27 septembre 2024

 

Monique, aujourd'hui - Monica Fernandes

Monique et Léa avaient 4 et 2 ans quand "Papa l'État" est venu les arracher à leurs parents dans leur village du Congo Belge. Les deux petites filles sont métisses : un crime pour les uns, un péché pour les autres. Elles ont porté plainte pour "crime contre l'humanité "contre l'État belge.

Monique est née au Congo d'un père belge et d'une mère congolaise, alors que la loi coloniale belge interdisait aux blancs du Congo d'avoir des enfants avec des femmes noires. En 1953, Monique est enlevée à sa famille et placée dans une institution religieuse dans une ville à 300 kilomètres de chez elle, par des fonctionnaires de l'État belge colonial. Elle change de nom de famille et devient, comme les autres enfants métis, un "enfant de l'État".

C'est aussi le sort que connaît Léa, dont la mère est congolaise et le père portugais. Elle décrit les conditions de vie des jeunes enfants métis au sein de cette institution : "Non seulement tu ne comprends pas la langue, tu ne connais pas la nourriture, tu ne connais personne, on t'enlève tous tes vêtements et on te laisse pieds nus, tu ne manges pas..." Léa.

"Tu es enlevée de ton milieu familial et tu n'es plus rien."

Lors de l'indépendance du Congo en 1960, les prêtes et les sœurs de l'institution religieuse sont évacués par les Nations Unies. Jusqu'à la dernière minute, Monique, 11 ans désormais, pense faire partie du voyage. "La pirogue est venu chercher les sœurs, pour aller prendre l'avion, et pas les enfants." Monique.

"Mon père savait qu'il avait laissé un enfant au Congo et qu'il fallait venir me chercher. Mais mon nom avait changé alors il ne pouvait pas me trouver."

Ce sont les enfants de Monique qui, en 2014, trouvent des traces de sa famille paternelle en Argentine, pays d'origine de sa nouvelle femme. Monique décide d'y aller, avec ses enfants. "Quand nous sommes arrivés, il y avait une foule. Je vois mon frère qui me ressemblait beaucoup. Il y avait des enfants avec des fleurs. [...] J'ai compris que "papa l'État" m'avait privé de tout ça." Monique

Le parcours de Léa est un peu différent : "Quand j'ai eu huit ans, les sœurs m'ont donné 50 francs pour partir seule et aller chercher ma maman." Léa. Sur sa route, elle rencontre une femme dont le fils avait aussi était enlevé. De fil en aiguille, elle parvient à trouver sa mère, Alphonsine. Le bonheur est de courte durée, car l'enfant est sous la tutelle de l'État belge, et ne peut rester avec sa mère.

Comme Monique, elle part s'installer en Belgique avec ses enfants. "Je n'ai jamais raconté cette histoire ni à mon mari, ni à mes enfants [...] je ne voulais pas les traumatiser" Léa.

"L'État belge doit reconnaître ses crimes. Regarder ça en face et réparer."

Léa, Monique et leurs "sœurs de cœur", rencontrées au Congo chez les religieuses, ont décidé d'assigner l'État belge en 2020. Elles l'accusent de crime contre l'humanité. Leur demande a été rejetée en première instance le 8 décembre 2021, et les juges de la cour d’appel rendront leur arrêt d’ici début décembre. "Être métisse, c'est l'union entre blanc et noir. C'est merveilleux, c'est un honneur. Je suis contente d'être métisse, mais je l'ai payé très cher" Léa..

  • Reportage : Stéphanie Thomas
  • Réalisation : Somany Na
  • Mixage : Jordan Fuentès et Dali Yaha

Musique de fin : "All Your Sisters", Mazzy Star - Album : Among My Swan (1996)

Merci à Monique, Léa, Monica, Solange et Nicolas Engelet.

Pour aller plus loin

"Le drame oublié des métisses des colonies belges", Le Monde, 13 octobre 2021

"Les métis sacrifiés de l'ex-Congo belge en quête de justice", Le Monde, 24 mai 2023

Pour en savoir plus sur la question de la qualification de la politique de placement des enfants métis dans des institutions religieuses de "crime contre l'humanité", voir Vervoort J., "La Belgique face à son passé colonial : l'affaire des enfants métis et la qualification de crime contre l'humanité", Revue des droits de l'homme, n°23, 2023

 

Source : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/les-enfants-metis-sacrifies-6401481

vendredi 4 octobre 2024

Violences sexuelles - L'épreuve des femmes migrantes, transgenres et travailleuses du sexe qui portent plainte en France

 


© Illustration par Sosso Biscotto 

 Publié le 18.09.2024

En France, accéder à la justice pour les femmes victimes de violences sexuelles reste un véritable parcours de combattantes. Mais comment espérer obtenir justice quand il existe tant d’obstacles au dépôt de plainte ? Ces freins touchent de manière disproportionnée les femmes migrantes, transgenres et les travailleuses du sexe. Surexposées aux violences, elles hésitent néanmoins à franchir les portes d’un commissariat.

