Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

vendredi 5 juin 2020

Juin 2020 : des projets pour les Coquelicots !


 
 
C'est le grand retour des Coquelicots sur les places de nos villes et villages, pour leur rassemblement mensuel. 

Au menu de la prise de parole de Fabrice Nicolino, président de l'association Nous voulons des coquelicots :

 - les ravages de la canne à sucre à la Réunion, 

 - les pesticides interdits produits en Europe et vendus "ailleurs" et

 - les métabolites. Une bombe dans l'eau potable !
 
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 Quelques nouvelles en vidéo et par écrit à partager 
lors de nos retrouvailles du 5 juin






 
Les amis, fini le confinement. Le rassemblement du vendredi 5 juin ne sera peut-être pas un triomphe, mais celui du 3 juillet doit l’être. Nous ne sommes pas morts. Les coquelicots continuent à pousser et à fleurir partout. Depuis le départ, nous avons clamé tant et plus qu’il fallait tenir, se serrer les coudes, se tendre les bras (ça va redevenir possible) et tenir.

Nous nous sommes lancés la fleur au fusil, annonçant à grands sons de trompe que nous allions renverser la table. Et elle est toujours en place, c’est vrai. Mais elle a été sérieusement bousculée. Grâce à vous tous –du fond du cœur, bravo ! -, le poison appelée pesticides est devenu une grave question politique. Enregistrée et débattue partout. Et ce n’est qu’un début.

Nous avons en ce début de juin trois priorités. La première concerne l’île de la Réunion, d’où nous parviennent des informations pesantes. Il semble bien –nous devons tout vérifier– que l’on utilise sur la canne à sucre des pesticides interdits ici. Et la santé des paysans locaux en porterait la lourde trace. Par ailleurs, des riverains de cette même canne à sucre se plaignent d’une multiplication de cancers et de malformations génitales chez les nouveau-nés.

Deuxième affaire essentielle à nos yeux : la France, pays supposé des Droits de l’Homme, continue à fabriquer sur son sol des pesticides interdits, qu’elle exporte vers l’Afrique ou l’Asie. Deux humanités différentes ?

Enfin, les métabolites, que vous découvrirez peu à peu, comme nous l’avons fait. Les pesticides se dégradent au contact de l’eau, du sol, des plantes, du soleil, etc. Et forment des produits chimiques différents, qu’on appelle les métabolites. Retenons la moyenne de cinq ou six métabolites par pesticide. Or ces produits dont nul ne parle, et pour cause, sont souvent aussi toxiques, voire davantage, que les pesticides d’où ils proviennent.

Vous savez qu’on recherche très mal la présence des pesticides, notamment dans l’eau du robinet. Eh bien, les métabolites passent eux à l’as. Parce qu’on connaît leur omniprésence, on préfère ne pas y regarder de plus près. Sachez-le : la situation est grave. Et les Coquelicots doivent s’en occuper. Nous allons tous nous y mettre, n’est-ce pas ? Le 5 juin, notre grand retour.
 

 
 Un message vidéo de Fabrice Nicolino
 
 
Lien vers la vidéo : 
 
 
 
 
 
 
 
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jeudi 4 juin 2020

La Guyane ébranlée par un nouveau projet de mégamine à ciel ouvert

La Guyane ébranlée 

par un nouveau projet 

de mégamine à ciel ouvert


25 mai 2020 / Hélène Ferrarini (Reporterre)













Après la Montagne d’or, les opposants guyanais à l’industrie minière doivent repartir au combat. La commission départementale des mines a rendu un avis favorable à une nouvelle mégamine d’or à ciel ouvert, nommée Espérance. Une preuve de plus du blanc-seing donné aux industriels de l’extraction minière par l’État.

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Il aura fallu moins d’un an pour qu’un nouveau projet de mine d’or industrielle fasse parler de lui en Guyane. En mai 2019, le gouvernement rejetait le projet controversé de la Montagne d’or ; en avril 2020, un projet d’une envergure comparable inquiète déjà ceux qui se mobilisent contre l’extraction industrielle de l’or. Il s’appelle Espérance, du nom du site où il se trouve dans l’ouest de la Guyane, à une dizaine de kilomètres du fleuve Maroni, frontière avec le Suriname et bassin de vie de dizaines de milliers d’habitants. But de l’opération : l’extraction de vingt millions de m3 de roches pour creuser une fosse de 300 mètres de profondeur, sur 1,5 km de longueur pour un premier gisement évalué à 65 tonnes d’or.

En Guyane, les projets d’exploitation de gisements d’or primaire sont légion. Les groupes miniers préparent « la grande braderie » du territoire, à des stades plus ou moins avancés. C’est souvent leur passage en commission départementale des mines qui met en lumière leur degré d’avancement. Cette instance spécifiquement guyanaise est censée se réunir tous les mois pour rendre des avis consultatifs sur des dossiers miniers, après instruction par les services de l’État et avant avis du préfet, qui le transmet aux ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Économie, en charge des mines.



Le gisement se situe près du fleuve Maroni.
 
En plein confinement, la préfecture a convoqué la commission des mines pour examiner la demande de prolongation d’une concession appartenant à la Compagnie minière Espérance (CME). Le dossier d’instruction de la direction générale des territoires et de la mer a révélé un fait intéressant : pour ce projet, CME, entreprise locale détenue par la famille Ostorero et implantée en Guyane depuis une trentaine d’années, a noué un partenariat avec un géant états-unien de l’or, Newmont, premier producteur mondial du métal jaune en 2018. Ce dernier souhaite explorer plus en détail un gisement repéré par la CME en vue d’une exploitation à l’horizon 2025.


