Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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jeudi 11 juin 2020

Fin de vie : "Saint-Nazaire. « Les trois mots de notre devise républicaine sont mis à mal »

Saint-Nazaire

« Les trois mots 

de notre devise républicaine 

sont mis à mal »





Hervé Bureau a accompagné sa mère souffrant de la maladie d’Alzheimer dans une agonie de 11 jours…© PO-F. LB


 Vendredi 05 juin 2020



« Le cadre légal, il faut le faire bouger car il ne respecte pas la dignité de la personne à l’agonie. Onze jours, c’est long… Pour le personnel soignant aussi, auquel je souhaite rendre hommage », évoque Hervé Bureau. Depuis dix ans, le fils s’occupait de sa maman Michèle, atteinte de la maladie d’Alzheimer.


 Elle est partie le 25 mai, à 92 ans. Ma mère avait fait une mauvaise chute le 19 avril et elle était donnée mourante fin avril. Et puis, contre toute attente, elle a repris quelques forces qui lui ont permis de tenir. Mais, à partir du 16 mai, elle ne voulait plus s’hydrater ni manger , raconte Hervé Bureau. Alors, les médecins ont mis en œuvre un protocole de sédation qui est censé garantir l’absence de souffrance et une fin de vie apaisée. En réalité, cela a été onze jours d’agonie. Mourir de faim et de soif au XXIe siècle c’est affreux. J’ai appris à ce moment que tant qu’aucun rictus n’apparaît sur le visage, le médecin considère qu’il n’y a pas de souffrance… On m’a alors assuré que ma mère était Confortable. Mon canapé est confortable, ma voiture est confortable, pas ma mère , souligne-t-il, quelque peu indigné par l’emploi de ce terme médical impersonnel, tirant vraisemblablement son origine de l’anglais (« se sentir bien »). Un second médecin nous a confirmés à mon frère Raymond et moi que le cadre légal ne lui permettait pas d’accéder à notre demande d’abréger les souffrances de notre mère, mais qu’elle mettrait tout en œuvre pour les supprimer  .

Face à une fin inéluctable médicalement parlant, pourquoi notre société ne donne-t-elle pas les moyens d’abréger les souffrances du patient et de lui permettre un départ apaisé, serein et digne ? Comment font les autres pays ?, s’interroge Hervé Bureau.


"Pourquoi je suis encore là ?" 


À 92 ans, avec une saloperie de maladie qui s’est installée progressivement depuis 10 ans, qui nie la personnalité, qui abîme ce qu’on est, que voulez-vous qu’il y ait comme espoir ? Quel intérêt de prolonger quelqu’un de quelques semaines, mois ou même années ? Durant ses moments de conscience, ma mère a évoqué à plusieurs reprises sa volonté de partir : « Pourquoi je suis encore là ? À quoi ça sert ? J’en ai assez !


Pour Hervé Bureau et l’ADMD, il faut désormais faire avancer les choses car ce système est hypocrite. Je comprends les clauses de conscience et éthiques, car ce n’est pas le rôle des médecins de faire mourir les gens, mais c’est injuste. Si on a les réseaux et aussi un peu d’argent, on peut aller en Suisse ou en Belgique… Il y a là une inégalité et j’estime que les trois mots de notre devise républicaine sont mis à mal par le cadre actuel. Liberté : nous n’avons pas celle de choisir notre heure ; Égalité : on vient d’en parler ; Fraternité : laisser quelqu’un cesser de vivre par épuisement, ce n’est pas être fraternel. C’est incroyable qu’en France on ne puisse toujours pas choisir le moment de sa mort . Pouvoir maîtriser sa vie jusqu’à l’ultime instant, programmer son décès en choisissant le bon moment, c’est se respecter, protéger les soignants et aussi son entourage , pense Hervé Bureau. Le Nazairien avoue qu’il n’aura plus la même approche sur ce sujet compliqué de la maladie et de la mort, après avoir ainsi accompagné ma mère jusqu’à la fin .

Franck LABARRE.   Presse-Océan  


Source : https://saint-nazaire.maville.com/actu/actudet_-saint-nazaire.-les-trois-mots-de-notre-devise-republicaine-sont-mis-a-mal-_fil-4125722_actu.Htm

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mercredi 10 juin 2020

La voûte céleste envahie par les milliardaires du numérique


La voûte céleste envahie 

par les milliardaires 

du numérique



 2 juin 2020 / Un amoureux du ciel






Les satellites sont de plus en plus nombreux au-dessus de nos têtes et gênent maintenant les observations des astronomes, alerte l’auteur de cette tribune. Qui se demande s’il est utile de favoriser la diffusion des séries Netflix et du porno jusque dans les déserts de sable.

