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mardi 10 novembre 2020

Vote sur les pesticides au Sénat : «Ce qui s’est passé la nuit dernière est grave»

 

Vote sur les pesticides 

au Sénat : 

« Ce qui s’est passé 

la nuit dernière est grave » 

 

Par Coralie Schaub

 
Le sénateur écologiste Joël Labbé au Palais du Luxembourg le 20 novembre. Photo Daniel Pier. NurPhoto. AFP

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat a adopté le projet de loi remettant en cause l’interdiction des néonicotinoïdes. Le sénateur écologiste Joël Labbé s’alarme aussi du vote d’un amendement LR qui rendrait difficile l’interdiction de tous les autres pesticides, même toxiques.

 

Double victoire pour le lobby des pesticides. 

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat a adopté le projet de loi remettant en cause l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes dits « tueurs d’abeilles » – mais aussi extrêmement dangereux pour l’ensemble de la biodiversité et la santé humaine –, qui était pourtant prévue par la loi biodiversité de 2016

 

Pire, les sénateurs ont aussi voté un amendement LR déposé à la dernière minute, actant dans la loi le principe « pas d’interdiction de mise sur le marché de produits phytopharmaceutiques sans alternative dans des conditions pragmatiques »

 

Ce qui, de facto, conforterait le modèle agrochimique actuel et entraverait la transition agricole vers un modèle plus respectueux de l’environnement et de la santé. 

 

Entretien avec le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé.

Il y a eu un coup de théâtre la nuit dernière, avec l’adoption – puis le rejet après un second vote – de votre amendement de suppression de l’article 1, le cœur du projet de loi, qui autorise à titre dérogatoire les producteurs de betteraves à sucre à utiliser jusqu’en 2023 des semences traitées avec des néonicotinoïdes. Que s’est-il passé ? 

C’était un incident de vote. Les centristes se sont trompés, ils ont voté pour l’amendement de suppression de l’article 1. On s’est donc retrouvés avec 159 voix pour et 158 contre, donc l’article était supprimé et la loi tombait. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a demandé un nouveau vote. Et le projet de loi a finalement été adopté par 184 voix pour, 128 contre et 28 abstentions. Ce qui est relativement serré, étant donné que le Sénat est extrêmement conservateur. 

La rapporteure LR du texte, la présidente de la commission des affaires économiques, Sophie Primas, a déposé deux amendements qui ont été adoptés…

Oui. Nous avons voté le premier à l’unanimité, contre l’avis du gouvernement. Cet amendement vise à permettre d’interdire l’importation de denrées alimentaires qui ne respectent pas les normes minimales requises sur le marché européen. C’est une sacrée avancée, demandée par les agriculteurs mais aussi par la société civile. Il sera intéressant de voir ce que deviendra cet amendement. En tout cas, le débat est lancé. 

Quid de l’autre amendement LR, qui entend acter dans la loi le principe « pas d’interdiction sans alternative, dans des conditions pragmatiques » ? 

C’est la porte grande ouverte à toutes les possibilités pour l’agrochimie, pour tous les pesticides, au-delà des seuls néonicotinoïdes. On sait qu’au fil du temps, ces produits abominables, qui sont pour la plupart classés cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), sont voués à être interdits les uns après les autres. Or, avec un amendement comme celui-là, ils ne pourront plus être interdits. Car il faudra démontrer, avant d’interdire un produit, même s’il est très toxique, qu’il existe des alternatives.

Or, les rédacteurs de cet amendement entendent par « alternatives » le fait de remplacer un produit ou une substance par un autre. Evidemment, ce sera difficile voire impossible pour des produits aussi redoutables que les néonicotinoïdes ou le désherbant glyphosate, qui sont systémiques. L’alternative viable réside dans un changement de modèle agricole. Il s’agit de modifier l’ensemble des pratiques afin de pouvoir se passer des pesticides de synthèse. Cet amendement est donc redoutable, car il ferme la porte à toutes les productions bio comme alternatives, il empêche de changer de modèle et conforte le modèle agrochimique. 

Il est impensable que LR ait osé déposer un tel amendement. C’est complètement à contre-courant de l’histoire, cela montre qu’ils veulent absolument défendre le modèle agrochimique. On n’en revient pas. 

Vous ne vous y attendiez pas ? 

Pas du tout. C’est un amendement de séance qui a été déposé mardi par Sophie Primas. Une stratégie visant à faire en sorte que nous n’ayons pas le temps de trouver de parade. Ce qui s’est passé la nuit dernière est grave. Une très mauvaise surprise. Déjà, au sujet des néonicotinoïdes, on était sidérés d’en arriver là, qu’ils soient réautorisés malgré de vrais débats de fond.

Que comptez-vous faire, désormais ? 

Députés et sénateurs vont devoir se mettre d’accord sur un texte commun en commission mixte paritaire (CMP). J’espère que cet amendement redoutable qui vient d’être voté au Sénat ne passera pas en CMP. 

Par ailleurs, l’opposition sénatoriale de gauche qui conteste le texte va saisir le Conseil constitutionnel, ce qui nécessitera soixante signatures de sénateurs minimum. Tout comme va le faire l’opposition à l’Assemblée nationale, là aussi avec soixante signatures de députés, dont celle des Deux-Sèvres et présidente du mouvement Génération Ecologie, Delphine Batho. Nous verrons comment harmoniser les deux procédures afin de les rendre plus efficaces.