Les dossiers miniers reçoivent quasi systématiquement des avis favorables


Après une annulation de dernière minute de la commission des mines, la réunion s’est finalement tenue par visioconférence, deux semaines plus tard, le 29 avril. Le dossier a obtenu un avis favorable pour un renouvellement de dix ans, là où la Compagnie minière Espérance et Newmont en demandait 25. Cette prolongation doit encore faire l’objet d’un décret du Conseil d’État. « C’est toujours ainsi », regrette un membre de la commission des mines. « Les opposants aux projets miniers sont toujours en minorité. On vote mais on se demande parfois à quoi cela sert. » Des représentants miniers siègent au sein de la Commission, dont Carol Ostorero, qui dirige la Compagnie minière Espérance, et préside la Fédération des opérateurs miniers de Guyane. Mme Ostorero dirige plusieurs entreprises guyanaises de transport de matériel de chantier et d’exploitation de l’or, dont une est actuellement en procès pour suspicion de pollution environnementale. Mais les entrepreneurs miniers ne cumulent que trois voix au sein de la commission des mines. Si les dossiers miniers reçoivent quasi systématiquement des avis favorables, c’est grâce au soutien des élus locaux et des représentants de l’État, sans lesquels le rapport de force pourrait basculer du côté des organisations environnementales et des populations autochtones, généralement opposées aux projets miniers, qui ont aussi des représentants au sein de la commission.

Ce vote pour un projet dès à présent estampillé « Montagne d’or bis » a entraîné une levée de boucliers. Trois jours après la commission, le collectif Or de question, constitué il y a près de quatre ans pour lutter contre le projet de la Montagne d’or, tenait à Cayenne une conférence de presse pour réitérer son opposition aux mégamines. Les médias métropolitains ont largement repris la nouvelle, obligeant la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne à écrire un tweet affirmant qu’elle s’opposerait « à tout projet qui ne prendrait pas en compte nos exigences environnementales », faisant sienne l’expression forgée par son prédécesseur François de Rugy à propos de Montagne d’or. Le 23 mai 2019, à l’issue du premier conseil de défense écologique et à trois jours des élections européennes, il parlait de « l’incompatibilité du projet actuel avec les exigences de protections environnementales ». Sauf qu’un an après cette sortie largement médiatisée, il est difficile de savoir ce que signifie concrètement cette formule.

Quelles sont les exigences environnementales de la France en termes d’exploitation minière en contexte guyanais ? Le nouveau « délégué mine - coordinateur pour les projets miniers » auprès du préfet de Guyane ne nous a pas fourni de réponses. Depuis sa nomination en septembre 2019, Didier Le Moine, ancien directeur de l’industrie, des mines et de l’énergie en Nouvelle-Calédonie a évité, à notre connaissance, toute confrontation médiatique. La création de ce poste chargé de « la promotion et [du] développement d’une filière minière industrielle responsable » témoigne toutefois de l’intérêt de l’État pour le sujet.

Des députés souhaitent interdire l’utilisation de cyanure

 

Interrogé par Reporterre, le ministère de la Transition écologique et solidaire a botté en touche. La demande de renouvellement de concession faite par la CME et Newmont est « une procédure préalable à la demande d’autorisation de travaux et n’emporte pas de considération environnementale à ce stade » répond le ministère. « C’est lors de l’examen de ces autorisations de travaux que sera jugé la compatibilité avec les enjeux environnementaux. Il sera attendu une conformité particulièrement exemplaire sur le respect de la séquence éviter-réduire-compenser afin d’assurer la préservation des enjeux de biodiversité et de la forêt primaire. » Le ministère ne ferme donc pas la porte à l’exploitation industrielle de l’or de Guyane sous forme de mégamine à ciel ouvert nécessitant le recours à la cyanuration. C’est ce que prévoyait le projet de la Montagne d’or et c’est à quoi devrait ressembler celui d’Espérance.



Le jour se couche sur la forêt guyanaise, à Saül.


« Nos exigences environnementales, ce serait d’interdire le cyanure », tranche Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis et porteur d’une proposition de loi en ce sens. « Si on interdit l’usage du cyanure, alors de fait les mégamines ne seront plus rentables », explique l’élu. Il vient d’adresser une question à la ministre de la Transition écologique et solidaire concernant ses intentions à propos du cyanure et du projet minier Espérance. Il y a peu de chance que cette proposition de loi arrive à l’ordre du jour d’un Sénat majoritairement de droite et où les niches parlementaires du parti communiste sont rarissimes. « Il faudrait que le soutien citoyen soit plus massif », dit Fabien Gay. Le député guyanais Gabriel Serville, du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), a de son côté déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant à interdire le cyanure. Il espère faire adopter cette mesure sous forme d’amendement dans le cadre de la réforme du Code minier, qui était annoncée pour… fin 2019. Si Gabriel Serville l’espère désormais pour 2021, Fabien Gay craint qu’elle ne « tombe aux oubliettes ». Vu le nombre de tentatives avortées, cela ne serait pas surprenant. Le ministère de la Transition écologique et solidaire reconnaît tout au plus que « les calendriers des réformes sont impactés par la crise sanitaire » et « en train d’être recalés ».

