Les réseaux
comme champ de bataille
La construction d’une ligne THT dans le sud Aveyron déclarée d’utilité publique
paru dans
lundimatin#152, le 10 juillet 2018
Depuis l’Amassada nous
lançons un appel. Depuis ce hameau fait de palettes, de taules,
d’argile, de bois de charpente, de ballots de paille, ancrés là, défiant
les lignes THT, leur réseau glacial. Nous
sommes enraciné.e.s ici. Construisant toujours plus de liens avec les
autres luttes territoriales. Comme à la ZAD, comme à Bure, comme à Roybon, comme au sein d’autres contrées en lutte, nous avons fait le pari de bâtir, le pari d’HABITER. D’habiter ces lieux, précisément contre le bétonnage que RTE
leur réserve. Préférant y bricoler nos techniques que de se plier à
leur Plan. Préférant mélanger le torchis pour nos cabanes que de nous
aplatir devant l’horreur métallique de leurs infrastructures.
Extrait de l’appel à se défendre depuis l’Amassada
Alors que la déclaration
d’utilité publique pour la construction du mega transfo sud Aveyron
vient de tomber et qui devrait déboucher sur l’évacuation et la
destruction de l’Amassada, un ami sur place nous a confié ces quelques
considérations fragmentaires sur ce qu’implique ce genre de projet
d’infrastructure.
Cela sonne comme un jugement : «
PREFECTURE DE L’
AVEYRON,
DREAL OCCITANIE,
Arrêté numéro 12-2018-06-18-001 du 18 juin 2018, Objet : déclarant
d’utilité publique les travaux de création d’un poste de transformation
électrique 400 000/225000 volts dénommé « sud aveyron » et déclarant
cessibles au profit de
RTE Réseau de transport
d’électricité les terrains nécessaires à la réalisation de ces travaux
et constatant l’urgence à prendre possession des biens expropriés »
Mais derrière les mots vides de l’administration, derrière ce langage
technocratique, que se cache t- il, sinon la « prise de possession »,
donc l’expropriation légalisée. Derrière cet arrêté glacial et les
petites mains gratte-papier qui l’ont produit, qu’y a t’il sinon ce
pouvoir global qui mesures après mesures, dispositifs après dispositifs,
chiffres après chiffres, s’est disséminé sur toute la surface du globe.
Qu’y a t’il sinon l’Economie et ses machines. Ses bulldozers, ses
flics, ses grenades. « urgence à prendre possession » : cela veut dire
détruire le hameau de l’Amassada, expulser de ses terres un camarade
paysan, excaver des milliers de mètres cube de gravas, transportés par
des centaines de camions pendant 6 mois, finir de tuer un village déjà
accablé par un transformateur et des lignes
THT de toute part, et cela pour quoi ? Pour construire un autre transformateur et d’autres lignes
THT… pour « évacuer » l’énergie des parcs éolien … pour relier un autre transfo à d’autres lignes
THT…
pour « acheminer » l’énergie vers les métropoles, les plateformes
logistiques, les data center, Frontex…. Prise de possession renouvelée.
Homogénéiser toute différence. Aplatir les singularités.
Que l’arrêté préfectoral ait été signé en amont par le ministre de la
transition énergétique Nicolas Hulot, ne change pas grand-chose au fait
que les politiciens ne sont ici que des « facilitateurs ». Simple
courroie de transmission de l’Economie. Ce n’est plus un secret pour
personne, le pouvoir d’aujourd’hui a la forme d’un immense réseau de
dispositifs technologiques. Des dispositifs qui gèrent des systèmes
auto-régulateurs, des architectures connectées. Tout un maillage de
technologies qui moulinent des environnements et les individus qui
circulent parmi ces environnements. Mais des individus réduits à des
électrons. Regardez le petit spot savoureux de
RTE :
Cliquez sur ce lien pour voir la vidéo
Cet usinage incessant, ce management intériorisé, devient ce qui est « naturel ». Comme le dit
RTE :
« comme l’influx nerveux contracte nos muscles, l’électricité qui
circule sur notre réseau fait vibrer l’économie ». Assurément le pouvoir
n’est plus là où on le croyait. A en croire
RTE,
finis les institutions, les partis, les grandes associations
syndicales, la famille, la nation... tous digérés dans la Mégamachine et
ses rouages industrieux. Cela a sans doute commencé dès le
XIX
e siècle et n’a cessé de s’accélérer jusqu’à aujourd’hui où le pouvoir a
été transféré du corps politique déliquescent vers le corps glorieux
des ingénieurs technocrates. Les mêmes qui, alliés des industriels,
banquiers, pouvaient prophétiser en 1866 « Nous avons enlacé le globe de
nos réseaux de fer, d’argent, d’or, de vapeur et d’électricité.
