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lundi 16 juillet 2012

La crise c'est pas pour tout le monde

Des légumes à disposition pour tout le monde

http://www.leparisien.fr/diaporama/en-images-des-legumes-gratuits-et-en-libre-service-dans-le-gard-03-07-2012-2075871.php?pic=7#infoBulles1

Si vous cliquez sur le lien vous pourrez voir les différentes photos et commentaires associés.



EN IMAGES. Des légumes gratuits et en libre service dans le Gard
Publié le 03.07.2012, 12h21 | Mise à jour : 18h51
  • Quatre bacs ont pour l'instant été installés dans le village, sur la voie publique. Une façon de montrer qu'ils appartiennent bien à tous.
    LP / Yann Foreix
Courgettes, tomates et salades poussent depuis quelques temps dans les rues de Saint-Jean-de-Valériscle. Des habitants de cette petite commune du Gard, nichée au coeur des Cévennes, ont en effet installés plusieurs bacs de légumes sur la voie publique. Des jardiniers volontaires chouchoutent quotidiennement ces potagers. Et une fois arrivés à maturité, chacun peut en récolter la production.
Qu'on soit riche ou pauvre, riverain ou touriste de passage.

« Incroyables Comestibles » est une pratique solidaire, née en 2008, en Angleterre. Cette action citoyenne se base sur la solidarité des habitants et la générosité de la nature. Un concept participatif et écologique, qui a déjà converti une douzaine de communes anglaises.

En France, l'idée commence à séduire. Et c'est dans l'esprit d'Eric qu'elle a germée à Saint-Jean-de-Valériscle. Ce professeur de physique-chimie espère désormais propager ce « virus citoyen » qui ne demande finalement, qu'un peu de temps. Pour fabriquer les bacs à légumes Eric n'a en effet rien dépensé : leur construction s'est faite grâce à des chutes de bois.

Les bacs attendent désormais leurs cueilleurs : « Les gens n'osent pas trop, cela va sans doute trop, pour l'instant, à contre-courant de notre société » avance Eric. D'où les panneaux, pour rassurer et tenter les passants : « Servez-vous c'est gratuit ! »

LeParisien.fr

samedi 14 juillet 2012

Des voitures ou des énergies renouvelables ?

Trouvé sur le blog de Fabrice Nicolino

 Planète sans visa

Faut-il réellement sauver PSA ?

Ce n’est pas bien drôle, car je m’apprête à parler de la bagnole, ennemie du genre humain et de la vie sur terre, bien au-delà de notre espèce. Je vais même parler de Peugeot et de la France de M.Hollande, mais avant cela, un mot pour détendre l’atmosphère. Je vois que certains continuent de voir des avantages à cette invention des Enfers. Je dois reconnaître que, bien que n’ayant pas d’automobile, je m’en sers à l’occasion. Et l’occasion n’est jamais si loin que cela. Aussi bien, je n’entends pas me complaire dans un exercice de culpabilisation, fût-il tourné contre moi-même. Au fond, la situation est si grave qu’elle mérite davantage que simple flagellation.

J’ai écrit ici plusieurs articles sur le sujet, dont je ne citerai que deux.
Le premier racontait une France qui aurait tout misé sur le train il y a cent ans (ici). Comme cela aurait été merveilleux ! J’en ai le frisson rien qu’en y pensant. Nous aurions pu nous passer de l’étalement urbain, de nombre de cancers des bronches, des autoroutes si désespérantes, d’une partie au moins de cette vitesse qui tue l’esprit humain. Dieu ! nous avons échappé à un vrai bonheur.

Le second (ici) évoque une étude apparemment sérieuse de l’été 2009, dont je vous livre ce court résumé : le monde comptait alors 672 millions de bagnoles, mais par la grâce d’une augmentation de 600 % des ventes dans les pays « émergents » d’ici 2018, il pourrait espérer atteindre cette année-là 1,5 milliard d’unités. Nous sommes sur cette route. Bien sûr, cela suppose une apocalypse humaine, géographique et spatiale, sociale, sanitaire, écologique. Complète et totale. Mais qu’importe, franchement, à ceux qui prennent les décisions en notre nom ?