Partout dans le monde, les chiffres sur les violences envers les femmes sont sidérants. Malgré les progrès réalisés par les combats féministes et l’élan donné par le mouvement #MeToo, les violences sexuelles restent un fléau. Et trop rares sont les victimes qui osent porter plainte et ont accès à la justice.

 



Sources (de gauche à droite) : Vécu et ressenti en matière de sécurité (2022), L'Observatoire national des violences faites aux femmes, Enquête de victimation de l’INSEE, Cadre de vie et sécurité

Pourquoi les victimes de violences sexuelles en France sont-elles si peu nombreuses à porter plainte et à obtenir justice ? Que se passe-t-il lorsqu'elles décident de pousser la porte d'un commissariat ou d'une gendarmerie ?  

Pendant 9 mois, nous avons mené une enquête approfondie pour comprendre les obstacles et les difficultés qu'elles rencontrent. Et notamment en faisant la lumière sur la situation de femmes migrantes, trans ou travailleuses du sexe, qui rencontrent des obstacles supplémentaires et spécifiques alors qu'elles sont déjà surexposées aux violences sexuelles.   

Notre rapport " ‘Rentrez chez vous, ça va passer...’ Porter plainte pour violences sexuelles : l'épreuve des femmes migrantes, transgenres et travailleuses du sexe en France” démontre que ces femmes sont victimes de nombreuses violations de leurs droits lors de leur dépôt de plainte. 

Comment nous avons mené l’enquête

Pour mener cette enquête, nous avons choisi de concentrer nos entretiens sur des professionnel·les travaillant ou militant au sein d’associations ou d’organisations communautaires qui accompagnent les victimes de violences sexuelles, plutôt que de solliciter directement les femmes victimes. Parmi les nombreuses personnes rencontrées, figuraient des assistantes sociales, responsables juridiques, avocates, directrices ainsi que des responsables d’associations locales en France métropolitaine, à la Réunion et en Guyane.  

Afin de protéger les femmes victimes de violences sexuelles de nouvelles souffrances, nous avons respecté le choix des associations qui ont préféré ne pas surexposer les victimes. Nous nous sommes ainsi appuyés sur les témoignages recueillis par ces associations et leur analyse, qui nous ont permis de collecter des informations précieuses tout en préservant l’intégrité des personnes victimes.   

Nous avons enquêté auprès de 18 associations et organisations locales qui accompagnent les femmes surexposées aux violences : FNCIDFF, Nous Toutes, Centre Hubertine Auclert, ASSFAD, En Avant Toutes, Djama Djigui, La Fédération Parapluie Rouge, le Strass, Cabiria, Jasmine, Acceptess-T, Comede, La Cimade, la Cimade de La Réunion, Utopia56, L’Arbre Fromager, Agav, Planning familial de La Réunion. 

Les associations consultées sont des acteurs de terrain profondément engagés auprès des femmes en situation de vulnérabilité : leur expertise et leur proximité avec les réalités vécues par ces femmes nous ont permis de dresser un tableau fidèle et nuancé des obstacles au dépôt de plainte.

Quand le dépôt de plainte devient une nouvelle violence

Manque d’empathie, culpabilisation, voire accusation d’avoir agi de manière à mériter la violence... Lorsqu’elles décident de porter plainte, les femmes victimes de violences sexuelles ne se confrontent pas uniquement à leurs agresseurs, mais parfois à une nouvelle violence : celle exercée par les institutions policière ou judiciaire. C’est ce qu’on appelle la victimisation secondaire ou la double victimisation.

 

La recherche que nous avons menée et les témoignages collectés documentent les barrières et nouvelles violences auxquelles font face les femmes victimes de violences sexuelles, lors de leur dépôt de plainte. Cette victimisation secondaire entrave leur accès à la justice, et transforme les institutions, censées les protéger, en sources de traumatisme supplémentaire pour ces femmes. C’est une forme de continuation de la violence qu’elles ont pu subir. 

Lola Schulmann
Chargée de plaidoyer Justice et Genre à Amnesty International

Qu’est-ce que la victimisation secondaire ou la double victimisation ?

La victimisation secondaire est un concept juridique reconnu dans le droit international, notamment par la Convention d’Istanbul, convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Ce traité, que la France a ratifié, stipule que les États membres doivent prendre des mesures pour protéger les victimes tout au long de l’enquête et des procédures judiciaires afin d’éviter l'intimidation, les représailles et la re victimisation. 