Répandez, propagez, par ces nouvelles voies dont vous êtes en partie les
créateurs et les maîtres, l’esprit de Dieu ».
[1]
Au regard de ceci, le plan managérial du macronisme tient clairement de
ce vieux fanatisme industriel de l’Organisation, augmenté à présent par
la puissance des calculs algorithmiques. Gouverner c’est « faire
fonctionner » la société et le monde comme une entreprise big data.
En éliminant au passage les incapables, ceux qui ne veulent pas
« prendre le train en marche »... Le reste n’est qu’une question de matière première, et d’énergie exploitable, n’est-ce pas !?
*
« La politique de l’avenir aura pour objet l’administration des
intérêts matériels de la société ; les hommes généraux de l’industrie,
les banquiers et les ingénieurs, seront alors des hommes politiques à
titre au moins égal à celui des raisonneurs, des réglementeurs. Nos
efforts doivent tendre dès aujourd’hui à leur révéler le caractère
politique qui est en eux et qu’ils ne sentent pas »
Michel Chevalier, Le Globe, 1831
*
Dans le corps de la Mégamachine réticulaire, un transformateur, hideux
en soi, doit apparaître, par son opérativité même, comme une pièce
centrale du pouvoir. Une machine parmi les machines. La modernisation
des lignes
THT, en fonction du marché mondial
de l’électricité, devient alors « une priorité nationale », non tant
pour la « solidarité énergétique entre les territoires » comme
RTE aime à le rappeler, mais bien pour
l’organisation purement technique du territoire.
Et ceux qui osent s’opposer à cette organisation seront qualifiés
« ennemis de l’intérieur ». Il faut savoir que la réalisation
cauchemardesque de la « troisième révolution industrielle », programmant
l’assimilation complète des réseaux (qu’ils soit informationnels ou
énergétiques) n’est pas l’avènement du « pouvoir horizontal » que nous
vend cet imbécile de Jeremy Rifkin, mais bien celui d’une
totalité hégémonique. Par le biais technologique des
smart grids ou « réseaux intelligents »
[2],
chaque être sera réduit à un faisceau de watt et de byte : un
capteur-transmetteur pour ce nouvel Ordre Décentralisé. Un Ordre
démultipliant ses technologies de pouvoir en un ensemble de machines
périphériques, mais qui toutes renvoient à la Même Totalité. Des
métropoles smart, des véhicules autonomes, la 5 G, le compteur Linky,
les google home, la dispersion des objets connectés, bref tout ce qui
fait la texture cybermanagériale de ce système. Mais un système qui
reste profondément colonial. Qui a besoin d’énergie, un besoin
monstrueux d’énergie et d’information. Un système dont l’appétit vorace
en mégawatt et en terabyte doit bien quelque part aller puiser son
carburant, qui doit bien en quelque lieu de cette Terre, venir excaver
les ressources qu’il dévorera. De là que se poursuit la folle avancée de
l’extractivisme mondial, toujours plus loin, toujours plus profond. Et
que Macron est prêt à tout, quitte à ouvrir des mines dans tous les
territoires français, pour extirper les précieux lanthanides, éléments capitaux à la « troisième révolution industrielle ».