Je serai bien incapable de seulement imaginer, dans les grandes lignes, ce que ce programme de destruction de l’espace, des ressources, de l’avenir signifie. En fait, je crois bien que cet effort d’anticipation dépasse les capacités humaines. Dans le Sud, pour ne regarder que de ce côté, la bagnole individuelle trucide ce qui sert de villes et oppose chaque jour un peu plus, dans une sorte de guerre civile - larvée, pour l’heure - ceux qui tiennent un volant et ceux qui courent derrière. Ces crétins au pouvoir ne semblent pas même imaginer cette évidence qu’une ville a ses limites physiques intrinsèques. Et qu’en y ajoutant chaque jour des milliers de véhicules en plus des autres, il arrive un moment où plus personne ne circule. Je suis injuste : les bureaucrates de Canton, en Chine, viennent de décider de limiter à 120 000 par an le nombre d’immatriculations nouvelles. La ville compte à la louche 2,4 millions de bagnoles, soit 2,5 fois plus qu’il y a cinq ans, avec une croissance annuelle moyenne de 19% (China Business News). Je parie que la mesure ne tiendra pas. Où iraient les millions d’autos produites désormais chaque année en Chine ? Allons, soyons sérieux.

Venons-en à Peugeot PSA. Qui annonce en France une baisse de 13 % de ses ventes mondiales. Préalable plus que probable à un plan de licenciements massifs. Notamment à Aulnay-sous-Bois, où j’ai distribué naguère, sous les coups des staliniens de la CGT et des petites frappes fascistes de la CFT, des tracts appelant à l’unité entre Français et immigrés. Si je note au passage cette anecdote, c’est pour insister sur un point : je souhaite que la vie et le travail des milliers de prolos d’Aulnay soient considérés, respectés et d’une certaine manière protégés.

Mais de quelle manière ? La droite - je ne prends pas la peine de chercher - ne voit qu’une solution : un surcroît de compétitivité qui permettrait à PSA de tailler des croupières aux autres constructeurs. En avant vers le néant, et pied au plancher. La gauche gouvernementale envisage - ce sera peut-être fait dans les prochaines heures - d’accorder des aides publiques à l’entrepreneur privé pour sauver les quelques meubles encore debout. Il faut sauver PSA, car la bagnole, c’est l’économie, et si le chômage étend encore son ombre menaçante, adieu aux élections de 2017. En avant vers le néant, pied au plancher. La gauche mélenchoniste et communiste rappelle les profits passés du groupe automobile, et exige que le pouvoir empêche des « licenciements boursiers » et accorde des « droits nouveaux aux travailleurs dans la gestion de leurs entreprises ». Les écolos officiels d’Europe-Écologie Les Verts se planquent derrière dossiers et maroquins. Pas un ne prend la peine de parler aux prolos de PSA de l’avenir. Il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.

Le futur est par définition dans les limbes. Mais qui est écologiste ne peut que constater cette évidence : la bagnole individuelle appartient à un temps du passé, pendant lequel les hommes, en naïfs indécrottables, pensaient le monde sans ses limites. Changer, aussi vite qu’il est possible, de modèle universel de déplacement est d’évidence un impératif catégorique. Je sais bien que cela semble un objectif démesuré, mais sauver les écosystèmes de leur affaissement, aussi. La bagnole n’est simplement pas possible. Ainsi qu’on disait naguère, ainsi que j’ai pu le clamer sur les berges de la Seine au printemps 1972, « la voiture, ça pue, ça pollue et ça rend con ». Comme je n’ai pas changé d’avis, comme au contraire j’ai ajouté quantité d’arguments contre le monstre de métal et de plastique, j’en arrive à me demander si je ne suis pas obsédé sur les bords. Possible.

Mais il y a de quoi. Les sommes démentielles englouties dans la voiture, ses réparations, ses accidents, les routes, les cancers induits, les drames et sacrifices familiaux itou, doivent être réaffectées à la restauration écologique de la planète, de manière à assurer le minimum pour les dix milliards d’humains qui seront là dans quelques années. À moins que nous n’entendions nous débarrasser des surnuméraires ? Les humanistes-droits-de-l’hommistes qui n’abordent pas le sujet me font royalement chier.

Tout le reste est aussi absurde que criminel. Les forces politiques préfèrent leur démagogie et leur stupidité coutumières. Pourtant, PSA pourrait devenir une occasion historique de faire comprendre aux ouvriers de l’automobile que The Times They Are a-Changin’. Que cela plaise ou non, les temps sont bel et bien en train de changer. Il faut enfin dire que les métiers associés à l’automobile sont condamnés par la crise écologique. Sans jeter à la benne les ouvriers, qui ont perdu santé et jeunesse dans les ateliers. J’ai une idée, qui ne vaut peut-être pas tripette, mais qui en tout cas permet d’ouvrir une discussion.