L’histoire n’est pas du tout terminée. Car ce projet de loi n’est pas en conformité avec l’article 3 de la charte de l’environnement. Elle a valeur constitutionnelle et énonce que toute personne doit, dans les conditions prévues par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement. D’autre part, dans la loi biodiversité de 2016, nous avions voté le principe de non-régression en droit de l’environnement. Ainsi la loi ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante en matière d’environnement, compte tenu des connaissances techniques et scientifiques du moment. 

 
Coralie Schaub 
 
 
Source : https://www.liberation.fr/terre/2020/10/28/pesticides-ce-qui-s-est-passe-la-nuit-derniere-est-grave_1803726
 

lundi 9 novembre 2020

ALAIN REY : QUEL FUT SON DERNIER MOT ?

LES DICTIONNAIRES EN DEUIL, ROBERT PLEURE ALAIN (hommage) 

 

ALAIN REY : 

QUEL FUT 

SON DERNIER MOT ?

 

Le

 

 


Alain Rey en 2014 (photo : Lionel Allorge)

 

Le plus populaire des grands érudits, le plus expressif des vocabulistes mais surtout, au-delà de son colossal travail pour Le Robert et autres dictionnaires en tous genres, Alain Rey a fait comprendre toute l’importance des mots et du langage, l’inventivité intarissable des humains, les hasards des sonorités des bouches et des corps, et d’abord comment les mots ensorcellent, comment les mots sont des cages et les armes les plus puissantes des puissants.

Avec son air bonhomme, Alain Rey, chaque jour, vendait la mèche, chaque jour le grand public comprenait « ce que parler veut dire ». Il rappelait que les mots sont un bien commun, une invention inconsciente permanente sans limite et non la propriété des sachants confits de suffisance. La formidable popularité de sa chronique matinale sur France inter a fini par agacer le pouvoir. Fin juin 2006, il fut viré par une nouvelle direction chargée de faire le ménage au seuil d’une année électorale. Sur un claquement de doigts, des millions d’auditeurs étaient privés d’un génial (et modeste) éducateur. Comme il se doit, Alain Rey ne mâchait pas ses mots : « la pensée UMP est dominante, fallait que France Inter soit propre sur elle [1] ».

Or, au même moment, et pour les mêmes raisons, LÀ-BAS allait être déprogrammé de 17 heures à 15 heures, ce qui nous faisait perdre les deux tiers de notre audience. Notre malheur était que nous avions une excellente écoute. Rédaction et direction nous reprochaient nos émissions pour le NON au référendum européen l’année précédente. Pas question de se laisser faire. Avec toute l’équipe, nous avons lancé sur le net une pétition qui a eu un énorme succès. 200 000 signatures en trois semaines. Et surtout, en quelques jours, nous avons organisé un meeting au gymnase Japy. Un tabac ! 1 500 personnes, orchestre, chanson, la Confédération paysanne pour nourrir et abreuver tout le monde, et à la tribune Serge Halimi, Florence Aubenas, Louis Bozon, François Ruffin, Annick Coupé et… Alain Rey !

Voici, en hommage, des extraits de cette soirée mémorable avec, enfin, une définition de l’expression « là-bas si j’y suis ».

Précisons que nous sommes passés malgré tout à quinze heures en septembre 2006, mais nous avons rapidement augmenté l’audience jusqu’à dépasser l’horaire précédent. Alain Rey a poursuivi son magnifique parcours. Une question se pose, quel a été son dernier mot ? Quelqu’un le sait-il ? Sinon, selon vous, quel a pu être son dernier mot ?

Daniel Mermet

Notes

[1Judith Perrignon, « Enjeux de mots », Libération, 26 septembre 2006.

 

Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/la-bas-express/alain-rey-quel-fut-son-dernier-mot

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On peut aussi ré écouter quelques unes de ses chroniques ici :

https://www.franceinter.fr/culture/re-ecoutez-le-mot-de-la-fin-la-chronique-d-alain-rey

dimanche 8 novembre 2020

Les voitures SUV roulent à contresens de l’histoire

Les voitures SUV 

roulent à contresens 

de l’histoire

 

 12 octobre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

 


 

En 2018, si les SUV avaient été une nation, ils auraient été à la septième place parmi les plus gros pollueurs. Ces véhicules aux allures de 4x4 émettent chaque année dans le monde 700 mégatonnes de CO2, soit autant que le Royaume-Uni et les Pays-Bas réunis. Derrière l’innocent acronyme se cache une véritable bombe climatique qui nous conduit droit au désastre.

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Apparu à la fin des années 2000 de l’autre côté de l’Atlantique, le terme désigne une nouvelle génération de voitures individuelles plus énergivores, plus lourdes et moins aérodynamiques : le « Sport Utility Vehicle », qui veut littéralement dire en français « véhicule utilitaire à caractère sportif ». Sa carrosserie rutilante ressemble à celle d’un véhicule tout terrain mais le SUV est principalement utilisé en ville, où il est devenu une marque de distinction et l’apanage des classes sociales supérieures.

Aujourd’hui, plus de 200 millions de SUV circulent dans le monde et la tendance n’est pas à la décroissance. « Les chars d’assaut urbain se banalisent », déplorent les associations écologistes comme Greenpeace. Avec ces mastodontes de 2,5 tonnes, c’est toute la logique du capitalisme ostentatoire qui repart pour un tour.

