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dimanche 22 mars 2020

Coronavirus - Raoul Vaneigem


 Coronavirus - Raoul Vaneigem


« Dehors, le cercueil, dedans la télévision, 
la fenêtre ouverte sur un monde fermé ! »



paru dans lundimatin#234, le 19 mars 2020


Contester le danger du coronavirus relève à coup sûr de l’absurdité. En revanche, n’est-il pas tout aussi absurde qu’une perturbation du cours habituel des maladies fasse l’objet d’une pareille exploitation émotionnelle et rameute cette incompétence arrogante qui bouta jadis hors de France le nuage de Tchernobyl ? Certes, nous savons avec quelle facilité le spectre de l’apocalypse sort de sa boite pour s’emparer du premier cataclysme venu, rafistoler l’imagerie du déluge universel et enfoncer le soc de la culpabilité dans le sol stérile de Sodome et Gomorrhe. [1]


La malédiction divine secondait utilement le pouvoir. Du moins jusqu’au tremblement de terre de Lisbonne en 1755, lorsque le marquis de Pombal, ami de Voltaire, tire parti du séisme pour massacrer les jésuites, reconstruire la ville selon ses conceptions et liquider allègrement ses rivaux politiques à coups de procès « proto-staliniens. » On ne fera pas l’injure à Pombal, si odieux qu’il soit, de comparer son coup d’éclat dictatorial aux misérables mesures que le totalitarisme démocratique applique mondialement à l’épidémie de coronavirus.

Quel cynisme que d’imputer à la propagation du fléau la déplorable insuffisance des moyens médicaux mis en œuvre ! Cela fait des décennies que le bien public est mis à mal, que le secteur hospitalier fait les frais d’une politique qui favorise les intérêts financiers au détriment de la santé des citoyens. Il y a toujours plus d’argent pour les banques et de moins en moins de lits et de soignants pour les hôpitaux. Quelles pitreries dissimulera plus longtemps que cette gestion catastrophique du catastrophisme est inhérente au capitalisme financier mondialement dominant, et aujourd’hui mondialement combattu au nom de la vie, de la planète et des espèces à sauver.

Sans verser dans cette resucée de la punition divine qu’est l’idée d’une Nature se débarrassant de l’Homme comme d’une vermine importune et nuisible, il n’est pas inutile de rappeler que pendant des millénaires, l’exploitation de la nature humaine et de la nature terrestre a imposé le dogme de l’anti-physis, de l’anti-nature. Le livre d’Eric Postaire, Les épidémie du XXIe siècle, paru en 1997, confirme les effets désastreux de la dénaturation persistante, que je dénonce depuis des décennies.
Evoquant le drame de la « vache folle » (prévu par Rudolf Steiner dès 1920), l’auteur rappelle qu’en plus d’être désarmés face à certaines maladies nous prenons conscience que le progrès scientifique lui-même peut en provoquer. Dans son plaidoyer en faveur d’une approche responsable des épidémies et de leur traitement, il incrimine ce que le préfacier, Claude Gudin, appelle la ’ philosophie du tiroir caisse ’. Il pose la question : « A subordonner la santé de la population aux lois du profit, jusqu’à transformer des animaux herbivores en carnivores, ne risquons-nous pas de provoquer des catastrophes fatales pour la Nature et l’Humanité ? » Les gouvernants, on le sait, ont déjà répondu par un OUI unanime. Quelle importance puisque le NON des intérêts financiers continue de triompher cyniquement ?

Fallait-il le coronavirus pour démontrer aux plus bornés que la dénaturation pour raison de rentabilité a des conséquences désastreuses sur la santé universelle - celle que gère sans désemparer une Organisation mondiale dont les précieuses statistiques pallient la disparition des hôpitaux publics ? Il existe une corrélation évidente entre le coronavirus et l’effondrement du capitalisme mondial. Dans le même temps, il apparaît non moins évidemment que ce qui recouvre et submerge l’épidémie du coronavirus, c’est une peste émotionnelle, une peur hystérique, une panique qui tout à la fois dissimule les carences de traitement et perpétue le mal en affolant le patient. Lors des grandes épidémies de peste du passé, les populations faisaient pénitence et clamaient leur coulpe en se flagellant. Les managers de la déshumanisation mondiale n’ont-ils pas intérêt à persuader les peuples qu’il n’y a pas d’issue au sort misérable qui leur est fait ? Qu’il ne leur reste que la flagellation de la servitude volontaire ? La formidable machine médiatique ne fait que ressasser le vieux mensonge du décret céleste, impénétrable, inéluctable où l’argent fou a supplanté les Dieux sanguinaires et capricieux du passé.

