Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
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mercredi 12 juin 2019

« Le bio risque de se perdre dans son succès »


« Le bio 

risque de se perdre 

dans son succès »


 Frédéric Denhez, auteur et journaliste à France Inter (“C02 Mon amour”)

 

Ingénieur agronome spécialisé en productions végétales, je m’intéresse à la diversité de l’agriculture sous toutes ses formes. Je travaille actuellement au développement de l’agriculture biologique.







Source : https://grainesdemane.fr/le-bio-risque-de-se-perdre-dans-son-succes/?fbclid=IwAR2U_Y7kXfZCIp_skdXnUtebXZhl5DO5Uj4i-b56dTY22Mxhd4scF1RuV5U


mardi 11 juin 2019

Cette Semaine à l'Atelier de l'entonnoir


Mardi :
permanence collectif bienvenue aux migrants
Omnibus
l'incroyable Cantine
Mercredi
Atelier Crochet:

Jeudi :
Cours Japonnais

MARDI
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Permanence du collectif bienvenue migrants conflent

Tous les mardi de 10h30 à 11h30 à l'Entonnoir.
Permanence / information
every Tuesday from 10h30 to 11h30 at l’ENTONNOIR

لدوام / المعلومات كل يوم ثلاثاء من الساعة 10.30 إلى الساعة 11.30 في مسار التحويل
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10-12h : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte !

Si tu veux des conseils de lecture ou choisir toi-même ton livre, c'est le créneau !
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir

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12h30 : Incroyable Cantine

C’est, bio et végétarien,
préparé par les adhérents, ... par vous la semaine prochaine...
Menu entrée/plat/dessert à 6 Euros
20 Réservations mardi matin à partir de 11h au 04 68 97 06 12

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Le Crochet Facile pour tous
14H
JEUDI
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Copyright © 2019 Atelier de l'entonnoir
1 Rue des Marchands, 66500 Prades, France

lundi 10 juin 2019

Aux urgences de Lons-le-Saunier, « l’équipe est anéantie »

Aux urgences de Lons-le-Saunier, 

« l’équipe est anéantie »



Par


Aux urgences de Lons-le-Saunier, 70 % du personnel est en arrêt maladie, épuisé. Pour assurer la continuité des soins, les autorités réquisitionnent le personnel médical avec l’appui des forces de l’ordre, pour ce week-end de l'Ascension.

« Il faut le voir pour le croire…, écrit un jeune médecin interne, jeudi 30 mai, en revenant d’une garde aux urgences de Lons-Le-Saunier. Les patients s'entassent dans les couloirs : 
des enfants avec leur plaie au doigt, 
des papys venus de la maison de retraite et qui ont du mal à respirer, 
des cinquantenaires avec une douleur thoracique, donc possiblement un infarctus... 
Et tout ce petit monde cohabite des heures et des heures, et se demande quand ils verront le médecin. Le personnel est à bout de souffle. Vraiment. 
Ils ont les yeux rouges et sont à deux doigts de craquer de nouveau. Ils tiennent à peine debout. Certains membres du personnel ont été amenés par la police. »

La page Facebook du Collectif de défense des urgences donne la mesure de la « panique » qui y règne en ce week-end de l’Ascension.


70 % des personnels paramédicaux – infirmières et infirmiers, aides-soignantes et aides-soignants – sont en arrêt maladie, ainsi que huit médecins sur quinze. « Et d’autres m’ont prévenu qu’ils allaient aussi s’arrêter », assure Éric Loupiac, médecin aux urgences et délégué de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).


 Lien vers la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=HbDNCpw1LiA






La situation est si tendue que seuls les syndicalistes osent parler en leur nom. Elle est si grave que les deux services mobiles d’urgence et de réanimation (Smur), dont les équipes sont fusionnées avec celles des urgences, fonctionnent de manière intermittente : « Il n’y avait pas de Smur mardi, mercredi et vendredi », assure un infirmier. En cas d’accident de la route, de détresse vitale sur la voie publique ou à domicile, de transfert urgent d’un hôpital à un autre, seuls les pompiers et l’hélicoptère situé à Besançon peuvent se porter au secours des malades.