Les Nations unies, dans leur résolution sur l’élimination de la violence contre les femmes, pointent également du doigt le risque de victimisation secondaire. Elles soulignent la nécessité de protéger les victimes de violences pour éviter que les procédures judiciaires et administratives, destinées à assurer justice et réparation, n’engendrent pas de nouveaux traumatismes.

Certaines femmes surexposées aux violences sexuelles et souvent en situation de vulnérabilité, telles que les femmes transgenres, les travailleuses du sexe et les femmes migrantes, rencontrent des obstacles et parfois des violences supplémentaires lorsqu’elles portent plainte. Elles se retrouvent prises dans un système où la violence et la discrimination se superposent et s’alimentent.  

👉 Un manque de formation des forces de police et gendarmerie 

L’accueil des victimes dans les commissariats est aléatoire et peut s’avérer particulièrement difficile. Nous avons documenté plusieurs situations où les gendarmes et policiers faisaient preuve d’une mauvaise application des procédures légales comme l’orientation vers la main courante au lieu d’enregistrer la plainte et d’une méconnaissance des droits de ces personnes.  

Ces manquements soulignent la nécessité d'une formation approfondie pour les policiers et gendarmes, afin qu'ils prennent mieux en compte les complexités des situations vécues par ces femmes et appliquent les lois de manière à respecter et protéger leurs droits. 

👉 Le refus de plainte  

Selon la loi, toute personne peut porter plainte, quel que soit son statut administratif (c’est-à-dire qu’elle soit en « situation régulière » ou non sur le territoire français). Toutefois, la réalité est souvent différente.  

Alors même qu’elles venaient dénoncer des situations de violences sexuelles, certaines femmes en situation irrégulière ont reçu des obligations de quitter le territoire (OQTF). D’autres ont été placées en centre de rétention puis expulsées – en contradiction totale avec le droit national et international.

 

© Illustration par Sosso Biscotto

Parfois, les services de police orientent les victimes vers une main courante ou refusent tout simplement d'enregistrer la plainte. Une pratique pourtant interdite. 

👉 L’échec à garantir l’interprétariat 

La question de la barrière de la langue est aussi un frein important lors du dépôt de plainte. Dans de nombreux commissariats, notamment dans les territoires d’Outre-mer, l’absence d’interprète pour les langues moins répandues telles que le sranantongo ou le créole haïtien constitue un obstacle significatif. Ce défaut d’interprète a un effet dissuasif pour les femmes qui peuvent décider de renoncer à porter plainte, faute de pouvoir être comprise. L’accès à un·e interprète est pourtant un droit garanti pour toute personne ne maitrisant pas la langue française. 

© Illustration par Sosso Biscotto

"Quand les personnes viennent, forcément, il n’y a pas d’interprète dans leur langue, donc on leur donne un rendez-vous plus tard. Parfois, il n’y a toujours pas d’interprète au moment du rendez-vous […] On a eu des soucis dans certains commissariats, où on a demandé à certains des bénévoles, notamment russophones ou arabophones, de faire la traduction alors qu’ils ne sont pas assermentés."

Responsable des questions de genre et protections à l’association de défense des droits des étrangers à La Cimade 

Un parcours de combattantes

Les femmes trans, migrantes et/ou travailleuses du sexe sont souvent confrontées à plusieurs formes de discriminations. Ceci les expose à des violences répétées, multiples et peut les éloigner davantage de la justice.

 

L'approche intersectionnelle pour comprendre les obstacles au dépôt de plainte

L’approche intersectionnelle permet d’analyser la manière dont plusieurs discriminations se croisent et se renforcent pour une même personne. Dans notre étude, il s’agit des discriminations liées au genre (femmes transgenres), au statut administratif (femmes migrantes) ou à la profession de travailleuse du sexe qui viennent souvent se cumuler pour une seule et même personne. 

Ces femmes, surexposées aux violences sexuelles, se heurtent à des préjugés notamment lorsqu’elles veulent déposer une plainte. Par exemple, une femme migrante sans papiers, qui est également travailleuse du sexe, peut être stigmatisée en raison de sa situation administrative, son identité raciale et son activité. Ces préjugés peuvent affecter l'accueil qu'elle recevra au commissariat, où elle pourrait ne pas être prise au sérieux ou être confrontée à un refus de prendre sa plainte.  

Ainsi, l’intersection de ces discriminations complique davantage leur parcours vers la justice. 

En adoptant une approche intersectionnelle, nous pouvons mieux identifier les réponses inadaptées des institutions et exiger des solutions pour garantir que ces femmes puissent faire valoir leurs droits.

Lire aussi : L’intersectionnalité, c’est quoi ?

👉 Les femmes migrantes face au risque d’expulsion du territoire



 

 Chiffres issus d’une étude publiée en septembre 2023 dans la revue scientifique The Lancet menée auprès de 273 femmes demandeuses d’asile à Marseille menée par le docteur Jérémy Khouani, médecin généraliste.