Via des sociétés locales, des multinationales lorgnent sur le sous-sol guyanais

 

En attendant, la cyanuration a déjà fait son entrée en Guyane. Ce procédé de production de l’or primaire permet de récupérer les quelques grammes du métal convoité par tonne de roches réduites en poudre sous l’action de concasseurs très gourmands en énergie. En mars 2020, la société AMG (Auplata Mining Group) se félicitait d’avoir fondu son premier lingot obtenu par cyanuration sur le site de Dieu Merci, à 120 kilomètres à vol d’oiseau de Cayenne, avant de mettre l’usine à l’arrêt le temps du confinement.

Exceptée une usine-pilote appartenant à la même société dans le complexe chimico-portuaire de Cayenne, l’installation industrielle de Dieu Merci est la première de ce type en Guyane. Signe du soutien de l’État à cette usine, en plus des autorisations indispensables à la construction et à la mise en service du site, la direction générale des Finances publiques vient d’accorder à Auplata un crédit d’impôt de 5,8 millions d’euros au titre du « crédit d’impôt des investissements réalisés outre-mer par les entreprises ».

Autre blanc-seing donné à l’industrialisation de la filière aurifère par l’État : l’accord de Bercy en février 2019 au changement de contrôle d’Auplata, désormais intégrée dans un groupe international, exploitant des mines au Pérou et ayant des parts dans une compagnie minière marocaine.

La métamorphose opérée par Auplata, passée d’une PME guyanaise à une compagnie internationale, est un avatar parmi d’autres de la prise d’intérêts de groupes d’envergure mondiale dans des permis guyanais, par l’intermédiaire de sociétés implantées localement. C’est ainsi qu’aujourd’hui les deux plus importants producteurs d’or au monde, Newmont et Barrick Gold, lorgnent via des montages plus ou moins complexes sur le sous-sol guyanais. Au sommet de l’État, il reste le joker des « exigences environnementales » — dont on attend toujours une définition.

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Lire aussi : Montagne d’or : les paroles du gouvernement n’enterrent pas le projet

Source : Hélène Ferrarini pour Reporterre
Photos :
. chapô : Mine Espérance, au nord de la Guyane. Compagnie minière Espérance
. Fleuve maroni. Lechatsylvestre / Wikipedia
. Forêt. © Hélène Ferrarini/Reporterre


Source : https://reporterre.net/La-Guyane-ebranlee-par-un-nouveau-projet-de-megamine-a-ciel-ouvert?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

mercredi 3 juin 2020

Jacques Testart : "La gestion de l'urgence s'accorde mal avec la science"








29 avril 2020


Une opinion publique prise à témoin, des citoyens qui s'affrontent par études scientifiques interposées, des responsables politiques, sommés de prendre des décisions dans l'urgence, qui en appellent à l'avis des experts, etc. La controverse scientifique concernant la chloroquine et la polémique autour du professeur Didier Raoult se sont propagées comme une traînée de poudre dans l'espace public. Les citoyens s'intéresseraient-ils enfin, à la faveur de la crise sanitaire actuelle, à la recherche scientifique ? Et y aura-t-il un avant et un après-Covid-19 pour les chercheurs ? Trois questions à Jacques Testart, biologiste et « critique de science ».


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Sciences Critiques Que vous inspirent le travail et la stratégie de communication du professeur Didier Raoult au sujet de la chloroquine ? Incarne-t-il la « bonne science biomédicale » de terrain, voire citoyenne, en répondant à l'urgence sanitaire contre la « mauvaise science biomédicale » bureaucratique, technocratique et inféodée à l'industrie pharmaceutique ?

Jacques Testart Je crois, d'abord, qu'il ne faut pas identifier la pratique médicale à une activité scientifique, et les thérapeutes à des chercheurs scientifiques. Pour la plupart, les médecins n'ont ni la formation ni la pratique qui sont exigées des chercheurs, lesquels, pour leur part, n'ont pas vocation à guérir. En ce sens, nous avons assisté à l'affrontement entre un praticien soucieux de tout faire pour guérir ses malades et des responsables médicaux soucieux de singer, comme pour combler leur manque, ce que serait une démarche scientifique.

Les affirmations des officiels, des médecins et des scientifiques démontrent, par leur cacophonie, que la science n'est pas de la partie, car c'est l'ignorance savante qui sévit, souvent avec arrogance.

La personnalité de Didier Raoult et son passif – anti-darwinien, climatosceptique – ont donné des points à « la science » qui le critique, sans que celle-ci se risque à trop pavoiser de crainte que l'avenir lui donne en partie raison… Et le patron marseillais nargue les patrons parisiens sans expliquer comment ceux-là l'ont fait patron s'il n'a pas un jour opportunément courbé l'échine devant la hiérarchie. Mais ce show très médiatisé atteint aussi les sphères militantes, avec la grande question qui sépare des frères d'armes en politique plutôt qu'en santé publique : faut-il donner la chloroquine en lot de consolation du progrès qui foire ou l'interdire au nom de la science qui progresse ? On s'engueule, certains démissionnent. Pas sûr que le recul du virus permettra une analyse plus sereine de ce passif, car la gestion à chaud de l'urgence s'accordera toujours mal avec la froide sérénité de la science.





