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samedi 6 juillet 2024

BEAUCOUP D’ABSTENTIONNISTES CONVAINCUS VONT INTERVENIR : UN RETOURNEMENT HISTORIQUE EST POSSIBLE

BEAUCOUP D’ABSTENTIONNISTES

 CONVAINCUS 

VONT INTERVENIR : 

UN RETOURNEMENT HISTORIQUE

 EST POSSIBLE


 27 juin 2024
 
 
👉 BEAUCOUP D’ABSTENTIONNISTES CONVAINCUS VONT INTERVENIR : UN RETOURNEMENT HISTORIQUE EST POSSIBLE
 
Nous, les inquantifiables, les « objecteurs de sondages », les invisibles, les innombrables, nous voilà tout à coup en mesure de faire basculer la crise politique actuelle en une série d’événements historiques :
 
1- empêcher l’extrême-droite d’arriver au pouvoir, alors qu’elle est annoncée victorieuse
 
2- enterrer la macronie
 
3- choisir pour interlocuteur le nouveau front populaire
 
4- lui permettre, grâce à une majorité suffisante, de stopper immédiatement les grands travaux inutiles et nuisibles et d’annuler les lois antisociales des gouvernements précédents
 
5- dès lors, ne surtout pas relâcher la pression, descendre dans la rue, viser la grève générale, des occupations et des assemblées un peu partout, pour décider ensemble de la suite et construire le rapport de force
 
6- supplanter la peur, libérer l’imaginaire social, susciter l’envie d’agir, de prendre nos vies en mains et ouvrir de nouvelles perspectives
 
Nous n’avons rien à craindre que la peur elle-même. Tout ce qui précède est à portée de mains. À condition de ne pas nous confiner dans une posture attentiste, têtue et stérile.
 
NE PAS ÊTRE ATTENTISTE
 
Habituellement, quand nous critiquons l’élection, c’est justement parce qu’elle correspond, selon nous, à une attitude attentiste de la part de ceux qui votent à l’égard de leurs élus qui, ensuite, font plus ou moins ce qu’ils veulent. C’est tout le contraire de la démocratie directe, de la recherche de consensus, de la décentralisation des lieux de décision au plus près de la réalité de la vie quotidienne et du principe d’horizontalité qui figurent parmi nos objectifs principaux pour organiser la société autrement.
 
Mais, exceptionnellement, ne pas intervenir alors que nous pouvons brusquement retourner la table serait une erreur. En laissant passer cet instant, c’est nous qui serions, à notre tour, dans une posture attentiste, face à la possibilité ratée d’un point de bascule.
 
Moi-même, je n’ai pas voté aux élections européennes, ni au premier tour ni au second tour, comme la plupart de mon entourage. Il y a trois semaines, je n’imaginais pas un seul instant que nous allions nous trouver dans la situation actuelle. D’ailleurs, personne dans l’hexagone ne disposait de ma procuration, alors que je suis encore en Grèce pour plusieurs semaines, notamment au sein des luttes et des initiatives solidaires autogérées, ainsi que pour des projections-débats dans plusieurs villes.
 
LA FOULE AU CONSULAT DE FRANCE À ATHÈNES
 
De passage à Athènes, j’ai décidé, pour la première fois de ma vie, d’aller au Consulat de France pour transmettre à quelqu’un le pouvoir de voter à ma place les 30 juin et 7 juillet. Maud a fait de même, tout comme Cyril et Nathalie qui sont encore avec nous, avec leur fourgon, et qui n’ont voté qu’une seule fois dans leur vie. Notre amie cinéaste libertaire Anne B. nous a rejoint, elle aussi, au Consulat de France à Athènes, pour effectuer la même procédure. Sur place, il y avait continuellement du monde. On parlait librement entre nous, on se comptait et le résultat le voici : nous étions tous venus pour faire exactement la même chose, c’est-à-dire empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir tout en virant la macronie. Certains d’entre nous portaient des tee-shirts et des badges évocateurs. Une femme brune silencieuse nous souriait avec un regard complice, arborant discrètement un badge avec un A cerclé sur son sac. Une autre avait un autoc 1312 parmi ceux collés sur le dossier cartonné entre ses mains. Puis, juste avant de quitter le consulat, un jeune spectateur de nos films est entré et nous a reconnus, vêtu d’un tee-shirt noir frappé d’une étoile rouge. Nous l’avions déjà croisé à Exarcheia. Il s’est approché de nous et s’est exclamé : « ça fait bizarre de se retrouver ici, mais ça fait plaisir aussi, car ça veut dire qu’il va se passer quelque chose ! ».
 