Un, il faut garantir l’avenir professionnel des ouvriers de l’automobile. Sans conditions, par une signature publique qui nous engagerait tous. La France est encore assez riche pour cela. Deux, et pour commencer, il faut fermer l’usine d’Aulnay. D’autres suivront, inéluctablement. Trois, il existe sur place un savoir-faire ouvrier et technicien fabuleux. Et des machines. Quatre, il faut faire de PSA-Aulnay - je continue de prendre Aulnay comme point de départ - un lieu symbolique de notre volonté de changement.

Symbolique, mais aussi réel, matériel. Aulnay pourrait devenir la pierre de fondation d’une industrie de l’énergie renouvelable. Cela vous semble niais ? Poursuivons. L’Allemagne est en train de bâtir des services éoliens et solaires qui font de ce pays - qui sort du nucléaire - un exemple. Je n’oublie pas le reste, vous vous doutez bien. Ni Merkel, ni le reste. Mais en tout cas, l’Allemagne nous montre qu’il n’existe pas un seul chemin. Si la question énergétique est en France aussi taboue, c’est bien sûr à cause de la surpuissance de pouvoirs comme EDF et Areva, qui disposent de clientèles politiques dans les deux camps.

Or, il est facile de faire l’inventaire de certains besoins énergétiques satisfaits en dépit du bon sens. Des particuliers, mais aussi quantité de collectivités - villages et bourgs, petites boîtes, paysans, pêcheurs, etc. - pourraient aisément - non, d’accord, pas aisément - basculer vers un usage raisonnable de formes d’énergie renouvelable. Encore faudrait-il définir un cahier des charges, dessiner des prototypes, essayer, prouver, vendre.

PSA-Aulnay, coincé dans une zone industrielle immonde, pourrait devenir un lieu de réflexion et d’action de valeur mondiale. Certes, pas en un mois, pas en un an, pas même en dix ans peut-être. Mais n’est-il pas essentiel, compte tenu de la merde suffocante où nous sommes plongés, de relever enfin la tête ? D’avoir de l’ambition ? De tenter des coups susceptibles au moins de redonner un peu d’espoir ? Une telle initiative est inconcevable sans un débat social de qualité. Sans un engagement collectif sans faille. Sans la garantie qu’on ne laissera pas tomber les prolos d’Aulnay et d’ailleurs.

Est- ce concevable ? Je ne sais. Les forces politiques, Verts compris, sont en dessous de tout. Si l’on met de côté le friselis à peine perceptible de leurs microscopiques divergences, chacun peut voir ce qui se prépare. Le marché automobile français est dit « mature ». Trop de gens ont trop de bagnoles - une, deux, trois-, souvent récentes, rarement à bout de souffle. Renault importe, ce traître, des voitures low cost assemblées en Roumanie, comme la Logan. Le client devient rare. La seule perspective de relance, c’est la prime à la casse, associée à des modèles nouveaux, que l’industrie du mensonge - la pub - rendra appétissants. Toute la classe politique, malgré ce que certains prétendent, est au fond d’accord avec ce modèle, qui nous condamne tous.

Alors quoi ? Alors, en attendant mieux, parler. Se parler. Réfléchir. Ensuite entraîner. Et ne jamais oublier que nous n’avons rien à attendre de ceux qui dirigent, quelle que soit leur couleur. Tant que la société ne sera pas en mouvement, les castes professionnelles au pouvoir resteront au service de la destruction. C’est l’histoire de la poule et de l’œuf ? En effet. Sommes-nous la poule, sommes-nous l’œuf ? Je m’en fous. J’attends l’omelette.