Dans un communiqué publié samedi 1er juin, l’agence régionale de santé (ARS) reconnaît « l’existence d’un risque grave pour la santé publique » et assure procéder, avec la direction de l’hôpital et la préfecture, « à la réquisition d’un nombre suffisant de personnels ». Pour mettre les soignants au travail, ils font donc appel aux forces de l’ordre.

De jeudi à lundi, chaque jour et chaque nuit, entre trois et cinq infirmières et aides-soignants sont réquisitionnés. Les gendarmes ou les policiers se déplacent à leur domicile pour leur donner en main propre l’avis de réquisition.



 Une infirmière, seule à son domicile avec ses enfants, a été réveillée à 00 h 45 mercredi matin pour venir travailler à 7 h 15. « Mes enfants ont été réveillés, j’ai eu du mal à les rendormir, et moi je n’ai pas pu trouver le sommeil. J’étais en larmes, paniquée, en colère. La journée de travail a été terrible : le matin, il y avait une vingtaine de patients en attente d’un lit, pas de médecins, des internes désemparés. J’ai fini la journée en pleurs. Je travaille depuis onze ans aux urgences, je n’ai jamais été dans cet état. Je suis nerveusement épuisée. Je suis à mon tour allée voir mon médecin pour me faire arrêter. Et en rentrant chez moi, j’ai trouvé les gendarmes, avec une nouvelle réquisition pour le lendemain matin. »


À nos questions sur ces méthodes, l’agence régionale de santé assure « tout faire pour garantir la continuité des services dans le week-end et permettre la reprise du dialogue lundi ». Pourtant, le mercredi, la même ARS n’hésitait pas à mettre en cause un « absentéisme soudain dans un contexte de mouvement social », et « la déontologie médicale et le sens des responsabilités des professionnels concernés ».

« Depuis des mois, je récupère des médecins en larmes, qui ne supportent plus ce qu’ils font, s’énerve Éric Loupiac. Nos conditions de travail sont devenues dantesques. Depuis des mois, nous alertons toutes les semaines la direction, l’ARS, le ministère de la santé, et même le président de la République, sur la dégradation de nos conditions de travail. On ne nous répond même pas ! Il n’y a aucun dialogue ! » 

Un médecin en grève explique : « La corde est cassée, ils sont allés jusqu’à la rupture. L’équipe est anéantie, en épuisement professionnel. La plupart des médecins ne se voient pas revenir travailler. » Sa voix est tendue, ses mots comptés. La question de la sécurité des patients est même difficile à aborder : « La situation est préjudiciable pour tout le monde, on ne sait plus quoi faire », élude-t-il. Un infirmier confie son « sentiment de culpabilité. Mais on sait aussi qu’on ne peut plus continuer comme ça ».
 
Cette crise aiguë est le paroxysme d’un long mouvement social, qui a débuté au mois de décembre, pour protester contre la suppression d’une des deux lignes de Smur sur décision de l’ARS, pour des raisons d’économies. Malgré les arguments des urgentistes : ces deux véhicules font 1 800 sorties par an, la deuxième ligne en fait 700 par an, et l’an dernier elle a pris en charge 40 détresses vitales (voir notre article sur l’effondrement du système hospitalier dans le Jura). Le mouvement s’est encore durci depuis. Le 20 mai, les paramédicaux de Lons-le-Saunier ont suivi l’appel à la grève des urgences parisiennes, cette fois pour leurs conditions de travail.




L’hôpital de Lons-le-Saunier est le socle du groupe hospitalier du Jura sud, en déficit depuis des années : – 11,4 millions d’euros en 2017.