« Gab » est un amoureux du ciel qui préfère rester anonyme.





À la fin d’une journée dans notre monde capitaliste, après avoir été agressé.e par des publicités, confronté.e, de gré ou de force, à une organisation absurde du travail, et surveillé.e par des flics et des caméras, il arrive qu’on lève la tête et que l’on se perde quelque temps dans la contemplation du ciel étoilé – pour peu que l’on se trouve à un endroit où la pollution lumineuse ne l’empêche pas.

On regarde alors tout ce qui brille et scintille gratuitement depuis toujours. C’est joli, c’est infini, ça fait du bien. Enfin, jusqu’à ce que l’œil soit attiré par un point très lumineux qui se déplace d’un bout à l’autre du ciel, suivi par d’autres points, espacés de quelques secondes : soixante satellites Starlink viennent de traverser notre rêverie.





En ce moment, nous avons au-dessus de nos têtes plus de 4.000 satellites artificiels, dont une grosse moitié est en activité. Météo, télécommunications, GPS, outils scientifiques et militaires, le nombre de ces objets augmente de manière exponentielle depuis les années 2010. Starlink, le projet de réseau internet très haut débit à couverture mondiale développé par l’entreprise SpaceX du milliardaire Elon Musk [1], prévoit d’expédier dans l’espace jusqu’à 42.000 nouvelles ferrailles technologiques dans les années qui viennent.

D’autres multinationales et leur cortège de start-up innovantes se pressent pour imiter cette infâme bêtise

 

Les lancements ont commencé en mai 2019, le dernier en date a, hélas, eu lieu avec succès le 22 avril dernier : soixante nouveaux satellites ont alors rejoint la « constellation » (c’est le terme officiel) Starlink, qui compte maintenant 450 unités. Ces ferrailles font à peu près la taille d’une machine à laver ornée de grands panneaux solaires, pèsent dans les 250 kilos, et orbitent à environ 400 kilomètres au-dessus de nous. Contrairement aux satellites lancés par les différentes agences spatiales, objets uniques et coûteux, dont le développement prend des années, les satellites de Starlink sont des choses jetables, produits industriels de masse, peu chers et relativement faciles à fabriquer, comme les stupides smartphones auxquels ils sont dédiés.

Ce qui rend particulièrement visibles ces centaines d’antennes relais à internet, c’est qu’elles reflètent les rayons du soleil. À la suite de l’indignation des astronomes amateurs comme professionnels, dont certaines observations sont déjà compromises par Starlink, Elon Musk a promis qu’on verrait moins ses produits une fois l’orbite définitive atteinte, et que son entreprise allait réduire leur impact visuel en les peignant en noir… A priori, le résultat n’est pas flagrant, et 42.000 points qui se déplacent en même temps, quand bien même leur luminosité serait réduite, restent une modification incroyable et définitive du ciel nocturne — il faut environ deux siècles à un satellite en orbite basse pour retomber sur Terre.


 Une photo au télescope du ciel nocturne, rayée par des satellites Starlink. 



Loi du marché et libre concurrence obligent, d’autres multinationales et leur cortège de start-up innovantes se pressent pour imiter cette infâme bêtise. Ainsi Amazon, propriété du peu regardant milliardaire Jeff Bezos, vise avec son projet Kuiper une flotte de 3.200 satellites, ou l’entreprise américaine OneWeb, qu’une heureuse faillite liée à la crise du coronavirus stoppe provisoirement dans le lancement de ses engins construits par Airbus (74 sur 900 sont déjà en l’air). Boeing, Samsung et d’autres encore ont dans leurs cartons des idées similaires.


