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mercredi 17 juin 2020

À Bure, l’agence des déchets nucléaires se paie des gendarmes

À Bure, 

l’agence des déchets nucléaires 

se paie des gendarmes




5 juin 2020 / Marie Barbier (Reporterre) et Jade Lindgaard (Mediapart)




D’après les informations obtenues par Mediapart et Reporterre, une convention a été signée en 2018 entre la gendarmerie nationale et l’Andra, l’agence chargée de l’enfouissement des déchets nucléaires, dans ce village de la Meuse. Depuis, l’agence a payé des dizaines de millions d’euros pour assurer, via des gendarmes, la surveillance des habitants. Ce partenariat pose des problèmes éthiques et juridiques.

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Autour de Bure, dans la Meuse, là où les déchets nucléaires les plus dangereux des centrales françaises doivent être enfouis dans une gigantesque mine 500 mètres sous terre, les villages ne sont plus habités que par une poignée de personnes. Et pourtant, 75 gendarmes y patrouillent jour et nuit, 24 heures sur 24. Depuis près d’un an et demi, selon les informations recueillies par Mediapart et Reporterre, ces militaires sont rémunérés par l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui a installé un laboratoire sur le futur site d’enfouissement.

En octobre 2018, une convention a été signée entre l’Andra et la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) « afin de garantir sur le long terme la sécurité du personnel et des installations » nous a confirmé l’agence, en réponse à nos questions. D’après les chiffres donnés par l’agence elle-même, une « dizaine de millions d’euros » sont dépensés chaque année par l’Andra, un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), pour rémunérer les militaires engagés et couvrir les charges afférentes, notamment de restauration. À ce jour, ce sont donc au moins vingt millions d’euros qui ont été dépensés — ou sont en passe de l’être — dans ce cadre. Les gendarmes mobiles sont hébergés directement sur le site de l’Andra, dans un cantonnement construit à cet effet. Ils y dorment, y stockent leurs matériels et leurs véhicules et y prennent leurs journées de récupération avant de repartir patrouiller. Ces militaires, souvent très jeunes, y restent entre trois et six semaines avant de partir sur une autre affectation. Ils sont aussitôt remplacés par de nouveaux arrivants. La DGGN a refusé de nous communiquer le contenu exact de la convention, malgré nos multiples demandes.

La décision gouvernementale d’affecter un escadron de gendarmes mobiles sur ce territoire date de l’été 2017. En juin, Le Bindeuil, un hôtel-restaurant connu pour accueillir personnels de l’Andra et gendarmes a subi des dégradations alors que se tenaient des journées antinucléaires. Et en août, une manifestation s’est terminée en affrontements avec les forces de l’ordre. Ces faits sont aujourd’hui visés par une information judiciaire, dans laquelle dix personnes sont mises en examen, et qui donne lieu à une surveillance massive et particulièrement intrusive, comme nous l’avons détaillé dans notre enquête en quatre volets.

Face à « un contexte d’actes malveillants et violents commis à l’encontre des personnels de l’Andra, de ses sous-traitants ainsi que de ses installations » décrit l’agence dans un courriel envoyé à Reporterre et Mediapart, le ministère de l’Intérieur du tout nouveau gouvernement d’Édouard Philippe a donc fait installer un escadron de gendarmes mobiles à l’été 2017. Sa mission : « Rétablir et maintenir la sécurité publique. » Mais « la nécessité de maintenir de façon pérenne cet escadron sur le site et de ne pas sur-solliciter les gendarmes locaux » a conduit à la signature plus d’un an plus tard de la convention financière. Pour l’Andra, il s’agit de « garantir sur le long terme la sécurité du personnel et des installations ».


 A 500 mètres sous terre dans le laboratoire du futur site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure.



Est-il légal de payer un escadron de gendarmes pour se protéger ? « Le principe de la facturation des forces de l’ordre est très ancien », explique Mickaël Lavaine, maître de conférences en droit public à l’université de Bretagne Occidentale, qui en a retrouvé la trace dans les mémoires de Talleyrand parues en 1891. Plusieurs textes ont développé cette pratique après la Seconde Guerre mondiale. D’abord pour les compétitions sportives comme le Tour de France, puis plus largement pour tous les « services d’ordre qui ne peuvent être rattachés aux obligations normales incombant à la puissance publique en matière de maintien de l’ordre ».

