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mercredi 5 janvier 2022

(2) Une maternité plus « naturelle »... mais mamans sous pression

 

Une maternité plus « naturelle »... 

mais mamans sous pression

 

26 juin 2021

 


 

 Et si le « maternage proximal » devenait une nouvelle norme ? Les mères adeptes de l’allaitement tardif, du cododo, du portage... subissent parfois une pression pour être parfaites et peuvent pâtir d’un manque de repos et d’aide. L’espoir : la « mobilisation de femmes féministes mères ».

 

[2/2 Maternage proximal] L’allaitement long à la demande, le « cododo » et le portage font de plus en plus d’adeptes chez les jeunes parents, notamment dans les milieux écologistes. Reporterre s’intéresse aux origines de ces pratiques, à leurs avantages et leurs limites. 

Le premier volet de l’enquête est ici : https://lemurparle.blogspot.com/2021/12/1-allaitement-prolonge-et-cododo-une.html

 Et aussi ici.



Tout n’est pas rose layette ou rouge révolutionnaire dans le « maternage proximal ». Les difficultés sont réelles, avec, dans de nombreuses situations, une charge mentale supplémentaire pour les mères « maternantes ». Julie, rédactrice à Paris et mère d’une petite Lila de bientôt quinze mois, l’a constaté depuis la naissance de sa fille : « Je suis membre d’un groupe de discussion de mamans qui ont toutes accouché le 17 mars 2020 et avec qui j’échange quasiment tous les jours, raconte-t-elle. Régulièrement, mon mec et ceux de mes amies nous demandent des nouvelles de ce groupe. Mais il ne leur viendrait pas à l’idée d’en faire autant ! » En matière de maternage et plus largement d’éducation, même si les pères adhèrent et soutiennent la démarche, ce sont quasiment toujours les mères qui questionnent et cherchent l’information, constate Julie. Les chiffres ne la démentent pas : d’après une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue en 2015, les femmes effectuaient en 2010 la majorité des tâches ménagères et parentales — respectivement 71 % et 65 % [1].

Pire, le maternage proximal pourrait être le cheval de Troie d’un modèle familial traditionnel voire réactionnaire. « Mon ancien chef et sa femme étaient à fond dans ce modèle parental et tout le reste : elle a accouché à la maison, ils ont gardé le placenta, etc., se souvient Éléonore [2]. Par ailleurs, c’était un couple “à l’ancienne” : lui travaillait, elle restait à la maison s’occuper des enfants. J’avais l’impression que le maternage leur servait à justifier ce modèle. » « Il y a un milieu où les femmes sont revenues à des valeurs traditionnelles qu’elles essaient de valoriser sur les réseaux sociaux, en disant “Regardez tout le mal que je me donne pour les miens”, enchérit Doriane. Face au manque de reconnaissance de la société, des femmes ont fait de l’allaitement et du cododo [3] leur combat dans lequel elles arrivent à tenir parce qu’elles s’autocongratulent et se félicitent entre elles. »

Le danger : que le maternage devienne une nouvelle norme

Par ailleurs, la pression peut devenir forte pour « perfectionner » son maternage proximal. Dans le podcast Le Tourbillon, la sociologue Illana Weizman, autrice de Ceci est notre post-partum (Marabout, 2021) se confie : « Avant même la naissance de mon fils, j’étais déjà rentrée dans un fantasme de la mère que je serai. J’ai commencé à suivre des dizaines de groupes sur Facebook d’allaitement longue durée, maternage proximal, etc. […] J’ai allaité exclusivement pendant huit mois. Les trois derniers mois, je n’ai pas aimé ça, mais je me suis forcée en me disant que c’était bien. Ça a été hyper délétère. »

 

La militante féministe Illana Weizman a lancé le hashtag #MonPostPartum en février 2020 sur son profil Instagram. Instagram Illana Weizman

 