« Il y a quelques années, on parlait de “4x4”. Mais cette expression véhiculait plutôt une image associée à la pollution, à une voiture peu adaptée à la ville, peut-être même à un certain égoïsme. Souvenez-vous de la mode controversée des pare-buffles, rappelle l’ingénieur Mathieu Chassagnet sur son blog. Pour balayer cette image négative, la première étape a été de changer de nom. Les 4x4 sont ainsi devenus des SUV, un anglicisme qui ne signifie franchement pas grand-chose mais qui semble avoir rendu ces 4x4 à nouveau désirables. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné. En 2008, en France, les SUV représentaient seulement 5 % des ventes. Douze ans plus tard, après un matraquage publicitaire, leur part de marché est passée à 41 % des ventes. 68.922 SUV ont trouvé preneurs en septembre 2020 en France. Leur nombre a été multiplié par huit en une décennie. Les clients peuvent désormais choisir entre 115 modèles différents, tous plus puissants les uns que les autres, plus gros et plus larges. « Le top cinq des véhicules les plus vendus sur les canaux des particuliers et des professionnels montre bien cette hégémonie des SUV et des berlines », relève ainsi Le Journal de l’automobile.

Les SUV sont la deuxième source d’augmentation des émissions de CO2 dans le monde

En 2020, les SUV Peugeot 3008 et Peugeot 2008 se situent respectivement à la 4 et 5e place des véhicules les plus vendus en France. « Si rien n’est fait pour inverser cette dynamique, les SUV pourraient représenter deux tiers des ventes en 2030 », alerte Isabelle Autissier, la présidente du WWF, qui vient de publier un rapport sur les conséquences environnementales de ce type de voitures.

 


Jusqu’à récemment, le coût climatique de ces véhicules était encore peu connu, du moins il n’était pas chiffré. Mais maintenant, il n’y a plus de doute possible : « Le boom des SUV est incompatible avec la réalisation des objectifs climatiques internationaux », prévient le WWF. Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, les SUV ont constitué durant ces dix dernières années, la deuxième source d’augmentation des émissions de CO2 dans le monde, après le secteur de l’énergie, mais avant l’industrie lourde, le secteur des transports routiers ou même l’aviation.

En moyenne, ces véhicules consomment 15 % de plus qu’une voiture standard et émettent 20 % de CO2 supplémentaires. Ils pèsent 200 kilos de plus que les voitures classiques et mesurent 25 cm de long et 10 cm de large en plus. Bref, les SUV réduisent à néant les tentatives de diminution des émissions de CO2 du secteur automobile. « Si des constructeurs investissent beaucoup d’argent dans les voitures électriques, les mêmes mettent aussi sur le marché de plus en plus de modèles de SUV », souligne Fatih Birol, un des auteurs du rapport de l’Agence internationale de l’énergie.

Le WWF a voulu reproduire ce travail à l’échelle française. Et ses résultats sont sans appel. En France aussi, ces dix dernières années, les 4,3 millions de SUV mis en circulation représentent la deuxième source de hausse des émissions de CO2. Cette fois-ci juste derrière le secteur aérien.

« Au lieu de rattraper les retards du passé, la France en accumule de nouveaux », écrit le Haut Conseil pour le climat. Alors que la voiture individuelle compte encore pour 16 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau national, les émissions moyennes homologuées des véhicules neufs n’ont pas diminué entre 2016 et 2019. En cause, la progression fulgurante des SUV.

 


 

 

La publicité automobile représente 3, 3 milliards d’euros en France chaque année

Trois raisons structurelles expliquent cette situation : l’effet de mode alimenté par la publicité, l’absence de régulation du gouvernement et le choix industriel des constructeurs automobiles. L’essor du SUV est lié aux battages médiatique et commercial menés depuis dix ans par une armée de communicants. Une étude a montré que le budget total de la publicité automobile en 2018 représentait 3,3 milliards d’euros en France, soit l’équivalent du budget TER de l’ensemble des régions. Pour chaque voiture vendue, un peu plus de 1.500 euros sont dépensés en publicité.




 

Les SUV ont infiltré toutes les pages des grands quotidiens. Dans des publireportages, on ne cesse de louer leur « confort », leur « élégance », ou leur « virilité ». Et le façonnage des esprits commence dès l’enfance. On retrouve des Playmobils avec leur Porsche Macan, des poupées Barbies avec leur SUV rose.

D’abord considéré comme une voiture de riche, le Suv pourrait se généraliser par mimétisme à l’ensemble des classes sociales. C’est ce que craint le WWF. Un phénomène de SUvisation est en cours :

Le terme SUV ne désigne plus seulement une gamme supérieure de véhicules de luxe et de taille XL mais un phénomène qui se caractérise par la propagation de versions SUV dans tous les segments automobiles, de la citadine à la berline. Les Renault Captur et Peugeot 2008 constituent des exemples de petits SUV qui se substituent aux citadines Renault Clio et Peugeot 208. Ils sont plus sobres que les SUV de gamme supérieure mais n’en demeurent pas moins plus énergivores que leurs équivalentes citadines et berlines ».

Face à cet essor, « le gouvernement reste impuissant, dit Marie Cheron de la Fondation pour la nature et l’homme. Malgré les aides importantes déployées dans le cadre du plan de relance, l’État ne joue pas son rôle de régulateur », regrette-t-elle.

« Le parc automobile doit aller vers des véhicules plus sobres et plus légers »

Encore récemment, le gouvernement et sa majorité à l’Assemblée nationale ont rejeté l’idée d’un malus poids, alors même qu’il faisait partie des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Autre mesure enterrée : la fin des publicités pour les véhicules polluants comme les SUV. « Pourtant, c’est cet imaginaire-là qu’il faut changer, souligne l’ingénieur Mathieu Chassignet. Le parc automobile doit aller vers des véhicules plus sobres et plus légers. »

Malheureusement, le secteur automobile est en train de prendre une autre voie, bien loin de la sobriété. En France, les constructeurs et équipementiers délocalisent la production de modèles légers et renforcent la dépendance des sites industriels aux SUV. La fermeture annoncée de l’usine Bridgestone de pneus de petites voitures à Béthune en est la dernière illustration. Selon le Parisien, « son outil de production était inadapté au boom des SUV ».