*
« C’est en organisant l’espace aux fins d’un mouvement répétable, en le
vectorisant, en travaillant la matière pour qu’elle s’ouvre et réponde
aux appétits de la vie humaine que les comptoirs de la Hanse, le
commerce de la soie, l’influence de Venise, la conquête de l’Ouest
américain, la stratégie militaire occidentale… ont pu avoir lieu. A
l’extérieur des lignes du réseau règnent le vide, l’inconnu ou
l’hostile ; et même à l’intérieur du réseau, on peut sentir un effort
permanent pour empêcher le retour de l’inconnu, le jaillissement de
l’imprévu. Le réseau apparaît en premier lieu comme possibilité de
communication entre des points appartenant à des espaces hétérogènes. Le
réseau doit se frayer une voie à travers l’opacité du différent pour
établir un lien d’échanges entre des lieux étrangers l’un à l’autre. Le
réseau est un travail qui nie l’hétérogénéité originaire du monde :
voulant la réversibilité du mouvement et de l’échange, il est contraint
de se constituer comme espace continu tendant au Même, puisqu’il s’agit
d’y garantir la sûreté du mouvement. Aussi on modifiera le terrain
matériel et éventuellement le terrain social sur lesquels doit prospérer
le réseau, afin qu’ils ne présentent pas de risques pour l’usager
réticulé »Philippe Forget, Gilles Polycarpe, Le réseau et l’infini. Essai d’anthropologie philosophique et stratégique.
*
Par la validation politique du méga transfo
RTE,
il y a clairement la volonté d’accélérer un processus administratif
sans doute trop long aux yeux des industriels qui s’impatientent ainsi
de ne pas voir leur «
PROJET » se réaliser,
ralenti par ce qu’ils nomment en bloc tantôt la « contestation » tantôt
la « population locale ». Comme pour conjurer toutes différences, toutes
singularités, toutes amitiés qui font les êtres qui vivent sur ce
territoire. Là où il y a de la chair, des contacts, des liens, là où la
vie promet encore quelque solidarité de base, des rencontres, la fête,
bâtir et manger ensemble, ils n’y verront qu’abstraction. Sans doute
parce qu’il ne comprennent plus la vie. La vie qu’il ont contribué à
rendre si méconnaissable. A force de l’avoir mise en calcul. Et réduit
toute chose à du Management. Leur langage même suinte la Fonction. D’un
côté, ils entendent gérer la possibilité de constitution d’une «
ZAD »
de l’autre rassurer « une population mal informée ». C’est sans doute
pour cela que dès le départ l’existence même du projet a été cachée à
cette même « population »... Une « population » trop « rurale » qui
refuse « de se faire connecter » pour son propre bien... Indigne du
progrès qu’on vient lui offrir... Mais en fait, qui en voudrait de ce
progrès ? De ce progrès qui rend malade. Est-ce que ces chers experts de
l’enquête publique viendraient construire leur maison en-dessous des
lignes ? On ne vit pas sous ces câbles 24h/24 sans un jour ou l’autre en
subir les nuisances mortifères dans son corps. Maladies qui ne sont
jamais reconnues par les sbires de
RTE,
s’échappant, lorsqu’on les questionnent, par un odieux déni : « mais
enfin, les ondes électromagnétiques des lignes ne sont pas pires que
celles de votre four à micro ondes... » Et si les habitants de tous les
environs viennent résister à leur mauvaise farce d’enquête publique et
bien
RTE s’en passera de cette « population ».
C’est d’ailleurs pour ça que les enquêteurs ont cru bon en novembre
2017, et en parfaite collaboration avec la gendarmerie qui craignait des
« débordements »
[3], de se délocaliser à l’autre bout du département. D’autre part,
RTE
voyant que son enquête ne prenait pas et que le « registre numérique »
était inondé de bonnes blagues, d’insultes ou d’arguments qui
démontaient son projet, a rectifié le tir en faisant appel à toute une
clique de communicants, et d’entreprises de l’énergie (
EDF,
ENGIE,
EIFFAGE ENERGIE,
ENERIA,
CAP SUD,
EOSE INGENIERIE...)
pour venir poster leur position « très favorable au projet de
transformateur sud aveyron ». Positions qui se sont vues reprises en
intégralité dans le rapport final de l’enquête publique. On ne peut plus
avoir de doute sur qui tient les ficelles de ce genre de « procédure de
consultation » : invariablement les aménageurs et leur cohorte de sous fifres.
*
Mais on se tromperait en regardant ce pouvoir réticulaire sous le seul
angle de sa « grandeur ». Il n’y a pas un-seul-grand-réseau (qu’il soit
énergétique ou informatique), mais
un méga-réseau d’équipements miniaturisés.