Ce témoignage n’étonne qu’à moitié la spécialiste du burn out parental Isabelle Roskam : « Une croyance très forte s’est développée ces dernières années, selon laquelle tout ce qui arrive aux enfants est provoqué par les parents. C’est ainsi que des mères arrivent dans mon cabinet en m’expliquant que si leur enfant de huit ans ne dort pas bien, c’est qu’elles ont traversé un baby blues quand il avait trois mois. »

Dans ce contexte, le danger serait que le maternage devienne une nouvelle norme, alerte Maya-Merida Paltineau en conclusion de sa thèse sur le maternage proximal, soutenue en 2016. Certaines mères ont fait les frais de ces injonctions, comme Vanessa : « Quand Ellie a eu un an, j’ai commencé à ne plus avoir envie de l’allaiter. J’ai été choquée quand une amie de mon compagnon, adepte du maternage proximal, m’a affirmé que j’allais la traumatiser en lui imposant le sevrage. » Ce contrôle social et ce manque de solidarité ulcèrent Mathilde Blézat, coautrice de la réédition du manuel Notre corps, nous-mêmes (Hors d’atteinte, 2020) : « Je n’aime pas laisser pleurer et je ne le fais pas. Par contre, je trouve horrible le discours qui consiste à dire que laisser pleurer détruit le cerveau des bébés. Les femmes prennent déjà en charge le travail de care [soit l’attention et le soin port à autrui] dans le monde entier, et on leur en rajoute encore. Si ça fait cinq nuits que je ne dors pas, que j’ai attrapé la maladie de mon enfant, en quoi ça m’aide de me dire ça ? »

Si le maternage proximal n’est pas la source de tous les maux maternels, il pourrait exacerber les difficultés du post-partum — fatigue, solitude, angoisse. Le fait que le maternage proximal s’est développé récemment a par exemple creusé le fossé générationnel. « Dans ma famille, je crois qu’on ne comprend pas trop que j’allaite aussi longtemps, raconte Mathilde Blézat. J’ai eu droit à de lourds silences voire à des réflexions comme quoi j’étais une esclave, une vache laitière, etc. »

Seuls sept jours de congé paternité désormais obligatoires

Les médecins, pédiatres et autres spécialistes ne sont pas toujours d’un grand secours. Au-delà des remarques désobligeantes, il est parfois difficile pour les mères de trouver des informations fiables auprès des professionnels de santé. « On met une grosse pression aux mères sur l’allaitement mais sans réel accompagnement, se plaint Vanessa. Les soignants ne sont pas formés. Une amie pédiatre m’a dit qu’elle avait dû apprendre seule parce qu’elle n’avait pas reçu un seul cours à ce sujet. »

Le temps manque aussi pour prendre soin de soi et de son enfant et materner dans de bonnes conditions. En France, le congé maternité dure seize semaines — six semaines avant la naissance, dix semaines ensuite. Il est bien possible d’y accoler un congé parental d’un an maximum renouvelable une fois, mais rémunéré seulement 398 euros par mois. Quid du congé paternité ? La commission d’experts des 1 000 premiers jours de l’enfant recommande de le porter à neuf semaines [4]. Sa durée sera finalement portée de 11 à 28 jours au 1er juillet, mais avec seulement sept jours obligatoires.

« Face au manque de reconnaissance de la société, des femmes ont fait de l’allaitement et du cododo leur combat dans lequel elles arrivent à tenir parce qu’elles se félicitent entre elles. » Flickr/CC BY 2.0/David D

« C’est ridicule, dit Julia. Il faut voir aussi le temps que prennent les démarches : j’ai reçu mes indemnités journalières de congé maternité trois mois après, celles de mon congé parental cinq mois après. » En bref, pour Daliborka Milovanovic, militante du maternage proximal et directrice de la maison d’édition Le Hêtre Myriadis, éditeur de l’écoparentalité et de l’écologie des relations, la société « n’a aucune considération pour le maternage et l’élevage des enfants. Rien n’est adapté pour ça. Dans ce contexte, c’est terrible d’être réveillée dix fois par nuit par son enfant ».

