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mercredi 23 septembre 2026

Sécheresse : 64 000 personnes encore privées d’eau au robinet et OGM : Syngenta jette l'éponge

Deux articles aujourd'hui

Sécheresse : 

64 000 personnes 

encore privées d’eau 

au robinet

 

90 % des 36 000 points de captage d’eau potable sont des forages et la diminution des niveaux « conditionne très largement notre capacité à traverser les prochains mois ».

 


Alors que la France émerge d’un été historiquement chaud, marqué par des vagues de chaleur à répétition et une sécheresse généralisée et intense, la crise de l’eau franchit un nouveau cap. En ce mois de septembre, 64 000 français.es sont totalement privé.es d'eau potable au robinet.

Dans les zones rurales et périurbaines les plus touchées, les sources locales se sont taries et les réseaux de distribution à sec ne peuvent plus assurer leur mission de service public. La ministre Monique Barbut a évoqué « 64.000 habitants qui doivent encore être approvisionnés par des camions-citernes ou grâce à des bouteilles d’eau pour boire, pour manger ou pour se laver ».

L’effondrement des nappes phréatiques

Cette pénurie est le symptôme d’un déséquilibre profond du cycle de l’eau. Selon les données publiées par le BRGM (le service géologique national), 61 % des nappes phréatiques de l’Hexagone affichent des niveaux inférieurs aux normales de saison, une proportion alarmante qui fragilise l’ensemble de l’appareil hydrique.

En l’espace de deux semaines seulement, le nombre de personnes dépendant de réseaux placés sous vigilance accrue a explosé : 223 000 habitants de plus sont touchés, portant le total à 6,4 millions de Français soumis à des restrictions d’eau. Ce total pourrait repartir à la hausse sans nouvelles précipitations.

Partout, les rivières asséchées  témoignent d’écosystèmes aquatiques à l’agonie. 74 départements sont toujours placés en situation de crise sécheresse. L’état des eaux souterraines est particulièrement surveillé. 90 % des 36 000 points de captage d’eau potable sont des forages et la diminution des niveaux « conditionne très largement notre capacité à traverser les prochains mois ».




« Le niveau des nappes est contrasté sur le territoire. 
Il est très bas pour les nappes du socle limousin et les calcaires du Jura 
et la plaine nord d’Alsace et encore haut pour les nappes des formations 
de la Vistrenque », explique le BRGM.

Les territoires à risque

Les territoires à risque : le risque de rupture d’eau potable au robinet est bel et bien réel dans toute la Creuse. Le pays de Saint-Malo n’a plus que trois mois d’eau potable et, sans pluies suffisantes, risque une coupure d’eau totale en fin d’année 2026.

En Garonne, le système Neste et l’Aussoue, l’Aussonnelle et le bassin du Ger en état de « crise », le niveau d’alerte le plus haut. Le préfet de la Loire a pris un arrêté ce vendredi 11 septembre. Il fait passer la zone Sud du Pilat en crise sécheresse. En Lozère, tous les bassins versants passent en crise.

Les préfets appellent chacun à réduire sa consommation d’eau et, dans les secteurs en crise, à limiter les usages aux besoins strictement prioritaires : l’alimentation, la santé et l’hygiène. Le site Info-Secheresse.fr recense en temps réel le suivi de l’évolution des nappes sur chaque département français.


Carte des restrictions d’eau au 14 septembre 2026, Crédit : Vigie EAU France


Mesures palliatives et impasses structurelles

Interrogée sur les perspectives d’adaptation du territoire, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, ne rassure pas vraiment : « On ne pourra pas adapter la France entière en 2027, mais en revanche, limiter les zones de crise et les questions de crise qu’on a vécues cette année ».

Une feuille de route gouvernementale prévoit des investissements étalés sur cinq ans, articulés autour d’un groupe de travail ministériel pour tenter de mieux piloter la ressource. Mais pour les experts, ces rustines budgétaires ne résoudront pas le problème.

Car le problème structurel de la France réside autant dans la sécheresse climatique que dans la vétusté de ses réseaux de distribution, qui laissent s’échapper en moyenne une goutte d’eau potable sur cinq par des fuites chroniques. Au sud de Narbonne, une panne importante dans le réseau de distribution a privé d’accès à l’eau potable les habitants de La Palme, Roquefort-des-Corbières, Caves et Treilles.

À cela s’ajoute l’absence d’arbitrage politique clair face à la concurrence des usages – entre une agriculture intensive qui surconsomme pour l’irrigation, les besoins des complexes touristiques, les pressions industrielles et la  consommation humaine. En refusant de remettre en cause ce modèle extractiviste et hyper-artificialisé, l’État transforme des désordres climatiques en catastrophes sanitaires et sociales chroniques.

La soif qui gagne l’Hexagone est le témoin de l’urgence à changer nos modes de consommation et à anticiper plutôt que réparer.

Léonore Suied

 

Source : https://lareleveetlapeste.fr/secheresse-64-000-personnes-encore-privees-deau-au-robinet/ 

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