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vendredi 4 avril 2025

Pyrénées-Orientales : Train en Têt reçue par le préfet à Prades

Pyrénées-Orientales : 

Train en Têt 

reçue par le préfet à Prades

 

Après la réunion, le collectif a débriefé sur le site de la gare de Prades. DR


 02/04/2025

Les adhérents de l’association Train en Têt ont profité d’une visite préfectorale en Conflent pour rencontrer le représentant de l’État.

L’arrêt du trafic ferroviaire entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent dure maintenant depuis plus de huit mois. Huit mois de galère pour certains usagers qui sont à bout. Depuis le début, l’association Train en Têt donne de la voix afin que les trains reprennent du service. Quatre de ses adhérents ont pu rencontrer Thierry Bonnier le préfet des Pyrénées-Orientales en compagnie d’Yves Delcor le maire de Prades, Jean-Louis Jallat le président de la communauté de communes et Aude Vivès la vice-présidente du département en charge du tourisme. Une réunion tendue et un regret pour le collectif, "celui de n’avoir pu faire cette rencontre qu’après l’annulation d’un rassemblement prévu antérieurement".

L’enquête judiciaire conditionne le début des travaux

Pour le président de l’association Enric Balaguer : "Nous venons d’apprendre que l’enquête judiciaire en cours avait des conséquences sur la démolition du pont du chemin des Marotxes (celui-ci n’est pas dans le périmètre de l’enquête) et qu’elle conditionnerait les dates de début des travaux. Il nous a été précisé par ailleurs, que les conclusions seraient rendues rapidement. De plus il semblerait qu’enfin les travaux de démolition du pont soient décorrélés de la construction d’un nouvel ouvrage d’art. Comme le demande Train en Têt depuis plusieurs mois".

De son côté la préfecture confirme que "la commune d’Eus a délibéré en ce sens. Elle est maintenant invitée à s’inscrire dans une démarche d’appel d’offres respectant les procédures liées aux marchés et à désigner un bureau d’études habilité". Le représentant de l’État précise que, "le sous-préfet a déjà animé six réunions d’échange, en toute transparence avec les usagers, et qu’une autre est encore prévue au mois de mai". Un entretien qui n’amène toujours pas de réponse en matière de délais et qui n’empêche pas les adhérents de l’association de s’interroger sur, "l’impuissance de l’État de ne pas pouvoir privilégier un service public de transport essentiel et vital face à des intérêts privés, fussent-ils louables".

 

Source : https://www.lindependant.fr/2025/04/02/pyrenees-orientales-train-en-tet-recue-par-le-prefet-a-prades-12611165.php

 

jeudi 3 avril 2025

« Le temps est venu de résister » : un jeune israélien refuse de servir dans l’armée


« Le temps est venu 

de résister » : 

un jeune israélien refuse 

de servir dans l’armée 


« J’ai refusé de m’enrôler parce que je ne voulais pas être impliqué dans la perpétration du génocide. » Malgré l’obligation de servir, Itamar Greenberg a refusé de rejoindre l’armée israélienne. Cette décision, il l'a prise pour défendre ses convictions, au nom de la justice et de la réconciliation. Considéré comme un « objecteur de conscience » en Israël, il a purgé cinq peines consécutives d’emprisonnement à seulement 18 ans. Itamar expose ici les raisons qui l’ont poussé à faire ce choix. 

Je milite en faveur de la réconciliation, de l’égalité et de la justice. En mars, j’ai été libéré après 197 jours de détention dans une prison militaire israélienne parce que j’avais refusé de m’enrôler dans l’armée. 

Je viens d’une famille haredim (les Haredim sont des juifs ultra-orthodoxes) de Bnei Brak. En Israël, les Haredim, qui représentent 14 % de la population, forment une communauté fermée. Dans l’environnement dans lequel j’ai grandi, le service militaire n’était même pas envisageable, pour des motifs strictement religieux. 