 http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1348

A propos de l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes

Une lettre venue du bocage de Notre-Dame-des-Landes

Dieu sait qu’on m’a souvent demandé, ici même et bien ailleurs, ce qu’il fallait faire. J’ai constamment apporté les éléments de réponse qui étaient en moi, mais bien entendu, ce n’est et ce ne sera jamais suffisant. Ce qui n’empêche pas d’agir. Vous savez sans doute qu’une vaste coalition menée par le ci-devant maire de Nantes, actuel Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, veut un autre aéroport à Nantes.
C’est en tout point lamentable. Ayrault, qui habite la Lune avec tous ses petits camarades, ne sait rien de ce qui se passe sur la Terre. Le pic pétrolier, la crise climatique, la biodiversité, la fin des illusions progressistes, il s’en tape. Il a l’intention de finir sa vie comme il l’a commencée. On ne peut rien attendre de lui. Céder devant sa pure connerie, accepter que cet aéroport nantais soit construit serait signer une défaite historique de notre camp. Le camp incertain, mais puissant en vérité, des défenseurs de la vie et des lieux.
Marie Jarnoux, qui vit sur le territoire convoité par les promoteurs de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, a trouvé sa voie, qui nous concerne tous. C’est celle de la lutte, drapeau déployé. On ne peut espérer gagner que si l’on se bat. Et Marie n’entend pas perdre. Dire que je la soutiens est certes un peu facile. Je n’y suis pas, moi, à Notre-Dame-des-Landes. Je ne subis pas, jour après jour, les assauts de tous les employés de la destruction. Raison de plus de lui dire merci pour le texte qui suit, qu’elle a lu au cours du « Forum européen contre les grands projets inutiles imposés », qui vient de réunir autour de 8 000 personnes près de Nantes.

Le texte de Marie Jarnoux

Amis d’ici, amis d’ailleurs,

Chacun sait qu’un territoire se défend avec ses habitants, et qu’un territoire vidé de sa population est facile à conquérir. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’un appel à l’occupation des terrains injustement appropriés par les promoteurs de ce projet, fut lancé le 1er mai 2008. La stratégie fut payante. Le rouleau compresseur ne passe pas aussi facilement que prévu. Nous sommes en 2012 et les travaux sont fortement ralentis.

Nos ennemis communs (AGO [Aéroports du Grand Ouest], Vinci et l’État) savent bien que s’ils parviennent à nous faire partir, nous qui habitons cette zone … ils auront gagné ! Nous ne les laisserons pas réaliser leur projet de mort en détruisant nos lieux de vie, même si tous les moyens sont bons pour nous virer !  Harcèlement téléphonique, passage d’huissiers, militarisation de la zone, visite de  cadres de Vinci qui nous assènent qu’il faut être raisonnable ... accepter de quitter nos maisons … de céder nos terres … de quitter ce territoire que nous aimons sous peine de tout perdre et d’être assignés en justice.

Dans ce combat juste que nous vivons, rien ne nous est épargné :

- En septembre dernier, la violence policière aveugle s’abat sur des opposants venus investir le square Mercoeur et ses arbres pour que les passants pressés lèvent les yeux au ciel et lisent sur les banderoles pourquoi nous ne voulons pas de l’aéroport et de son monde. 24 arrestations dans la journée, un camarade électrocuté au tazer à 10 mètres de hauteur par les hommes du GIPN.

- Le 21 juin dernier, les opposants investissent la mairie de Notre-Dame-des-Landes pour exprimer leur refus catégorique du projet. Les manifestant-e-s sont matraqués et gazés. Les gendarmes mobiles brisent la vitre de certains tracteurs au pied de biche et arrêtent un paysan. Son outil de travail est confisqué et il est convoqué le 28 août prochain à Saint Nazaire,  pour « violence volontaire avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique. »

- La famille Herbin est convoquée mercredi prochain, le 11 juillet, au tribunal de Saint Nazaire pour, dans le langage juridique à vomir de l’huissier « débarrasser les lieux de leur présence. » Ce sont les premiers habitants légaux de Notre-Dame-des-landes qui se retrouveront face à un juge pour le simple fait d’habiter sur la zone. AGO/VINCI affirment dans leurs communiqués que cette famille est « sans droit ni titre », pour pouvoir leur réserver le même sort qu’aux occupant-e-s : une expulsion rapide. Depuis le 3 juillet, d’autres locataires sont expulsables et recevront eux aussi une convocation au tribunal.  Nous savons qu’à mesure qu’avance la machine judiciaire, tous ceux qui veulent rester et résister seront sans droit ni titre.

Ce ne sont que trois exemples parmi tant d’autres de la répression des opposant-e-s. Et que dire des coups de poignards dans le dos de nos chers élus politiques, Rappelons nous le discours de Mme Duflot lors de l'université d'été des Verts, elle fanfaronnait : « je le dis, les yeux dans les yeux, l’accord de 2012 avec le PS, s’ils ne lâchent pas sur Notre-Dame-des-Landes, ce sera non.» Ces pitoyables mensonges démontrent qu’entre les convictions écologiques et sociales sur lesquelles les politiques brodent à longueur de discours et l’attrait malsain des ors du pouvoir, ils ont choisi. Nous ne sommes pas de ceux qui se laissent berner par ses promesses électorales et ses campagnes attrape nigauds. Nous ne sommes pas de ceux qui par leur naïveté deviennent le paillasson sur lequel ils s’essuyent négligemment pour gagner le confort douillet des salons ministériels.