Oui, il va se passer quelque chose. Cela sera-t-il suffisant ? Difficile à dire. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y aura une surprise, un flot difficilement quantifiable, un bond imprévisible qui pourra aider à faire la différence. En discutant dans nos réseaux, nous ne comptons plus le nombre d’initiatives similaires, ici et ailleurs. En fait, pour faire vite, mieux vaut compter ceux qui n’envisagent pas, pour l’instant, d’intervenir ! Je vous avoue que je n’ai jamais vu ça par le passé !
 
Cette fois, ce ne sont pas seulement des anti-électoralistes qui ont fait le choix personnel d’intervenir, ce sont aussi des groupes anarchistes ou autonomes tout entiers, des collectifs antifascistes ou révolutionnaires résolus à ne pas laisser le RN arriver au pouvoir. Même l’Union Communiste Libertaire a appelé à voter. Idem pour le réseau Contre-Attaque, dont les textes diffusés ces jours-ci sont particulièrement intéressants, ainsi que Les soulèvements de la terre devenus pour la circonstance Soulèvement antifasciste, sous toutes les formes. On ne compte plus les collectifs qui montent au créneau, d’heure en heure, d’une façon ou d’une autre.
 
CERTAINS ANNONCENT LEUR DÉCISION D’INTERVENIR, D’AUTRES PRÉFÈRENT RESTER DISCRETS
 
D’autres collectifs et individus ont choisi le silence, mais n’en pensent pas moins, faisant le choix d’intervenir avec force, mais sans mettre des mots sur leurs actes à l’unisson. Certains en parlent et d’autres préfèrent ne pas le dire publiquement, mais, à ce que je vois, l’ampleur de cette participation est sans précédent.
 
Jusqu’ici, faire barrage à l’extrême-droite était une décision très problématique pour beaucoup de mes compagnons d’utopies. D’abord parce que le RN n’était pas aussi près de la victoire, mais aussi parce que l’autre bulletin de vote encore en lice était frappé du nom de Macron (aux Présidentielles de 2017 et 2022, après Chirac en 2002). Aux yeux de certains, il s’agissait d’un piège : le pouvoir se servait d’un épouvantail, en l’occurrence de sa variante la plus autoritaire et raciste, pour tenter de nous contraindre à le soutenir, à renier nos idées, à choisir la peste plutôt que le choléra.
 
Mais cette fois, les perspectives sont complètement différentes et le manipulateur en chef est sur le point de prendre son boomerang en pleine figure. Une nouvelle perspective est en train d’émerger, malgré les cris d’orfraie des animateurs télé dans les médias du pouvoir. Certes, cette perspective n’est pas aussi originale et radicale qu’on nous la présente, mais elle a le mérite de beaucoup de choses.
 
Le premier point, et non des moindres, est d’empêcher l’extrême-droite d’arriver au pouvoir, alors qu’elle est annoncée victorieuse pour la première fois : on sait d’avance les conséquences désastreuses et violentes d’une telle accession au pouvoir. Dire qu’on n’a « jamais essayé » relève soit de la méconnaissance de l’Histoire et de la géopolitique, soit de la mauvaise foi. Enterrer la macronie serait le deuxième effet immédiat. En choisissant pour interlocuteur le nouveau front populaire, cela permettrait, s’il a une majorité suffisante, de stopper immédiatement les grands travaux inutiles et nuisibles et d’annuler les lois antisociales des gouvernements précédents. Tout cela signifie déjà beaucoup de changements en quelques jours.
 
MAIS SURTOUT, NE PAS COMMETTRE L’ERREUR GRECQUE DE 2015 !
 
Ce n’est pas tout. Ce qu’il faut éviter à tout prix, c’est que les électeurs de la gauche française ne commettent pas la même erreur que leurs homologues grecs en 2015. Rappelez-vous : heureux de la victoire de Syriza aux législatives de janvier 2015, beaucoup des électeurs de Tsipras s’étaient contentés de suivre la suite des événements devant leur télé au lieu de descendre massivement dans la rue, à Athènes comme ailleurs. Ce n’est qu’au mois de juin, bien trop tardivement, que certains ont commencé à comprendre leur erreur fatale et ce qui allait arriver. Au final, le storytelling médiatique a tué dans l’œuf tout projet de rapport de force. La base sociale était restée endormie, comme chloroformée par les rêves illusoires d’un changement par le haut. Le réveil fut brutal pour beaucoup : un véritable choc, un coup de massue et, comme le résument très bien certains, il a fallu plusieurs années pour s’en remettre.
 