Résultat, chez certaines mères, la fatigue s’accumule et le moral dégringole. « La fatigue est immense, constate Soleyne. L’allaitement m’a mise sur les rotules et j’ai du mal à lâcher prise avec mon fils. Un an après sa naissance, j’ai totalement touché le fond. J’ai cru que notre couple allait exploser en vol. » « Comment ne pas être épuisée à suivre toutes ces pratiques alors que les trois quarts du temps la femme est seule ? se désole Vanessa. Le papa au travail, la famille dispersée aux quatre coins de France voire à l’étranger, les amies pas là non plus. Je trouve ça bien lourd à porter pour des épaules qui viennent de vivre une gestation et un accouchement. » Pour Mathilde Blézat, le suivi médical n’est pas à la hauteur des enjeux : « Pendant la grossesse, les femmes sont très suivies, de manière très infantilisante. Puis, après la naissance, elles n’existent plus. Autour de moi, toutes les mères se plaignent d’avoir mal au dos et d’être fatiguées. Et les généralistes répondent que c’est normal. »

L’enjeu est pourtant de taille. Isabelle Roskam et son équipe ont mené des études de prévalence du burn out parental dans quarante-deux pays. Les résultats sont accablants : « Dans les pays occidentaux on atteint des taux de burn out qui vont de 5 à 8 %. C’est énorme. En France, ça fait 900 000 parents en souffrance. Il faut faire quelque chose, surtout que quand on est en burn-out parental, on en vient à négliger et à violenter ses enfants. » Ou à se violenter soi-même : la première cause de mortalité des femmes l’année qui suit la naissance de leur enfant est le suicide, et ce risque est soixante-dix fois plus élevé cette année-là qu’à n’importe quel autre moment de leur vie [5].

Refaire du soin aux enfants une responsabilité collective

Pour surmonter ces difficultés et injonctions contradictoires, des pistes se dessinent. Tout d’abord, se laisser le choix de la manière dont on éduque son enfant et ainsi faire baisser la pression. « On n’est pas obligée d’adopter tout le paquet accouchement physiologique, puis maternage proximal, puis éducation bienveillante, puis instruction en famille, rappelle Mathilde Blézat. J’ai allaité mes filles, mais elles ont commencé à manger des purées dès quatre mois. »

Continuer à libérer la parole autour des questions de maternité, ensuite. Plus que les réseaux sociaux, ce sont les groupes de parole physiques qui s’avèrent les plus émancipateurs, soutient Daliborka Milovanovic. Elle a importé le concept des tentes rouges, ces groupes de paroles en non-mixité où les femmes se racontent leur histoire : « On sait très bien que la femme tatouée et magnifique en train d’allaiter son bébé sur un post Facebook, ce sont des conneries ; et que même quand elle raconte sa nuit difficile, elle le fait de manière poétisée. Alors que nous, on est avec notre réalité crue, notre corps qui souffre. Ce qui aide, c’est une réunion où les femmes se rencontrent, se disent ce qui ne va pas et se mettent à chialer. »

 

Lisa, mère lesbienne, vit en colocation à Bagnolet (Île-de-France) avec son fils. © E.B/Reporterre

Une autre piste serait de refaire du soin aux enfants une responsabilité collective, quitte à expérimenter d’autres organisations sociales que la famille nucléaire. Lorène, elle, a opté pour la colocation. « Ce qui fait sens pour moi, ce n’est pas d’être un couple avec un bébé mais un collectif. Mes parents sont à dix minutes et j’ai envie qu’ils soient impliqués dans la mesure de ce qu’ils souhaitent, mes amis aussi. L’idée de la théorie de l’attachement est qu’il ne faut pas multiplier les référents extérieurs. Mais si la parentalité doit reposer sur le couple et surtout sur la mère, c’est intenable. »

