Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan. Mais pas que. Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...
BLOG EN COURS D'ACTUALISATION... ...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...
Plus d'information sur le siteFacebook Pour ce projet immobilier 77 avenue du docteur Arnold Netter 75012
Paris, la RATP prévoit de supprimer 60 arbres dont une vingtaine
centenaires, en périphérie de leurs constructions ainsi que le cèdre de
l’Himalaya. Ce dernier rescapé de la tempête de 1999 s’élève
majestueusement dans cet espace de convivialité, lieu de rencontres
incontournables entre joueurs de pétanque et sportifs de tout bord et où
règne depuis des années une certaine bonhomie apaisante pour la vie du
quartier.
QUE VA-T-IL advenir de cet endroit lorsque seront construits :
Un immeuble R+8-9 au 81 de l’avenue Netter
Et un immeuble R+7 en façade du 77
Le tout prolongé par une barre R+6 éloignée de seulement 6 mètres d’un plot R+6 ?
POURRA-T-ON parler d’un « endroit apaisé » comme l’affirme
Madame le maire, fière de son extension du jardin Debergue… en de
multiples constructions !?
Permanence du collectif bienvenue migrants conflent
Tous les mardi de 10h à 12h à l'Entonnoir.
Permanence / information
every Tuesday from 10h to 12h at l’ENTONNOIR
مداولة العلم و الترحيب بالمهاجرين كل يوم الثلثاء من الساعة 10الى 12بقاعة النطنوار
10-12h : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte!
Si tu veux des conseils de lecture ou choisir toi même ton livre, c'est le créneau!
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir
12h30 : Incroyable Cantine
C’est, bio et végétarien,
préparé par les adhérents, ...par vous la semaine prochaine...
Menu entrée/plat/dessert à 6 Euros
20 Réservations mardi matin à partir de 11h au 04 68 97 06 12
.
Mercredi
18h00 : Grainothèque
Libre échange de semences, ramenez les graines dont vous vous servez plus et/ou prenez en des nouvelles, venez échanger vos savoirs et savoirs faires
Livres à consulter
18h30 : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte
Si tu veux des conseils de lectures ou choisir toi même ton livre, c'est le créneau!
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir.
Dans la communauté mennonite de Temporal (Etat du
Campeche), le 28 mai.
Ici, les pesticides sont en vente libre dans une
boutique décorée d’un fanion du groupe chimique Bayer.Photo Robin Canul pour Libération
Dans le sud-est du
pays, les apiculteurs se sentent bien seuls face à la destruction de
dizaines de milliers d’hectares de forêts autorisée par le gouvernement
depuis dix ans. De nouvelles terres qui profitent au géant des
pesticides et des OGM, mais aussi aux mennonites, chrétiens évangéliques
qui ont fui le Nord.
Le paysage qui défile par la fenêtre rappelle la Beauce et ses
étendues agricoles. De chaque côté de la route s’étendent des champs
d’une morne platitude, certains en friche, d’autres déjà semés. Une
longue rampe d’arrosage moderne se tient prête, le soir venu, à irriguer
les plants de maïs et de soja. Mais la comparaison avec le «grenier de
la France» s’arrête là. Nous sommes dans la municipalité mexicaine de
Hopelchén, près de Campeche, en terre maya. Et il suffit d’entrouvrir la
portière pour être brutalement rattrapé par le climat torride - chaleur
étouffante et humidité poisseuse - de cette région située à l’ouest de
la péninsule du Yucatán.
Ici, pour faire place à une agriculture intensive, aux antipodes
des pratiques traditionnelles, des dizaines de milliers d’hectares de
forêt tropicale ont été abattus au cours de la décennie écoulée. Et le
massacre continue. En cette brûlante matinée de mai, plusieurs incendies
ont ainsi été allumés pour finir de défricher certaines parcelles. La
mine sombre, Feliciano Ucán Poot, resté à l’intérieur du véhicule pour
échapper aux fumées, observe les dégâts. «C’est une nouvelle tranche de notre milieu naturel et, avec lui, de notre mode de vie qui disparaît», déplore cet apiculteur de 65 ans.