Les satellites diffuseront la culture de masse jusqu’au milieu des océans


Pour les promoteurs de ces constellations de parasites visuels, il s’agit d’apporter aux deux tiers de l’humanité « privés » d’internet une connexion haut débit, que ce soit au fin fond des forêts primaires, dans les déserts de sable ou de glace comme au milieu des océans. Sachant qu’en 2018 60 % du trafic d’internet était consacré à la vidéo en ligne – dont 34 % concernaient la VOD, soit la vidéo à la demande (les fameuses séries décérébrantes genre Netflix) et 27 % le porno (en immense majorité, sexiste et dégradant pour les femmes) –, on voit le bienfait que l’espèce humaine dans son ensemble pourrait retirer d’un accès universel au web. On en conviendra bien sûr, il serait injuste que seules les sociétés occidentales technologiquement avancées puissent s’aliéner dans le divertissement et la culture de masse. Pour Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, « la connectivité est un droit humain de base ». Certainement plus que la liberté de faire autre chose que consommer. Ou de regarder les étoiles.

Comment convaincre les habitant.e.s du monde de ne plus jamais utiliser Amazon, ni Netflix, de laisser tomber les smartphones addictifs et les applications chronophages, les réseaux sociaux narcissiques et destructeurs, et de refuser les objets connectés qui sont des indics en puissance ? Peut-être qu’en regardant le ciel nocturne et en voyant passer Starlink, elles et ils prendront une nuit conscience du mépris souverain que leur portent celles et ceux qui remplacent leurs rêves par des séries et leurs étoiles par des déchets en devenir.



[1Cet individu peu recommandable a déjà prouvé une ferme volonté de polluer l’espace en envoyant en orbite autour du soleil une voiture électrique de sa marque Tesla… Cette épave porte l’inscription « Made on Earth by Humans » : au moins, les extraterrestres qui la trouveraient sont prévenu.e.s.



Lire aussi : Et la nuit réapparut : ces villes qui confinent l’éclairage public


Source : Courriel à Reporterre
Photos :
. IC 1805, surnommée la nébuleuse du Cœur, est une nébuleuse en émission située à environ 6 500 année-lumière dans la constellation de Cassiopée. Gianni / Flickr

. Une photo au télescope du ciel nocturne, rayée par des satellites Starlink. NSF’s National Optical-Infrared Astronomy Research Laboratory/CTIO/AURA/DELVE

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.

- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.





Source : https://reporterre.net/La-voute-celeste-envahie-par-les-milliardaires-du-numerique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

mardi 9 juin 2020

PESTICIDES - PARTICIPER À LA CONSULTATION PUBLIQUE POUR S'OPPOSER À LA VALIDATION DE LA "CHARTE RIVERAIN"

On a reçu ça :




Communiqué de presse,

Perpignan, le 27 mai


PESTICIDES
 
PARTICIPER À LA CONSULTATION PUBLIQUE

POUR S'OPPOSER À LA VALIDATION DE LA "CHARTE RIVERAIN" 

La Chambre d'agriculture des Pyrénées Orientales a lancé en catimini le 18 mai la consultation publique "Charte Riverain et distance de traitement à proximité des habitations et des lieux accueillant du public".

Cette « pseudo » concertation menée actuellement n’a pas d’autre vocation que de tenter d’acheter la paix sociale dans les campagnes, avec l’accord du Ministère de l’agriculture et du lobby des pesticides !
Ces dispositifs ne répondent en rien aux enjeux bien réels des pesticides.

Nous dénonçons des mesures d’affichage, imposées nationalement par le gouvernement avec l’aval de la FNSEA, qui n’auront aucun effet si ce n'est faire diversion face aux vrais enjeux de société et tendre un peu plus la situation en milieu rural entre paysan(ne)s et riverains.

Mettre en place des zones de non traitement (ZNT) qu'elles soient de 3, 5 ou 20 m, ne sert à rien contre la volatilité des pesticides, l’effet des perturbateurs endocriniens, ou encore les effets « cocktail » imprévisibles.
Ces chartes, en étendant le champ des prétendues « bonnes pratiques », renvoient aux paysan.ne.s la responsabilité de l’empoisonnement par les pesticides, alors même que ce sont bien l’ANSES, l’État et les entreprises qui les mettent sur le marché.

D’ailleurs, la dangerosité des pesticides est directement liée à la dangerosité des produits et non pas uniquement à des « mauvaises pratiques ». C’est donc bien leur interdiction (en priorité les Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques et Perturbateurs Endocriniens) qui doit rester une priorité.