De manière générale, les SUV sont bien plus rentables pour les constructeurs. Leur prix à l’achat est plus élevé que celui d’un véhicule classique. Peugeot l’a vite compris en se positionnant rapidement sur ce segment : le constructeur affiche aujourd’hui des taux de marge record.

Chez les écologistes, on s’interroge encore sur la stratégie à déployer pour arrêter ce bulldozer. Si des militants ont perturbé à plusieurs reprises le Salon mondial de l’automobile à Francfort, en réalité, peu d’actions ont pour l’instant été menées. Mais la prise de conscience des dégâts climatiques de ces véhicules pourrait changer la donne. L’inaction du gouvernement sur le sujet nourrit aussi les velléités de résistance : Extinction Rebellion prévoit de mener dans les prochains mois une action à leur encontre. Le tout nouveau collectif La Ronce appelle à les dégonfler en masse le 14 octobre. Dans son livre Comment saboter un pipeline, Andreas Malm se préoccupait lui aussi de ces véhicules :

Dans les villes, les SUV sont exécrés par tous ceux qui ne les conduisent pas ; et dans une ville de la taille de Londres, dans un délai très bref, il suffirait de quelques dizaines de personnes pour rendre tout bonnement impossible la possession de ces véhicules en rayant systématiquement leurs flancs avec des clés, ce qui coûterait chaque fois plusieurs milliers de livres à leurs propriétaires. Imaginons que cinquante personnes vandalisent chacune quatre voitures pendant un mois : 6.000 SUV bousillés en un mois et les tracteurs de Chelsea auront vite disparu de nos rues.

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Puisque vous êtes ici…

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Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Le journal n’appartient à aucun milliardaire ou entreprise Reporterre est géré par une association à but non lucratif. Nous pensons que l’information ne doit pas être un levier d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
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Lire aussi : Reporterre sur Arte : se libérer des voitures


Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre

Dessin : © Red !/Reporterre


Source : https://reporterre.net/Les-voitures-SUV-roulent-a-contresens-de-l-histoire?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne


samedi 7 novembre 2020

Pétition - POUR le maintien des droits à l’Instruction en Famille

 

POUR 

le maintien des droits à 

l’Instruction en Famille

 


Auteur(s) :
 
UNIE, Collectif FELICIA, Collectif l'Ecole Est La Maison, PIEE Métropole et PIEE Île de la Réunion, LAIA, CISE, Enfance Libre, Cours Pi, Hattemer Academy, Cours Legendre à distance, Cours Sainte-Anne, Ecole Ker Lann, Cours Valin, Cours Griffon, Cours Académiques de France, Isa Lise (Le Monde de Mei et Noé), André Stern, Le coin des documentalistes IEFeurs, Carpe Diem Education, Catherine Dumonteil Kremer, Colibris, Boutique Document Montessori, Grandir Autrement, PEPS magazine, Comptoir des Cours, Apprends-Moi Autrement, Libralouest, Educations Plurielles, Monique Tedeschi, Les Montessouricettes, Les ambassadrices de l’autisme (Café Autisme), Educ'etic à distance, Objectif Eurêka!, Anaïs Galon (Montessori... mais pas que! ), vivreenfamille.org

Destinataire(s) : 
 
Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Liberté, Unité, Instructions

Monsieur le président de la République,

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

La suppression du droit à l’instruction en famille, annoncée lors de l’allocution de notre président de la République Monsieur Emmanuel Macron dans le cadre du futur projet de loi relatif aux “séparatismes”, plonge les familles concernées dans un profond désarroi et dans un sentiment d’abandon.

Nous, Associations et Collectifs de parents d’enfants instruits en famille, de parents d’élèves, sommes profondément attachés aux valeurs républicaines, aux principes  de laïcité et de tolérance. Distinctes de toute organisation confessionnelle ou politique, nos associations et collectifs ouvrent leurs portes à l’ensemble des familles soucieuses du bien-être et de l’épanouissement de leur(s) enfant(s).

Nous, Établissements privés d’enseignement à distance, tous déclarés auprès de l’État, sommes de longue date investis dans notre mission. Avec cœur et passion, nous accompagnons nos élèves dans leur construction citoyenne et leur réussite scolaire. Directeurs issus du monde de l’enseignement, responsables pédagogiques diplômés des plus hautes écoles, professeurs expérimentés formés à l’école de la République, nous éprouvons tous une grande fierté à concourir, aux côtés du Ministère de l’Éducation nationale et en lien permanent avec ses services décentralisés, à ce noble objectif.

Tous ensemble, nous avons vécu les annonces présidentielles comme une atteinte à la citoyenneté, à notre rôle de parents protecteurs et à notre mission d’instruction.

Ensemble, nous représentons plusieurs milliers de parents et leurs enfants.

Nos familles ont fait le choix légal et conscient de « l’instruction en famille », pratique strictement encadrée par l’État, et ce depuis Jules Ferry, au travers des services départementaux de l’Éducation nationale et par les mairies de chaque commune de France. Nous sommes victimes d’une nouvelle discrimination.