Isabelle Ducrot, secrétaire adjointe du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), raconte la succession des réformes managériales, avec pour seule finalité la recherche d’économies : « Il y a eu d’abord le passage des paramédicaux en journées de travail de 12 heures, en réalité 12 h 15 en prenant en compte les temps de transmission des informations d’une équipe à l’autre, au-delà de la durée légale journalière de travail. Puis la suppression des équipes de remplacement : aujourd’hui, en cas d’arrêt maladie, les soignants s’autoremplacent. Certains travaillent jusqu’à 60 heures par semaine, au lieu de 35, ce qui n’est pas légal non plus. Dans le même temps, l’hôpital a fermé des lits, augmentant la durée d’attente aux urgences, donc le nombre de patients dont il faut s’occuper. »
 
Et ceci alors que l’activité n’a cessé d’augmenter : « En 2012, nous avions 70 passages en 24 heures, nous en avons plus de 100 aujourd’hui, jusqu’à 150 parfois, avec le même personnel », explique une infirmière.

Lors de notre passage à Lons, un après-midi du mois d’avril, des brancards étaient en effet alignés par dizaines le long du couloir de circulation des urgences ou dans un recoin, tous chargés de malades, des personnes âgées souvent, hagardes, certaines démentes. « Chaque nuit, entre une et vingt personnes dorment aux urgences, dans les couloirs, avec une seule salle de bains pour tout le monde. On a honte ! », dit une infirmière.

Voilà l’ordinaire. L’impensable a été atteint mardi soir. « Deux médecins étaient arrêtés, ainsi que deux infirmières, enceintes, raconte l’infirmière. Une troisième n’en pouvait plus et s’est elle aussi arrêtée. C’est là que les réquisitions ont commencé. Mais tout cela était prévisible : nous avons quatre infirmières enceintes, et rien n’a été prévu pour les remplacer. Pour la direction, c’est à nous de les remplacer, en travaillant des heures supplémentaires qui ne nous sont pas payées ! », poursuit une autre infirmière.

Depuis le début de l’année, l’équipe d’une quarantaine de paramédicaux des urgences a accumulé 3 500 heures supplémentaires non payées, censées être récupérées lorsque la situation du service sera plus favorable. « Mais cela fait bien longtemps que le sous-effectif est tel qu’il n’est plus possible de récupérer ces heures », explique un infirmier. Cet été, les paramédicaux n’ont pas droit à plus de deux semaines de vacances. Et ils doivent encore travailler 1 000 heures supplémentaires entre juin et septembre. Le médecin Éric Loupiac manque de mots : « Mais quelle est la déontologie de ces managers ? »




 Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/020619/aux-urgences-de-lons-le-saunier-l-equipe-est-aneantie?utm_source=20190602&utm_medium=email&utm_campaign=ALERTE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[ALERTE]-20190602&M_BT=75976892866

dimanche 9 juin 2019

OGM - Fauchage d'une plate-forme d'essai de colza muté dans les Deux-Sèvres

On a reçu ça

un FV (Faucheur Volontaire) du 79 (Deux-Sèvres) explique :

"Un carré de 100 m2 parmi une centaine d'autres, cachés au fond d'une vallée. Trouvé par hasard, le seul "prope" aux pieds et pas envahi par des géraniums sauvages".

samedi 8 juin 2019

À Die, les décisions toujours plus absurdes des autorités de santé

À Die, 

les décisions toujours plus absurdes 

des autorités de santé


31 mai 2019 / Corinne Morel Darleux 




La maternité et la chirurgie de l’hôpital du centre-ville de Die ont fermé il y a un an et demi. En guise de « compensation », l’agence régionale de santé prévoit la construction d’un nouvel hôpital : en périphérie, sur trois hectares de terres agricoles. Une douche froide pour les habitants, qui se préparent à un nouveau combat, comme l’explique notre chroniqueuse.