Le mouvement social grec aurait du se rappeler l’exemple des grèves de mai et juin 1936 en France, alors même que l’union de la gauche venait à peine d’être élue, coupant la route aux ligues fascistes qui rêvaient de reproduire l’ascension de Mussolini et d’Hitler. La mobilisation puissante dans tout l’hexagone avait réussi à construire un rapport de force historique pour exiger beaucoup plus que ce qu’il y avait dans le programme du Front Populaire (à commencer par les deux premières semaines congés payés qui ne figuraient pas dans le programme) et pour imposer ces changements importants à un capital paniqué par le durcissement imprévu de la situation. Dommage qu’en Grèce, cet exemple historique n’ait pas été un modèle ! Ou mieux encore : un tremplin vers la socialisation des moyens de production et d’autres changements audacieux.
 
Bref, les bulletins de vote, aussi nombreux soient-ils, ne feront pas tout. Si l’extrême droite et la macronie se retrouvent provisoirement dans les cordes, mais qu’il ne se passe rien ou pas grand chose dans les mois qui suivent, il est absolument certain que nos pires ennemis prendront facilement leur revanche, tant la déception sera grande dans la base sociale devant le maigre résultat.
 
LA SEULE FAÇON DE SORTIR DE L’IMPASSE
 
La seule façon de mettre à distance ces fantômes du vieux monde et de sortir de l’impasse, c’est de construire un vrai changement : profond, radical, joyeux et créatif. L’imaginaire social doit pouvoir s’émanciper et passer à l’action, partout. Nous devons sortir de notre position de spectateur de la fin du monde : basculer du spectacle mortifère à la réalité de la vie.
 
En face de nous : outre la classe dirigeante et ses valets, qui forme le gros des troupes ? Une masse de gens déconnectés de la réalité. Des villageois qui ont peur des immigrés dans des campagnes pourtant désertes, à force de regarder Cnews. Des crétins qui répètent autour d’eux les éructations nauséabondes de la bande à Hanouna ou qui s’abrutissent mutuellement devant des contenus TikTok à longueur de journée. Des groupies qui trouvent que Bardella est plus beau qu’un autre, sans jamais examiner ce qu’ils ont vraiment dans le crâne. Des trolls qui avalent et recrachent partout le confusionnisme sur les réseaux sociaux. Des habitants de lotissements qui ont peur de prendre des coups de couteau dans leurs petites villes dortoirs pourtant dépourvues de criminalité.
 
Ces gens, pour la plupart, vivent dans un monde irréel et sont nourris d’illusions mortifères.
 
Je ne dis pas qu’ils ne souffrent pas, pour certains, de la misère ou du déclassement. Mais s’ajoute à cette souffrance éventuelle, une dimension complètement factice, une opinion fabriquée, une attitude réactionnelle stimulée de la pire des manières par des apprenti-sorciers qui les éloignent de la réalité des problèmes et des solutions, c’est-à-dire de la réalité de la vie.
 
C’est cet amour de la vie qu’il faut massivement retrouver dans les temps qui viennent : cet amour de la différence, de l’égalité réelle, de la liberté d’autrui et de soi-même. Ce désir de vivre libre ensemble, de vivre vraiment, de vivre passionnément, en créant un autre futur, à l’inverse de la logique actuelle de la société autoritaire et mortifère. 
 
80 ans après le régime de Vichy, les maquis courageux et les combats antifascistes les armes à la main, ce n’est pas un petit bulletin de vote qui va me fouler le poignet ou me trahir vis-à-vis de mes compagnons anarchistes. Au contraire, il est à mes yeux impossible de ne pas intervenir dans une telle situation. C’est sans hésiter que je vais participer, avec beaucoup d’autres, à cette vague inquantifiable pour le nouveau front populaire qui, peut-être, permettra de faire la différence au soir du 7 juillet.
 
Et le lundi 8 juillet, quoi qu’il arrive, le pire ou le meilleur, la suite dans la rue.
 