Mathilde Blézat est optimiste : « Ce qui me touche, c’est la mobilisation de femmes féministes mères. » Elle cite pêle-mêle Illana Weizman, Fatima Ouassak et son livre La puissance des mères (La Découverte, 2020), le média Milf, le collectif Parents et féministes, et « toutes les mères lesbiennes que j’ai autour de moi ». La journaliste indépendante défend un « féminisme axé sur les choix, le fait de ne pas se juger les unes les autres, qui a une analyse politique de la société. Un féminisme qui repense les parentalités – racisée et mère, transparentalité, homoparentalité — et correspond à un modèle ni tout-productiviste – la femme émancipée parce qu’elle produit et consomme pour l’industrie —, ni d’exaltation de la mère au foyer parfaite, épanouie. Quand ma première fille est née, les mères n’existaient pas dans les mouvements féministes. Je suis très contente que ce soit un nouveau sujet politique. »

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C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.

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Notes

[1Pour ce qui concerne le temps parental, il est passé de 22 à 41 minutes par jour chez les hommes entre 1985 et 2010 — dates des deux grandes enquêtes réalisées par l’Insee —, et de 82 à 95 minutes chez les femmes.

[2Le prénom a été changé.

[3Le fait de partager une chambre et/ou un lit avec son enfant.

[4Selon son rapport rendu en septembre 2020.

[5« Blues ou dépression après l’accouchement, des conséquences trop souvent négligées », communiqué de presse du Conseil national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), 5 mars 2019.

Précisions

Source : Émilie Massemin pour Reporterre

Photos :
. Lisa, mère lesbienne, vit en colocation à Bagnolet (Île-de-France) avec son fils. © E.B/Reporterre
. Femme qui allaite. Flickr/CC BY 2.0/David D
. La militante féministe Illana Weizman a lancé le hashtag #MonPostPartum en février 2020 sur son profil Instagram.

Dessin : © Étienne Gendrin/Reporterre

 

Source : https://reporterre.net/Une-maternite-plus-naturelle-mais-mamans-sous-pression?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne&utm_campaign=20211229%20quotidienne&utm_medium=email&utm_source=emailing

mardi 4 janvier 2022

Pourquoi le réchauffement climatique et l’énergie nucléaire ne font pas bon ménage?


Pourquoi 

le réchauffement climatique 

et l’énergie nucléaire 

ne font pas bon ménage ?

 

 
© Isopix

Lorsque l’on parle de l’énergie nucléaire et de l’évolution du climat, c’est généralement dans un certain contexte : elle peut nous fournir suffisamment d’énergie en remplacement des combustibles fossiles. Et sur le plan de la productivité, les centrales atomiques ont leur mot à dire. Mais l’énergie nucléaire n’est certainement pas le pari le plus sûr pour l’avenir. L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de cette industrie.

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. De plus, les centrales sont peu émettrices de CO2. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui les sapent.

La grande majorité des centrales nucléaires en activité aujourd’hui ont été mises en service bien avant que la science du changement climatique ne soit bien établie. Deux centrales nucléaires sur cinq se trouvent sur la côte, et au moins 100 ont été construites à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. L’énergie nucléaire est littéralement en première ligne du changement climatique – et pas dans le bon sens.

Des données scientifiques récentes indiquent que le niveau mondial des mers augmentera davantage et plus rapidement que ne le laissaient supposer les prédictions précédentes. Dans les décennies à venir, alors que les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents et plus destructeurs, les vents forts et la faible pression atmosphérique provoqueront des ondes de tempête plus importantes qui pourraient menacer les installations côtières.