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Corinne Morel Darleux est conseillère régionale Auvergne - Rhône-Alpes.



Quand l’ARS, l’agence régionale de santé, a fermé la maternité et la chirurgie de Die en janvier 2018, elle l’avait fait avec la générosité des vainqueurs : en promettant des compensations qui ne remplacent rien ni ne réparent. On connaissait l’arnaque des compensations environnementales, l’ARS nous l’a joué compensation sociale. Elle avait ainsi promis aux habitants, en contrepartie, un pack de promesses assorti de 16 millions d’euros, comprenant un scanner, la rénovation des urgences, un nouvel hôpital et un hélicoptère.

Ce dernier est désormais censé emmener les futures mères à la maternité en cas d’urgence (mais seulement si le pronostic vital n’est pas engagé, il faut bien viser). Quant à l’hôpital, alors qu’on attendait logiquement un programme de rénovation du bâtiment existant situé en centre-ville, à côté du collège-lycée, nous venons d’apprendre avec stupéfaction que l’ARS a acquis un terrain agricole situé à près de 3 kilomètres de là. Il s’agit donc bien de la construction d’un tout nouvel hôpital. Toujours sans maternité, naturellement. Sur trois des plus beaux hectares de terres agricoles qu’il reste à Die. Et, donc, en périphérie. Que va devenir l’hôpital actuel ? Personne n’est capable de nous le dire. Selon la rumeur, l’ARS voudrait le vendre. Public, privé ? À qui, pourquoi ? On ne le sait pas.

Et puis, ils disent qu’en général, c’est moins cher de construire que de réhabiliter 


On va donc avoir à Die un nouvel hôpital qui va bétonner trois hectares de terres à vocation alimentaire, dégager autant de pollution, d’énergie et de gaz à effet de serre que n’importe quel chantier de BTP, entraîner le déplacement des 279 personnels hospitaliers, isoler en zone artisanale les pensionnaires de l’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), tuer ainsi un peu plus toute activité commerciale en centre-ville, et enfin multiplier, dans une zone qui en était jusqu’ici préservée, le trafic automobile. Je ne parle même pas de la tête que doivent faire les actuels propriétaires du bâtiment de ferme dont la vue sur le Vercors donnera désormais sur un parking. Le tout, pour la modique somme de 12 millions d’euros. Je crois que c’est pile-poil ce qu’on appelle communément un remède pire que le mal. Au top pour un hôpital.

Une douche froide. Cet achat de terres n’a visiblement jamais été débattu publiquement, ni au conseil communautaire, ni dans les conseils municipaux et évidemment pas avec la population. Le 9 mai dernier, les membres du collectif pour l’hôpital ont donc provoqué une rencontre avec les élus locaux.
Ils leur ont rappelé la situation catastrophique de l’hôpital et la dégradation en cascade des services depuis la fermeture de la maternité et de la chirurgie. Parmi les éléments les plus inquiétants, les urgences, dont le planning n’est apparemment plus assuré alors qu’on est à la veille de la saison touristique (urgences qui, selon l’ARS, devaient être renforcées, promis-juré). Mais aussi les suppressions de lits, les conditions de travail dégradées du personnel et l’insécurité que ressentent les futurs jeunes parents à la suite du décès d’un bébé in utero et de plusieurs accouchements de bord de route. Voilà où on en est. Au nom de la sécurité. Et ce n’est pas la loi « Ma santé 2022 » qui va arranger les choses, elle qui prévoit de nouvelles restructurations, la porte ouverte au privé, et une « proximité » désormais définie sans chirurgie ni maternité.

L’hôpital de Die.