Yannis Youlountas
 
(texte libre d’usage, comme toujours, pas besoin de demander si vous voulez le publier où bon vous semble)
 
 

jeudi 4 juillet 2024

Rassemblement intersyndical jeudi 4 juillet 18h devant la préfecture des PO à Perpignan

 

Rassemblement intersyndical 

jeudi 4 juillet 

18h devant la préfecture 

des PO


 Suite aux résultats du 1er tour aux élections législatives,

l'intersyndicale 66 appelle au rassemblement des forces de progrès

ce jeudi 4 juillet à 18h devant la préfecture des PO

pour battre le RN et gagner le progrès social.


mercredi 3 juillet 2024

Lettre aux amis (ou pas) qui ne votent pas comme moi

Lettre aux amis (ou pas) 

qui ne votent pas 

comme moi

 

 



 

 

2 juillet 2024

 


 

 « Réveillez-vous ! » Dans cet éditorial, le directeur de la rédaction Hervé Kempf lance une invitation large — aux vieux, aux cathos, à M. Jancovici... — à faire barrage à l’extrême droite.

L’équipe de Reporterre est jeune — 35 ans si on m’enlève du compte — et la plus grande partie de ses plus de 2 millions de visiteurs mensuels a aussi moins de 40 ans. Je crois qu’elles et ils savent très bien ce qu’il faut faire cette semaine et dimanche prochain au bureau de vote, et je ne vais pas les chapitrer.

Les vieux, réveillez-vous !

En revanche, du fait de caractéristiques personnelles dont la première est un âge certain, la gravité du moment me pousse à écrire à des personnes avec lesquelles je partage des traits communs, à commencer par le nombre des années : j’ai 67 ans, et suis ce qu’on appelle un vieux ! Donc, je parle aux vieux et aux vieilles. Eh bien, mes amis, il serait temps de se réveiller ! Allez-vous arrêter de voter à droite et à l’extrême droite et de tordre le nez devant le Nouveau Front populaire ? Nous sommes la génération qui a profité du système social mis en place par nos aînés de la Résistance, qui a assez bien vécu (oui, nous avons beaucoup travaillé, et alors ?), et maintenant, la grande majorité d’entre nous vote pour le parti d’extrême droite. Qui est hostile aux jeunes. Qui est climatosceptique alors que la question écologique est une des plus importantes que vont affronter nos enfants et nos petits-enfants. Qui veut toujours plus de police et d’autorité, alors que nos enfants et nos petits-enfants ont besoin de bienveillance et de soutien.

Vraiment, les vieilles et les vieux, arrêtez de vous laisser berner par tout ce que racontent les télés. Pensez aux jeunes, pensez à leur avenir. Alors votez contre l’extrême droite dimanche prochain. Vous êtes vieux dans votre corps, mais vous pouvez être jeune dans votre tête, et plein d’espérance, d’enthousiasme, de joie pour le nouveau monde qui peut naître si vous ne vous y opposez pas.

Oh, les Républicains, c’est fini les conneries ?

Dans les temps anciens, il y avait un type qui s’appelait de Gaulle. Plein de défauts, mais enfin, il a sauvé l’honneur, et de ce fait, la France. Quand tout s’avachissait autour de lui, il a lancé la Résistance. Quand le pays s’effondrait, il l’a remis debout, sans devenir despote. Et quand le peuple lui a dit, « C’est assez ! », il est parti. Pour l’anecdote, c’était aussi un homme de droite, mais qui avait la fibre sociale. Il a dit : « Le capitalisme, du point de vue de l’homme, n’offre pas de solution satisfaisante. »

https://x.com/pascalriche/status/1805168219876966402

https://x.com/pascalriche/status80516821m98769664

Pourquoi je vous en parle ? Parce que mon papa était gaulliste. Il a milité dans le parti gaulliste (l’UDR) qui, au long de multiples chambardements, est devenu Les Républicains. Incidemment, mon papa a résisté dans les maquis du Jura et son frère aîné a été assassiné par les nazis, au camp de Mauthausen. Alors, il y a une chose que de Gaulle et les gaullistes n’auraient jamais imaginée, c’est que des gens qui se réclament d’eux votent pour un parti issu des partisans de Pétain, de ceux qui ont bradé la France à l’hitlérisme, de ceux qui étaient antisémites. Jamais de Gaulle n’aurait accepté un tel vote.