 

Les 19 associations rencontrées dans le cadre de notre enquête sont unanimes : les femmes migrantes sont les plus réticentes à porter plainte pour violences sexuelles. Elles sont non seulement victimes de stéréotypes racistes au sein des commissariats, mais elles craignent également des représailles en raison de leur statut migratoire. Une responsable juridique du STRASS (syndicat du travail sexuel) résume ainsi la situation : “Elles sont effrayées”. 

Le refus de prendre en compte leur parole est également renforcé par le racisme et les préjugés. 

"Attention à toutes celles qui sont vénales, qui sont venues en France pour des raisons économiques et qui viennent maintenant nous dire que Monsieur serait violent"

Propos rapporté d’un policier sur des cas de situations de femmes étrangères

Au-delà des stigmatisations, les femmes sans papiers font face à la menace directe – et illégale – de l’expulsion du territoire lorsqu’elles tentent de porter plainte. Certaines associations comme Acceptess-T ou la Cimade racontent comment des femmes en situation irrégulière, venues dénoncer des violences sexuelles, ont reçu des obligations de quitter le territoire (OQTF) ou ont même été placées en centre de rétention avant d’être expulsées.

Ces expulsions sont illégales au regard du droit national et international, qui permet à toute personne, quelle que soit sa situation administrative, de porter plainte pour des violences sexuelles. 

👉 La stigmatisation des travailleuses du sexe et la négation de leurs droits 

 


 
 
En plus des violences physiques et sexuelles qu’elles subissent, les travailleuses du sexe se heurtent à des stéréotypes profondément ancrés dans les services de police, qui peuvent conduire à la négation de leur expérience de violence, voire à des refus de plainte.  

                                        © Illustration par Sosso Biscotto

 

Les travailleuses du sexe hésitent à dénoncer les abus qu'elles subissent, de crainte que leurs plaintes soient systématiquement minimisées ou rejetées. La criminalisation de l'achat de services sexuels en France renforce cet isolement, poussant les travailleuses du sexe à exercer dans des conditions clandestines et précaires, les exposant davantage aux violences. 

Les associations comme Médecins du Monde dénoncent également les répercussions de la loi criminalisant le travail du sexe, qui pousse les travailleuses du sexe à prendre des risques, comme renoncer à l’utilisation du préservatif pour ne pas perdre de clients, ou encore à ne pas signaler les violences subies. Ces conséquences augmentent la vulnérabilité des femmes et limitent leur accès aux services de santé et de justice.

Notre position sur la dépénalisation du travail du sexe

En France, la législation sur le travail du sexe, notamment la pénalisation des clients, contribue à la marginalisation des travailleuses du sexe, en limitant leur accès à la justice et en renforçant les stigmatisations. Nous recommandons la dépénalisation totale du travail du sexe, afin de permettre aux travailleuses du sexe d'exercer leurs droits et de les protéger contre les abus et les violences qu'elles subissent.

👉 Les femmes trans : victimes de transphobie et de préjugés dans les commissariats 

Dans les commissariats ou gendarmeries, les femmes transgenres doivent souvent faire face à des préjugés profondément enracinés, allant jusqu’à des pratiques humiliantes comme le mégenrage, c’est-à-dire l’attribution d’un genre qui ne correspond pas à leur identité. 

Lire aussi : Les droits des personnes transgenres 

Ces stéréotypes sont particulièrement prégnants lorsque les femmes trans cumulent d’autres facteurs de discriminations, comme leur statut migratoire ou leur profession.  

La directrice de l’association Acceptess-T explique : “[...] ces populations trans, notamment quand elles cumulent des facteurs d’immigration ou autres, ont en quelque sorte, intériorisé cette espèce de non-appel ou non-recours à la justice, parce qu’elles ont peur d’aller vers le système judiciaire.”  

De nombreuses associations témoignent de situations où les forces de police et gendarmerie refusent de prendre leurs plaintes au sérieux, ou les soumettent à des interrogatoires humiliants, renforçant ainsi la stigmatisation et le sentiment de rejet.  

Ce traitement, non seulement discriminatoire, mais aussi illégal, constitue une forme de violence institutionnelle qui aggrave les traumatismes vécus par ces femmes et peut les dissuader de déposer plainte. Il est inquiétant de constater qu’afin de ne pas être victime de nouvelles violences, certaines femmes décident de renoncer à déposer plainte pour violences sexuelles.  

______________

Vers une meilleure prise en charge des plaintes pour violences sexuelles  

Nous formulons plusieurs demandes afin d'améliorer la prise en charge des femmes victimes de violences sexuelles, en particulier celles qui sont confrontées à des discriminations multiples. 

