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jeudi 29 octobre 2026

SOS MEDITERRANEE - Témoignage - Un portrait - Une histoire - Abir


  

 



        

Abir, originaire du Bangladesh, a passé un an en Libye, où il a enduré des violences récurrentes. Il nous raconte comment cet « enfer libyen » l’aura marqué physiquement autant que psychologiquement. 

J’ai quitté le Bangladesh parce que je ne pouvais pas y envisager un avenir à cause de la pauvreté, de l’insécurité et du manque de travail. Mon père a organisé mon départ avec un dalal (1), dans l’espoir que je puisse trouver de meilleures opportunités ailleurs.

Au lieu de cela, j’ai passé un an en Libye à essayer de rester en vie. Les personnes qui me gardaient prisonnier m’ont fait subir des violences dont je n’arrive toujours pas à parler. J’ai été frappé à plusieurs reprises aux bras, aux jambes et aux genoux, parfois à coups de poing, parfois avec des barres métalliques. La douleur se diffusait dans tout mon corps, au point que je pouvais à peine bouger. Chaque fois que je posais des questions à mes gardiens, ils se mettaient en colère et me frappaient encore plus fort. 

Blessures causées par la torture en Libye. 
Marie Tihon / SOS MEDITERRANEE

Je vivais tout le temps dans la peur. Je ne savais jamais quand les violences allaient commencer, ni quand elles allaient s’arrêter. La nuit, j’avais du mal à dormir. Au fil des mois, j’ai perdu espoir. J’ai cessé de penser à l’avenir et je me suis concentré uniquement sur le fait de survivre, jour après jour. 

Aujourd’hui encore, j’ai du mal à croire que tout cela est terminé. Je me sens toujours triste et il m’est difficile d’échapper aux souvenirs de la Libye. 

Avant, le football me rendait heureux. Je connaissais tous les joueurs. Aujourd’hui, lorsque les souvenirs deviennent trop difficiles à supporter, j’essaie de penser à ce sport. Cela permet à mon esprit de partir ailleurs. 

Je ne demande pas grand-chose pour l’avenir. J’espère simplement pouvoir vivre comme tout le monde.


(1) Un dalal est une personne qui agit comme intermédiaire ou courtier informel.

 

Lire le récapitulatif de cette opération de sauvetage 

Crédit photo : Hannah Wallace Bowman / SOS MEDITERRANEE 

*Le prénom a été modifié pour protéger son identité. 


Pour lire d'autres témoignages : 
https://sosmediterranee.fr/temoignage/abir/?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=26EMA107

Source : https://sosmediterranee.fr/temoignage/abir/?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=26EMA107

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