Sans hésiter, il s’était uni avec des adversaires idéologiques, les communistes, quand on se battait pour l’essentiel, l’honneur du pays. Alors, Les Républicains, arrêtez vos conneries ! Pensez à votre histoire, à vos valeurs, à ce pourquoi vous vous êtes sans doute engagés, et votez contre le Rassemblement national, que le candidat soit La France insoumise ou pas.

Les catholiques, « Aimez-vous les uns les autres », c’est aussi le jour du vote

Croyez-moi, ça n’a pas toujours été facile pour moi d’être « catho » dans des milieux très athées, et parfois très anti-religieux. Et Dieu, de toute façon, c’est un truc compliqué. Mais mon attachement au sacré, à une dimension cosmique du monde, à l’Église — malgré tous ses défauts, et notamment son incroyable incapacité à sortir des scandales pédophiles, qui m’a mis en colère, comme tant d’autres — est toujours vivant. Alors, avec vous, ça devrait être simple. Le Pape François a toujours été clair : « Ouvrons la porte aux pauvres, ouvrons la porte aux faibles, ouvrons la porte aux étrangers. » Et son maître Jésus encore davantage : « Aimez-vous les uns les autres. » Dans un moment où tout peut basculer, il est clair que l’amour n’est pas du côté de celles et de ceux qui prêchent « l’autorité, la sécurité, la fermeture aux étrangers... ». Plus que jamais, mes frères et sœurs, votre sens moral doit vous guider dimanche.

Jean-Marc Jancovici, on prend position, maintenant !

Bon, Jean-Marc, on s’est bien castagnés. Vous m’avez attaqué, je vous ai assaisonné d’une enquête pas vraiment complaisante, et sur le nucléaire, on est aux antipodes, alors que nous savons tous les deux que c’est un sujet fondamental. À Reporterre, cependant, on n’a rien contre les Shifters, le mouvement que vous avez créé.

Aujourd’hui, il faut mettre nos égos de côté. Moi, je vous demande quelque chose, ce qui n’est pas si facile. Vous avez un grand prestige, vous représentez une vision forte, vous êtes un excellent vulgarisateur, et sur plein de points, vous avez raison. Alors c’est simple, Jean-Marc, aujourd’hui, votre parole aura du poids, et il est important qu’on l’entende : « En aucun cas une personne soucieuse du climat et de l’écologie ne peut voter Rassemblement national ni même lui donner une chance de parvenir au pouvoir, et j’appelle à lui faire barrage. » Je pense qu’au fond de vous-même, c’est votre ressenti. De l’exprimer, maintenant, sera un signe de grand courage, et qui vous grandira.

Source : https://reporterre.net/Lettre-aux-amis-ou-pas-qui-ne-votent-pas-comme-moi

lundi 1 juillet 2024

La chute ou la lutte !



 

La chute ou la lutte !

 

« Quand le peuple ne trouve pas d’issue dans l’espoir révolutionnaire, il trouve une issue dans le désespoir contre-révolutionnaire » . Voilà ce que disait un certain Léon Trotski. Et c’est ça qui est arrivé à beaucoup par ici : plus d’issue, plus d’horizon, foutu le futur. Inégalité, abandon, peur du déclin, vous connaissez tout ça.

Et le mépris surtout, ah, le mépris !

Et tu sais pourquoi tout ça ? Tu sais d’où ça vient ?

Longtemps la réponse c’était la faute des gros, des salauds de riches, de ces vaches de bourgeois, ce grand méchant capitalisme. C’est simple, c’est clair, t’as plus qu’à lutter « tous ensemble, tous ensemble ». C’est ça l’espoir révolutionnaire. Et parfois ça marche. Pas toujours, parfois ça plante. Tu te retrouves tout seul dans le dernier métro avec ton drapeau et tes poumons pleins de lacrymo. Mais parfois ça fait la Sécurité sociale, l’abolition de l’esclavage, le Droit à l’avortement, les droits civiques, les congés payés. Et tous nos bijoux de famille. C’est le moment de les ressortir et de les faire briller ces jours-ci. On a besoin de se prouver qu’on a pu. Ces fachos veulent nous faire croire qu’on peut pas. Mais on a pu et on pourra.

Voilà la réponse à la question, mais il y en a une autre.