 Réponse des élus locaux ? Certains semblent partager nos inquiétudes, mais… « il faut in-no-ver ». Penser l’hôpital de demain. De toute façon selon eux, c’est trop tard, on ne retrouvera plus ces services maintenant qu’ils ont fermé. Et puis, ils disent qu’en général, c’est moins cher de construire que de réhabiliter. Que de toute manière, l’investissement n’est pas un problème pour l’ARS, qui a les moyens : ce qu’ils ne veulent pas financer, c’est le fonctionnement et les postes humains. Et puis, ça va hein, on est quand même moins mauvais que les autres en matière de bétonnage de terres, regardez en Isère… Formidable.

Ah ! et ils rappellent aussi qu’il y a un problème de médecins urgentistes partout en France et qu’à Die, « le territoire n’est pas attractif ». Ça alors. Être urgentiste dans un hôpital sans chirurgie, venir s’installer dans une ville sans maternité : je ne comprends pas, ça devrait faire rêver tout médecin. Enfin, on apprend au passage que, si le rapport sur le décès in utero d’Aimé a pris du retard, c’est à cause des élections. Sérieux. Il y a des poings qui se perdent.

Est-ce qu’on pourrait commencer à réfléchir un peu intelligemment au futur de ce territoire ? 

 

D’après les élus locaux, construire serait donc moins cher qu’une rénovation. Mais qu’y a-t-il de moins impactant qu’un bâtiment existant ? Il n’est encore une fois question que de pognon. Aucune vision de rien, ni de protéger les terres vivrières pour une alimentation locale, ni des déplacements, ni de la vitalité des commerces en centre-ville, ni des « externalités négatives » en matière de climat, d’environnement et de pollution, ni de la qualité de vie des personnels et des résidents.

Est-ce qu’on pourrait commencer à réfléchir un peu intelligemment au futur de ce territoire ? On vit dans un lieu sublime, où le train s’arrête encore, où les touristes viennent crapahuter l’été, où des projets se montent, où ça vit et bruisse toute l’année. Et tout ce qu’on trouverait à faire, c’est de le bétonner, franchement ?

Le terrain de trois hectares acheté par l’agence régionale de santé.






















Si l’ARS ne sait pas quoi faire de son argent, pour 12 millions d’euros, on peut trouver des idées. Et qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas de médecins en France : on compte 5.000 gynécologues-obstétriciens, dont seulement 1.800 sont dans les hôpitaux, et 25.000 sages-femmes dont 600 pointent au chômage. À Die, on aurait pu avoir un hôpital de plein exercice avec sa maternité et ses urgences : des médecins qualifiés étaient prêts à venir si l’ARS avait daigné nous accorder l’autorisation de fonctionner pour cinq ans. Las, une fois de plus, on constate qu’il est plus facile de détruire que de protéger, toujours plus facile de financer du béton que des emplois (ça marche aussi avec les guichets de gare ou les caméras). Faute de financer de la présence humaine, des embauches et des formations, on risque fort de se retrouver avec un bâtiment tout neuf qui n’aura pas les moyens de fonctionner. Une belle coquille vide en guise de compensation.

Le collectif pour l’hôpital organise, samedi 15 juin à Die, une journée de pique-nique-débat

 

Quand on vient du centre-ville vers cette zone artisanale où ils veulent construire l’hôpital, on longe une succession d’enseignes commerciales. Parmi elles, un Lidl, un U Express, un Intermarché. Alors qu’à Aouste-sur-Sye, le maire s’y était opposé et qu’à Saillans, c’est un supermarché qui a mis le feu aux poudres de la citoyenneté, à Die la mairie se vante dans son bilan de mi-mandat d’avoir fourni au Lidl un « soutien indirect grâce à des aménagements et travaux divers ». Aujourd’hui, l’enseigne du supermarché cache le Vercors. Le U Express est en train de s’agrandir. L’Intermarché, quant à lui, est en train d’être entièrement reconstruit et sera désormais muni d’un « drive », pour que les Diois puissent venir faire leurs courses en voiture. Dans une ville de 4.500 habitants. Il va falloir arrêter.