Longtemps restés en sommeil, ces dispositifs ont été relancés par un décret, signé par Alain Juppé en 1997, qui précise le « remboursement de certaines dépenses supportées par les forces de police et de gendarmerie ». Ces conventions ont été par la suite encadrées par un décret adopté par le premier ministre François Fillon (UMP) le 12 mars 2008 ouvrant la possibilité d’une « rémunération » de services du ministère de l’Intérieur par « des personnes privées ou publiques autres que l’État ». Un arrêté du 28 octobre 2010 a fixé le montant des remboursements de « certaines dépenses supportées par les forces de police et de gendarmerie » et a listé les prestations : mise à disposition d’agents, de véhicules, de matériels ou d’équipements spéciaux (barrières, signalisations), escortes, remorquage de véhicules immobilisés ou accidentés et acheminement, alimentation et hébergement des personnels. Le taux horaire par agent mis à disposition a été fixé à vingt euros (au 1er juillet 2014).

En 2009, une convention a été ainsi signée avec EDF pour la protection des centrales nucléaires. « Au niveau national, l’effectif global est de l’ordre de mille gendarmes », nous confirme EDF, qui précise que « ce peloton spécialisé est financé par EDF » mais que cette dernière « ne communique pas sur le coût de cette protection ».

Il s’agit d’empêcher qu’une nouvelle Zad, comme celle de Notre-Dame-des-Landes, ne se forme

 

Mais le laboratoire de l’Andra ne peut être, a contrario des centrales nucléaires, considéré comme un site sensible. Aucun déchet radioactif ne s’y trouve pour l’instant. Les travaux de creusement de Cigéo ne doivent pas commencer avant 2025 au plus tôt, et son entrée en exploitation est annoncée à partir de 2035. « Oui, mais c’est le seul site choisi pour stocker les déchets nucléaires, commente un gendarme qui a participé à ces opérations. C’est un projet à très long terme. »

Dès lors, à quoi sert le peloton de gendarmerie payé par l’Andra sur le site de Bure ? Selon de nombreux habitants que nous avons pu contacter, ces gendarmes sont principalement affectés à la surveillance du territoire et de ses habitants. Pour les forces de l’ordre, il s’agit d’éviter que les militants expulsés du bois Lejuc — une forêt communale un temps occupée par des opposants à Cigéo — ne reviennent. Et d’empêcher qu’une nouvelle Zad ne se forme, à l’exemple de celle de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.


 Une équipe de gendarmes stationnée à l’entrée sud du bois Lejuc.


Quand le confinement pour se protéger du coronavirus a commencé en mars dernier, « je me suis dit qu’on était déjà confiné depuis 2017. C’est pas plus, mais c’est pas moins ». Michel Labat habite à Mandres-en-Barrois, un village de la Meuse, proche de Bure. Il est connu de tous comme opposant à Cigéo. Pendant le confinement, il a été contrôlé alors qu’il allait chercher du pain à quelques dizaines de mètres de chez lui. Il se souvient que le jour où le maire a distribué du gel hydroalcoolique dans les rues du village, une femme est venue se plaindre à haute-voix du grondement des jeeps des gendarmes la nuit dans les rues du village. Pour Jean-Pierre Simon, agriculteur et militant anti-Cigéo : « Pendant le confinement, ça n’a pas faibli du tout. Toutes les deux heures ils passent devant chez moi. Au grè des équipes ou peut-être de leurs chefs, ils sont cools ou pas cools. Plus ou moins hargneux. » Lui habite à Cirfontaines, un autre village tout proche du futur site d’enfouissement. Selon lui, pendant le confinement, sur les routes du coin, « 50% du trafic, c’était eux ».

Jacques Guillemin, opposant et habitant de Mandres-en-Barrois, a passé beaucoup plus de temps chez lui que d’habitude du fait du confinement. Un jour, il dit avoir compté 27 passages d’un véhicule de gendarmes devant sa maison : « Un coup en Kangoo, un coup en jeep, ou en 4x4. J’en ai marre. Ils passent au ralenti. Me surveiller comme ça, ça ne me plaît pas. » Selon ses décomptes, les militaires passent en moyenne cinq fois par jour devant sa demeure. Parfois, c’est dix. « Personne ne vient chez nous sans que leur voiture ne soit prise en photo », ajoute-t-il. Tous les opposants interrogés par Reporterre et Mediapart pour cet article ont livré le même témoignage.

Un soir, Jacques Guilllemin dit avoir installé une caméra sur le rebord d’une fenêtre de son grenier pour filmer les passages incessants des militaires. Le lendemain matin, des gendarmes locaux sont venus lui demander de retirer l’appareil. Sollicités par Reporterre et Mediapart, ni la gendarmerie nationale ni les gendarmes locaux n’ont répondu à nos questions concernant ces patrouilles permanentes. « C’est pas une vie. Je le vis très mal, et ma femme aussi. On ne se sent plus chez nous. »