Interdire les pesticides les plus dangereux doit être accompagné de mesures économiques (aides à la transition vers des systèmes économes en pesticides, aides au maintien à l’agriculture Biologique, structuration de filières locales, etc) et commerciales (fin des accord s de libre-échange, arrêt des importations de produits traités avec des pesticides interdits en France, prix minimum d’entrée sur le marché national) permettant aux paysan.ne.s de changer leurs pratiques, de relocaliser l’agriculture et de vivre de leur métier.

L’État se décharge sur les territoires en renvoyant la charge du dispositif aux préfets. Le gouvernement fragmente ainsi la problématique des pesticides en une multitude de problématiques territoriales alors qu'il est question de santé publique.

Les ZNT ne sont pas faites pour protéger les riverains, et encore moins les agriculteurs, mais pour protéger l’industrie des pesticides (UIPP) vis à vis de l’inquiétude, légitime, qui monte parmi les riverains.


La Confédération paysanne, comme elle l'avait déjà annoncé dans son communiqué du 15 mai (PESTICIDES : ZNT, CHARTE RIVERAIN, FINANCEMENT, UN DISPOSITIF COMPLET POUR NE RIEN CHANGER), encourage à participer massivement à cette consultation CONTRE la validation par le préfet de cette charte dont le seul but est d’appliquer le minimum réglementaire (très insuffisant) sous couvert de dialogue.


Le dialogue que nous souhaitons vivant entre le monde agricole et la société ne peut être cadré par une énième charte. Nous proposons plutôt d’ouvrir la Chambre d’agriculture et ses réflexions aux citoyen(ne)s pour en faire un lieu de partage entre agriculteurs et consommateurs ou habitants du monde rural.

Nous demandons, plutôt que d’écrire des chartes inutiles, que la Chambre d’agriculture accompagne réellement les paysannes et les paysans vers la sortie des pesticides.

Nous demandons également à l’État d’assumer pleinement son rôle en matière sanitaire et de prendre de réelles mesures économiques pour accompagner la transition et les pertes éventuelles qui y seraient liées les premières années.

PARTICIPEZ À LA CONSULTATION PUBLIQUE OUVERTE JUSQU'AU 18 JUIN 18H

CONTACTS PRESSE : 


Elodie François, co porte parole : 06 87 73 71 57
Victor Tublet, co porte parole : 06 19 73 53 31
Lozat Olivier, animation, communication : 06 31 34 84 59


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Chargé de l'animation et de la communication

06 31 34 84 59


Adresse postale
Confédération paysanne des Pyrénées Orientales
19 Av. de Grande Bretagne
66025 Perpignan
 
 
 

lundi 8 juin 2020

Atelier de l'Entonnoir - Retour à la vie (presque) normale !!

Comme vous le savez peut-être, après 78 jours de fermeture imposée, l’Atelier de l’Entonnoir a enfin pu rouvrir ses portes et son cœur à ses adhérents, à vous, mardi dernier ! Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, cette semaine c’est au tour des ateliers de reprendre vie ! Nous vous tiendrons évidemment informés dès que nous pourrons reprendre les soirées concert, spectacles et autres joyeusetés culturelles qui nous manquent tant !!


  • Pensez à renouveler votre adhésion! Toujours à 5€, toujours en conscience!
  • Pour recevoir le mail hebdomadaire (la Gazette pour les intimes), vous pouvez désormais vous inscrire sur le site de l'asso! https://www.atelierdelentonnoir.fr
  • Nous continuons de vous inviter à rejoindre l'équipe des supers bénévoles qui font vivre ce lieu unique et indispensable et en profitons pour remercier à l'infini celles et ceux qui s'impliquent à travers les petites et grandes réalisations.
Pour devenir bénévole, contactez Simon
au 06 47 04 37 26
Ou rejoignez nous aux réunions bénévoles !
(tous les premiers lundis de chaque mois à partir de 19h à l'Atelier de l'Entonnoir )
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Dans les circonstances particulières qui nous sont imposées, nous servirons seulement 20 repas sur place et 20 repas à emporter. Ceci afin de respecter les nouvelles règles en vigueur tout en permettant à un maximum d'adhérents de profiter de notre Incroyable Cantine !!

Pensez à réserver !

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Pour la Grainothèque, venez échanger et/ou prendre des graines à prix libre. Ramenez vos fins de sachets inutiles, les graines que vous avez récoltées afin de diversifier la Grainothèque et de sauvegarder des variétés de qualité et des semences anciennes! merci!