Notre prix Nobel Luc Montagnier – un nouveau Raoult ? – propose, à condition qu'on lui donne « d'énormes moyens », un remède révolutionnaire en émettant des ondes qui interféreraient avec « les ondes de l'ARN viral ». Et il proclame que « la vérité scientifique finit toujours par émerger ». Pourtant, ce biologiste n'a jamais pratiqué la médecine. Au-delà des énormités proclamées par quelques-uns, il reste que les affirmations des officiels, des médecins et des scientifiques démontrent, par leur cacophonie, que la science n'est pas de la partie, car c'est l'ignorance savante qui sévit, souvent avec arrogance.

Que révèle, selon vous, la pandémie de Covid-19 concernant la recherche scientifique en général et la recherche biomédicale en particulier, à l'échelle européenne comme à l'échelle française ? Y aura-t-il un avant et un après-Covid-19 pour la communauté scientifique ?

On évoque beaucoup « le jour d'après » pour un renouveau sociopolitique, mais les dimensions recherche et santé se cantonnent à la réintroduction en France des moyens thérapeutiques nécessaires – médicaments, protections, équipements spécifiques – et un peu, puisque nos décideurs ont eu la frousse, à l'augmentation des moyens alloués à la connaissance des virus et à la gestion des pandémies. Les procès promis montreront les carences au plus haut niveau et il faudra bien boucher les trous trop voyants. Ainsi, grâce au récit du chercheur Bruno Canard, expliquant comment ses moyens de recherche sur les coronavirus ont été supprimés, et grâce aussi à notre incapacité théorique pour affronter cette maladie, la nécessité de la recherche pour la connaissance devrait apparaître dans la masse d'argent dédiée aux vaccins et médicaments.

Faudra-t-il d'autres crises sanitaires en d'autres domaines pour que les financiers prennent enfin la mesure des dégâts occasionnés par la technoscience ?

Pour la communauté scientifique spécialisée, la situation sera nettement améliorée, en France, en Europe et partout, puisque les dégâts économiques et sociaux sont énormes et mondiaux. Mais, faudra-t-il d'autres crises sanitaires en d'autres domaines pour que les financiers prennent enfin la mesure des dégâts occasionnés par la technoscience – en particulier les perturbateurs endocriniens ? La « chance » scientifique qu'offre cette pandémie est son irruption brutale, généralisée et bien visible, qui en ont fait un spectacle universel, alors que bien des atteintes à la santé, telles que les maladies chroniques comme l'asthme ou l'obésité, s'avèrent beaucoup plus graves, mais plus insidieusement. Pourtant, c'est la fréquence croissante de ces maladies chroniques qui transforme un virus plutôt banal en un redoutable tueur.




On ne peut espérer se protéger des maladies, virales ou pas, qu'en rompant avec les pratiques qui en sont les causes – déforestation, appauvrissement et déséquilibres de la biodiversité, exploitation forcenée des ressources, pollutions de l'environnement, changements climatiques, etc. 1 Ce programme ne dépend pas des laboratoires de recherche mais de la décision politique. Sans mesures drastiques qui exigent la décroissance des consommations et des pollutions, le virus reviendra avec un déguisement nouveau nécessitant à chaque fois de nouveaux médicaments et de nouveaux vaccins, c'est-à-dire que les sociétés seront toujours démunies devant le retour du bâton qui leur procurait une jouissance stupide, quels que soient les moyens donnés à la recherche.

Que pourrait être une recherche scientifique ayant tiré toutes les leçons de la pandémie de coronavirus ? Plus particulièrement, à quoi ressembleraient les sciences dans une société post-croissance ?

Historiquement, les chercheurs ont été des travailleurs intellectuels jouissant d'une liberté unique parmi les salariés de l'Etat. C'était l'époque où la science jouissait d'une image très positive malgré quelques drames – comme l'explosion de la bombe atomique à Hiroshima 2 – qu'on attribuait à son usage indélicat. Mais les chercheurs, encore peu nombreux, jouissaient d'une grande autonomie. Depuis quelques décennies, l'économie a été mise aux commandes des laboratoires grâce à des partenariats industriels ou des fichages thématiques, rompant avec l'image d'une science pure dédiée à la connaissance. 3 Simultanément, la puissance de recherche augmentait avec sa nouvelle idéologie – compétition, brevets, start-ups, etc. – tandis que des effets défavorables de ce qu'on a appelé la « technoscience » 4 se multipliaient. Ainsi, il est devenu évident que la recherche n'est plus une activité essentiellement « poétique », c'est-à-dire la découverte de l'inconnu, mais la principale source des modes de vie à venir – innovations par principe, « maîtrise » du vivant improbable mais toujours expérimentée 5, obsession de la vitesse, numérisation de la société 6, etc. Et donc qu'elle ne doit plus échapper au jugement des citoyens.

La question actuelle n'est pas celle toujours posée par les syndicats de chercheurs, même s'il faut exiger plus de moyens pour la recherche. Elle est de savoir à quoi, à qui, sert la recherche.