J’écrivais cette semaine : « Chaque dixième de degré, chaque invertébré, chaque mètre carré de terre arable : il n’y a rien de trop petit à aller sauver. Plus rien d’insignifiant à ce stade. » Ces trois hectares de terres agricoles, je ne m’y résous pas, j’aimerais vraiment qu’on fasse tout pour les sauver. Le collectif pour l’hôpital organise, samedi 15 juin à Die, une journée de pique-nique-débat auquel seront également conviés les élus et l’ARS pour qu’ils viennent expliquer leurs « accords ». Je serai quant à moi aux dix ans de Bizi ! au Pays basque, mais on commence déjà à réfléchir et s’organiser. Allez-y nombreux le 15 et n’attendez pas, rien ni personne, pour collecter les idées d’actions, de recours, pour écrire et diffuser cette chronique à toutes les bonnes volontés. Que mille mobilisations fleurissent.



Lire aussi : L’agriculture paysanne est la voie à suivre

Source : Corinne Morel Darleux pour Reporterre
Photos : © Corinne Morel Darleux
. chapô : graffiti à Die.
. hôpital : collection particulière


Source : https://reporterre.net/A-Die-les-decisions-toujours-plus-absurdes-des-autorites-de-sante?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne&fbclid=IwAR37rTkmHQfW0FIJs1CBz2CrVP8aLNCQyXsmtTBRiBKI6vBlWcD2Hy6ea7A

vendredi 7 juin 2019

Coquelicots et lutte pour le climat : marions-les !

Coquelicots 

et lutte pour le climat : 

marions-les 

 

6 juin 2019 / Fabrice Nicolino



« Comment pourrait-on supporter d’avoir détruit l’Empire des pesticides si le monde était transformé en fournaise ? » L’auteur de cette tribune propose aux groupes locaux des Coquelicots d’organiser un mariage festif entre les Coquelicots et la mobilisation contre le dérèglement climatique.

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Journaliste, Fabrice Nicolino est président de Nous voulons des coquelicots, qui milite pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Le mouvement des Coquelicots se déploie sous la forme d’une pétition et d’une mobilisation chaque premier vendredi du mois.

 

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Permettez à l’auteur de ce texte de dire aux plus jeunes des lecteurs : je vous envie un peu. Une extraordinaire aventure vous attend. Une aventure historique. Mieux, une aventure collective sans aucun précédent connu. Il s’agit hélas d’une guerre contre l’extermination du vivant, mais elle n’aura rien à voir avec les précédentes.

Ceux qui la mènent et la mèneront à vos côtés portent en oriflamme la beauté du monde, et réussiront fatalement à réunir les sociétés humaines. Il n’est pas possible, il n’est pas concevable que de si dérisoires minorités assoiffées d’or fassent tourner l’univers au son abominable du chiffre d’affaires. Cela ne sera plus longtemps toléré, et vous serez, j’en suis réellement convaincu, au rendez-vous.

Jeunes et moins jeunes gens qui vous levez ces jours-ci, l’action contre le dérèglement climatique et celle contre les pesticides sont voisines et parallèles. À quoi servirait de désamorcer la bombe climatique dans un monde privé du pépiement des oiseaux et de la joliesse des papillons ? Mais comment pourrait-on supporter d’avoir détruit l’Empire des pesticides si le monde était transformé en fournaise, traversé d’inondations et de typhons ?




Le mouvement des Coquelicots, lancé le 12 septembre 2018, promet une victoire à notre portée. Entre 700 et 800 rassemblements simultanés ont lieu le premier vendredi de chaque mois devant les mairies de notre pays, soit plusieurs dizaines de milliers de personnes. Chaque mois. Et 720.000 femmes et hommes ont déjà rejoint l’Appel des Coquelicots, qui n’a jamais été une pétition, mais un solennel engagement à l’action. Nous visons toujours cinq millions de soutiens en octobre 2020.