Jean-François Bodenreider est kinésithérapeuthe à Gondrecourt, et lui aussi, opposant notoire à Cigéo. « Nous avons des rapports très cordiaux avec les gendarmes locaux. Ce ne sont pas eux qui font de la répression contre les opposants. » Les patrouilles de gendarmes ont commencé avant la signature de la convention, dès 2016, selon plusieurs habitants. Mais depuis, elles n’ont jamais faibli. « Au départ, c’était des réservistes, se souvient Michel Labat. Ils étaient beaucoup plus gentils. Ils étaient curieux, ils voulaient discuter. » Depuis, « il y a de plus en plus de patrouilles, selon Jean-François Bodenreider. « Ils tournent à deux ou trois par véhicule. Quelques fois, ils se suivent à dix minutes ou même pas. » Selon lui, « ils relèvent la plaque d’immatriculation de chaque véhicule garé devant chez nous et vérifient s’il est interdit de séjour sur le territoire. On les a déjà surpris à observer une voiture garée devant chez nous à 4 heures du matin. Si ma femme sort la tête et leur dit : "Celle-là vous l’avez déjà !, ils répondent : "On fait notre métier". »

« C’est un choix politique. Les gendarmes n’ont pas la maîtrise de la chose. C’est le ministère qui décide. »


Les patrouilles de gendarmes sont incessantes à Bure et dans ses alentours. Ici, en mai 2019.


Une quinzaine de kilomètres est quadrillée 24 heures sur 24, comme nous l’a confirmé un militaire qui a participé à ces opérations : « Des gens sont surveillés. Comme la zone est très petite, ça fait forcément beaucoup de passages ». Quatre patrouilles de trois ou quatre gendarmes circulent en même temps. À quoi servent ces rondes incessantes ? « Il faut bien savoir qui est là, et qui est venu. Des habitants s’en offusquent, certains sont excédés. Mais c’est un choix politique. Les gendarmes n’ont pas la maîtrise de la chose. C’est le ministère qui décide. » Le même type de quadrillage et de relève systématique de plaques de véhicules aurait été pratiqué à Notre-Dame-des-Landes avant l’abandon de l’aéroport.

D’après les habitants interrogés pour cet article, les véhicules de patrouille sont des véhicules réformés, de vieilles Range Rover, ou des modèles plus récents de Kangoo et Transit. Un villageois les a vus se déplacer de nuit avec des lampes torches portant le sigle de l’Andra. Quelles sont exactement leurs prérogatives ? La Direction générale de la gendarmerie nationale n’a pas voulu répondre à nos questions.

Dans un rapport sur les événements survenus à Bure et leur traitement judiciaire, la Ligue des droits de l’Homme explique que « l’ensemble des témoins disent avoir constaté que les personnes connues pour ne pas s’opposer au projet d’enfouissement de déchets radioactifs ne font pas l’objet des mêmes contrôles et de la même surveillance des forces de l’ordre ». L’association remarque que « les contrôles d’identité permanents et répétés portent atteinte aux libertés individuelles » et ne peuvent « que déboucher sur des incidents ».


Le « monstre Cigéo » devant les grilles de l’Andra lors des « 200.000 pas », une marche populaire organisée en 2016.


Me Matteo Bonaglia, l’un des avocats des mis en examen dans le cadre de l’information judiciaire pour association de malfaiteurs, se dit « surpris de tels moyens alloués à l’Andra. Cela explique toutefois la surmilitarisation que l’on observe sur ce territoire où se joue la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, l’Andra pouvant s’allouer le concours de la force publique dans une proportion trois fois plus importante que partout ailleurs. Il est déjà difficile de s’opposer au projet Cigéo et de faire valoir ses opinions antinucléaires. Ici, la multiplication des contrôles et la surreprésentation des gendarmes constitue de facto une entrave à la liberté d’opinion et à la libre expression des idées. Elle explique également le grand nombre de procès intervenus ces dernières années pour des infractions telles outrage et rébellion, tout le monde n’acceptant pas si facilement d’être l’objet de contrôles incessants. »

Cette convention avec la gendarmerie est d’autant plus problématique que l’Andra apparaît à plusieurs reprises dans le dossier actuellement en cours d’instruction après le début d’incendie à l’hôtel-restaurant du Bindeuil, dans lequel dix militants antinucléaires sont mis en examen et auquel Mediapart et Reporterre a pu avoir accès. L’agence ne s’est pas constituée partie civile, mais a porté plainte à trois reprises. Ainsi, le 17 février 2017, son directeur, David Mazoyer, porte plainte « au nom de l’Andra » après des « dégradations » commises sur le site de l’écothèque, appartenant à l’agence. « Dans la nuit du 16 au 17 février 2017, explique le directeur aux gendarmes de Ligny-en-Barrois, les opposants ont endommagé, plié ou arraché la clôture de l’enceinte de ce site, principalement sur la façade Ouest et sur un linéaire d’environ 150 mètres. » Ces dégradations ont fait l’objet d’un réquisitoire supplétif et ont rejoint la longue liste des délits visés dans cette instruction tentaculaire.