Environ 516 millions de personnes se trouvent dans un rayon de 80 km autour d’une centrale nucléaire en service

Les centrales nucléaires doivent puiser dans de grandes sources d’eau pour refroidir leurs réacteurs, c’est pourquoi elles sont souvent construites près de la mer. Celles situées plus à l’intérieur des terres seront confrontées aux mêmes problèmes d’inondation dans un monde qui se réchauffe. Et les sécheresses et les incendies de forêt de plus en plus graves ne font qu’accroître la menace.

L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de l’industrie nucléaire. Au Moyen-Orient, par exemple, l’eau de mer devient trop chaude pour refroidir correctement les réacteurs nucléaires. En France et aux États-Unis, les rivières se sont tellement asséchées que les centrales nucléaires ont dû être fermées à des moments où leur puissance était nécessaire de toute urgence.

Dans le monde, environ 516 millions de personnes vivent dans un rayon de 80 kilomètres autour d’une centrale nucléaire en activité et 20 millions de personnes vivent dans un rayon de 16 kilomètres. Ces personnes sont confrontées aux risques pour la santé et la sécurité de tout futur accident nucléaire. Les efforts visant à construire des installations capables de résister au changement climatique augmenteront considérablement les coûts déjà importants liés à la construction, à l’exploitation et au démantèlement des centrales nucléaires, sans parler des déchets radioactifs.

60% de la capacité nucléaire est menacée par l’élévation du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui la sapent. Les inondations, sécheresses et tempêtes extrêmes, autrefois rares, deviennent de plus en plus fréquentes, rendant de plus en plus obsolètes les mesures de protection prises par l’industrie, élaborées à une époque antérieure.

Les risques climatiques pour les centrales nucléaires ne seront ni linéaires ni prévisibles. L’élévation du niveau des mers, les tempêtes et les fortes précipitations affectant les défenses des eaux côtières et intérieures, les barrières naturelles et artificielles atteindront leurs limites.

La Commission de réglementation nucléaire américaine a déjà conclu que la grande majorité de ses sites nucléaires n’ont jamais été conçus pour résister aux effets climatiques futurs auxquels ils seront confrontés, et beaucoup ont déjà subi des inondations.

Un récent rapport de l’US Army War College indique également que les centrales nucléaires risquent fort d’être fermées temporairement ou définitivement en raison des menaces climatiques. En effet, 60% de la capacité nucléaire américaine est menacée par l’élévation future du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement. Il n’existe pas encore d’analyse de ce type pour l’Europe.

Lire aussi :


Source : https://fr.newsmonkey.be/pourquoi-le-rechauffement-climatique-et-lenergie-nucleaire-ne-font-pas-4355/

lundi 3 janvier 2022

Première Lettre d'infoOo 2022 youuhouu :) de l'Alchimie, lieu culturel associatif de Prades 66500


Première Lettre d'infoOo 2022 

youuhouu :)



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Et boooOoonne année à tous !

On espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes, que vous avez bien profitez, bien mangez, bien bu et bien dansez :)

On est heureux de vous retrouver pour une nouvelle année pleine d'aventures !

C'est reparti pour un tour !

LUNDI

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Pour cette nouvelle année, on retrouvera beaucoup d'ateliers déjà existants, mais on en accueillera aussi de nouveaux au cours de l'année !

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MARDI

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La restauration ré ouvre !

Fini la période où on se frigorifie dehors, pour la rentrée, on se met au chaud ! Pour boire une boisson chaude ou un bon repas à l'intérieur yeah !

De 9h à 15h

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MERCREDI

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JEUDI

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SAMEDI

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Et le samedi,

c'est GLUTEN

 FREE

De 9h à 15h

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Au plaisir de vous revoir !

Mona pour l'Alchimie

contact@assoalchimie.org

Par SMS au 07.83.36.77.31

Copyright © 2022 l'Alchimie
3 Rue de l'Hospice, 66500 Prades, France

dimanche 2 janvier 2022

Meilleurs voeux 2022 ! de l'Atelier de l'Entonnoir à Prades, 66500

 

Salut à vous chèr.e.s adhérent.e.s !