Le déchaînements de la barbarie policière contre les manifestants pacifiques a amplement montré que la loi militaire est la seule chose qui fonctionnait efficacement. Elle confine aujourd’hui femmes, hommes et enfants en quarantaine. Dehors, le cercueil, dedans la télévision, la fenêtre ouverte sur un monde fermé ! C’est une mise en condition capable d’aggraver le malaise existentiel en misant sur les émotions écorchées par l’angoisse, en exacerbant l’aveuglement de la colère impuissante.

Mais même le mensonge cède à l’effondrement général. La crétinisation étatique et populiste a atteint ses limites. Elle ne peut nier qu’une expérience est en cours. La désobéissance civile se propage et rêve de sociétés radicalement nouvelles parce que radicalement humaines. La solidarité libère de leur peau de mouton individualiste des individus qui ne craignent plus de penser par eux-mêmes.

Le coronavirus est devenu le révélateur de la faillite de l’État. Voilà au moins un sujet de réflexion pour les victimes du confinement forcé. Lors de la parution de mes Modestes propositions aux grévistes, des amis m’ont remontré la difficulté de recourir au refus collectif, que je suggérais, d’acquitter les impôts, taxes, prélèvements fiscaux. Or, voilà que la faillite avérée de l’État-escroc atteste un délabrement économique et social qui rend absolument insolvables les petites et moyennes entreprises, le commerce local, les revenus modestes, les agriculteurs familiaux et jusqu’aux professions dites libérales. L’effondrement du Léviathan a réussi à convaincre plus rapidement que nos résolutions de l’abattre.

Le coronavirus a fait mieux encore. L’arrêt des nuisances productivistes a diminué la pollution mondiale, il épargne une mort programmée à des millions de personnes, la nature respire, les dauphins reviennent batifoler en Sardaigne, les canaux de Venise purifiés du tourisme de masse retrouvent une eau claire, la bourse s’effondre. l’Espagne se résout à nationaliser les hôpitaux privés, comme si elle redécouvrait la sécurité sociale, comme si l’État se souvenait de l’Etat-providence qu’il a détruit.

Rien n’est acquis, tout commence. L’utopie marche encore à quatre pattes. Abandonnons à leur inanité céleste les milliards de bank-notes et d’idées creuses qui tournent en rond au-dessus de nos têtes. L’important, c’est de « faire nos affaires nous-mêmes » en laissant la bulle affairiste se défaire et imploser. Gardons-nous de manquer d’audace et de confiance en nous !

Notre présent n’est pas le confinement que la survie nous impose, il est l’ouverture à tous les possibles. C’est sous l’effet de la panique que l’Etat oligarchique est contraint d’adopter des mesures qu’hier encore il décrétait impossibles. C’est à l’appel de la vie et de la terre à restaurer que nous voulons répondre. La quarantaine est propice à la réflexion. Le confinement n’abolit pas la présence de la rue, il la réinvente. Laissez-moi penser, cum grano salis , que l’insurrection de la vie quotidienne a des vertus thérapeutiques insoupçonnées.


17 mars 2020


Raoul Vaneigem

[1Cet article est issu d’un recueil de textes et d’entretiens à paraître aux éditions Grevis et qui s’intitulera L’insurrection de la vie quotidienne. Sa publication était prévue pour mi-avril mais au vu de la situation actuelle, elle se retrouve repoussée. Vous pouvez consulter le site de l’éditeur pour vous tenir au courant.





Source : https://lundi.am/Coronavirus-Raoul-Vaneigem

vendredi 20 mars 2020

Climat : la nouvelle campagne de Greenpeace refusée dans le métro et en salles


Climat : 

la nouvelle campagne de Greenpeace 

refusée dans le métro et en salles




Greenpeace France lance aujourd’hui une nouvelle campagne de communication conçue avec l’agence Strike pour dénoncer l’inaction climatique des décideurs politiques. Malgré l’urgence de la situation, la régie Mediatransports et plusieurs cinémas n’ont pas accepté de diffuser cette campagne.

À travers un film de 60 secondes, un dispositif d’affichage et une diffusion numérique, cette nouvelle campagne illustre le décalage entre les discours et les actes des décideurs politiques.

Différentes séquences mettant en scène l’aggravation des événements climatiques extrêmes font apparaître les mots « BLA BLA » en glace, en bois, en plastique, en métal, qui s’effondrent, s’envolent dans des tornades, sont emportés par des inondations ou brûlent dans de gigantesques incendies, avec en contrepoint sonore des extraits de discours ambitieux sur le climat des présidents Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.