La question actuelle n'est pas celle toujours posée par les syndicats de chercheurs, même s'il faut exiger plus de moyens pour la recherche. Elle est de savoir à quoi, à qui, sert la recherche. 7 Les chercheurs ne peuvent plus prétendre décider seuls de ce qui serait bon pour la société qui les rémunère. A l'évidence, les priorités décidées en haut laissent les citoyens de côté : qui, parmi nous ou nos enfants, ira sur la lune ? Qui demande des plantes génétiquement modifiées ? etc. Il s'agirait donc de définir ce qui est bon pour la majorité des humains qui peuplent la terre ; mission impossible si ce n'est démagogique, sauf en la proposant aux citoyens eux-mêmes. En ce sens, les questions proposées par Bruno Latour 8 cernent utilement la problématique du besoin de science, ou surtout de technologie, de la population à ce tournant où on ne peut plus continuer comme avant. Mais ces questions ne peuvent obtenir de réponses politiquement acceptables que si elles ont été fondées sur la raison et l'information. C'est pourquoi, l'association Sciences citoyennes avance, depuis longtemps, le recours à des conventions de citoyens. 9 Elle vient de proposer cette procédure pour définir la future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). 10 Des conventions de citoyens peuvent en effet indiquer, en connaissance de cause, la répartition souhaitable des budgets entre grandes thématiques – santé, alimentation, vie quotidienne, énergies, environnement, etc. –, au risque prévisible que la « décroiscience » bouleverse les priorités actuelles.




Pour le reste, faisons confiance aux nombreux Bruno Canard de la recherche publique pour creuser les domaines que leur savoir leur fait croire utiles pour demain. Aujourd'hui, le métier de chercheur ne peut trouver sens que dans la co-construction des savoirs avec et pour les citoyens. Nous ne craignons pas que la recherche dite « fondamentale », celle qui a pour vocation la connaissance plutôt que l'innovation, se trouverait affectée par la démocratisation des choix – des sondages le prouvent. Bien au contraire, il faut attribuer à la recherche de connaissances des budgets conséquents et récurrents, car c'est celle qui exige le plus d'investissement et qui soutient la possibilité des recherches finalisées que souhaiterait la population, lesquelles contribueront à une décroissance émancipatrice plutôt que douloureuse.


Propos recueillis par Anthony Laurent, rédacteur en chef / Sciences Critiques.



Notes:
  1. NDLR : Lire notre « Grand Entretien » avec Joël Spiroux de Vendômois : « Le XXIème siècle doit devenir le siècle de l'hygiène chimique », 10 juin 2016. / 
  2. NDLR : Lire la tribune libre d'Olivier Rey, Nuclear Manœuvres in the Dark, 17 mars 2016. /
  3. NDLR : Lire le texte du Groupe Oblomoff, Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique, 4 mars 2015. /
  4. NDLR : Lire le texte de Geneviève Azam, Dominique Bourg et Jacques Testart, Subordonner les technosciences à l'éthique, 15 février 2017. /
  5. NDLR : Lire notre « Trois questions à... » avec Geneviève Azam : « Abandonner le délire prométhéen d'une maîtrise infinie du monde », 15 septembre 2018. /
  6. NDLR : Lire notre article : La technologisation de la vie : du mythe à la réalité, 1er mars 2018. /
  7. – Voir sur le site Internet de l'association Sciences Citoyennes : Organiser la recherche, oui mais pour quels savoirs ? Pour une recherche avec et pour les citoyens (Mediapart, 12 février 2020). /
  8. – Voir sur le site Internet d'AOC : « Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d'avant-crise », 30 mars 2020. /
  9. NDLR : Lire notre « Grand Entretien » avec Jacques Testart : « Il faut prendre le mal à la racine », 30 mai 2017. /
  10. – Voir sur le site Internet de l'association Sciences Citoyennes : Loi Recherche : quelle organisation de la recherche pour quels savoirs ?, 4 février 2020./



Source :  https://sciences-critiques.fr/jacques-testart-la-gestion-de-lurgence-saccorde-mal-avec-la-science/


mardi 2 juin 2020

Le 17 juin, agissons contre la réintoxication du monde

Le 17 juin, 

agissons 

contre la réintoxication 

du monde




20 mai 2020 / Des collectifs, syndicats et territoires en lutte



Pour les auteurs de cette tribune, le déconfinement doit être le moment de « construire de nouvelles manières d’habiter le monde ». Pour cela, il faut « accepter de rentrer en conflit direct avec ce qui l’empoisonne » : ils appellent donc à une série d’actions, blocages, occupations le 17 juin.

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La liste des signataire est à la fin du texte, accompagnée des dessins d’Alessandro Pignocchi.



Nous avons aperçu pour la première fois dans nos existences ce qui serait encore possible si la machine infernale s’arrêtait enfin, in extremis. Nous devons maintenant agir pour qu’elle ne se relance pas.

Nous appelons en ce sens les habitant.e.s des villes et campagnes à déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques — cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plateformes Amazon sur des terres arables, unités d’élevage intensif ou installations de nouvelles antennes 5G, clusters développant la numérisation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant, destructions de forêts et prairies en cours…

Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes. Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements, occupations…

Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes Covid-entraide et « Bas les masques ! », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à des réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions.

La pandémie pourrait représenter un tournant historique


Certes, nous ne reviendrons pas sur les espèces disparues, les millions d’hectares de terres ravagées, de forêts détruites, sur les océans de plastique et sur le réchauffement planétaire. Mais de manière inédite dans le Capitalocène, les gaz à effet de serre ont diminué partout ou à peu près. Des pans de mer, de terres ont commencé doucement à se désintoxiquer, tout comme l’air des villes suffoquées de pollution. Les oiseaux sont revenus chanter. Alors pour qui se soucie des formes de vie qui peuplent cette planète plutôt que d’achever de la rendre inhabitable, la pandémie dans laquelle nous sommes plongé.es, en dépit de tous les drames qu’elle charrie, pourrait aussi représenter un espoir historique. Nous avons paradoxalement vu se dessiner le tournant que l’humanité aurait dû prendre depuis bien longtemps : faire chuter drastiquement la nocivité globale de ses activités. Ce tournant, même les incendies de territoires immenses, les sécheresses consécutives ou les déflagrations à la Lubrizol des mois derniers n’avaient pas réussi à nous le faire prendre.