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A VENIR....

Lundi 15 Juin, exceptionnellement, Atelier Couture à partir de 14h !
contact
Atelier de l'entonnoir                         


dimanche 7 juin 2020

Pétition - Consultation citoyenne des Argelèsien(ne)s - Pour une "Route de Vie préservée" et 33 pins


Consultation citoyenne 

des Argelèsien(ne)s - 

Pour une 

"Route de Vie préservée"

et 33 pins








Pour voir la vidéo cliquer sur ce lien :


Des discussions se sont engagées entre la Ville d'Argelès-sur-Mer, le Groupe National de Surveillance des Arbres (GNSA) représenté par Thomas Brail et des Citoyens.

La mobilisation de nous tous est aujourd’hui nécessaire au travers de cette pétition pour viser la protection des pins qui risquent d’être abattus dans les prochains jours. Leurs racines sont actuellement dérangeantes et considérées comme dangereuses. La qualité d’enrobage de la route et sa vétusté sont aussi des points majeurs.

Il nous semble que ces pins pourraient subsister sans encombre et pour le bonheur des promeneurs dans le cadre de ce projet qui vise un rétrécissement de la route.

Le point de départ 

Le Maire Antoine Parra, envisage, ce que les résidents du quartier de la Route de Nd de Vie attendent depuis 20 ans : une rénovation de l'espace urbain devant le cimetière d'Argelès-sur-Mer. Il porte un projet ambitieux (de 500 à 600 000 euros d'après nos sources) et veut en faire une véritable "entrée de ville".

Le projet prévoit un rétrécissement de 5m50 de la chaussée en éliminant pourtant tous les pins qui créent une ombre bienfaisante et contribuent à une qualité paysagère en offrant une perspective vers les Albères. La municipalité envisage de créer "un parc à l'andalouse" avec de nouvelles essences qui, de toutes façons, auront besoin de s'implanter et dont les racines risquent de poser problème dans 50 ans.

L'information mise en place dans les 8 réunions organisées par la Mairie s'est révélée insuffisante pour signifier l'abattage de 33 pins séculaires (environ 50 ans d'âge) et a été incomprise par une bonne partie de la population qui, bien qu'en accord avec certaines lignes du projet, a décidé d'intervenir, en découvrant les croix sur les arbres à abattre, pour aller vers la transition et le "Monde d'Après" pour les générations futures.

Seule l'expression de votre voix peut faire évoluer le projet vers davantage de bon sens !

Les mesures actuelles de la crise sanitaire compliquent le rassemblement.

Face à notre besoin de devenir force de proposition pour ce projet qui peut créer un précédent local, nous vous demandons de signer cette pétition pour montrer le nombre de personnes concernées par la préservation des arbres anciens (même s'ils seraient "remplacés" par la Mairie) essentiels dans un contexte de changements climatiques.

Comme le souligne Antoine Parra, gouverner c'est prévoir et parfois prendre des décisions difficiles pour remettre du bon sens dans notre Société.

En conséquence, et pour aller vers le bon sens de la démocratie, nous lui demandons d'accepter que les Citoyens qui se sentent concernés par la préservation des arbres anciens, pour tout ce qu'il procure en matière de santé, puissent faire entendre leur désaccord et leur point de vue sur ce sujet.

Débattre du projet ensemble

Nous sommes conscients des engagements financiers déjà engagés sur ce chantier et même si l'enjeu est important, il mérite de prendre un temps supplémentaire de réflexion, en concertation plus approfondie avec les Citoyens, avant cet abattage massif.

Ce projet nous semble soulever d’autres questions :
  • Comment garantir un plan de circulation apaisé ?
  • Où passeront les véhicules mortuaires ? (le cimetière ayant 3 entrées)
  • Pourquoi ne pas créer des liens avec la véloroute européenne ? La piste cyclable et piétonne prévue s'interromprait dans l'impasse du lotissement voisin d'après les informations fournies par la Municipalité.

Pour l’avenir d’Argelès la Naturelle…


Nous demandons la préservation des arbres anciens et que la Municipalité s'engage, sur l'ensemble de la commune à :
  • Préserver, au maximum, le végétal ancien plutôt qu'à le compenser, pour tenir compte de leurs services écosystémiques
  • Réaliser des diagnostics phytosanitaires dans le cadre de projets d'aménagements urbains et paysagers
  • Coconstruire les projets urbains en formalisant une convention citoyenne : nous voulons une concertation sincère, constructive et bienveillante (et non des réunions publiques descendantes).
  • Accéder à une information transparente et complète avec une rubrique dédiée sur le site Internet de la Ville dédiée aux projets urbains (objectifs, caractéristiques, plans et coûts).