Quand on évoque cette situation avec les habitants, un nom revient
avec insistance : Monsanto. Le géant américain des pesticides et des OGM
n’est certes pas l’unique responsable de cette dévastation, mais il y a
fortement contribué, avec la bénédiction du gouvernement. En juin 2012,
en dépit des risques signalés par plusieurs de ses agences techniques,
le ministère de l’Agriculture a autorisé Monsanto à cultiver chaque
année 253 000 hectares de soja transgénique dans sept Etats, dont celui
de Campeche. Ce permis controversé a amplifié la déforestation - 18
500 hectares abattus entre 2012 et 2014 à Hopelchén - et l’usage
d’herbicides, à commencer par le Faena, version mexicaine du Roundup,
dont la substance active est le glyphosate.
L’apiculteur Feliciano Ucán Poot, 65 ans, se bat au sein du collectif MaOGM («non aux OGM»). Photo Robin Canul pour Libération
«Rapidement, nous avons remarqué que notre production de miel diminuait, et nous nous sommes organisés»,
raconte Feliciano Ucán Poot. Rassemblés au sein du collectif apicole
MaOGM («non aux OGM» en maya), les habitants contestent en justice le
permis accordé à Monsanto. Parmi leurs arguments : la mort de milliers
de colonies d’abeilles victimes, assurent leurs propriétaires, de
l’épandage aérien de pesticides sur les champs de soja ou de maïs.
En 2016, Feliciano Ucán Poot a témoigné à La Haye, devant le Tribunal international Monsanto,
un «procès citoyen» consacré aux méthodes du groupe américain, racheté
depuis par le colosse allemand Bayer, qui a décidé de supprimer la
marque Monsanto, trop toxique. Au terme de six mois de travail, les
juges de ce tribunal non officiel avaient conclu que les «pratiques» de Monsanto avaient un «impact sérieux et négatif sur le droit à un environnement sain».
Saká
Derrière sa maison, dans le petit village d’Ich-Ek, Leydi Pech
possède une vingtaine de ruches traditionnelles. On les appelle des jobones,
troncs d’arbres creux à l’intérieur desquels les abeilles construisent
leurs alvéoles et produisent leur miel. Les abeilles de Leydi Pech sont
une espèce rare et menacée d’extinction : la Melipona, ouvrière dépourvue de dard, considérée comme sacrée par les Mayas et réputée pour son miel aux vertus thérapeutiques.
Figure de la résistance à Monsanto et au gouvernement, Leydi Pech a joué un rôle actif dans les recours en justice. «Ça
a été très émouvant de parler aux juges et de leur expliquer en quoi le
développement de cette agriculture intensive ne menaçait pas uniquement
nos abeilles, mais aussi notre environnement et notre identité», raconte-t-elle,
assise à l’ombre salvatrice d’un immense quenettier. Sur une petite
table en bois, en guise d’offrande aux esprits du vent et de la terre,
vénérés par le peuple maya, elle a disposé un bol de saká, breuvage
traditionnel à base de maïs. Après trois ans de procédure, le plaidoyer
des apiculteurs a fini par être entendu. La Cour suprême leur a donné
raison en révoquant le permis accordé à Monsanto, en attente d’une vaste
consultation locale. Mais en dépit de cette décision, «la vente de semences de soja transgénique et leur culture se poursuivent illégalement, déplore Leydi Pech, qui accuse les autorités de ne pas sévir pour des raisons politiques. Les gros exploitants agricoles sont influents car ils financent les campagnes électorales.»
Salopette
Au milieu de ce combat, de curieux et encombrants voisins jouent un
rôle crucial : les mennonites, chrétiens évangéliques d’origine
européenne, sorte de cousins éloignés des amish. Leur implantation au
Mexique remonte à près d’un siècle, mais c’est en 1987 que la première
colonie a vu le jour dans le Campeche. Depuis, leur nombre n’a cessé de
croître. Beaucoup de familles sont venues du nord du Mexique, notamment
de l’Etat de Chihuahua, fuyant le manque de terres et les violences du
trafic de drogue. Pour favoriser leur installation, le gouvernement,
désireux de développer la production agricole, leur a vendu de
nombreuses terres fédérales. Dans la seule municipalité de Hopelchén, 57
000 hectares ont été privatisés entre 2005 et 2010, selon l’Université
de Veracruz. En 2016, 31 % des terres privées appartenaient aux
mennonites.
Un millier de personnes vivent dans la communauté mennonite de Temporal.