👉 Appliquer le droit existant 

Il est urgent de faire appliquer la loi. Les pratiques illégales qui ont encore cours dans les commissariats et les gendarmeries, telles que le refus de plainte ou l’orientation systématique vers une main courante, doivent cesser. Toute personne victime a le droit de porter plainte, sans être discriminée, ni subir une nouvelle violence, quelles que soient son identité de genre, sa profession ou sa situation administrative. 

👉 Faire évoluer la loi, conformément au droit international, pour améliorer l’accès à la justice, notamment des femmes étrangères  

Le cadre légal actuel n’offre pas une protection suffisante pour les femmes étrangères. C’est pourquoi nous demandons entre autres à ce que les personnes étrangères impliquées dans une procédure pénale soient protégées - il est essentiel de modifier la législation pour garantir que ces femmes puissent résider légalement en France pendant l'examen de leur dossier, sans risquer l'expulsion.  

👉 Renforcer la formation des forces de police et gendarmerie 

Nous appelons à intensifier les formations obligatoires des policiers et gendarmes sur les violences sexuelles, la lutte contre les discriminations, et l'accueil des femmes victimes, en particulier celles confrontées à des formes multiples de discriminations. Ces formations doivent inclure une approche intersectionnelle pour répondre aux besoins spécifiques des femmes migrantes, transgenres, et travailleuses du sexe. 

👉 Dépénaliser le travail du sexe 

La criminalisation du travail du sexe expose les travailleur·ses du sexe à des violences et des abus, tout en les empêchant de bénéficier d'une réelle protection. Nous demandons la dépénalisation complète du travail du sexe afin de permettre à ces personnes de revendiquer leurs droits et de porter plainte sans crainte de représailles. 

👉 Redéfinir le viol dans le code pénal en introduisant la notion de consentement 

Comme l’ont déjà fait de nombreux pays européens, il est urgent de modifier la définition du viol dans le Code pénal français pour la fonder sur la notion de consentement. Cela permettra de mieux protéger les victimes et de garantir que toutes les formes de violences sexuelles soient reconnues et sanctionnées. 


 Pour aller plus loin sur les débats autour de la définition du viol basée sur le consentement, écoutez l'épisode "Sans oui, c’est non !" de la nouvelle série SŒURS IN POWER de notre podcast WE MADE IT 👇

 

Source : https://www.amnesty.fr/droits-sexuels/actualites/porter-plainte-pour-violences-sexuelles-en-france-?utm_source=newshebdo&utm_medium=email&utm_campaign=newshebdo-19092024



jeudi 3 octobre 2024

18e Regards Paysans - 11 octobre au Foirail - Prades


La prochaine édition de 

Regards Paysans 

aura lieu vendredi 11 octobre

Le premier film est un documentaire 

sur l'adaptation de l'agriculture 

au changement climatique

 
 
 Vous pouvez réserver votre repas jusqu'au 9 octobre 
aux Ciné-Rencontres : 
04 68 05 20 47
 

 




mercredi 2 octobre 2024

Dans les médias d’extrême droite, une croisade anti-écolo

Dans les médias 

d’extrême droite, 

une croisade anti-écolo

 

28 septembre 2024

A Paris, le 27 juin 2024, lors d'un rassemblement contre l'extrême droite -
© Valerie Dubois / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Nier le changement climatique, attaquer les militants, développer une « écologie de droite » : dans les médias d’extrême droite, cette triple mission dessine les contours de leur projet raciste, défendu comme « civilisationnel ».

L’Arcom a infligé pour la première fois une amende à une chaîne de télévision — CNews — pour des propos climatosceptiques tenus à l’antenne le 10 juillet dernier. Il en a coûté 20 000 euros au média de Vincent Bolloré d’avoir laissé l’un de ses invités affirmer que « le réchauffement climatique anthropique est un mensonge et une escroquerie », sans apporter de contradiction.

L’économiste Philippe Herlin, soutien du candidat Éric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022, avait persisté, dans l’émission « Punchline Été » du 8 août 2023, en qualifiant le réchauffement d’origine humaine de « complot qui justifie l’intervention de l’État dans nos vies ».

Sur la chaîne du milliardaire Vincent Bolloré, comme dans les autres médias d’extrême droite, ce type de propos climatosceptiques ou climatodénialistes — qui remettent en cause l’origine anthropique du changement climatique, en relativisent l’urgence et l’ampleur, voire en nient l’existence — trouvent un écho complaisant. Et ce déni s’accompagne désormais d’un discours virulent à l’encontre des écologistes, au profit de la promotion d’une écologie aux relents identitaires.