Pourtant, il n’y a aucun lien concret entre ceux qui bafouent les lois les plus élémentaires de notre République et les familles et professionnels de l’instruction que nous représentons. En privant tous les Français du droit constitutionnel à instruire leurs enfants par eux-mêmes, vous les sanctionnez tous au nom de l’intégrisme religieux de certains que nous ne cautionnons pas.

Nous transmettons chaque jour à nos enfants, en plus de l’instruction, des valeurs fortes : celles de la République, de la citoyenneté, de la laïcité, du respect, de la tolérance et de la lutte contre l’exclusion. Nous leur apprenons que la socialisation c’est non seulement prendre en compte la liberté d’autrui mais aussi vivre la sienne. Ce socle de savoirs et savoir-être est indispensable à la construction de l’avenir personnel et professionnel de nos enfants, ainsi qu’à leur intégration réussie dans la société.

Nous soutenons, croyez-le, l’école de la République et ne la remettons pas en cause. Comme vous, nous souhaitons qu’elle soit la plus inclusive possible. Cependant un pays de la grandeur de la France ne devrait pas avoir peur des différents modes d’instruction actuellement proposés sur son territoire. Monsieur Jean-Michel Blanquer, lui-même, a reconnu qu’il y a dans ces pratiques des innovations qui ouvrent le champ des possibles.

Les pédagogies de type Montessori, Freinet, les méthodologies adaptatives proposées par les écoles hors-contrat d’enseignement à distance, les cours par correspondance, agnostiques ou confessionnels, de même que l’instruction individualisée à l’enfant, en famille, font aussi la richesse et le pluralisme de la citoyenneté française. Ils l’enrichissent d’une vision différente de l’éducation et forgent des opinions plurielles.

Certains des enfants instruits en famille reprennent d’ailleurs le chemin de l’école, d’autres pas, et tous se trouvent parfaitement intégrés dans la société, portés par le même esprit citoyen.

Nous ne nions pas que les séparatismes existent dans notre pays mais nous ne voulons en aucun cas y être assimilés.

Les raisons de l’instruction en famille sont aussi multiples que le nombre de familles qui la compose. Un but commun les rassemble toutes : le bien-être de l’enfant. Certaines familles font d’emblée ce choix parce qu’elles ont à cœur de prendre l’entière responsabilité de l’éducation de leur enfant. C’est un projet de vie.

Pour d’autres il s’agit d’une non-scolarisation subie dont les raisons sont nombreuses : divers troubles envahissants du développement (tsa, dys, tdah…), phobie scolaire, harcèlement, racisme, violence ordinaire, racket, haut potentiel, sport de haut niveau, pratique artistique, éloignement géographique, etc.

« L'instruction en famille » devient alors souvent le seul moyen pour ces enfants de bénéficier d’un apprentissage régulier à défaut de pouvoir accéder à des aménagements appropriés au sein de l’école de la République. Renforçons la qualité des échanges entre les familles qui instruisent chez elles et les institutions ; il est primordial de renouer le dialogue au plus vite.

Les annonces de notre président de la République nous démontrent une fois de plus que nos pratiques éducatives sont méconnues des pouvoirs publics, et chargées de préjugés. Alors que les séparatistes font bien souvent l’école clandestine, nous déclarons chaque année notre mode d’instruction et sommes contrôlés par l’État. Nous ne sommes pas hors système, nous faisons partie du système.

Dès lors, qu'est-ce qui justifie une telle mesure coercitive ? Il est temps de lever le climat de suspicion et la stigmatisation dont les familles IEF font l’objet depuis des années, boucs émissaires d’un combat contre l’intégrisme religieux qui ne nous définit pas.

Nous demandons à être entendus par le Gouvernement, le Ministère de l’Éducation nationale (notre tutelle), la DGESCO (l’organisme de contrôle des familles), et nos parlementaires (les garants de nos libertés citoyennes). Nous demandons le maintien du droit à l’instruction en famille dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Au nom des Droits de l’Homme et du Citoyen,

Au nom des Droits de l’Enfant,

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, l'expression de notre très haute considération.

Les Signataires :

Pour les associations et collectifs :

UNIE (Union Nationale Pour L’Instruction et l’Epanouissement),
Collectif FELICIA (FÉdération pour LIberté du Choix de l'Instruction et des Apprentissages),
Collectif l'École Est La Maison,
PIEE (Parents Instructeurs Enfants Épanouis),
LAIA (Libre d’Apprendre et d’Instruire Autrement),
CISE
Enfance Libre
Le coin des documentalistes IEFeurs
Colibris
Carpe Diem Education
Grandir Autrement
PEPS magazine
Boutique Document Montessori
Apprends-Moi Autrement
Libralouest
Comptoir des Cours
Educations Plurielles
Les Montessouricettes
Les ambassadrices de l’autisme (Café Autisme)
Educ'etic à distance
Objectif Eurêka!
vivreenfamille.org

Pour les cours par correspondance :

Cours Pi,

Hattemer Academy,

Cours Legendre à distance,

Cours Sainte-Anne,

Ecole Ker Lann,

Cours Valin

Cours Griffon

Cours Académiques de France

Ainsi que :

Isa Lise (Le Monde de Mei et Noé)
André Stern
Catherine Dumonteil Kremer
Monique Tedeschi
Anaïs Galon (Montessori... mais pas que!)

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Nous invitons toutes les associations, les institutions, les fédérations, etc., qui le souhaitent à se joindre à nous pour porter cette pétition aux plus hautes instances.