Un méga réseau qui prend en charge toutes les tailles et toutes les
formes de maille. Ce ne sont plus les états, les collectivités, ou les
partis qui tiennent ces « équipements collectifs » mais bien un Réseau
de réseaux, une Mégamachine, qui est à la fois partout et nulle part.
Qui n’a plus la forme de l’usine des
Temps modernes, mais dont
les rouages à broyer les hommes sont devenus les normes elles-mêmes. La
fumée des cheminées a fait place à un brouillard d’ondes
électromagnétiques. Et la discipline ressemble de plus en plus à un
profilage généralisé. Chaque individu se convertit en capteur
cybernétique déterminé par ses comportements, ses appels téléphoniques,
ses consultations de sites, ses parcours
GPS,
sa consommation électrique. Regardez le Linky. Outre le fait de
bombarder à coup de Khz les habitats, en tant que capteur, il est
l’archange des
GAFA. C’est l’intercesseur par
lequel les entreprises viendront puiser directement à la source les
tonnes d’informations sur les « habitudes » de chacun. Ce qui a été
compris par pas mal de monde. De l’immeuble au plus petit hameau, des
voisins s’organisent a minima pour bloquer la pose des Linky par les
sous traitants d’Enedis.
*
« Non seulement le pouvoir capitaliste avec ses polices, ses armées, ses
administrations, s’exhibe à tous les coins de rue, s’immisce dans
toutes les séquences de la vie quotidienne, ne cesse de prétendre
aménager l’ensemble du territoire en super-équipement-goulag, mais, sous
une forme moléculaire, il s’infiltre partout, dans l’école, dans la
famille, dans l’inconscient. Pour pouvoir être partout à la fois il démultiplie son visage unique. » Guattari,
Equipements collectifs et assujetissement sémiotique, 1979.
*
La fonction retord des « réseaux intelligents » qui se mettent en place
aujourd’hui au nom de la « transition énergétique » tient à cette double
face : d’un côté le gigantisme des infrastructures (
THT,
transfo, centrales, câblage, data center) de l’autre leur
miniaturisation incessante. Faisant de chaque corps un producteur et un
relais de contrôle. Ce qui induit une « naturalisation » des équipements
technologiques, au quotidien, dans toutes les dimensions de l’espace et
du temps. Une naturalisation où il s’agit de lisser toutes les
contraintes matérielles comme de masquer le fonctionnement interne de
chaque objet au sein des réseaux. Plus une
appli
est « simple » et « intuitive », plus un objet est « designé », plus il
efface toutes les chaînes technologiques et normatives qui ont contribué
à le faire exister. Quelle trame logistique fait fonctionner ce petit objet qu’est Echo
d’Amazon, avec son assistant vocal intelligent Alexa qui « anticipe vos
besoins » ?
*
Les
smart constituent bel et bien une mise au pas des
comportements dans un chantage incessant à l’efficacité et à l’auto -
évaluation. L’idée même de transition, dont
RTE comme
EDF
propulsent la propagande à un niveau inégalé, comme son nouveau mantra
publicitaire pour légitimer les « réseaux de demain », cette idée
participe elle aussi à la
régulation des conduites au sein de la
Mégamachine. La transition n’est que le nom d’un nouveau dispositif qui
sélectionnera les bons et les mauvais « comportements énergétiques ».
Elle n’est aucunement le passage de la société fossile-nucléaire à la
société « bas carbone » mais la stricte perpétuation de l’état
nucléariste. Elle est la neutralisation des discontinuités du vivant,
l’effacement des brèches du temps, le
gommage de toute altérité. Un monde où les capteurs et les algorithmes constituent le
milieu, l’ambiance dans
laquelle navigue l’humanité « en transition ». Mais une humanité qui ne
répète que le plus vieux programme de l’inévitable Progrès, dans lequel
toute bifurcation sera évacuée en tant qu’ « hérétique ».
[4].
En bloquant une de ses infrastructures, par exemple la construction
d’un méga transfo, on libère de fait, non seulement un fragment
d’espace, mais aussi la possibilité d’une temporalité inédite, non
linéaire, non continue. Une temporalité nôtre qui échappe au réseau.