Quelques mois plus tard, le 21 juin 2017, le jour du début d’incendie à l’hôtel-restaurant Le Bindeuil, David Mazoyer a déposé une deuxième plainte : « D’autres membres de leur mouvement s’en sont pris au digicode du portail piéton donnant accès au site de l’Écothèque. Cet appareil est endommagé et hors d’usage. Je dépose plainte au nom de l’Andra pour la destruction de cet appareil. » Enfin, le 24 avril 2018, c’est le chef du service de protection et prévention des risques de l’Andra qui a porté plainte pour recel de documents après la découverte de photos appartenant à l’Écothèque lors d’une perquisition.

D’après nos informations, le peloton de gendarmes payés par l’Andra n’est pas affecté à la « cellule Bure », une cellule de gendarmes avec leur propre écusson chargés de l’enquête en cours. Mais que dire d’un plaignant qui rémunère des gendarmes pour aller surveiller les gens contre qui il a porté plainte ? Sur ordre de la préfecture, les gendarmes de l’Andra peuvent aussi en théorie être affectés au maintien de l’ordre dans des manifestations ou au palais de justice. Le mélange des genres serait alors total : un plaignant qui paye les forces de l’ordre dans une manifestation contre lui ou pire, lors de procès des opposants à son projet...

Outre ce potentiel conflit d’intérêt, la convention entre l’Andra et la gendarmerie nationale, en apparence légale, soulève des questions juridiques. En 2018, une circulaire du ministre de l’Intérieur Gérard Colomb a ouvert la voie à une facturation beaucoup plus large que ce qui avait été initialement prévu. « La circulaire ne prend plus la précaution de la limitation aux ’organisateurs de manifestations sportives, récréatives ou culturelles à but lucratif’. On peut facturer à tout le monde, peu importe l’objet et la finalité lucrative ou non », précise Mickaël Lavaine. En 2018, la publication de son article dans la revue de l’actualité juridique du droit administratif a donné lieu à un recours engagé par le Collectif des Festivals devant le Conseil d’État, les organisateurs dénonçant les sommes considérables de sécurité dont ils devaient s’acquitter auprès de l’État.

Ce mélange des genres interroge sur l’impartialité du travail policier

 

Dans ce débat de juristes s’opposent les deux alinéas de l’article L211-11 du code de la sécurité intérieure, organisé par la circulaire Colomb. Le premier précise que ces conventions concernent uniquement les « organisateurs de manifestations sportives, récréatives ou culturelles à but lucratif », le deuxième cible beaucoup plus largement toutes « personnes physiques ou morales ». « Le Conseil d’État devra statuer sur ce débat : l’alinéa 2 est-il lié à l’alinéa 1 ? S’il statue en ce sens, ce que je défend, cela veut dire que l’Andra ne peut pas se faire facturer, ni des associations qui organisent le festival de la patate. Cela permettrait de revenir à l’esprit du texte du tour de France », précise Mickaël Lavaine. Le Conseil d’État devrait trancher d’ici l’été.


Au bois Lejuc, près de Bure (Meuse).


Pour le chercheur, ce débat juridique pose une question beaucoup plus large : « Le code de la sécurité intérieure précise que peuvent être facturées ’les forces de police ou de gendarmerie des services d’ordre qui ne peuvent être rattachés aux obligations normales incombant à la puissance publique’. Mais quelle est l’obligation normale de l’État ? Cette notion est suffisamment floue pour pouvoir y mettre ce qu’on veut. Si on pousse la logique de la circulaire Colomb jusqu’à son terme, rien n’interdit de facturer à l’organisateur d’une manifestation FO ou la CGT les dispositifs policiers d’une manifestation. Pourtant, la Déclaration des droits de l’Homme prévoit que la force publique doit être financée par l’impôt. »

Pour Me Alexandre Faro, avocat de l’une des militantes témoin assistée dans l’instruction ouverte après l’incendie du Bindeuil, « cela équivaut à privatiser la police au profit de l’Andra. D’un strict point de vue juridique cela est très contestable car en France la police est un monopole de l’État et la Constitution prévoit que la souveraineté est exercée par le peuple et pour le peuple. »

Ces débats ont aussi animé les salariés de l’Andra lorsque la convention avec la DGGN a été signée. Une source interne nous raconte que « ça a posé des questions » : « Pourquoi c’est l’Andra qui paie alors que c’est un établissement public ? »

Loin d’être anecdotique, la dizaine de millions d’euros par an décaissés par l’Andra pour payer la présence de l’escadron de gendarmes représente une somme significative. En 2018, le résultat net de l’agence ne s’élevait qu’à 11,5 millions d’euros, principalement constitué du crédit impôt recherche, comme l’indique le rapport annuel financier de l’établissement.
Les dépenses liées à Cigéo sont directement financées par les trois grands acteurs du nucléaire : EDF et Orano, deux sociétés privées, et le CEA, un établissement public de recherche. En 2018, ils ont versé 212 millions d’euros dans le projet de site d’enfouissement.