Il arrive que le vent tourne et que la réponse change. « Pourquoi nos malheurs », tu demandes ? On te répond : « c’est la faute aux ritals, aux youpins, aux bougnouls. C’est la faute aux assistés, aux drogués, aux bonnes femmes, aux pédés ». Bien sûr on te le dit pas comme ça. On te la joue faux-cul. « C’est le problème du voile, le communautarisme, la guerre de civilisations, l’islamo-gauchisme ». Mais c’est la même haine, le même bouc émissaire qui porte les mêmes péchés du monde et qu’il faut égorger pour notre salut commun.

Et c’est qui qui répand tout ça ?

Des toutologues, des filousophes, des chargés de com’. C’est aussi des présidents, Chirac-le-bruit-et-l’odeur ou Macron avec son « immigrationisme » et son « changer de sexe en mairie ».

Et attention, on n’est pas raciste, hein.

C’est ça le désespoir contre-révolutionnaire. Pour Hannah Arendt il y a toujours du désespoir à la base du totalitarisme.

Et à la base du désespoir ?

Il y a quarante ans de politique néo-libérale, de délocalisations, de régions entières vidées de leur vie, de services publics démolis, un vrai « sociocide » dans des régions entières, des inégalités qui se creusent de plus en plus. Il y a aussi la résignation, l’indifférence, la désolation impuissante, le Moi-ma-gueule, le PCPE.

Et le mépris surtout, ah le mépris !

Il faut dire qu’il y aussi de l’eau dans le gaz entre la gauche et le monde ouvrier. C’est l’affaire Terra Nova qui remonte régulièrement à la surface depuis 2011. Le think tank Terra Nova lié au parti socialiste publie en mai 2011 une note en vue des élections de 2012 : « Gauche, quelle majorité électorale pour 2012 ? ».

La recommandation c’est qu’il faut viser un nouvel électorat urbain, avec des valeurs culturelles progressistes, des jeunes, des femmes, des diplômés et les minorités des quartiers populaires. Autrement dit, on laisse tomber cette classe ouvrière qui sent le pâté. C’est le divorce entre le bobo et le beauf avec son barbecue, son diesel, son Johnny, le genre pas trop déconstruit, qui vient grossir l’électorat « ouvrier » du RN.

« On a lâché le peuple ». C’est Ariane Mnouchkine qui dit ça, la géniale metteuse en scène du Théatre du Soleil, il y a quelques jours dans Libération. À son âge, 85 ans, le mot « collaboration » a tout son sens et elle se demande s’il faut continuer de faire du théâtre avec un pouvoir facho. Elle se pose des questions sur la gauche culturelle, la gauche hors-sol, éloignée du monde populaire.

Le mépris ! Ah le mépris !

« On a lâché le peuple, on n’a pas voulu écouter les peurs, les angoisses. Quand les gens disaient ce qu’ils voyaient, on leur disait qu’ils se trompaient, qu’ils ne voyaient pas ce qu’ils voyaient. Ce n’était qu’un sentiment trompeur, leur disait-on. Puis, comme ils insistaient, on leur a dit qu’ils étaient des imbéciles, puis, comme ils insistaient de plus belle, on les a traités de salauds. On a insulté un gros tiers de la France par manque d’imagination. L’imagination, c’est ce qui permet de se mettre à la place de l’Autre. Sans imagination, pas de compassion. (…)

Aujourd’hui, je ne suis pas certaine qu’une prise de parole collective des artistes soit utile ou productive. Une partie de nos concitoyens en ont marre de nous : marre de notre impuissance, de nos peurs, de notre narcissisme, de notre sectarisme, de nos dénis. J’en suis là. Une réflexion très sombre, incertaine et mouvante.

Heureusement, nous, nous avons le public, et moi, j’ai la troupe. Heureusement, mon dieu, que je les ai à mes côtés. Il y a de la bienveillance, de l’amour, de l’amitié, de l’estime, de la confiance. Avec ça, on résistera. »

(Libération, 12 juin 2024)

C’est peut être des troupes comme ça qu’il faut faire pour résister dans ces temps obscurs. Cette crise a soulevé le couvercle du panier de crabes de la Nupes. Affligeant. Mais, dans l’urgence, des accords et un programme ont été trouvés. Et puisqu’il s’agit du Front Populaire, il faut se souvenir que c’est le populo qui a gagné l’été 1936, le gouvernement a du suivre et obtempérer. C’est le populo qui a occupé les usines et qui a mis la pression sur le pouvoir et qui est allé voir la mer à bicyclette.