Des pans de mer, de terres ont commencé doucement à se désintoxiquer, tout comme l’air des villes suffoquées de pollution. Les oiseaux sont revenus chanter.


Cependant, ce tournant que nous désirions tant, nous n’avons généralement pas pu l’éprouver dans nos chairs parce que nous étions enfermé.es. Car mis à part dans certains territoires ruraux et quartiers solidaires où existe déjà un autre rapport au collectif, à la production ou au soin du vivant, le confinement a été pour la majorité de la population le début d’un cauchemar, une période qui renforce brutalement les inégalités sociales, sous pression policière. Et le drame absolu, c’est que, malgré tout ce que la situation a de bouleversant, nos gouvernants n’en sont pas moins déterminés à relancer dès que possible tout ce qui empoisonne ce monde et nos vies — tout en nous maintenant par ailleurs isolé.es et contrôlé.es dans des cellules numériques, coupé.es de ce qui fait le sel et la matérialité de l’existence.

Rien ne les fera bifurquer, si on ne les y contraint pas maintenant


Au cours des deux derniers mois, les exposés et tribunes se sont accumulées sur nos écrans à une rapidité inversement proportionnelle à notre capacité à nous projeter sur des actions. Les analyses nécessaires ont été faites sur le lien entre cette épidémie et les flux économiques mondialisés et leurs dizaines de milliers d’avions, la déforestation et l’artificialisation des milieux naturels qui réduisent les habitats des animaux sauvages ou encore l’élevage intensif. Tout a été dit sur la dimension annonciatrice de la pandémie, sur la suite de confinements et de désastres à venir si nous n’en tirons pas les leçons.

D’autant que la marche courante de l’économie et des productions sur lesquelles repose notre mode de vie va continuer à tuer dans les décennies à venir bien davantage et plus durablement que le Covid-19 [1]. Mais pour l’État et pour les lobbies agro-industriels, aéronautiques, chimiques ou nucléaires qui guident ses politiques, les conséquences à tirer de la crise sanitaire sont visiblement tout autre. Ils en ont simplement profité pour faire sauter quelques lois environnementales et déverser des pesticides encore plus près des maisons, pour relancer la construction d’avions ou l’extraction minière en Guyane… Il est donc maintenant avéré qu’aucune crise, aussi grave soit-elle, ne les fera dévier du nihilisme absolu de leur obsession économique. Nous avons eu deux longs mois pour nous en rendre compte. À nous maintenant d’agir et d’y mettre fin.

Le gouvernement parle du mois de juin comme d’une « nouvelle marche » dans un déconfinement qui n’est pour lui qu’une remise en marche de l’économie et de la destruction du vivant. La seule « marche » censée, c’est au contraire d’agir pour l’arrêt des secteurs de productions les plus empoisonnants. Nous appelons donc à une première série de mobilisations simultanées le mercredi 17 juin.

Comment agir ?




Le déconfinement doit être un élan historique de reprise en main sur nos territoires, sur ce qui est construit et produit sur notre planète. Il doit permettre de dessiner ce qui est désirable pour nos existences et ce dont nous avons réellement besoin. C’est une question de survie, davantage que toutes les mesures et tous les nouveaux types de confinements que l’on nous fera accepter à l’avenir. Cela signifie construire de nouvelles manières d’habiter le monde, chacun de nos territoires, mais aussi accepter de rentrer en conflit direct avec ce qui les empoisonne. Il y a des industries qui ne se sont pas arrêtées pendant le confinement et qui doivent aujourd’hui cesser. Il y en a d’autres qui ont été interrompues et dont l’activité ne doit pas reprendre. Cela ne pourra se faire sans constituer chemin faisant des liens avec les travailleurs qui en dépendent économiquement. L’urgence sociale est de penser avec elles et eux les mutations possibles des activités et les réappropriations nécessaires des lieux de travail. C’est aussi de contribuer à maintenir un rapport de force permettant de garantir les revenus pendant les périodes de transition et les besoins fondamentaux de ceux dont la crise aggrave encore la précarité. Nous n’atteindrons pas immédiatement toutes les productions qui devraient l’être. Mais il faut commencer, en stopper un certain nombre aujourd’hui pour continuer avec d’autres demain.

Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes. Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements, occupations…

Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes Covid-entraide et « Bas les masques ! », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à des réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions.

Nous devons trouver des formes de mobilisations adéquates à la situation. Nous traversons une période où chacune d’entre elle peut avoir une portée décuplée. On peut faire beaucoup à peu [2] mais on peut aussi se donner les moyens d’être nombreux-ses. Nous nous appuierons sur la ténacité des Zad, la fougue des Gilets jaunes, l’inclusivité et l’inventivité des grèves et occupations climatiques d’une jeunesse qui n’en peut plus de grandir dans un monde condamné. Nous agirons en respectant l’espace adéquat entre chaque personne et pourquoi pas masqués.es quand cela s’avère nécessaire pour se protéger, mais nous agirons !


Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers collectifs, syndicats, associations, territoires en lutte cosignataires et engagé.es sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, envoyer un appel à mobilisation locale ou un texte d’analyse complémentaire, vous pouvez écrire à 17juin@riseup.net. Ils seront mis à jour et apparaîtront entre autres sur le site https://17juin.noblogs.org/ et la page facebook Agir17juin.