Les gendarmes payés par l’Andra qui quadrillent le territoire ne sont pas les mêmes que ceux qui enquêtent pour la justice dans la cadre de l’information judiciaire et ont écouté pendant des mois les opposants à l’Andra. Mais ils appartiennent à la même institution. Ce mélange des genres interroge sur l’impartialité du travail policier. La puissance publique ne se retrouve-t-elle pas en situation d’insincérité face aux citoyens qu’elle contrôle avec un tel acharnement ? Les gendarmes, l’Andra, la justice, les dirigeants politiques d’un côté ; les opposants de l’autre. Deux camps soudés, l’un face à l’autre, comme en situation de guerre.

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Lire aussi : Les antinucléaires de Bure face à la justice, l’enquête de Reporterre et Mediapart

Source : Marie Barbier (Reporterre) et Jade Lindgaard (Mediapart)
Photos :
. chapô : Des gendarmes dans une rue à Mandres-en-Barrois le 3 mars 2018, en train de contrôler la route, autour de Bure, alors que se tenait une manifestation antinucléaire. © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
. Tente dans le bois Lejuc, mai 2017. VMC Camp
. Patrouille de gendarmes (© Raphaël Goument/Reporterre)
. Capture d’écran de la vidéo du Youtubeur Astronogeek consacrée au laboratoire de l’Andra



Source : https://reporterre.net/A-Bure-l-agence-des-dechets-nucleaires-se-paie-des-gendarmes

mardi 16 juin 2020

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Atelier de l'entonnoir                         



lundi 15 juin 2020

SwissCovid : « inefficace », mais tellement nécessaire...


SwissCovid : « inefficace », 

mais tellement nécessaire...

 

 

Au-delà de l'épidémie, l'application permettra surtout de sonder dans quelle mesure les gens sont prêts à installer volontairement une application de traçage institutionnelle dans leur téléphone privé.



Dans quelle mesure les gens font confiance à de nouvelles technologies qui les contrôlent pour leur bien ou pour le bien commun ? C'est un des enjeux indirects de SwissCovid.
Image: istock





lematin.ch

09.06.2020

Avec l'application de traçage SwissCovid, on assiste au lancement d'une expérience de surveillance de masse en Suisse, sous prétexte d'accompagner la phase d'endiguement du coronavirus, qui pourrait durer encore deux ans... Cette opération de traçage à large échelle concerne une épidémie, dont les cas qui apparaissent aujourd'hui peuvent être traités de manière conventionnelle. Qu'importe, le projet doit absolument se faire.

Difficile de prouver dans un temps si court

Il faut chercher ailleurs l'intérêt de l'application SwissCovid, qui semble être devenue un but en soi. Le Conseil des Etats, conscient qu'elle arrive un peu tard, a fait ajouter dans la base légale que, si elle s'avérait « inefficace », elle devrait être arrêtée avant le 30 juin 2022. Alain Berset ne pense pas que ce sera le cas : « Vous me direz, a-t-il précisé devant le Conseil national, qu'il sera difficile de prouver l'inefficacité dans un temps si court, surtout aujourd'hui avec tellement peu d'infections. Donc c'est bien possible qu'on n'arrive pas à voir si elle est efficace ou non avant que ce soit terminé, on pourra faire une analyse plus tard... »

Des données trop précieuses pour disparaître

Une analyse semble donc être prévue, mais de quoi et de quelles données ? Certes, les promesses répétées aujourd'hui sur la protection de la sphère privée seront tenues. Mais les promesses qui ne sont pas faites n'auront pas à être tenues ! Les données sur le nombre de gens qui ont téléchargé l'application (60 000 déjà à l'heure actuelle), notamment leurs numéros de téléphone, ne finiront assurément pas à la poubelle. Elles permettront de savoir qui, où, à quel âge ou de quel sexe a téléchargé l'application en Suisse et d'en faire peur-être « l'analyse ». Elles sont bien trop précieuses pour disparaître.

Une psychologie détournée

On ne peut s'empêcher de déceler dans cette opération une finalité détournée. Un peu comme dans un test psychologique, on recherche des informations sur le fonctionnement psychique d’une personne en train de répondre à des questions et non pas sur ses réponses... Ici, c'est l'insistance à mettre en avant l'aspect « volontaire » de l'opération qui est central. Il est dommage que les parlementaires n'aient pas abordé cette option de SwissCovid, qui est de sonder dans quelle proportion et avec quels moyens la population est prête à installer volontairement une application de traçage institutionnelle dans son téléphone privé. On le saura peut-être un jour. Avec l'analyse dont parle le conseiller fédéral.