Des climatosceptiques en « mission »

Les propos tenus sur Cnews en août 2023 ne sont pas isolés. Ils sont fréquents sur la chaîne, et sur d’autres médias proches de l’extrême droite. Le 25 juin de cette année, l’Arcom avait déjà épinglé Sud Radio avec une « mise en garde » pour la diffusion de propos qui « venaient contredire ou minimiser le consensus scientifique existant sur le dérèglement climatique actuel, par un traitement manquant de rigueur et sans contradiction ».

Le 7 décembre 2023, pendant la COP28, l’animateur André Bercoff y avait reçu le physicien François Gervais dans son émission. L’invité avait notamment assuré que l’actuel changement du climat serait induit par des cycles naturels, évoquant une « arnaque climatique », face à un animateur qui avait lui-même qualifié les rapports du Giec de « pseudo-scientifiques ».

François Gervais, membre d’une association d’autorevendiqués « climato-réalistes » a aussi été reçu plusieurs fois sur Cnews, en 2021, puis en juin 2022 et en décembre 2023. Il y avait toute latitude pour répéter ses messages sur la « variabilité naturelle du climat » et accuser les scientifiques du Giec d’avoir un « discours catastrophiste » afin d’obtenir des financements.

« L’écologisme qui menace la France »

Ce discours est rodé et débité devant des animateurs ou éditorialistes cachant à peine leur adhésion, comme Ivan Rioufol, lui-même pourfendeur de « l’écologisme qui menace la France » ou de « la jeunesse manipulée des marches climat ».

La chaîne est si complaisante avec les climatodénialistes que le président de cette association de « climato-réalistes », le mathématicien Benoît Rittaud, tribun régulier sur Valeurs Actuelles, y voit une « terre de mission » pour diffuser leurs thèses.

Ce magazine, Valeurs Actuelles, est tout aussi enclin à les promouvoir. En juillet 2023, au cours de l’été le plus chaud depuis 2 000 ans dans l’hémisphère Nord, il publiait un hors-série intitulé « Climat : infos et intox » pour démontrer que « l’influence de l’homme sur le climat est modeste » et que « la transition écologique s’apparente à une impasse ». Une publication où l’on retrouvait notamment Steven Koonin, ex-conseiller scientifique de Barack Obama et ancien directeur scientifique de British Petroleum, coqueluche internationale des climatodénialistes, et dont les thèses ont par exemple alimenté la vidéo récente climatosceptique du Raptor sur Youtube.

Du climato-déni à l’écolo-discrédit

Pour le chercheur en analyse de discours Albin Wagener, professeur à l’École des sciences de la société de Lille et auteur de Blablabla, en finir avec le bavardage climatique (éd. Le Robert, 2023), le fait que ces personnalités soient privilégiées par les médias les plus à droite, alors que le traitement médiatique du climat s’accentue, leur permet de « se présenter comme alternatifs, faisant entendre une voix différente » de la soi-disant « presse bien-pensante » et du « politiquement correct ».

Selon l’association Quota Climat qui publiera en novembre les premiers chiffres de l’Observatoire des médias sur l’écologie, la couverture de l’écologie dans les médias d’extrême droite est trois fois moins importante que la moyenne globale des médias.

Et quand ils font un pas de côté, entre deux émissions et articles sur l’immigration et l’insécurité, ce n’est pas seulement pour offrir une tribune aux climatodénialistes. C’est aussi pour dénigrer ceux qui alertent sur le changement climatique, les destructions écologiques et leurs causes. « Une partie de l’extrême droite s’est rendu compte qu’on ne peut plus nier le changement climatique, alors ils s’en prennent au messager », explique le journaliste Maxime Macé, co-auteur de Pop fascisme : Comment l’extrême droite a gagné la bataille culturelle en ligne (éd. Divergences, 2024).

« Anti-viande, anti-joie de vivre, anti-traditions, anti-tout »

En janvier 2024, en pleine révolte des agriculteurs, Pascal Praud fustigeait sur Cnews et Europe 1, « toutes ces associations écologistes, minoritaires, comme WWF, qui en permanence pointent du doigt ce monde agricole, veulent nous faire manger de l’herbe, du tofu et du quinoa, qui refusent tout ». Les « khmers verts », comme il se plaît à les dépeindre, sont devenus la bête noire de l’animateur et de ses confrères des médias d’extrême droite.
 
Valeurs Actuelles titre régulièrement sur le « monde de fous que les écolos nous imposent », ces « écolos sectaires » qui seraient « anti-viande, anti-joie de vivre, anti-traditions, anti-tout ». « Ces médias exploitent les failles de la communication écologiste qui n’a pas encore trouvé ses points d’ancrage positifs et utilise des termes renvoyant à l’imaginaire de la privation, comme décroissance ou sobriété », analyse le chercheur Albin Wagener.