  • Premiers signataires : Youth For climate Paris, Génération Climat (Belgique), Notre-Dame-des-Landes Poursuivre Ensemble (44), Revue Parade, Extinction Rebellion Pepps, Union Syndicale Solidaires, Solidaires 44, Sud Rail, le Front de mères, Partager C’est sympa !, des habitant.e.s de la zad de Notre-Dame-des-Landes, Youth for Climate Lyon, Espace autogéré des tanneries (21), la Cagette des terres (44), Assemblée des écologistes en lutte, Attac 44, la commune de Chantenay (44), Collectif pour le Triangle de Gonesse (95), la Dérive social club (44), Longo Mai Grange Neuve (04), Pour une Ecologie Populaire et Sociale, RISOMES (Réseau d’Initiatives Solidaires Mutuelles et Ecologiques)(21), des opposant.es aux projets de Center Parcs en Isère, Jura et Saône-et-Loire, collect’IF paille (île de France), Exctinction Rebellion Nantes, groupe Marcuse, La Mine collectif Cévenol membre du réseau HALEM, Attac Flandre, Cinémas Utopia (34 et 31), Coordination antinucléaire du sud-est/CAN-SE, collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84, ABC’éditions Ah Bienvenue Clandestins ! (46), Pays de Retz Environnement (44), collectif Faire Commune, l’Asso’Loucionne (43), Attac Alès Cévennes (39), Collectif Nantais contre le Surf Park de Saint-Père-en-Retz, collectif Destocamine (67)


Alessandro Pignocchi a mis en ligne ces dessins sur son blog pour accompagner la tribune ci-dessus.




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[1Multiplication des cancers dus aux pesticides et aux substances toxiques, surpoids, diabète et hypertension tous trois liés à l’alimentation industrialisée (qui touche un tiers de l’humanité et est la principale comorbidité des malades atteints du Covid-19), morts prématurées de la pollution atmosphérique, résistance bactérienne liée à la surconsommation d’antibiotiques, et à une échelle autre qu’humaine, effondrement de la biodiversité, sixième extinction des espèces, un milliard d’animaux tués dans les incendies australiens sans fin l’été dernier.

[2Voir par exemple le blocage de la cimenterie Lafarge en février 2020 par des militants écologistes.



Lire aussi : Conservatrice, réactionnaire ou progressiste, trois voies pour l’après-crise sanitaire


Source : Courriel à Reporterre
Dessins : © Alessandro Pignocchi
Photo :
. À Verdun, une centaine de personnes seulement ont participé au Printemps du changement en avril 2019. © Franck Depretz/Reporterre
. Moineaux. CC-BY Missbutterfly / Flickr
. Notre-Dame-des-Landes en 2018. © Nicolas de la Casinière/Reporterre


- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.

- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.



Source : https://reporterre.net/Le-17-juin-agissons-contre-la-reintoxication-du-monde?fbclid=IwAR1PytxA-OJhWmqhRUukp_5ny_tIIALHAiqNKGsSqF34XLlvOcLmA4CXTeU

lundi 1 juin 2020

Bure : l’instrumentalisation politique de la justice doit cesser


Bure : 

l’instrumentalisation politique 

de la justice 

doit cesser




8 mai 2020 / Attac, Greenpeace, LDH, Confédération paysanne, Sortir du nucléaire et plus de trente associations et partis









L’enquête menée conjointement par Reporterre et Mediapart a révélé la démesure de l’enquête judiciaire contre les antinucléaires de Bure et la vacuité du dossier. Des dizaines d’association demandent la clôture de cette instruction qui dessert la justice.
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Suite aux révélations des journaux Mediapart et Reporterre la semaine dernière, nous - associations, collectifs - appelons à la clôture de l’instruction judiciaire qui criminalise les opposant.e.s au projet CIGEO d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure.

L’enquête judiciaire dure maintenant depuis deux ans mais son dossier reste d’un vide abyssal. Les moyens déployés sont complètement surréalistes : 85.000 écoutes téléphoniques, plus de 29 personnes mises sous surveillance, des logiciels utilisés pour le grand banditisme, une dizaine de militaires mobilisés à plein temps pour alimenter ce dossier qui, s’il comporte 15.000 pages, ne détient finalement aucune preuve tangible à l’encontre des inculpé.e.s.

Il faut voir cette instruction pour ce qu’elle est : une machine de renseignement démesurée, une opération politique qui vise à étouffer la lutte anti-nucléaire.

Cette affaire nous concerne tous et toutes !

Au-delà des atteintes aux libertés fondamentales qu’elle provoque, ce sont aussi nos impôts qui l’alimentent. Un million d’euros a déjà été dépensé. Du jamais vu.

Comme l’ont révélé les journaux Médiapart et Reporterre, plusieurs éléments de cette enquête sont à la limite de la légalité :

• Des prélèvements d’ADN ont été réalisés sans consentement,
• Des IMSI-catchers ont été utilisés : ces appareils sophistiqués ont capté plus d’un millier d’identités téléphoniques de personnes venues simplement en soutien devant le tribunal,
• La cellule de surveillance de Bure a aussi retranscrit des échanges entre les militant⋅es et leurs avocat.e.s , ce qui est une grave atteinte aux droits de la défense.