Nous envisageons aussi en collaboration avec la Municipalité la mise en place de projets pédagogiques pour les écoles pour la sensibilisation au "vivant".

Merci de signer et de partager au maximum pour que la voix des Citoyens d'Argelès-sur-Mer, la Naturelle, résonne !

Source : https://www.change.org/p/refaire-la-route-en-pr%C3%A9servant-les-pins?utm_content=cl_sharecopy_22594223_fr-FR%3Av3&rec
ruiter=1106238486&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition



samedi 6 juin 2020

Tous malades du Covid-19



Tous malades du Covid-19



De cette pandémie, plus que les trop nombreux morts liés au Covid-19, c’est probablement le confinement généralisé et prolongé de 4 milliards d’êtres humains qui restera dans les livres d’histoire et d’économie.

Que s’est-il passé à l’orée du printemps 2020, pour que devant cette situation sanitaire, il ait été unanimement consenti à un confinement presque intégral de la population française …. quoi qu'il en coûte ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Cette décision unanime, quasi mondiale pose questions. Pourquoi ce virus justifiait-il de telles mesures alors que rien n’est fait contre d’autres dangers bien pires ? Ne risquent-t-elles pas surtout de nous coûter encore plus cher, humainement, socialement, y compris en nombre de morts indirectes ?

Agissant comme un miroir de notre comportement de prédation à l’égard de la biodiversité, le virus du Covid-19 est pourtant loin d’être celui qui précipitera la disparition de l’espèce humaine. La plupart d’entre nous continuons et continuerons de mourir de pathologies chroniques, sournoises et anthropiques mais aussi de vieillesse.

Que dit cet épisode du rapport qu’entretient notre civilisation à la nature, aux limites, mais aussi à la mort, donc à la vie ? Le propre de nos sociétés modernes n’est-il pas de tenter de nier la mort et de repousser toujours les limites... quoi qu'il en coûte ? S’il fallait choisir entre « cesser de vivre pour ne pas mourir » ou « accepter la mort pour vivre », que ferions-nous ?

L’expertocratie

À l’inverse de nombreux autres événements tout aussi dramatiques qui n'ont jamais bénéficié d'une telle focalisation (victimes quotidiennes de la famine, cancers dûs aux pesticides, surmortalité liée à la pollution de l’air, noyades de migrants en Méditerranée...), toute notre société occidentale, tous les médias et bien sûr toute la politique n’ont tourné qu’autour de cet événement.

Notre attention s'est d'abord focalisée sur les moyens hospitaliers. Le personnel médical dans son ensemble a lancé l'alerte sur la dangerosité du virus mais surtout sur les capacités limitées et l’absence de matériel à disposition pour traiter tous les cas graves. Ils étaient évidemment dans leur rôle. Ils ont énuméré les mesures à prendre pour éviter que les hôpitaux (et les soignants) n’explosent : augmenter les capacités d’accueil, mais surtout, réduire au maximum les risques d’exposition des plus fragiles, favoriser le télétravail et la limitation des déplacements… Il fallait les écouter. C'était légitime. Ils ont fait leur travail. Comme tout le monde nous ne pouvons que les remercier pour leur engagement.

Mais fallait-il n’écouter qu’eux ? Pendant des semaines la France et une bonne partie du monde, n'a vu l'épidémie qu'à travers la lorgnette du nombre de lits de réanimation disponibles. Au-delà de la contrainte d’une réponse rapide à la crise émergente, le débat public a-t-il été moralement possible, ou acceptable ? Les politiques, et en premier lieu le gouvernement, ont eux aussi joué parfaitement leur partition : ils n'ont pas eu de vision politique et ont préféré une nouvelle fois proposer des réponses techniques à une question sociale, en ne prenant en considération que les préconisations d’un conseil scientifique composé presque exclusivement de médecins. Si bien que l’évidence collectivement admise, c'est qu'il fallait absolument limiter le nombre de nouveaux patients en réanimation ... quoi qu'il en coûte. Comme si nous avions été gouvernés par le corps médical pendant plusieurs semaines.