C’est une troupe comme ça, informelle, à l’échelle planétaire qui s’est battue durant des années pour la libération de Julian Assange. Et c’est pile au moment où « le taré à la tête du pays » ouvrait toute grande la porte du pouvoir aux fascistes du RN, qu’on apprenait la libération de Julian Assange au bout de 14 ans de lutte !

Fou de joie, son comité de défense envoyait partout dans le monde un communiqué finissant par : « Si nous avons réussi à libérer Assange, de quoi sommes-nous encore capables ? ».

Il nous faudra beaucoup moins de quatorze ans pour faire disparaitre cette sale tâche brune sur le cœur de la Patrie.

Daniel Mermet

P.-S.
Les médias jouent un rôle capital dans ce conflit. Le RN a pour but la privatisation de l’audiovisuel public. Il faudra faire tout pour les en empêcher. Quand on voit CNEWS ou BFM on voit le rôle qu’il donnerait aux médias. Pour vous, une première résistance c’est de soutenir et faire circuler les médias indépendants. Un exemple au hasard, LÀ-BAS ! Nous avons mis la plupart des articles en accès libre pour cette période. Faites circuler. Et vite abonnez-vous, réabonnez-vous. Et si vous voulez que quelqu’un pense à vous toute l’année et même toute la vie, offrez-lui un abonnement à Là-bas. Regardez les tarifs d’abonnement et vous comprendrez pourquoi tout le monde en offre à tout le monde.

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Chants de bataille #36 : « Comme ils disent »

À quelques jours de la Marche des fiertés parisienne, qui aura lieu samedi, Olivier Besancenot revient sur la chanson « Comme ils disent », de Charles Aznavour : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/chants-de-bataille-36-comme-ils-disent

Éduquer ou réprimer ?

Gabriel Attal a choisi. Invité de Laurence Ferrari sur les antennes du groupe Bolloré ce lundi 24 juin, il déclarait : « les très courtes peines d’isolement à la première incartade – même quand c’est quelque chose que certains pourraient qualifier de léger –, je pense que c’est beaucoup plus efficace, y compris en termes éducatifs pour les jeunes ». Pourquoi une justice efficace doit-elle distinguer les mineurs des justiciables adultes ? Réponses avec Françoise Dumont, présidente d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, que recevait Laurence De Cock dans « Si j’aurais su » : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/eduquer-ou-reprimer-gabriel-attal-a-choisi

« Avec ma tête d’arabe, est-ce que je devrai longer les murs ? »

« – Probablement ».
La question, c’est Dillah qui la pose. La réponse, c’est un capitaine de police qui la donne. C’est pas un sketch. C’est pas un film. Un entretien avec ce gradé en fonction, Stéphane Lemercier, chargé de cours à la Faculté de Droit de Montpellier, spécialiste du racisme dans la police : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/avec-ma-tete-d-arabe-est-ce-que-je-devrai-longer-les-murs

Gérard Mordillat fait profiter Macron de ses conseils à la veille des élections

Pour piloter la France, Macron va foncer : ni extrême droite, ni extrême gauche, mais tout droit dans le mur en klaxonnant ! Ce qui suscite chez Gérard Mordillat quelques réflexions : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/gerard-mordillat-fait-profiter-macron-de-ses-conseils-a-la-veille-des-elections

Préférence Nationale : cette vieille recette facho, un sujet urgent

« Il y a toujours un groupe qui symbolise le rejet en fonction de la conjoncture du moment », dit l’historien Gérard Noiriel. Pour ça, il suffit de mobiliser les émotions, prendre un fait-divers et généraliser pour dénoncer un groupe qui va faire bouc émissaire. Cette stratégie permet surtout de détourner la colère du plan social et économique vers le plan racial, ce qui va diviser et anéantir les luttes possibles. Il est urgent de démonter le système de cet apartheid dont les électeurs du RN sont souvent eux-mêmes les premières victimes : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/preference-nationale-cette-vieille-recette-facho-un-sujet-urgent

« Va à la niche » ! C’est raciste ou pas ?

Racisme ordinaire ou « expression populaire de gens qui se détestent » ? Cette semaine Dillah vous propose un petit test : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/va-a-la-niche-c-est-raciste-ou-pas

 
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