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dimanche 16 août 2020

Contre l’aridité, des solutions qui coulent de source







Contre l’aridité, des solutions qui coulent de source

 
 
Par Margaux Lacroux
 
 
 
Système d'irrigation à l'Ile du Jourdain, en France, le 1er aout . Photo Lionel Bonaventure. AFP

Tarification progressive de l’eau, préservation des écosystèmes, adaptation de l’agriculture…
Des parades existent pour éviter les sécheresses récurrentes.


 La France peut éviter le scénario cauchemardesque de pénuries d’eau à répétition. A condition d’avoir les bonnes clés. La construction de barrages a longtemps été le réflexe premier, et certains agriculteurs continuent à en demander : stocker de l’eau en période d’abondance pour s’en servir dans les périodes sèches est une idée séduisante. Mais les retenues artificielles telles que les barrages ou les bassines ne sont pas la panacée. Une partie du liquide accumulé s’évapore et rien ne sert de construire des barrages s’il n’y a rien pour les remplir. Pire, lors des longues sécheresses, les gros ouvrages peuvent participer à l’assèchement des rivières en aval en retenant le peu d’eau disponible.





Le sujet est encore plus chaud pour les barrages hydroélectriques, qui stockent de l’eau et produisent de l’énergie. « Quand il va falloir vider le barrage pour alimenter la population en eau potable, ce serait bien qu’on puisse le faire. S’il est aux mains d’un géant chinois de l’énergie, celui-ci risque de s’y opposer », avertit Loïc Prud’homme, député (LFI) de Gironde, auteur d’un rapport parlementaire qui vise à éviter les conflits d’usages.

Pertes et fuites le long des réseaux

 

Reste que les solutions qui reposent sur la nature sont les plus adaptées. L’eau n’est jamais aussi bien stockée que quand elle est absorbée par les nappes souterraines via les champs, les arbres, les zones humides (prairies, marais, tourbières…). D’où l’importance de préserver, restaurer et multiplier ces écosystèmes. C’est aussi le cas en milieu urbain, où l’enjeu est d’abord de désimperméabiliser pour que la pluie s’infiltre.

En parallèle, l’or bleu doit être moins et mieux consommé : optimiser les systèmes déjà existants, éviter les pertes et fuites le long des réseaux, mais surtout faire baisser la demande. Agriculteurs et industriels commencent à revoir les pratiques en profondeur. « On vit une révolution dans les systèmes de culture avec l’agriculture de conservation des sols ou l’agroforesterie », précise Sami Bouarfa, chercheur en sciences de l’eau à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Il devient inévitable de décaler certaines plantations dans le temps ou géographiquement, notamment en viticulture. Voire d’en arrêter certaines, comme le décrié maïs irrigué.




Loïc Prud’homme plaide aussi pour une tarification progressive de l’eau, en adéquation avec la rareté de cette ressource : « Les premiers mètres cubes pourraient être gratuits, puis on paierait à partir d’un certain volume d’utilisation "normale". Au-delà, cela coûterait beaucoup plus cher. » Dans son rapport, il propose une amende de 15 000 euros pour la récidive en cas d’arrêté de sécheresse pour un agriculteur qui arroserait les cultures alors qu’il n’a pas le droit. Plus dissuasif que les 1 500 euros actuels. D’autre part, ceux qui mettent en place des pratiques plus résilientes pourraient compenser le manque à gagner grâce à des paiements pour services environnementaux.

« Guerre de l’eau »

 

Le partage équitable est la dernière clé. Le rapport parlementaire recommande de couvrir entièrement la France avec des schémas d’aménagement et de gestion des eaux pour planifier les futurs besoins et usages, dans le respect de l’environnement, à l’échelle locale. Il insiste sur la nécessité de mettre tous les acteurs concernés autour de la table, avec un accès aux mêmes documents au moins quinze jours à l’avance pour pouvoir les décrypter.  
« Si on n’y prend pas garde, la guerre de l’eau va s’inviter chez nous parce qu’il y a des gens dont la vie dépend de l’accès à la ressource », avertit Loïc Prud’homme.


Margaux Lacroux 


Source : https://www.liberation.fr/france/2020/08/02/contre-l-aridite-des-solutions-qui-coulent-de-source_1795885?xtor=EREC-25&actId=ebwp0YMB8s1_OGEGSsDRkNUcvuQDVN7a57ET3fWtrS90SVGouFRqw1jk3aySqrmQ&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=503972

 

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