"Chaque enfant doit pouvoir étudier dans le cadre qui lui convient le mieux. Nombre d’enfants ne sont pas heureux à l’école et ils apprennent plus efficacement quand ils sont libres de travailler à leur rythme. L’instruction en famille forme des enfants passionnés, à l’aise avec les adultes, autonomes et responsables. Leur esprit civique est souvent manifeste. Les séparatismes sont davantage le fruit de l’exclusion, de l’échec et de la violence éducative que de l’instruction en famille. En tant que psychothérapeute et spécialiste de la parentalité, je soutiens le maintien du droit à l’instruction en famille." Isabelle Filliozat

"La Fondation pour l'école a pour mission de soutenir et de promouvoir la diversité scolaire. A ce titre, toute initiative venant enrichir de façon qualitative l'offre éducative en France, comme c'est le cas de l'Instruction en famille, mérite son soutien. L'IEF, comme pour de nombreuses écoles indépendantes, répond à une variété de besoins qui ne trouvent pas de réponse dans le système scolaire de l'Education nationale : pédagogies différentes, petits effectifs, apprentissages adaptés au rythme de l'enfant, etc. La diversité éducative est une urgence : il n'y a pas qu'un seul modèle d'enfant, pourquoi n'y aurait-il qu'un seul modèle d'école ? A l'école ou à la maison, les familles doivent pouvoir avoir le choix de l'éducation qu'elles jugent la plus adaptée pour leurs enfants ; cette liberté est inscrite au coeur de notre constitution et ne saurait être remise en cause. Nous apportons tout notre soutien à la pétition POUR LE MAINTIEN DES DROITS À L’INSTRUCTION EN FAMILLE et suivons avec grande attention les prochaines déclarations gouvernementales qui, espérons-le, sauront tenir compte de cette forte mobilisation. " La Fondation pour l'école, www.fondationpourlecole.org .

 

Source : https://www.mesopinions.com/petition/enfants/maintien-droits-instruction-famille/107871

vendredi 6 novembre 2020

Loi sécurité globale : surveillance généralisée des manifestations


Loi sécurité globale : 

surveillance généralisée 

des manifestations


29 octobre 2020

 


Le 20 octobre, les députés de la majorité LREM ont déposé une proposition de loi de « sécurité globale ». Elle sera débattue par l’Assemblée nationale le 4 novembre, dans une urgence inouïe que rien ne justifie. Son article 21 veut déréguler l’utilisation des caméras mobiles portées par les forces de l’ordre. Son article 22 veut légaliser la surveillance par drone. Son article 24 veut interdire au public de diffuser l’image de policiers.

 

Nous exigeons le rejet de ces trois mesures, ne serait-ce qu’en raison de l’atteinte inadmissible qu’elles portent au droit fondamental d’exprimer nos opinions en manifestation. Ce n’est pas la seule critique à faire contre ce texte, mais c’est la critique que nous développerons dans cette première analyse.

 

L’approche confrontationnelle du maintien de l’ordre

Pour bien comprendre les dangers posés par cette proposition de loi, il faut la resituer dans la pratique générale du maintien de l’ordre en manifestation. Deux approches s’y opposent.

Une première approche « d’accompagnement », telle qu’elle serait enseignée au centre de formation de la gendarmerie ou telle qu’elle existe en Allemagne, en Suède ou en Suisse, se concentre sur la protection des manifestants, le dialogue et la désescalade de la violence.

Une deuxième approche « confrontationnelle », telle qu’elle s’illustre vivement depuis 2015 et telle qu’elle est fermement dénoncée depuis (voir par exemple le rapport du défenseur des droits de 2018), vise avant tout à dissuader la population de participer à des manifestations, que ce soit par épuisement psychologique des participants (pratique de la nasse, blocage ou filtrage des entrées et sorties du parcours, gazage, fouilles au corps, comportements injurieux) ou par des violences physiques (LBD, grenades, charges). Cette seconde approche ne traite plus les manifestantes et les manifestants comme des individus à protéger mais comme des « flux » déshumanisés qu’il s’agit uniquement de canaliser, de dévier, de retenir ou d’écouler.

L’approche « d’accompagnement » est théoriquement compatible avec notre droit fondamental de manifester. Au contraire, l’approche confrontationnelle est frontalement opposée à ce droit, par essence. C’est cette approche que la loi « sécurité globale » tente de renforcer, en donnant à la police trois moyens technologiques nouveaux pour s’y enfoncer davantage.

Surveillance de masse au sol

Une loi de 2016 a autorisé les policiers et les gendarmes à filmer leurs interventions par des « caméra mobiles ». Une condition était toutefois posée : que l’agent portant la caméra ne puisse pas accéder aux images, celles-ci ne pouvant être exploitées qu’a posteriori, lorsqu’un événement particulier survenu pendant l’intervention le justifiait. Cette condition, d’après l’avis de la CNIL, constituait une des « garanties essentielles » capables de rendre le dispositif acceptable.

L’article 21 de la loi « sécurité globale » propose de supprimer cette garantie. Non seulement l’agent pourra accéder aux images qu’il a enregistrées mais, plus grave, les images ne seront plus seulement exploitées à posteriori : elles pourront aussi être « transmises en temps réel au poste de commandement ». Quel est le but de cette transmission en temps réel ? Il ne s’agit manifestement pas d’informer le centre de commandement du déroulé de l’intervention, puisqu’une communication orale y suffit largement depuis des décennies. À notre sens, un des intérêts principaux serait de permettre l’analyse automatisée et en temps réel des images. Pour rappel, la police est autorisée depuis 2012 à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour identifier une des 8 millions de photos déjà enregistrées dans le fichier de traitement des antécédents judiciaire (TAJ) sur n’importe quelle image dont elle dispose (qu’elle vienne de caméras fixe ou mobile, de vidéo publiée en ligne, etc.)