Eric Felley
 


 

dimanche 14 juin 2020

Des résidus de pesticides interdits détectés dans les fruits et légumes importés

Des résidus de pesticides 

interdits 

détectés dans les fruits 

et légumes importés



 Lausanne/Zurich, 2 juin 2020


 Des résidus de nombreux pesticides toxiques interdits en Suisse se retrouvent dans les denrées alimentaires importées, comme le révèle une nouvelle enquête de Public Eye. Ces résultats montrent les failles de la législation helvétique. Alors que l’Union européenne envoie un signal fort, le Conseil fédéral doit enfin adopter une politique cohérente en matière de pesticides extrêmement dangereux.





Notre enquête s’appuie sur des données de 2017 obtenues auprès de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), les plus récentes disponibles au niveau national. Elle montre que plus de 10 % des denrées importées contrôlées par les autorités (220 échantillons sur 1940) contenaient des résidus de substances figurant sur la liste des pesticides interdits en Suisse « en raison de leurs effets sur la santé de l’être humain ou sur l’environnement ». Parmi les denrées provenant de pays hors de l’Union européenne, la proportion s’élève à près de 20 %. Ces fruits et légumes ont été importés en toute légalité de pays comme la Thaïlande, le Vietnam ou encore l’Inde, où l’utilisation de ces produits est toujours autorisée.

Au total, 52 pesticides interdits ont été détectés. En tête de liste : des substances pouvant avoir des effets dévastateurs sur la santé en cas d’exposition à long terme, même à de faibles doses, ou présentant un risque élevé d’intoxication aigüe pour les agriculteurs. Parmi les pesticides bannis les plus souvent trouvés figurent des substances commercialisées par le géant bâlois Syngenta, voire même exportées depuis la Suisse ces dernières années. Le profénofos par exemple, un puissant neurotoxique de la même famille que le gaz sarin. Par le biais des importations alimentaires, ces substances se retrouvent dans nos assiettes, tout comme le chlorpyrifos et le chlorothalonil, qui ont récemment été interdits en Suisse.

Des pesticides interdits ne devraient en principe pas se retrouver dans nos assiettes. La législation suisse prévoit que si un pesticide n’est pas ou plus autorisé dans notre pays, la limite maximale de résidus dans les aliments est fixée au « seuil de quantification » (0.01 mg/kg), soit la concentration la plus faible pouvant être quantifiée en laboratoire. L’OSAV peut toutefois, sur demande, fixer une « tolérance d’importation », mais cette disposition ne s’applique pas si le pesticide est interdit pour des motifs liés à la « protection de la santé ». Pourtant, la pratique semble généralisée. Pour environ deux tiers des 163 substances inscrites sur la liste des pesticides interdits en Suisse « en raison de leurs effets sur la santé de l’être humain ou l’environnement », une limite supérieure a été fixée.

Dans un rapport publié le 20 mai, la Commission européenne reconnaît que l’importation de denrées cultivées avec des pesticides interdits est contraire aux attentes des consommateurs, et nuit à la compétitivité de l’agriculture européenne ainsi qu’aux êtres humains et à l’environnement dans les pays où celles-ci sont produites. La Commission se dit prête à considérer une révision de la législation. Ce signal fort de Bruxelles souligne l’urgence d’agir. La Suisse doit mettre fin à sa politique des « deux poids, deux mesures » en matière de pesticides extrêmement dangereux, en interdisant que des substances bannies ici puissent être exportées depuis le territoire helvétique ou importées dans les denrées agricoles.

Plus d’informations ici ou auprès de :



Source : https://www.publiceye.ch/fr/coin-medias/communiques-de-presse/detail/des-residus-de-pesticides-interdits-detectes-dans-les-fruits-et-legumes-importes?fbclid=IwAR22g72HZhwWAEYejFbWmQP6Dp7DF2jPcuSnQzgjy6Dt-8oAIwQ3jvD9Ln8

samedi 13 juin 2020

En Chine et en France, les élevages industriels de porcs sont une source de pandémies


En Chine et en France, 

les élevages industriels 

de porcs 

sont une source de pandémies




 6 juin 2020 / Jocelyne Porcher 




Qu’est-ce qui, depuis les années 1980, explique la multiplication des virus et les abattages à grande échelle d’animaux ? Le développement de l’élevage industriel porcin en Chine, accompagné par la France, répond l’auteure de cette tribune. Qui en appelle à d’autres modes d’élevage, respectueux des animaux.

Jocelyne Porcher est directrice de recherches à l’Inra de Montpellier. Elle travaille sur la relation de travail entre les éleveurs et leurs animaux. Avant, elle a été elle-même éleveuse et technicienne agricole.