Face aux matraques, aux intimidations et aux trahisons politiques nous pourrions baisser les bras. L’incertitude des lendemains, la passivité d’une partie des habitants du coin, sont souvent difficiles à vivre. Mais nous le redisons, la bataille continue, et nous ne pouvons pas la perdre. Non pas parce que nous sommes les plus forts, mais parce que c’est nous qui avons raison. La  procédure d’expulsion contre la familles Herbin est un test pour tous les opposants. Ne pas réagir avec force, c’est abdiquer devant Vinci, Ago et l’Etat.
Non ! Nous ne  les laisserons pas voler nos maisons, nos terres, et détruire nos vies !
Dès le 11 juillet à 9 heures retrouvons-nous devant le tribunal de Saint Nazaire pour leur signifier que nous ne partirons pas !
Dans les semaines et les mois à venir : bloquons les enquêtes publiques, les travaux préliminaires et chaque étape du projet !
Renforçons l’occupation de la ZAD et le mouvement de lutte contre l’aéroport !
C’est ensemble que nous pouvons enrayer leur machine et stopper le projet !

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1354

Un autre monde est possible ...

Le Revenu Universel : une idée à creuser

Le revenu universel, une utopie réaliste

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Comment garantir pour chacun le droit à une existence digne dans une société qui ne peut offrir un emploi à tous ? La réponse est simple : puisque l'emploi ne peut fournir à chacun des ressources suffisantes, il faut déconnecter revenu et travail et distribuer à tous un revenu minimum garanti.

Le principe du Revenu Universel (RU) consiste à verser mensuellement à tous une égale somme d'argent, cumulable avec d'autres revenus, et dont chacun disposerait à son gré. Inconditionnel, il n'exige aucune contrepartie, pas même celle de travailler. Universel, il s'adresse à tous, même aux plus riches, sans limitation de durée.

Pourquoi cette idée qui circule depuis des décennies peine-t-elle à émerger dans le débat public ? Pourquoi n'a-t-elle jamais été reprise par aucun gouvernement, gauche et droite confondues ? Deux types de freins sont à envisager.

Le premier tient à son financement qui peut sembler problématique. Le RU serait financé en partie par toutes les allocations, bourses, pensions, réductions d'impôts, qu'il remplacerait. Le système d'aides actuel est complexe, opaque, et très coûteux en termes de gestion et de contrôle. Le RU, simple et automatique, représenterait une économie considérable pour les administrations, les collectivités et l'Etat. Et l'impôt prélevé sur tous les autres revenus, y compris ceux du capital, apporterait le complément.

Le deuxième type de freins réside dans la représentation du travail. Le travail occupe une place centrale dans la société depuis l'avènement du salariat au XIXème siècle. C'est dans le travail que l'homme se réaliserait et trouverait sa dignité. L'activité professionnelle, source principale de revenus et d'acquisition de droits sociaux, suppose que chacun participe à la production des richesses. Le travail est une valeur morale et culturelle de référence, opposée à l'oisiveté et l'assistanat. Beaucoup sont réticents à ce qu'un individu puisse toucher un revenu financé par la collectivité tout au long de sa vie sans être obligé d'occuper un emploi en contrepartie. Le RU remet en cause cette idéologie dominante de la valeur-travail.

Il réaffirme la responsabilité collective dans la protection de base de chacun.

Il postule que la dignité et l'utilité sociale peuvent se trouver dans toute activité humaine, bénévole ou rémunérée, directement productive ou non : l'éducation des enfants, l'art, la culture, la vie associative, les études…

Il pose un autre regard sur la place du travail marchand dans l'activité humaine, revalorise des projets de vie autres que la carrière professionnelle. Il revalorise le travail aussi, en redonnant aux salariés une liberté de choix et un pouvoir de négociation, en sécurisant les créateurs d'entreprise ou les travailleurs en reconversion.

Le RU appartient encore au domaine de l'utopie. Des expériences locales ont pourtant été menées avec succès en Afrique du Sud, Alaska et Namibie. La graine est semée. Gageons qu'elle finira par germer.


http://www.lebonplan.org/index.php?option=com_content&view=article&id=767%3Ale-revenu-universel-une-utopie-realiste&catid=85%3Aeconomie&Itemid=82

ou

http://minilien.fr/a0nb0l