Lien vers le film et les visuels

Une campagne refusée par Mediatransports et en salles de cinéma

Le propos semble un peu trop engagé pour la régie publicitaire du métro parisien et pour des cinémas qui ont refusé cette campagne, la considérant « trop politique », bien que les visuels aient été jugés conformes par l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité).

« Dans un contexte où les alertes des scientifiques se succèdent pour expliquer que nous sommes la dernière génération à pouvoir agir, il est surprenant de constater que Mediatransports considère des affiches rappelant l’urgence climatique comme indignes du métro parisien, alors que les compagnies aériennes par exemple y développent des campagnes d’ampleur, incitant les voyageurs à prendre l’avion comme d’autres prennent le métro », souligne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Alors que le public place l’urgence climatique en tête de ses préoccupations et commence à changer ses comportements, cette campagne rappelle simplement sur qui reposent les principales responsabilités. C’est bel et bien aux États d’enclencher les changements systémiques dans les modes de production et de consommation pour éviter de voir la planète se réchauffer de 3°C à 7°C d’ici à la fin du siècle.

Pour l’agence Strike, récemment fondée par Jérôme Gonfond (précédemment directeur de création de l’agence la chose, les gaulois et Leo Burnett), « c’est l’impact de ces promesses non tenues que nous avons voulu illustrer avec des images fortes. Les discours sont là, mais aucune mesure capitale n’est prise pour que les plus grands pollueurs de la planète fassent immédiatement face à leurs responsabilités et arrêtent de détruire notre écosystème. »

Un dispositif 360 « Face à l’urgence climatique, les discours ne suffisent pas »

Si la campagne a été refusée dans le métro parisien, et dans certains cinéma, elle sera cependant visible à Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier et Toulouse, à partir du 2 mars.

Un dispositif web a également été conçu pour une mobilisation en ligne qui aura notamment pour objectif d’inviter les internautes à diffuser massivement le film, participer aux marches pour le climat du 14 mars et à s’engager avec Greenpeace via une page dédiée sur le site de l’organisation greenpeace.fr/mob-climat

« À quelques jours de nouvelles marches pour le climat, Greenpeace rappelle que l’urgence climatique nécessite des actes forts de la part du gouvernement. Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs, est coutumier des grands discours, mais les actes ne suivent pas. La France est en retard sur ses objectifs climatiques et vient même d’augmenter ses objectifs d’émissions de CO2 ! » selon Jean-François Julliard [1].

« Il y a urgence et le gouvernement ne cesse de le répéter. Le problème, c’est qu’ils le disent à nous. Ils nous culpabilisent et se rangent du côté des lobbies. Ils déportent la solution sur des comportements individuels au lieu de se tourner vers les entreprises pour les obliger à se transformer », ajoute Pierre Bellefleur, en charge de la stratégie à l’agence Strike.

Pour Greenpeace, le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et respecter a minima les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.
Depuis 2015, les émissions françaises sont reparties à la hausse. En 2020, cinq ans après la COP21, nous sommes très loin de la trajectoire fixée pour atteindre l’objectif de 1,5°C maximum de réchauffement climatique.

Notes 

[1] Le 20 janvier 2020, le gouvernement a présenté sa Stratégie nationale bas carbone (SNBC), présentée comme « la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique » jusqu’en 2023. Mais au lieu de relever l’ambition de la France, le gouvernement a préféré modifier ses objectifs… et permettre à la France d’émettre plus de CO2 que prévu ! Une décision inacceptable face à l’urgence climatique.

Crédits

Annonceur : Greenpeace
Directrice de la communication : Laurence Veyne
Agence : Strike
Création : Jérôme Gonfond
Stratégie : Pierre Bellefleur
Réalisation : Strike & Fix Studio
Production : Fix Studio
Superviseurs VFX : Benjamin Laborde & Romain Joly
Producteur VFX : Cédric Herbet
Coordinatrice VFX : Pauline Bouyer
Production son : Schmooze
Ingénieurs son: Sylvain Rety / Thibault Alunni
Productrice son : Carla Biancheri
Montage : Anaïs Kerforn
CGI Lead : Romain Joly
Compositing Lead : Benjamin Laborde
Illustrateur 3D Print : Waldo Lee


Source : https://www.greenpeace.fr/espace-presse/climat-la-nouvelle-campagne-de-greenpeace-refusee-dans-le-metro-et-en-salles/

mercredi 18 mars 2020

Cyberaction N° 1210 : Stop au déterrage des blaireaux


Cyberaction N° 1210: Stop au déterrage des blaireaux

 

 https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stopaudynterragedesblaireaux-3632.html





Un projet d’arrêté est soumis à la consultation du public concernant l’autorisation d’une période complémentaire de déterrage du blaireau prévue du 15 mai 2020 au 15 janvier 2021.