La crise sanitaire mondiale que nous traversons actuellement fait des milliers de morts, dont une grande part, sans aucun doute, aurait pu être évitée par des politiques de santé humaines plutôt que gestionnaires. Elle atteint notre humanité, mais elle touche également de manière insidieuse une part de notre intégrité : nos relations aux animaux. Alors que nombre de nos concitoyens se réjouissent de la présence de leurs compagnons animaux dans le contexte actuel de rupture des contacts entre humains, reconnaissent leur importance dans leurs vies, leurs vies concrètes, matérielles, mais aussi psychiques, d’autres, avec plus d’opportunisme que de décence, insistent sur le fait que la cause première de cette pandémie serait à rechercher dans notre proximité avec les animaux, à travers l’élevage et la domestication.

Haro sur le baudet, sur le pangolin, sur la chauve-souris et, plus récemment, sur le chien. Car, si pour les uns, le criminel est l’animal sauvage, pour les autres, c’est l’animal domestique, et, au-delà, l’animal humain, générique, celui dont Gaïa aspirerait à se débarrasser enfin.

Nous l’avons lu depuis le début de l’épidémie, l’origine du virus serait à rechercher chez les animaux. Il aurait été transmis aux humains à cause de pratiques hautement répréhensibles comme consommer de la viande ou vendre du poisson sur les marchés. Plus globalement, nos relations aux animaux provoqueraient ces zoonoses et cela depuis le Néolithique. Avant cette malheureuse rencontre entre les humains et les animaux, avant cette « monstrueuse cohabitation », au temps béni des chasseurs cueilleurs, voire au temps béni (surtout l’hiver) des cueilleurs tout court, la planète était un éden. Les communautés humaines ne connaissaient ni la guerre ni la faim, ces calamités étant venues avec l’agriculture, paraît-il.

Comment ces fables des origines peuvent-elles avoir un tel écho aujourd’hui alors que les animaux domestiques occupent une place si importante dans nos vies, dans nos vies concrètes, matérielles, mais aussi dans nos vies psychiques ? On peut proposer de penser au contraire, à propos de la domestication des animaux, que l’aventure humaine aurait pu tourner court sans cette extraordinaire bifurcation de l’évolution des espèces opérée il y a dix millénaires, l’association entre des individus de l’espèce humaine et ceux d’autres espèces animales, intéressés à mettre en jeu ensemble les conditions de leur survie respective [1].

Au cours de cette association et depuis dix millénaires, nous avons échangé bien des choses et, bien sûr, également des micro-organismes et virus. Qu’est-ce qui a changé ces dernières décennies pour que ces zoonoses se multiplient et soient rendues plus dangereuses et plus mondialisées ?

Ce qui a changé : les conditions d’élevage des animaux, notamment en Chine

 

Ce qui a fondamentalement changé et dont on entend fort peu parler à l’heure du Covid-19, ce sont les conditions d’« élevage » des animaux en Chine. En quelques décennies, ce pays est devenu un leader mondial des productions animales, et notamment de la production de porcs. La Chine est le premier producteur de porcs au monde et elle est également le premier pays consommateur. Cela, « grâce » à des structures industrielles de très grande taille – d’ailleurs développées en partie avec le concours d’entreprises françaises (génétique, aliments du bétail, équipements...), qui ont remplacé les élevages paysans.



Lutte contre une ferme-usine dans la Vienne, en 2018.

Wuhan est la capitale de la province du Hubei, forte productrice de porcs (production, sélection, reproduction, abattoirs...). On trouve dans cette province de très grandes structures de production de porcs (de 10.000 à 50.000 animaux). Le dernier salon du China international animal husbandry exhibition (CAHE) [2], consacré aux productions animales (porcs et volailles notamment), s’est tenu à Wuhan en 2019.

Si la Chine détient sans doute aujourd’hui le triste record de la densité de porcs par mètre carré et fait preuve d’inventivité en entassant les porcs dans des bâtiments de plusieurs étages, elle ne fait que reproduire et étendre un modèle que les zootechniciens et vétérinaires français ont largement participé à développer. Quand, en 1970, a été conçu le « plan de rationalisation de la production porcine », il s’agissait bien de sortir les porcs des fermes où ils étaient dispersés et de mettre en place un « élevage » rationnel, moderne et productif.

Depuis les débuts de l’élevage industriel, les pathologies dévastatrices se sont multipliées


Ce modèle industriel de production porcine, celui qui existe actuellement en Bretagne comme en Chine, même s’ils sont à des niveaux de taille différents, n’a pas été mis en place si facilement et il n’a pu s’imposer comme « modèle dominant » que dans les années 1980. Pendant dix ans, il a fallu batailler contre les virus et microbes qui assaillaient les animaux enfermés et sans défense contre les pathologies générées par l’enfermement, la promiscuité et le volume des déjections [3].