Diaboliser les écolos

Embrassant sans retenue le discours criminalisant à l’égard des défenseurs de l’environnement, ces médias s’attellent à construire un ennemi écolo et à « mener le combat culturel » contre « l’écologisme », « cheval de Troie de ces anticapitalistes qui annoncent la fin du monde pour justifier la décroissance et réussir ce qu’ils ont raté avec le communisme : abattre la société de marché », affirme Pascal Praud.

« L’écologisme est un gauchisme », tranche Valeurs Actuelles. Il a « la couleur du totalitarisme, l’esprit du totalitarisme » et il est porté par des « peine-à-jouir », insiste Élisabeth Lévy

« Tubercules en bermuda »

La cofondatrice et directrice de la rédaction de Causeur y voit une « conspiration contre la vie », et s’en prend tantôt aux militants, « tubercules en bermuda » occupant « d’immenses zad insalubres », tantôt aux journalistes se muant en « menaçants perroquets logorrhéiques », tous accusés d’avoir « gobé la propagande du Giec » jusqu’à devenir des « cavaliers de l’apocalypse écologique ». « L’écologisme » revêt pour la polémiste les atours « d’une religion séculière aux relents totalitaires », dont Greta Thunberg serait le « nouveau Dalaï-Lama » prônant le « catéchisme climatique ».

En 2019, Causeur titrait : « Contre la religion du climat, pour la raison ». Ainsi se construit une distinction entre les « dogmatiques », adeptes d’une « doxa alarmiste » appartenant « au champ de la croyance plutôt qu’à celui de la raison », et les « pragmatiques ». L’écologie « pragmatique » se fonderait sur une « science véritable », tandis que la « dogmatique » se contenterait de la « science officielle », tant décriée par les « climato-réalistes ».

« Génie humain » et « enracinement »

Bien que prolixes, les pourfendeurs de l’écologie « idéologique » et « punitive » ne s’en tiennent pas seulement à cette bataille « contre l’écologisme ». Ils ont un antidote : « l’écologie de droite ». Contrairement à celle de la gauche, honteusement « décroissante » et « anticapitaliste », « l’écologie de droite » est technosolutionniste, confiante dans le « génie humain » et sa capacité à trouver de « nouvelles solutions »... à condition qu’il ne s’agisse pas des énergies renouvelables. « Les médias d’extrême-droite parlent davantage des énergies renouvelables que la moyenne, mais la tonalité y est plus négative », constate Eva Morel, de Quota Climat.

Au vu de l’invisibilité de la question des énergies fossiles dans les médias les plus à droite, cette écologie-là est aussi imperméable aux causes du changement climatique. « Raisonnable et rationnelle », elle doit rester « compatible avec le capitalisme », défend Jean-Marc Governatori, coprésident d’Écologie au centre et élu écologiste niçois, qui a sa tribune dans Causeur. Une écologie qui s’accommode du « paradigme dominant néolibéral », observe Albin Wagener.

« L’enracinement est le terme clé », note Antoine Dubiau, auteur d’Écofascismes (Ed. Grévis, 2022) : « Il traduit le fantasme d’une harmonie naturelle entre un peuple et son environnement naturel, dont l’écologie viserait à préserver l’équilibre. » Cette sémantique de « l’enracinement » est par exemple énoncée en 2019 par Clément Martin, porte-parole de Génération Identitaire, dans une vidéo publiée par Valeurs Actuelles. Après avoir exposé sa proposition de « remigration, l’incitation au retour des immigrés non assimilés », il mentionne sa conception de l’écologie : « Enracinée, respectueuse des peuples et de leurs traditions ».

La construction d’une écologie « civilisationnelle »

Cette écologie « enracinée » permet à la fois de s’en tenir à une échelle locale et de l’associer avec un « combat identitaire ». Car contrairement à « l’écologisme », elle ne porte pas le funeste projet de « déconstruire la société occidentale » fustigé sur Cnews par Alexandre Devecchio, rédacteur en chef du FigaroVox.

« Toute l’extrême droite n’est pas climatosceptique, mais elle est ethnodifférentialiste, et souscrit à la protection de la nature comme bien appartenant à un processus civilisationnel », analyse le journaliste Maxime Macé. Ainsi, au cours de son débat avec le journaliste Hugo Clément, organisé par Valeurs Actuelles, le président du Rassemblement national Jordan Bardella expliquait : « Lorsqu’on est patriote, on a le souci et l’inquiétude de la survie de son propre peuple et de sa propre civilisation, mais aussi de l’environnement dans lequel cette civilisation s’épanouit. »

« Médiapart de droite »

Cette vision identitaire de l’écologie s’épanouit dans un paysage médiatique toujours plus conquis par l’extrême droite. Depuis la rentrée, elle peut compter sur de nouveaux supports : JDNews, dernier né de la galaxie Bolloré qui avait déjà étendu sa mainmise sur le JDD et Europe 1, et le média Frontières (Ex-Livre Noir) dirigé par Erik Tegnér, habitué de Cnews et de Sud Radio, qui souhaite devenir le « Médiapart de droite pour rendre coup pour coup aux attaques de cette presse de gauche ».