Lire le projet d’arrêté
http://www.moselle.gouv.fr/content/download/17270/124405/file/projet%20AP%202020%20especes_dates_chasse_2020-2021.pdf  

Lire la note de présentation
http://www.moselle.gouv.fr/content/download/17269/124401/file/Note%20presentation%20projet%20AP%202020%20especes%20date%20chasse%202020%202021.pdf  

note : pas de chiffres justifiant la complémentaire blaireau

Monsieur le Préfet propose, dans son Projet d’arrêté fixant la liste des espèces chassables et les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse dans le département de la Moselle, saison 2020-2021 :

Article 5 : Par dérogation à l’article 3 du présent arrêté, la vénerie du blaireau est autorisée du 15 mai 2020 au matin au 15 janvier 2021 au soir.

Soit, en période complémentaire, du 15 mai 2020 au matin au 14 septembre 2020 au soir. Et, en période normale, du 15 septembre 2020 au matin au 15 janvier 2021 au soir.

Dès la fin de cette période de chasse, les équipages de vénerie qui auront pratiqué ce mode de chasse adresseront à la direction départementale des territoires un état mentionnant les dates de chasses et les prises réalisées ainsi que, le cas échéant, les difficultés rencontrées.

Sur le fond :

À noter, certains départements n’autorisent plus la période complémentaire :

les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône (depuis 2016), de la Côte d’Or (depuis 2015), de l’Hérault (depuis 2014), du Var, du Vaucluse, des Vosges, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

À propos de la vénerie sous terre et de sa mise en oeuvre :

Précisément, l’article 9 de la Convention de Berne n’autorise les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées qu’« à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété ».

Dès lors, pour être légales, les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux blaireaux doivent être justifiées par trois conditions, devant être cumulativement vérifiées :

– la démonstration de dommages importants aux cultures notamment ;

– l’absence de solution alternative ;

– l’absence d’impact d’une telle mesure sur la survie de la population concernée.


Ces trois conditions ont-elles été discutées lors de la commission CDCFS ?

Cette pratique, appelée « vénerie sous terre », est particulièrement barbare et cruelle. Elle inflige de profondes souffrances aux animaux puisqu’elle consiste à acculer les blaireaux dans leur terrier à l’aide de chiens, puis, pendant plusieurs heures, à creuser afin de les saisir avec des pinces. Les animaux, dans un état de stress très important, sont ensuite achevés à la dague. De plus, lorsque la vénerie est pratiquée à partir du 15 mai, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas entièrement sevrés et dépendent encore des adultes. En effet, les périodes choisies pour ces abattages — tout comme les périodes complémentaires de chasse du blaireau — sont en contradiction avec l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, selon lequel « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au moment des périodes complémentaires de chasse du blaireau comme l’a démontré une étude dénommée « Contribution à l’étude de la reproduction des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France» réalisée par Virginie Boyaval, éthologue sur le blaireau : « […] au mois de mai, juin, juillet, les blaireaux juvéniles ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum. La destruction des blaireaux débutant généralement à partir de la mi-mai, compromet le succès de reproduction de l’espèce. La destruction des mères allaitantes, laisse de nombreux orphelins incapables de survivre seul ». Par conséquent pour épargner la nouvelle génération, il faut prendre en considération non pas la période de sevrage mais la période de dépendance des jeunes qui va jusqu’à fin juillet; il convient donc de préserver la vie des mères jusqu’à la fin de la période de dépendance des jeunes afin que ceux-ci puissent survivre.

Or, la période d’allaitement des blaireautins s’étale au-delà du 15 mai, et les jeunes restent dépendants jusqu’à l’automne, ils sont donc présents dans les terriers pendant la période de déterrage. Il est donc nécessaire de prendre en considération la période dépendance des jeunes comme référence et non pas le sevrage lui-même si l’on veut respecter la survie des jeunes.

