Rodès :
La Charbonnière veut créer
un centre pour la faune sauvage
À Rodès, l’association La Charbonnière prépare un centre de sauvegarde destiné aux animaux sauvages blessés, en détresse ou orphelins. Les travaux sont envisagés en 2027, pour une ouverture en 2028.
Dans les Pyrénées-Orientales, l’association La Charbonnière porte un projet de centre de sauvegarde de la faune sauvage. Son objectif est de soigner, réhabiliter puis relâcher dans leur milieu naturel les animaux sauvages blessés, en détresse ou orphelins. Face à l’érosion de la biodiversité, notamment liée aux activités humaines, l’association souhaite offrir une réponse locale aux besoins de prise en charge de la faune sauvage européenne. Le département bénéficie d’une grande diversité de milieux naturels, de la haute montagne au littoral en passant par la garrigue, et abrite une avifaune particulièrement riche.
« Nous sommes sur le chemin de migration de nombreux oiseaux », souligne Alix Renard, présidente de l’association. Pourtant, les Pyrénées-Orientales ne disposent pas aujourd’hui de centre de soins spécifiquement dédié à la faune sauvage.
Une chaîne solidaire de bénévoles permet actuellement aux animaux blessés, en détresse ou orphelins de quitter le département une à deux fois par semaine. Certains sont notamment transférés vers l’École nationale vétérinaire de Toulouse, située à plus de 200 kilomètres de Perpignan. Ces déplacements peuvent représenter une source de stress supplémentaire pour les animaux et génèrent également un impact environnemental. Les chiffres du collectif Faune en détresse illustrent l’ampleur des besoins. Plus de 4 000 appels ont été enregistrés en 2025 et près de 5 000 en 2026, une tendance en hausse constante depuis 2019. En 2026, 4 820 animaux ont été signalés ou pris en charge : 3 922 oiseaux, 790 mammifères et 111 reptiles et amphibiens, représentant 169 espèces différentes. Au total, 913 prises en charge ont été réalisées par les vétérinaires partenaires et les bénévoles. Environ 65 % des espèces concernées sont protégées.
Soigner, sensibiliser et préserver la biodiversité
Pour répondre à ce manque, La Charbonnière souhaite implanter son futur centre à l’entrée de Rodès, sur un terrain de trois hectares. Le projet doit se développer en deux phases. La première prévoit la construction d’un bâtiment de 80 m² comprenant notamment des espaces de soins, des bureaux, ainsi que des enclos et des volières extérieures. À terme, un second bâtiment de 80 m² pourrait compléter le dispositif. Le projet n’est pas encore totalement finalisé. L’association vise un début des travaux en 2027, afin de permettre une ouverture du centre en 2028. Dans un premier temps, la structure souhaite accueillir plusieurs espèces parmi lesquelles les martinets, hérissons, petits carnivores et écureuils. Le nombre d’espèces prises en charge doit ensuite augmenter progressivement avec la montée en puissance du centre.
Alix Renard, présidente de La Charbonière. © Lionel Moogin« Nous souhaitons également développer les dons et le mécénat afin de contribuer au financement du projet », précise Alix Renard. Les personnes qui souhaitent soutenir la démarche peuvent contacter l’association par courriel ou se rendre sur son site Internet.
La Charbonnière souhaite faire de ce centre un lieu de soins, de réhabilitation et de réintroduction de la faune sauvage, mais aussi un outil de conservation pour les espèces menacées. Le projet prévoit également une mission de veille sanitaire, notamment à travers le suivi des zoonoses, ainsi que des actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. L’association rappelle enfin que le public se montre de plus en plus sensible à la cause animale et aux enjeux environnementaux, mais ne sait pas toujours comment réagir face à un animal sauvage blessé ou en détresse.
Dans ce cas, un seul numéro est à contacter : Faune en détresse : 07 66 79 23 07.


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