En manifestation, la reconnaissance faciale en temps réel permettra au centre de commandement de renseigner en direct les agents de terrain sur l’identité des nombreux militants et militantes qu’ils croiseront, déjà fichées à tort ou à raison dans le TAJ, fichier que la police gère seule sans contrôle indépendant effectif. Ce nouvel outil permettra à la police de multiplier certains abus ciblés contre des personnes déjà identifiées : gardes à vue « préventives », accès au cortège empêché, interpellations non-suivies de poursuite, fouilles au corps, confiscation de matériel, comportement injurieux…

Il ne s’agirait pas d’une simple accentuation mais d’un véritable changement de paradigme : actuellement, la police ne peut malmener qu’une poignée de personnes, plutôt célèbres, dont le visage peut être effectivement retenu par les policiers humains. Cette limite cognitive disparaît entièrement avec la reconnaissance faciale en temps réel, qui pourra toucher n’importe quel militant politique ou presque. Cette évolution est parfaitement étrangère à l’approche protectrice du maintien de l’ordre, mais s’inscrit parfaitement dans l’approche confrontationnelle.

Surveillance de masse aérienne

L’article 22 de la loi « sécurité globale » propose d’autoriser une pratique qui s’est répandue en violation de la loi au cours des derniers mois : le déploiement de drones pour surveiller les manifestations (pratique que nous venons d’attaquer à Paris).

Une telle surveillance aérienne est parfaitement inutile dans l’approche non-confrontationnelle du maintien de l’ordre : les drones ne sont pas des outils de dialogue ou d’apaisement mais, au contraire, distancient certains policiers et gendarmes des manifestants, qui ne peuvent même plus les voir. À l’inverse, la surveillance de masse par drones s’inscrit parfaitement dans l’approche confrontationnelle, et ce de deux façons.

En premier lieu, tout comme pour les caméras mobiles, les images captées par drones peuvent être analysées par reconnaissance faciale en temps réel, facilitant les actions ciblées de la police contre des militants préalablement identifiés. La surveillance par drones permet aussi, plus simplement, de suivre à la trace n’importe quel individu « dérangeant » repéré au cours d’une manifestation, afin de diriger les forces aux sols pour le malmener. Mediapart en a récemment donné un exemple saisissant : le témoignage de militantes qui, pour défendre l’hôpital public, ont lâché une banderole flottante pendant un discours d’Emmanuel Macron et que la police a interpellées dans un domicile privé en expliquant avoir suivi leur trace par drone – avant de les relâcher après quatre heures, sans qu’elles ne soient poursuivies. Gérard Darmanin l’explique sans gêne dans le nouveau « schéma national du maintien de l’ordre » : les drones « sont utiles tant dans la conduite des opérations que dans la capacité d’identification des fauteurs de troubles ».

En second lieu, à ces attaques ciblées s’ajoute une approche plus collective. Le drone est l’outil idéal pour la gestion de flux déshumanisés propre à l’approche confrontationnelle. La position aérienne donne à voir concrètement ces « flux » et « liquides » que nous sommes devenus. Elle fait clairement apparaître les robinets et les écluses que la police peut actionner pour retenir, dévier ou faire écouler les flux humains : nasses, barricades, filtres, grenades, gaz. La stratégie d’épuisement des foules est bien délicate à mener sans vision d’ensemble, et c’est l’intérêt principal des drones que d’offrir cette vision.

Pire, avec une vision si haute et lointaine, les ordres du centre de commandement ne peuvent qu’être déconnectés des considérations humaines les plus élémentaires : bien souvent, les manifestants et les manifestantes ne sont plus que des points vus du dessus, dont la souffrance et la peur sont imperceptibles. Les conditions idéales sont réunies pour éviter que les donneurs d’ordre ne soient distraits par quelque empathie ou considération morale, pour que plus rien ne retienne la violence illégitime qui dissuadera les manifestants de revenir exercer leurs droits.

Interdiction de documenter l’action de la police

L’article 24 de la loi « sécurité globale » propose d’interdire au public de diffuser « l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police » et lorsque cette diffusion est faite « dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ». Cette dernière précision vise à rassurer, mais ne soyons pas dupes : la police empêche déjà très régulièrement des personnes de la filmer alors qu’elles en ont parfaitement le droit. Cette nouvelle disposition ne pourra que rendre l’opposition de la police encore plus systématique et violente, peu importe le sens exact de la loi. De même, cette disposition sera à coup sûr instrumentalisée par la police pour exiger que les réseaux sociaux, petits ou grands, censurent toute image d’abus policiers, d’autant que le droit français rend ces plateformes responsables des images « manifestement illicites » qu’elles ne censureraient pas après signalement.

Il faut bien comprendre, ici encore, que si le maintien de l’ordre se faisait dans une approche de protection et d’apaisement, cette mesure serait parfaitement inutile. La population ne dénoncerait pas de policiers et n’en diffuserait pas l’image si la stratégie de maintien de l’ordre ne reposait pas sur la violence. Le seul objectif de cette disposition est de permettre à cette violence de perdurer tout en la rendant pratiquement incontestable.