Cette pratique n’est pas non plus sans conséquences pour d’autres espèces sauvages. En effet, une fois l’opération terminée, les terriers se trouvent fortement dégradés. Or ces derniers sont régulièrement utilisés par d’autres espèces, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) pour les départements concernés ou des chiroptères lorsque certaines espèces sont en phase d’hibernation pendant la période de septembre/octobre à fin avril : « Le Petit rhinolophe hiberne dans des gîtes souterrains (mines, caves, sous-sols ou même terriers de Renard ou de Blaireau) » source Atlas des Mammifères de Bretagne éd. 2015.

Les recommandations du Conseil de l’Europe vont d’ailleurs en ce sens : « Le creusage des terriers, à structure souvent très complexe et ancienne, a non seulement des effets néfastes pour les blaireaux, mais aussi pour diverses espèces cohabitantes, et doit être interdit. »

Il faut obligatoirement que la totalité de la période de chasse du blaireau, qu’elle soit assortie d’une période complémentaire ou non, fasse l’objet de déclaration d’intervention auprès de la DDT et d’un compte-rendu de cette intervention. La fédération doit également être capable de fournir lors de la commission des éléments pertinents et exhaustifs sur les bilans annuels de tirs et de déterrage et non des données approximatives qui ne permettent pas d’avoir une idée de ce que cela représente par rapport aux populations départementales. Ces éléments chiffrés doivent être rendus publics.

Quant à la période de tir, si elle est autorisée jusqu’au 29 février, provoque potentiellement la mort des mères gestantes et ne doit en aucun être autorisé, en application de l’article L424.10 du Code de l’environnement visant à préserver la future génération.

À propos du blaireau :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.
Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ». Or, l’article R424-5 du même code précise toutefois que le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai, cet article contrevient donc au précédent.

Globalement la dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an). Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année). De plus une mortalité importante existe déjà due au trafic routier. Ces opérations de vénerie peuvent affecter considérablement ses effectifs et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.

Il faut également considérer pour ce département comme pour d’autres, que les bilans annuels relatifs à la vénerie sous terre sont probablement très bas et ne régulent pas du tout les populations. Les collisions routières ont certainement un impact bien plus important que le déterrage. Alors si les prélèvements ne représentent rien ou presque et ne permettent pas de réguler les populations (pour de quelconques raisons sanitaires ou économiques), alors pourquoi continuer d’accorder des autorisations de déterrage, si ce n’est de contenter quelques acharnés de la pratique de vénerie sous terre ?

Sur les dégâts éventuels causés et interactions avec les activités humaines :

Les dégâts que le blaireau peut occasionner dans les cultures de céréales sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt. Selon l’Office National de la Chasse ONC bulletin mensuel n° 104 : « Les dégâts que peut faire le blaireau dans les cultures ne sont gênants que très localement (…) Et il suffit de tendre une cordelette enduite de répulsif à 15 cm du sol pour le dissuader de goûter aux cultures humaines. »

En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu.

Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)

Sur la forme :


Demandez dans tous les cas le respect de ce texte de loi :

Au moment de la publication de l’arrêté final, l’article L 123-19-1 du code de l’environnement doit être respecté. Celui-ci stipule :

« Au plus tard à la date de la publication de la décision et pendant une durée minimale de trois mois, l’autorité administrative qui a pris la décision rend publics, par voie électronique, la synthèse des observations et propositions du public avec l’indication de celles dont il a été tenu compte, les observations et propositions déposées par voie électronique ainsi que, dans un document séparé, les motifs de la décision. »

Si le projet d’arrêté n’est pas accompagné d’une note de présentation mentionnant des données exhaustives permettent au contributeur de se positionner en fonction des documents présentés, faites-le remarquer en mentionnant cet autre texte de loi :

Les termes de l’Article 7 de la Charte de l’Environnement précise :

Article 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

AVES France
https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/03/07/moselle-cp-jusquau-24-mars-2020-1600-sur-la-periode-complementaire-de-venerie-sous-terre-du-blaireau/  

Les Français rejettent massivement la chasse
https://www.ipsos.com/fr-fr/les-francais-rejettent-massivement-la-chasse  


 Cliquez sur ce lien pour voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=k1UPqdT9sXI&feature=emb_logo


Texte de la cyberaction proposé


Monsieur le Préfet

Vous proposez d'étendre la pratique du terrage d'une espèce protégée chez la plupart de nos voisins européens alors que les petits très vulnérables sont encore au terrier à cette période.

Comme le Conseil de l'Europe et en application de l’Article 7 de la Charte de l’Environnement je demande l’interdiction du déterrage du blaireau, une pratique de chasse barbare et incompatible tant avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles qu'avec la sensibilité de l'opinion publique opposée à la chasse.




Source : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stopaudynterragedesblaireaux-3632.html