Photo Robin Canul pour Libération
Vêtus à l’ancienne, chemise à carreaux, salopette et chapeau pour les
hommes, robe foncée pour les femmes, les mennonites comptent plus d’une
dizaine de communautés dans le Campeche. Une visite dans celle de
Temporal, un millier d’habitants, suffit à comprendre leur rapport à
l’environnement. Pesticides et herbicides sont en vente libre dans une
boutique décorée d’un fanion Bayer. Pour créer d’immenses parcelles
planes, où ils cultivent soja, orge ou maïs, les mennonites ont procédé à
une déforestation massive. Et certains champs étant situés en zone
inondable, ils ont aussi creusé, en toute illégalité, des puits
d’absorption pour évacuer les pluies. «Nous respectons les règles, assure pourtant Isaak Dyck Klasson, 43 ans, le "gouverneur" du camp. Nous ne semons pas de soja transgénique. Et mieux vaut utiliser du glyphosate que plein d’autres produits en même temps.»
A une dizaine de kilomètres, là où se dresse encore la forêt, Marco
et Roseli Cob Euán s’activent dans la parcelle familiale. Machette à la
main, front perlé de sueur, les deux frères de 25 et 28 ans préparent le
terrain pour la milpa, mode de culture traditionnel des Mayas
qui consiste à planter sur une petite surface haricots blancs, maïs,
tomates ou piments, essentiellement pour la consommation familiale. «Ça fait deux ans que nous nettoyons ce terrain de deux hectares, en coupant les arbres et la végétation là où c’est nécessaire, explique Marco. Les mennonites, eux, peuvent raser 500 hectares en une seule nuit avec leurs énormes machines.»
Sanguins
En raclant les terres et en multipliant les puits, soulignent les
experts, les mennonites ont favorisé la contamination des nappes
phréatiques. En 2016, des chercheurs de l’université de Campeche ont
analysé des échantillons d’urine ainsi que de l’eau prélevée à
différentes profondeurs et dans les citernes d’eau purifiée d’une
dizaine de localités. Dans tous, ils ont trouvé du glyphosate avec, dans
l’eau potable, des niveaux 10 à 35 fois supérieurs à la limite
autorisée dans l’UE. Mais au Mexique, aucun seuil légal n’existe. «Le problème de fond est là, résume Jaime Rendón, le responsable de l’étude. Ici,
on utilise massivement des produits chimiques qui, dans nombre de pays,
ont été restreints, voire bannis. La raison pour laquelle Monsanto et
les autres font chez nous des choses qu’ils ne peuvent pas faire
ailleurs est simple : au Mexique, la loi le leur permet.»
Après la contamination de l’eau, Jaime Rendón et ses collègues
enquêtent sur les éventuelles conséquences médicales sur la population,
en réalisant des tests sanguins. «Beaucoup d’habitants disent que les cas de cancer se sont multipliés, raconte-t-il. Mais on ne peut pas le confirmer car les données officielles, souvent maquillées, ne sont pas fiables.» Contacté, l’hôpital de la ville n’a d’ailleurs pas répondu à nos sollicitations.
Après plusieurs années catastrophiques, les apiculteurs viennent de
connaître au printemps une très bonne récolte, fruit d’excellentes
conditions météo. Cette bouffée d’oxygène ne suffit toutefois pas
à dissiper les craintes des quelque 15 000 familles dont le miel est la
principale source de revenus. D’autant que les importateurs de miel
mexicain s’inquiètent, eux, d’une possible contamination par les
pesticides ou du pollen transgénique. En mai, la Fédération européenne
des emballeurs et distributeurs de miel a adressé une lettre ouverte au
président mexicain, l’exhortant à faire respecter l’interdiction de la
culture de soja transgénique.
Le 1er juillet, Andrés Manuel López Obrador a remporté la
présidentielle au Mexique. Premier président de gauche, il succédera
début décembre à Enrique Peña Nieto. Mais s’il suscite de vifs espoirs
dans la lutte contre la corruption et la pauvreté, ce n’est guère le cas
en matière agricole. Son futur ministre de l’Agriculture, Víctor
Villalobos, a contribué en 2004 à l’adoption de la loi de biosécurité,
baptisée «loi Monsanto» par ses détracteurs car jugée trop favorable aux
géants agroalimentaires. Dans l’Etat d’Oaxaca, dans le sud du Mexique,
une vingtaine d’organisations indigènes et paysannes ont d’ailleurs
demandé, mi-juillet, la «destitution anticipée» de Villalobos.