Il n’était pas rare que le producteur entrant dans sa porcherie trouve une partie de ses animaux agonisants ou morts : « En post-sevrage, on a perdu jusqu’à 30 % de porcelets mais économiquement on n’a jamais souffert. [...] J’ai eu énormément de cochons à crever, on était tous des apprentis sorciers dans l’élevage en fait, il y en avait un qui voulait trouver son virus, l’autre qui voulait ceci, l’autre qui voulait cela », explique un producteur installé en 1968 [4].

Cette bataille contre les virus n’a en fait jamais cessé. Régulièrement, une pathologie dévastatrice – [SRDP|Syndrome dysgénésique et respiratoire du porc], diarrhée épidémique, rhinite atrophique, grippe porcine, [MAP|Maladie de l’amaigrissement du porcelet.], mais aussi les zoonoses comme l’hépatite E, etc. – apparaît dans les exploitations et est refoulée par l’abattage massif des animaux.

Les ravages que fait actuellement la peste porcine africaine (PPA) en sont un rappel. En Chine, depuis 2018, des millions de porcs ont été abattus à la hâte pour cause de PPA. Selon les sources, entre 30 % et 50 % du cheptel de truies aurait disparu. Il faut noter que, dans le cas d’abattages massifs, la gestion des cadavres est un véritable problème qui peut être résolu localement par des solutions expéditives, comme jeter les porcs (morts ou vifs éventuellement) dans des fosses sauvages ou dans des cours d’eau [5].

Les élevages industriels empêchent la pérennité des systèmes paysans

 

Mais, dans le monde des productions animales mondialisées, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi la faillite de la production porcine chinoise a-t-elle donné de grandes satisfactions à la filière industrielle française, ravie d’exporter ses porcs à très bon prix. En décembre 2019, le prix du porc atteignait des sommets (prix de base à 1,7 euro le kilo). Comme le souligne un analyste de l’Institut du porc : « Les perspectives sont prometteuses pour les grands exportateurs mondiaux en 2020 dans le contexte actuel. » Elles le sont nettement moins pour les éleveurs-paysans qui sont sommés, pour limiter la propagation de la PPA et dans le cadre de mesures de biosécurité, de mener leur élevage plein air en appliquant des procédures industrielles. Ce qui est un contresens du point de vue du travail et ruine ce qui fait la valeur du plein air et du parcours, l’autonomie des animaux et leur proximité avec leurs éleveurs.


Des porcelets dans un élevage paysan des Côtes d’Armor.

Non seulement, donc, les systèmes industriels participent de la destruction des équilibres naturels et de notre capacité à vivre avec les virus mais ils empêchent l’émergence et la pérennité des systèmes paysans, qui sont précisément ceux qui conviennent aux animaux et qu’attendent nos concitoyens.

Entre industrie porcine et Covid-19, il y aurait sans doute bien des choses à voir, et tout un système de production à revoir, radicalement. Non pas en misant sur l’agriculture cellulaire et la viande in vitro, comme semblent y penser très fortement aussi les Chinois, mais en revenant sur cinquante ans d’industrialisation de l’élevage. Les animaux ne sont pas des choses et, à travers ces virus (qu’ils les tuent ou qu’ils nous tuent), c’est la vie qui résiste en eux. C’est pourquoi nous devons de toute urgence renoncer à la violence industrielle et à ses conséquences mortifères, et mettre en place des modes d’élevage et de consommation respectueux des animaux. Non pas sans eux ni contre eux, mais avec eux.


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[1Pour en savoir plus, lire Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle, de Jocelyne Porcher, aux éditions La Découverte, 2011.
[2L’équivalent XXL du Space breton.
[3Sur les conditions de vie et de travail dans les porcheries industrielles dans les années 1970-1980, voir le film Cochon qui s’en dédit, de Jean-Louis Le Tacon (1979) en ligne ici et complété par des interviews et des commentaires.

[4Le producteur était rémunéré quelle que soit sa production, comme expliqué dans Cochons d’or. L’industrie porcine en questions de Jocelyne Porcher, 2010, Quæ.
[5Rappelons aussi que des abattages massifs similaires avaient déjà eu lieu en Corée du Sud il y a une dizaine d’années pour cause de fièvre aphteuse. Cette maladie n’est pas mortelle pour l’animal, elle n’est pas contagieuse pour l’humain, mais elle entrave les exportations.


Lire aussi : Véganes et paysans (presque) unis contre l’élevage industriel

Source : Courriel à Reporterre
Photo :
. chapô : Porcs. Pixnio
. Des porcelets d’un élevage paysan des Côtes d’Armor. © Benoit Vandestick/Reporterre
. Ferme-usine dans la Vienne en 2018. © Clément Barraud/Reporterre
- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.





Source : https://reporterre.net/En-Chine-et-en-France-les-elevages-industriels-de-porcs-sont-une-source-de-pandemies?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne


vendredi 12 juin 2020