Conclusion

Aucune de ces trois mesures ne serait utile dans une approche non-violente du maintien de l’ordre, dont l’objectif ne consisterait pas à combattre l’exercice légitime d’une liberté fondamentale mais bien de l’accompagner. A fortiori, ces mesures donneraient un pouvoir nouveau, dans un contexte où la contestation contre les violences policières grandit et où se fait criant le besoin de mécanismes démocratiques de contre-pouvoirs et de régulation du maintien de l’ordre.

Ce fourvoiement des députés LREM, avec la complicité du gouvernement et de leurs alliés de circonstance du centre traduit une déconnexion de certain·es parlementaires. Nous demandons à l’Assemblée nationale de supprimer ces articles et d’exiger — c’est aussi son rôle — du ministère de l’intérieur un changement radical de modèle dans le maintien de l’ordre.

 

Une pétition pour le « Refus de la loi visant à empêcher la diffusion des images de violences policières » a déjà récolté plus de 550 000 signatures.

Nouvelle pétition

https://www.change.org/p/g%C3%A9rald-darmanin-nous-disons-non-%C3%A0-la-loi-s%C3%A9curitaire-qui-punit-la-diffusion-des-visages-des-forces-de-l-ordre 

 

Source : https://www.laquadrature.net/2020/10/29/loi-securite-globale-surveillance-generalisee-des-manifestations/

jeudi 5 novembre 2020

Encouragement/motivation pour participer à l'enquête publique sur le PLUi (Plan Local d'Urbanisme Intercommunautaire)

 Pourquoi participer à l'enquête publique ?

Bonsoir,

     L'enquête publique sur le PLUI est en cours.

 Ce Plan Local d'Urbanisme Intercommunautaire est dit valant Schéma de Cohérence Territorial.
Donc tout comme un SCOT, il aurait dû être co-construit avec toutes les parties prenantes du territoire.
Il aurait dû envisager avec chacun la manière dont nous voulons vivre en Conflent pour les vingt prochaines années :
nos lieux et contextes de vie, comment nous nourrir, comment nous déplacer, comment nous cultiver, nous distraire et éduquer nos enfants.

Seules, deux demi-journées de travail avec 25 citoyens ont permis de rédiger le Plan de Développement et d'Aménagement Durable qui leur permet de se justifier de la qualification de SCOT.

La rédaction de ce PLUI vise une augmentation de population et organise la consommation de terres pour lui construire des logements nouveaux et des locaux nouveaux pour des activités économiques. Conçu par des techniciens, pour des élus, ce document prétend aborder l'ensemble des problèmes, mais sans les les principaux intéressés : les citoyens et les acteurs du territoire.

Par exemple :

- Il se prévaut de la mise en place d'un Plan Alimentaire Territorial et refuse de s'en donner les moyens. Les bonnes terres agricoles qui resteront après destruction due à l'urbanisme n'ont pas été envisagées dans le calcul des besoins pour nourrir le Conflent.
 
- Nos déplacements n'ont pas été envisagés. Pas de document spécifique. Pas de consultation des associations. Et aucune prospective à ce sujet : de fait, il n'y a pas les "emplacements réservés" qui pourraient permettre la mise en place de voies douces ou de zones de co-voiturage...

 
Chaque association sur sa thématique, chaque citoyen peut et doit pointer ce qui ne va pas dans ce document et en faire part à la commissaire enquêtrice avant le 20 novembre. 
 
C'est le dernier moment où nous pouvons intervenir, ne le loupons pas !

Le Plan Local d'Urbanisme Intercommunautaire nous concerne toutes et tous puisqu'il va réguler ce que deviendra notre environnement pour 20 ans.
Merci de partager et contribuer à ce qu'il soit favorable au vivant et pas au béton.

Vous trouverez ci-dessous le courriel de "La terre, c'est nos oignons", et en pièce jointe l'avis déposé au registre.

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Bonjour,

L’enquête publique sur le PLUI Conflent-Canigou est ouverte depuis le 19 octobre, jusqu’au vendredi 20 novembre inclus.

On peut accéder au dossier et aux contributions déjà déposées, ainsi que déposer son avis, en cliquant sur l’affiche jaune en page d’accueil du site
www.conflentcanigo.fr [1]

Notre mode d’emploi « PLUI pour les nuls » ci-joint a été remis à jour.

L’avis de La Terre c’est nos oignons ! a été déposé le 29 octobre 2020, lors d’une rencontre avec la commissaire-enquêtrice.

Il se concentre autour de la prise en compte dans le PLUI de l’agriculture dans toutes ses composantes.
N’hésitez pas à vous en inspirer et à le diffuser autour des vous.

Soyez nombreux à contribuer, ce PLUI engage le territoire pour 20 ans !


Le Collectif CEBTA
L'Association La Terre C’est Nos Oignons !


Links:
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[1] http://www.conflentcanigo.fr
 
 Petit lexique pour une meilleure compréhension

PLUI : Plan Local d’Urbanisme Intercommunal
SCOT : Schéma de Cohérence Territorial
PADD : Projet d’Aménagement et de Développement Durable
MRAE : Mission Régionale d’Autorité Environnementale
SRCE : Schéma Régional de Cohérence Écologique
A.F.P. : Association Foncière Pastorale
P.A.C. : Politique Agricole Commune
P.A.T : Plan Alimentaire Territorial
ZAP : Zone Agricole Protégée
SRADDET : Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Égalité des Territoires
 
Mode d’emploi « PLUI pour les nuls »

ou

 Comment répondre et donner son avis 

à l'enquête publique 

sur le Plan Local d'Urbanisme intercommunal

 
 

Avis de l'Association La Terre, C'est Nos oignons ! 
sur le PLUI de la Communauté de Communes 
Conflent Canigou