Face à cette offensive, les luttes écologistes contre-attaquent. Le 5 octobre, les Soulèvements de la Terre appellent à « lever les voiles » sur l’empire Bolloré. Côté médiatique, la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence climatique signée par de nombreux journalistes et médias, entend participer à la prise de conscience croissante de la crise écologique et climatique. Reste à s’engager pleinement dans la bataille des imaginaires en offrant la perspective d’un avenir désirable et capable de rassembler.


Source : https://reporterre.net/Dans-les-medias-d-extreme-droite-une-croisade-anti-ecolo

mardi 1 octobre 2024

La résistance d’un prof israélien accusé de trahison

 

La lettre hebdo de Daniel Mermet

La résistance d’un prof 

israélien accusé de trahison

Le

On tue Nasrallah, on oublie Gaza, on danse à Tel Aviv, Nétanyahou exulte, BHL est de retour. Joe Biden pleure les enfants morts et fait l’indigné tout en livrant ses bombes à Bibi. Bonne nouvelle aussi pour le RN et Marine Le Pen, ses amis d’extrême droite remportent les législatives en Autriche. Le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche ) – qui soutient Israël – est un parti franchement nazi. Son leader Herbert Kickl veut devenir le VOLKSKANZLER, le « chancelier du peuple », titre emprunté à un autre autrichien, Adolf Hitler.

On peut continuer ce genre de nouvelles, la liste est longue, le ciel est sombre, la coupe est pleine et on n’a plus qu’à se jeter par la fenêtre.

Mais…

Mais voilà une lumière. Un trait de lumière qui vous retient.

Juste une histoire.

L’histoire de Meir Baruchin, un prof israélien accusé de trahison.

Meir Baruchin (photo : Ramona Lenz) 

C’était il y a un an, le 8 octobre 2023, il publie deux textes courts pour dénoncer la mort des civils palestiniens tués par les frappes israéliennes sur la bande de Gaza. Il demande à son gouvernement de « stopper cette folie ».

Il est arrêté, placé à l’isolement, pieds et poings liés, comme « détenu à risque », longuement interrogé durant quatre jours. Il perd son emploi de prof d’éducation civique avant d’être réintégré. À son retour, ses élèves l’insultent et lui souhaitent de crever d’un cancer. Mais Meir Baruchin tient bon. Il balance : « dans trois générations, les enfants demanderont à leurs parents, comment avez-vous pu ne pas vous opposer à cette folie ? ».

Depuis un an, sans jamais avoir fait la une, cette histoire a été reprise dans les médias à travers le monde. « Nous avons atteint le plus bas de la moralité dans l’histoire du peuple juif. »

Ce professeur israélien a été accusé de trahison contre son pays - En Société du 22 septembre 2024 par En Société - France Télévisions

Ils sont peu nombreux en Israël à résister au coup (et au coût) de l’émotion, de la haine aveugle et de la répression. Exemple : la professeure d’arabe Sabreen Masarwa, Palestinienne qui vit en Israël et enseigne à l’Université hébraïque, elle a été suspendue de son poste pour avoir participé à une marche de commémoration de la Nakba, l’exil forcé des 700 000 Palestiniens chassés lors de la création d’Israël en 1948.

La résistance, c’est souvent d’abord solitaire, d’abord le fait d’une minorité, d’une poignée de poings. Ça se casse souvent les dents ou ça se les fait casser. C’est comme les brins de chiendent entre les plaques de béton, ça crève étouffé ou bien ça refait des prés et des forêts. C’est cet esprit de résistance qu’il faut cultiver, apprenez-le aux enfants. C’est comme les bulles d’oxygène dans l’aquarium, sans ça les poissons crèvent.

Voyez Julian Assange. Libéré en juin après des années d’enfermement et de diffamations médiatiques pour avoir dévoilé la réalité crue du pouvoir américain [1]. Celui que Joe Biden qualifie de « terroriste » va tenir son premier discours officiel en France, à Strasbourg, au Conseil de l’Europe, le premier octobre. En liberté. Un beau moment pour celles et ceux qui depuis des années à travers le monde militent pour la libération de Julian.

Il y a un an, sur sa messagerie, juste avant son arrestation, le prof Meir Baruchin a cité le poète britannique Samuel Johnson : «  celui qui devient une bête échappe à la douleur d’être un homme ».

Dites quand même aux enfants que c’est les méchants qui perdent à la fin.

Et attendez qu’ils s’endorment pour ajouter : « en principe ».

Daniel Mermet