À l’âge de 12 ans, j’ai compris qu’en tant qu’enfant haredim, la seule solution pour m’intégrer dans la société israélienne consistait à rejoindre l’armée. De cette prise de conscience à ma récente libération de prison, le cheminement a été long et jalonné de réflexions profondes et de conflits internes, entre propagande nationaliste et considérations rationnelles et éthiques. J’ai commencé à me poser des questions, non seulement sur la religion dans laquelle j’avais grandi mais également sur l’humanité et tout ce qui en découle. 

La plupart des Israéliens et Israéliennes ne voient pas uniquement dans le service militaire une obligation au regard de la loi mais presque un passage indispensable, une marque de prestige et de fierté. Cependant, en m’informant sur le rôle de l’armée israélienne qui contrôle et réprime des millions de Palestiniens et Palestiniennes, j’ai compris que s’enrôler ne signifiait pas simplement se faire une place dans la société israélienne mais participer activement à un système de violence, de domination et d’oppression. Je me suis rendu compte que si je m’enrôlais, je ferais moi aussi partie du problème.

J’ai compris que je me trouvais face à un choix : appartenir à la société israélienne ou préserver mon sens moral. J’ai choisi le sens moral. 

Je n’ai pas pris cette décision de manière soudaine, je l’ai mûrie au cours d’un long processus d’apprentissage et de prise de conscience morale. Plus j’avançais dans mes réflexions, plus j’étais convaincu que je ne pourrais pas revêtir un uniforme symbole de meurtre et d’oppression.  Ces considérations ont à voir avec le fait de refuser de servir dans le contexte de l’occupation. Mais dans mon cas, ce refus s’inscrivait également dans le contexte du génocide : j’ai refusé de m’enrôler parce que je ne voulais pas être impliqué dans la perpétration du génocide. Je suis ce que l’on appelle un refusenik dans le contexte du génocide (le terme « refusenik » désigne en Israël les objecteurs les objectrices de conscience). 

En Israël, les personnes qui refusent de servir dans l’armée pour des raisons politiques et morales payent un lourd tribut. Cette décision peut avoir des conséquences sur la vie sociale et être synonyme d’ostracisation et de mise au pilori. Elle peut également avoir des conséquences sur le plan juridique car la conscription militaire est obligatoire, excepté pour les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël ou pour quelques motifs précis. Refuser de s’enrôler pour des raisons d’objection de conscience est passible d’une peine de prison. J’ai été condamné à plusieurs reprises à des peines dans des prisons militaires par un colonel de l’armée israélienne. Au total, j’ai passé 197 jours en détention, répartis sur cinq peines distinctes. Quelques heures avant ma libération, je n’avais pas la moindre idée du nombre de mois de prison qui m’attendaient encore.   

Dans les prisons militaires, les conditions sont dures. Certains jours, j’étais placé à l’isolement en raison de menaces de la part d’autres détenus. Chaque jour, je devais rester au garde-à-vous pendant environ quatre heures. Mais je pouvais lire, penser et écrire. J’ai ainsi pu garder l’esprit clair. Je savais que je faisais ce qui était juste et je ressentais une grande sérénité. Je savais que je pouvais être libéré sans délai : je n’avais qu’à accepter de rejoindre l’armée. Mais comment aurais-je donc pu m’y résoudre, alors que, là dehors, une campagne de nettoyage ethnique et de destruction était en cours ? 

Les tueries de masse et l’apartheid ne sont pas et ne seront jamais un moyen de garantir la « sécurité ». Ce sont des crimes contre l’humanité. Plongés dans une terreur existentielle, les enfants vivent en permanence dans la peur de mourir. Ils n’ont rien fait, ils sont juste nés palestiniens. J’ai choisi d’entrer dans une cellule de prison pour montrer ma solidarité avec ces enfants et je n’avais aucunement l’intention de demander à être libéré avant eux. Ou peut-être suis-je entré dans cette cellule pour ne pas devoir les tuer. 