Les moyens technologiques, financiers, humains et la méthodologie utilisés sont tels qu’on ne peut croire qu’ils cesseront d’être employés une fois sa clôture. Véritable menace pour toutes nos structures militantes, n’attendons pas davantage, c’est maintenant qu’il faut arrêter cette machine !

Nous appelons, dès maintenant, à la levée des contrôles judiciaires des personnes mises en examen. Deux ans que ces personnes et leurs proches sont comme confinées : "Deux ans d’interdiction de se déplacer librement, d’interdiction de se réunir librement, de s’exprimer librement, de se défendre librement."

Nous savons que cette instruction se soldera par un non lieu.

L’histoire le prouve : la criminalisation des luttes par le dévoiement de la justice et de son code pénal la dessert toujours au final.

Arrêtons la casse !

Clôturons l’enquête et soldons-la par un non lieu, défendons la liberté d’expression, d’opinion et d’association !



  • Signataires :
ATTAC FRANCE
LIGUE DES DROITS DE L’HOMME
GREENPEACE FRANCE
SEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE
ARRET DU NUCLÉAIRE
CONFÉDÉRATION PAYSANNE
SOLIDAIRES
LES AMIS DE LA TERRE
GLOBAL CHANCE
SEAU ACTION CLIMAT
MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE NON VIOLENTE (MAN)
FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT
FONDATION DANIELLE MITTERAND
LA FRANCE INSOUMISE
EUROPE ECOLOGIE LES VERTS
GÉNÉRATION.S
UNION COMMUNISTE LIBERTAIRE (UCL)
Association Ma Zone Contrôlée
Syndicat SUD Energie Orano D&S
Front Social 54
SUD Energie
FO Sofidel
section SUD PTT PIC lorraine
Sud Ptt 57
Union syndicale Solidaires Moselle
SUD télécom 1ile-de-France
SNUPFEN Solidaires (Syndicat National Unifié des Personnels des Forêts et de l’Espace Naturel)
CGT DALKIA EST
sud poste
Solidaires 37
EODRA
CEDRA 52
ASODEDRA
LES HABITANTS VIGILANTS
Le CRILAN
Coordination antinucléaire du sud-ouest, STOP GOLFECH
STOP nucléaire Drôme Ardèche collectif Arrêt du nucléaire
STOP nucléaire 26-07
Collectif Contre l’Ordre Atomique CCOA (ADN 75)
SORTIR DU NUCLEAIRE BUGEY (SDN BUGEY)
RadiAction
CAN84
Tchernoblaye
sdn72
Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)
Sortir du nucléaire Paris
Collectif antinucléaire Loire Vienne
Théâtre de l’ADN
Collectif antinucléaire des Deux-Sèvres
COORDINATION STOP BUGEY
Collectif « Nous sommes tous des malfaiteurs »
Sortir du Nucléaire 41
Union syndicale SUD-Solidaires 54
collectif STOP EPR NI A PENLY NI AILLEURS
Stop nucléaire 56 Trawalc’h
RHONE-ALPES SANS NUCLEAIRE
Sortir Du Nucléaire Touraine
Sortir Du Nucléaire 27
technologos
SDN38 Sortir du nucléaire Isère
Sortons du nucléaire Moselle
Comité mosellan de soutien à Bure
Collectif NDDL/BURE Tours
SORTIR DU NUCLEAIRE BERRY-GIENNOIS-PUISAYE
CHANG (Collectif halte aux nucléaires Gard)
Arrêt du nucléaire 34 (Hérault)
Sortir du nucléaire Pays nantais
Sortir du nuclèaire Paris
VERDUN STOP NUCLEAIRE
Sortir du nucléaire 49
Bien profond
Compagnie NAJE
NDDL 73
Alofa Tuvalu
Collectif lochois contre l’aéroport de NDDL et son monde
Gilet Jaune de Saillans
Plein le Dos
NPA DRÔME ARDÈCHE
Nouveau Parti Anticapitaliste Isère (NPA38)
LFI Meuse
Résistances Vercors insoumis
Europe Ecologie Les Verts Lorraine
EELV Région Savoie
EELV Isère
PCOF 38
Groupe Union Communiste-Libertaire Orléans
Union Communiste Libertaire – Groupe de Nancy
ATTAC BOURG-EN-BRESSE
ATTAC 87
ATTAC MACON
LDH Nancy
MAN pays de Vitré
Amis de la Terre Savoie
Association Chalonnaise pour une Transition Ecologique
Vivre et Agir en Maurienne
FNE – Grand Est
Lorraine Nature Environnement
FNE63
La fraise
GSE (Gresivaudan sud ecologie
Confédération Paysanne des Vosges
Confédération Paysanne Grand Est
Amis de la confédération Paysanne Limousin
STOP FESSENHEIM




 Lire aussi : Les antinucléaires de Bure face à la justice, l’enquête de Reporterre et Mediapart

- Source : Stop Cigeo
- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction



Source : https://reporterre.net/Bure-l-instrumentalisation-politique-de-la-justice-doit-cesser

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Liens vers les trois articles (de Reporterre et Mediapart) consacrés à l’enquête pénale contre les opposants au projet Cigéo 


https://lemurparle.blogspot.com/2020/05/13-la-justice-massivement-surveille-les.html


https://lemurparle.blogspot.com/2020/05/23-letat-depense-un-million-deuros.html


https://lemurparle.blogspot.com/2020/05/33-bure-la-justice-bafoue-les-droits-de.html