Bonne année, santé, multipliez les ateliers et les occasions de danser et chanter !

L'équipe de l'atelier de l'entonnoir vous attend avec impatience, vous remercie pour votre amitié et vous invite à la rejoindre que ce soit pour être bénévole ou pour proposer des ateliers, évènements,  idées !

Mardi 4 janvier

 

Atelier reconnaissance de plantes !

Mercredi 5 janvier       l'AMAP reprend, il reste des places ! 12€50 le panier hebdomadaire, contactez Julie

Samedi 8 janvier    Atelier DIY, faire son shampoing solide!

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Pour notre plaisir à tou.te.s, contribuez,

petits et grands, au futur tee shirt de votre asso !

Appel à dessins

Et si la 2D, ça vous parle pas, laissez-nous un message sur le

Répondeur sur le thème de l'HOSPITALITE

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Pour toute proposition d'atelier, veuillez contacter

Pascale et Petit Jean au 06 35 39 34 31

 

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samedi 1 janvier 2022

Serge Klarsfeld : « Éric Zemmour promeut des thèses bestiales. Comme les nazis »

 

Serge Klarsfeld : 

« Éric Zemmour promeut 

des thèses bestiales. 

Comme les nazis »

Le

 

Macron joue avec le feu. Laisser gonfler des adversaires fachos et se présenter comme le bouclier contre le pire. C’est une combine éprouvée, mais qui nous dit que ça va encore marcher cette fois-ci ? On se rassure, on regarde ailleurs, on change de sujet. Pas tout le monde. Dans L’Humanité de ce jour, Serge Klarsfeld s’insurge contre Zemmour, son négationnisme et son grand remplacement : « à l’entendre, il faudrait se débarrasser des musulmans. Mais les nazis disaient pareil des juifs, sans préciser comment. Et nous avons eu les chambres à gaz… Comment Zemmour compte-t-il se débarrasser des musulmans ? Une fois arrivée au pouvoir, l’extrême droite a toujours mis ses menaces à exécution… ».

Nous reprenons cet entretien d’Aurélien Soucheyre avec Serge Klarsfeld, historien et fondateur de l’association Fils et Filles de déportés juifs de France (FFDJF).

Là-bas

 

 

L’Humanité, mardi 28 décembre 2021

Vous avez combattu le négationnisme et le révisionnisme toute votre vie. Que ressentez-vous quand un candidat à la présidentielle comme Éric Zemmour est donné si haut dans les sondages alors qu’il fait preuve de révisionnisme au sujet de Pétain ?

SERGE KLARSFELD. Je trouve cela dégoûtant. Répugnant. Je ne m’y habituerai jamais, quand bien même le négationnisme et le révisionnisme n’ont jamais cessé. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des gens comme Maurice Bardèche ont tout de suite nié le génocide des juifs et les chambres à gaz. Puis le négationnisme est réapparu à la fin des années 1970 avec Robert Faurisson, qui disait réfuter la « thèse » des chambres à gaz, comme s’il y avait deux « thèses » équivalentes, alors qu’il n’y a pas d’équivalence entre la réalité et la négation. Je n’ai pour ma part jamais cessé de combattre les négationnistes et les révisionnistes, qu’il s’agisse d’antisémites ou bien qu’il s’agisse, comme avec Éric Zemmour, de personnes d’origine juive qui reprennent le discours de l’extrême droite traditionnelle.

Que visent les négationnistes et les révisionnistes ? À nier et déformer les faits pour tenter de réhabiliter le nazisme et le pétainisme ?