Dans tous les cas, mon emprisonnement a duré aussi longtemps parce que j’ai refusé de demander quoi que ce soit, comme par exemple à être réformé pour des raisons de santé ou de santé mentale. Je ne voyais pas ce que je pouvais leur demander à part de mettre fin au massacre en cours à Gaza. En fin de comptes, ce sont eux (l’armée israélienne) qui ont capitulé. Ils ont compris que je ne mentirais pas à propos de mon état de santé mentale et que je ne présenterais pas d’autres demandes de libération. 

Mon refus de m’enrôler a également eu des implications concrètes. En Israël, l’armée n’est pas seulement une institution militaire, elle constitue également un sésame pour être accepté·e dans la société. Celles et ceux qui ne servent pas dans l’armée sont automatiquement relégués au rang de citoyen·nes de seconde classe. Des portes se ferment, les chances s’amoindrissent et le message est clair : si vous n’adhérez pas au système, vous n’avez pas vraiment votre place.  

Mon refus ne relevait pas seulement d’un choix personnel, il s’agissait d’une déclaration politique et la société israélienne a réagi en conséquence. D’un côté, les militant·es et les membres de la gauche radicale ont exprimé leur soutien. De l’autre, l’immense majorité de l’opinion publique israélienne m’a considéré comme un traitre. On m’a accusé d’antisémitisme et de soutien au terrorisme. Même parmi mes proches, cela n’a pas toujours été facile. Parmi mes ami·es, certain·es n’ont pas accepté ma position et ont préféré couper les ponts. 

Cependant, je ne vois pas mon refus de servir comme un combat uniquement personnel. Il s’inscrit dans une lutte plus vaste contre le militarisme, contre l’oppression, contre une réalité dans laquelle la violence s’impose comme la réponse par défaut. Et la violence ne doit plus être la solution par défaut ; elle doit être complètement éradiquée. 

En général, ce qui distingue les humanistes des fascistes, c’est, sans surprise, leur adhésion aux valeurs humanistes. Mais, comme nous le savons, même celles et ceux qui s’inscrivent dans l’idéologie fasciste ont un fond de bonté. Leur adhésion au fascisme ne nous autorise bien entendu en aucune manière à les priver de leurs droits fondamentaux parce que, précisément, nous ne voulons pas devenir fascistes. Notre droit de nous battre pour la justice découle de notre engagement à agir de manière juste. La réalité de ce qui se passe du fleuve jusqu’à la mer ne fait que renforcer l’importance majeure de ce combat.

Nous ne pouvons pas construire une société juste avec les canons des armes. Les tueries de masse et l’apartheid ne sont pas et ne seront jamais un moyen de garantir la « sécurité ». Ce sont des crimes contre l’humanité. 

Tandis que j’écris ces mots, Israël a « rouvert les portes de l’enfer à Gaza » et lancé une campagne massive de bombardements sur Gaza le 18 mars, tuant des enfants et des familles entières dans leur sommeil. Partout dans le monde, on évoque le génocide commis par Israël. Des rapports, des articles et des enquêtes continuent d’être produits. La communauté internationale ne peut pas se contenter d’« exprimer sa préoccupation ». Les exportations d’armes à Israël doivent cesser. Les dirigeants israéliens responsables de crimes internationaux doivent faire l’objet de poursuites. Il faut mettre fin immédiatement au génocide et à l’apartheid. 

Je devrais conclure par un message d’espoir. 

Mais nous n’avons pas le temps de rêver. 

Le temps est venu de résister. 

 

Source : https://tinyurl.com/46bmfhxx

mardi 1 avril 2025

Photovoltaïque : quand le RN relaie les arguments des lobbies

 

Photovoltaïque : 

quand le RN relaie 

les arguments des lobbies

   

Jordan Allouche
Lobbyiste écologiste 

25 mars 2025

 

Un amendement déposé par un député du Rassemblement National propose de supprimer l’obligation d’installer des panneaux solaires sur les parkings extérieurs. Derrière l’argument de la simplification, une convergence d’intérêts préoccupante entre les positions du RN et celles de plusieurs lobbies économiques mobilisés contre cette mesure depuis deux ans.