*
Un ami écrivait ceci dernièrement
« Les lieux habités n’existent qu’à conjurer la montée totalitaire
d’une manière univoque d’imposer un Monde, la dite « globalisation »
comme marchandisation guerrière, fondée sur la réduction de la
multiplicité des pratiques et des relations à une seule : l’équivaloir
général.
Rabattant toutes les activités charnelles sur le seul travail abstrait,
les désirs flamboyants sur le seul étalon de l’argent-roi, les fictions
fabulatoires sur le seul crédit monétaire.
C’est bien cela qu’il s’agit de penser : la fiction auto-immune de l’Un
comme capture de commun, du peuple. Et, corrélativement, la négation du
dispars irréductible, des attachements créateurs, des localités
vivantes : la conjuration préventive de toute possibilité de
communisation de l’expérience. »
*
Si les réseaux sont un champ de bataille c’est d’abord parce qu’ils
constituent des infrastructures de la dépossession. Leur temps est celui
Unique de l’organisation managériale du monde. Leur pouvoir
décentralisé une toile de capture. A la lecture de l’histoire, les
réseaux ne sont qu’une hypothèse mais sans cesse réactivée par les
pouvoirs en place, et ce en Occident depuis le
XIX
e siècle. C’est une hypothèse qui n’a cessé depuis de gagner en
légitimité opérationnelle. Mais son pouvoir tient sa puissance autant
par ses équipements imposés par la force que par les imaginaires qu’elle
a mis en place. Il faut se le dire, l’industrialisme a toujours été,
indistinctement, une machine de guerre et une religion ! Et
RTE
fonctionne parce qu’il déploie une « religion de l’interconnexion » où
la communauté abstraite des fidèles est composée des millions de
consommateurs et surtout de leur « foi » dans le réseau. On ne combat
pas une religion de la même manière qu’une armée de fantassins. Mais on
peut en profaner les principes actifs, en destituer les instances, et
rendre ses temples à l’usage commun, ou les laisser aux ronces...
L’hypothèse des réseaux est l’hypothèse d’un monde où les corps seraient
mis en contact par le seul intermédiaire de leurs appareils. Les
réseaux devenant les corps. Et les corps devenant les réseaux. C’est le
cauchemar qui s’annonce derrière les sourires glaçants des managers et
leur infâme « plateforme » qu’elle soit logistique ou sociale.
*
De notre côté, il s’agit de ne pas laisser cette hypothèse continuer
sa destruction planétaire. En se constituant en communes interreliées,
il s’agit bien de ne pas laisser les réseaux se faire les entremetteurs
hégémoniques de tout contact entre les corps. Mais de composer nos
propres lignes de passages, nos propres points de rencontre. D’élaborer
un réseau sûrement, non celui unifié renvoyant toujours à Lui-Même, mais
le réseau des vies-en-lutte, toujours singulières, toujours
hétérogènes. Quelque chose comme un tissu vital, une étoffe
existentielle tissée à même la Terre.
Nous n’accepterons pas de vivre tels des cyborgs dans une société de
cyborgs. Empêcher la totalisation machinique des vivants pourrait être
le point focal de toutes celles et ceux pour qui le monde ne se réduit
pas à une abstraction économique. Construisant toujours plus de liens
avec les autres luttes territoriales, comme à la
ZAD, comme à Bure, comme à Roybon, comme au sein d’autres contrées en lutte, faisons le pari de bâtir, le pari d’
HABITER. D’habiter ces lieux, précisément contre le bétonnage que
RTE leur réserve. Préférant y bricoler nos techniques que de se plier à leur Plan.
*
Rendez-vous dans les mois qui viennent à l’Amassada ! Et surtout pour
la quatrième fête du vent qui se tiendra, quoi qu’il arrive, le
20-21-22 septembre...
Pour tout contact et infos : amassada at riseup.net
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Rencontre avec Jean-Baptiste Vidalou autour d’Être Forets et de la lutte contre RTE et son monde
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[1] Pierre Musso,
La religion industrielle, Monastère, manufacture, usine, une généalogie de l’entreprise, 2017 et aussi sont intervention à TlmdlT.
[4] Il faut lire à ce sujet
Mauvais temps, anthropocène et numérisation du monde, qui vient de paraître aux éditions Dehors
Source : https://lundi.am/Les-reseaux-comme-champ-de-bataille