Est-ce fou ? Alors nous le sommes. Mais la société française est prête, ainsi que le montre, après tant d’autres signaux, un sondage de l’Ifop publié fin mai. 89 % des Français sondés sont pour une interdiction totale des pesticides d’ici à cinq ans. Nous sommes la société, et ceux qui défendent l’empoisonnement ne sont jamais qu’une coterie.

Ce vendredi 7 juin aura lieu notre neuvième rassemblement mensuel – à 18h30 – et nous avons proposé aux groupes locaux d’organiser un mariage festif entre les Coquelicots et la mobilisation en cours contre le dérèglement climatique. Proposé, et non imposé, car notre mouvement a la chance de ne pas connaître les ordres, la hiérarchie, la contrainte. Nous savons, car nous avons confiance dans notre force, que les décisions sur le terrain seront de toute façon les meilleures.

La grâce autrefois éternelle des papillons, leurs démentes couleurs... Tout cela s’en va au grand galop de la mort

 

A-t-on seulement le choix ? Le climat, cette bénédiction à peu près stable pendant douze milliers d’années, est désormais un fou dangereux. Il aura permis l’émergence des civilisations, de toutes ces civilisations que nous vénérons tant. L’Égypte de Pharaon, la Chine de l’empereur Jaune, la civilisation Chavín d’avant les Incas, Nok, Aksoum, Sumer, Babylone, Athènes, Rome n’auraient pas vu le jour sans la garantie de récoltes à peu près régulières. À peu près.

Et c’est donc fini. Comme si cela ne suffisait pas, un autre phénomène incroyable se déroule devant nous, sous tant de regards incrédules. La vie disparaît, comme une goutte d’eau au soleil, qui se transforme en vapeur avant de se perdre dans l’azur. La beauté nous quitte, sans esprit de retour. Des formes nées au fil d’un temps immense de milliers de siècles ne pourront plus être admirées par quiconque. Et certaines, déjà nombreuses, ont versé dans le néant.


Je suis né dans un monde de grands espaces dont je croyais naïvement qu’ils seraient toujours là. J’ai vécu au temps où il y avait encore des tigres par milliers, jusqu’aux portes de l’Europe. Il en reste quelques groupes épars, traqués par la cupidité, la stupidité, la déraison la plus totale. Et c’est vrai des si fabuleux grands singes, des orang-outans aux chimpanzés des films de mon enfance. Et c’est vrai des éléphants, dont les racines menaient jadis au ciel. Et c’est vrai des lions et des guépards, rois déchus des savanes, qu’on ne verra bientôt plus que derrière les barreaux des prisons humaines.

Bien sûr, ces animaux grandioses ne doivent pas cacher tous les autres, magnifiques eux aussi. Les papillons, la grâce autrefois éternelle des papillons, leurs démentes couleurs, tout cela s’en va au grand galop de la mort. Nous en aurions perdu la moitié en une vingtaine d’années. Et le tiers des oiseaux de France, qui ont autant de droits d’être ici que nous. En quinze ans. Et les abeilles, et les pollinisateurs qui fertilisent le tiers de l’alimentation des humains sur la terre. Et des centaines, et des milliers de beautés ordinaires, qui ne peuvent continuer la route commune.

Oui, c’est incroyable. On peut, on pourrait sans doute détourner les yeux une fois de plus. Mais non, cette fois, je pressens que vous n’en ferez rien. Je sens monter, comme d’autres, un considérable mouvement de la jeunesse, qui rebattra enfin les cartes décisives.

Nul humain digne de ce nom ne peut plus reculer. Nous allons gagner, car nous n’avons pas d’autre choix. Nous vaincrons, car la vaillance sera chaque jour un peu plus de notre côté. Nous sommes le seul avenir possible.


Lire aussi : Le coquelicot, une fleur anarchiste contre les pesticides
 



Source : Courriel à Reporterre
- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

Photos :
. Faire-parts envoyés par Nous voulons des Coquelicots.


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