Le fond de l’amendement est limpide : abroger l’article 40 de la loi du 10 mars 2023 sur l’accélération des énergies renouvelables. Cet article impose aux parkings extérieurs de plus de 1 500 m² de couvrir au moins 50 % de leur surface avec des panneaux photovoltaïques. Une mesure simple, ciblée, et fondée sur un principe aujourd’hui largement partagé : utiliser en priorité les surfaces déjà artificialisées pour développer les énergies renouvelables, sans empiéter sur les terres agricoles ou les espaces naturels.

Mais pour le député RN du Gard Nicolas Meizonnet, cette obligation représenterait « une charge difficilement supportable pour de nombreux gestionnaires de parkings ». Dans l’exposé des motifs, il évoque des normes trop lourdes, des investissements trop coûteux, et défend le « mix énergétique historique français » fondé sur le nucléaire et l’hydroélectricité. Il ajoute qu’un développement trop rapide du solaire pourrait « déstabiliser le système électrique » en raison de son intermittence.

Un argumentaire qui n’est pas sans rappeler celui porté par plusieurs représentants d’intérêts économiques depuis deux ans.

Une mobilisation organisée contre l’obligation solaire

En janvier 2025, onze fédérations professionnelles, dont la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Perifem, Mobilians (professionnels de l’automobile), la FACT (centres commerciaux) ou encore la Fédération nationale des métiers du stationnement (FNMS), ont déposé un recours devant le Conseil d’État contre le décret d’application de cette mesure.

Dans leurs argumentaires, ces organisations dénoncent des délais trop courts, une mesure jugée « irréaliste », et des effets contradictoires avec d’autres politiques publiques comme la végétalisation des parkings ou l’installation de bornes de recharge électrique. Elles réclament un phasing dans le temps, une redéfinition de la surface à couvrir (en excluant les voies de circulation), ou un report de l’obligation à 2030.

Le problème ? En adaptant la mesure à ce point, on la vide de sa substance. Réduire les 50 % à la seule surface des places de stationnement revient à couvrir, dans les faits, une fraction très limitée des parkings. Et retarder l’échéance repousse d’autant la montée en puissance de la production solaire en France.

Une convergence d’intérêts qui interroge

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que le Rassemblement National a déposé cet amendement à la demande explicite de ces acteurs économiques. Mais la similitude des arguments, la temporalité et la formulation interrogent. Cet épisode illustre une convergence d’intérêts croissante entre certaines positions politiques et les exigences des grands lobbies industriels, sur fond de remise en cause des politiques environnementales.

Ce n’est pas la première fois. En 2023, le RN s’était opposé à plusieurs mesures favorables aux énergies renouvelables dans le cadre de la loi « climat » et, au Parlement européen, ses élus ont défendu l’exploitation de nouveaux gisements d’hydrocarbures en mer du Nord. Dans chaque cas, la priorité donnée aux filières polluantes est assumée, souvent au nom de la souveraineté ou du pouvoir d’achat, mais toujours au détriment de la transition.

Une mesure cohérente avec les enjeux climatiques

Pourtant, la nécessité de déployer massivement le solaire n’est plus contestée scientifiquement. Le GIEC estime qu’il faut multiplier par 6 la capacité photovoltaïque mondiale d’ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement à +1,5 °C. En France, les toitures, les friches industrielles, mais aussi les parkings, constituent un gisement considérable et sans conflit d’usage.

En refusant de solariser les parkings, c’est une des rares mesures à fort potentiel, rapide à mettre en œuvre et compatible avec la relance industrielle française (notamment via les gigafactories de panneaux), que l’on sacrifie.

Une bataille politique, mais aussi démocratique

Ce que révèle cet amendement, c’est que derrière le débat technique se cache un enjeu démocratique plus profond : à qui profite l’inaction climatique ? Qui décide des priorités énergétiques ? Et pourquoi tant d’efforts sont-ils mobilisés pour entraver des mesures modestes, mais symboliquement fortes ?

Refuser de solariser les parkings, en 2025, ce n’est pas de la simplification. C’est une abdication.

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/jordan-allouche/blog/250325/photovoltaique-quand-le-rn-relaie-les-arguments-des-lobbies