SERGE KLARSFELD. Il y a dans le noyau dur de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, une partie favorable à une réhabilitation d’Hitler qui met en avant la réelle lutte anticommuniste et la prétendue défense de la civilisation occidentale menées par le régime nazi. Ils vont parfois jusqu’à reprendre les thèmes de la propagande hitlérienne de l’époque. En France, c’est différent. Ce sont les partisans de Pétain qui n’ont jamais cessé de défendre Vichy. Il y a toujours eu des publications de gens engagés dans le pétainisme, puis de leurs héritiers, pour ressortir les mêmes faux arguments selon lesquels Pétain était le « bouclier » et de Gaulle le « glaive », face aux Allemands. C’est évidemment faux et aucun parallèle ne peut être tracé entre eux deux, entre le chef de la collaboration et le chef de la Résistance. Aujourd’hui, Éric Zemmour reprend cette « analyse » totalement infondée.

Éric Zemmour assure également que Vichy et Pétain ont « sauvé les juifs français »…

SERGE KLARSFELD. Pétain n’a pas du tout sauvé les juifs français tout simplement parce que 24 000 juifs français ont été déportés, soit environ un tiers des juifs envoyés vers la mort depuis la France. Vichy a persécuté les juifs français comme il a persécuté les juifs étrangers, notamment avec le statut des juifs. Il y avait à Vichy un antisémitisme d’exclusion, de dépossession et d’aryanisation des biens des juifs. Il faut aussi savoir que 7 000 juifs furent dénaturalisés, ce qui a facilité leur déportation. Ce qui est exact, et c’est sur quoi s’appuie Éric Zemmour, c’est que Vichy a placé les juifs français après les juifs étrangers dans l’ordre de déportation. Mais dans un premier temps seulement. Cela n’a pas du tout empêché la déportation de 6 000 enfants juifs français dont les parents étaient étrangers. Et, dans un second temps, cela n’a pas non plus empêché la déportation de juifs français adultes. En cas de victoire allemande, l’ensemble des juifs français auraient été déportés. Le régime de Vichy est, à jamais, coupable d’avoir accepté de coopérer à l’arrestation des juifs quelle que soit leur nationalité. Vichy a pleinement participé à la mise en place de la « solution finale » en France. Et on ne pourra jamais effacer de l’histoire le fait que la grande majorité des juifs déportés ont été arrêtés par des uniformes français.

Comment expliquez-vous que le révisionnisme de Zemmour ne soit pas disqualifiant aux yeux des électeurs ?

SERGE KLARSFELD. Hélas, il existe des électeurs antisémites, des électeurs xénophobes et des électeurs d’extrême droite. Et, enfin, des électeurs qui méconnaissent l’Histoire et qui, depuis longtemps, n’ont pas connu les horreurs de la haine et de la guerre. Les démagogues ont du talent, mais leurs idées n’en ont pas beaucoup. Quand leur démagogie redevient efficace, quand ils peuvent à nouveau désigner des boucs émissaires, quand les pulsions de violence reviennent, c’est souvent à la suite d’un délitement citoyen et une perte de sens républicain. C’est aussi l’échec des démocrates et des discours langue de bois des politiques traditionnelles… Il y a pourtant un très grand danger : l’extrême droite ne ramène jamais aucun « passé glorieux ». Elle amène toujours de grandes catastrophes et de grandes souffrances. Éric Zemmour promeut des thèses bestiales. Comme les nazis. À l’entendre, il faudrait se débarrasser des musulmans. Mais les nazis disaient pareil des juifs, sans préciser comment. Et nous avons eu les chambres à gaz… Comment Zemmour compte-t-il se débarrasser des musulmans ? Une fois arrivée au pouvoir, l’extrême droite a toujours mis ses menaces à exécution… Il faut les prendre au sérieux, et combattre l’obscurantisme et les totalitarismes, par la mobilisation et l’éducation, avec la dernière énergie.

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
paru dans L’Humanité du 28 décembre 2021

 

- Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre, « Serge Klarsfeld : "Éric Zemmour promeut des thèses bestiales, comme les nazis" », L’Humanité, 28 décembre 2021

 

Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/serge-klarsfeld-eric-zemmour-promeut-des-theses-bestiales-comme-les-nazis