L’esprit autant paralysé que le corps

On ne compte plus les débats pour pointer les responsables du dépeçage du service public hospitalier, ou faire des procès en mauvaise gestion dans l’affaire des masques. Il est maintenant acquis qu’il aurait fallu immédiatement mettre en place un bouquet de solutions qui se complètent : distanciation, port du masque, tests sérologiques, confinement systématique des personnes infectées, traitement et aussi immunité collective en douceur. Et en tant qu’objecteurs de croissance, nous sommes les premiers à dénoncer l’économicisme qui nous a amené à la situation décrite ci-dessus.

Mais, il n'y a jamais eu débat sur le préalable suivant : il faut absolument soigner tout le monde ... quoi qu'il en coûte.

Fallait-il confiner 4 milliards d’êtres humains ? Fallait-il lutter, quoi qu’il en coûte, contre le virus ? La peur est telle que nous sommes désormais prêts à négocier avec notre liberté, à ne plus résister contre le pouvoir (une aubaine pour les tenants de la stratégie du choc), à perdre en autonomie, à construire une société aseptisée, méfiante, distante.

Tant et si bien que le confinement risque en définitive de causer plus de dégâts que le virus lui-même : violences familiales, licenciements, expulsions, dépôts de bilan de nombreuses PME, précarisation, dépressions, séparations, sédentarité et explosions des inégalités sociales. Le confinement nous a été présenté comme inévitable, alors qu’il s’est toujours agi d’un choix politique. Tout cela sans aucun débat, voire aucune information, sur le sens et les conséquences d’une telle décision, sur notre quotidien comme sur notre futur. En cela, la situation actuelle a été totalement construite, et dans des proportions sans doute démesurées.

Aujourd’hui, à l'heure d’un déconfinement partiel et peut-être temporaire, la demande sociale pour des contrôles et des mesures de protection collective est extrêmement forte. Ce qui nous semblait révoltant ou inadmissible hier, est devenu acceptable. Une sorte de servitude volontaire, rendue nécessaire voire indispensable, par la mise en spectacle médiatique du décompte journalier des décès et des contaminations, livré sans mise en perspective historique, ni relativisation ou comparaisons. Il flotterait même dans l’air une résignation à un éventuel reconfinement, qui pourtant aurait des conséquences tout aussi catastrophiques.

Au lieu de cela, on aurait pu espérer de l’institution, dans sa gestion de la pandémie, qu’elle pense la société dans sa globalité. S'il y a bien un moment où le rôle de l’État est de prendre en charge tous les pans de la société, c'est dans ce genre de situation exceptionnelle, où la société risque d’être fragilisée encore plus. Les élans de solidarité citoyenne admirables qui ont émergé tout au long de ces deux mois ne peuvent remplacer une politique générale du care. La brutalité de la crise aurait mérité des mesures de solidarité et de partage ambitieuses : revenu universel, garantie d’accès aux services et produits de première nécessité, impôt sur la fortune et autre plafonnement des revenus.

Au final, nous sommes tous tombés malades du Covid : dans la chair - pour de bien trop nombreuses personnes -, mais aussi dans les esprits, chacun à des degrés divers tiraillés par la peur, l’angoisse mais aussi la défiance. L’esprit autant paralysé que le corps.

Apprendre à mourir pour simplement vivre

Notre société n’est plus en mesure d'accepter la mort. Ce déni de la mort, cette course vers le zéro mort acceptable interroge. Qu'est-il advenu de la mort naturelle ? Qu'est-ce que vieillir et quelle place accorder au technoscientifique dans ce processus ? La fin de vie doit-elle nécessairement être médicalisée et technicisée ? Est-il possible de mourir ailleurs que dans un hôpital ou isolé dans un EHPAD ? Plutôt que de s’arc-bouter coûte que coûte contre la mort, est-il possible d’avoir recours à des moyens plus humains, conviviaux et chaleureux d’accompagner la fin de vie, quitte à ce que celle-ci soit peut-être un peu plus courte ? Laisse-t-on la possibilité aux personnes âgées, particulièrement en ces temps de Covid-19, de choisir de voir leurs enfants et petits enfants, quitte à accepter le risque de mourir plus tôt ?

« Chacun exige que le progrès mette fin aux souffrances du corps, maintienne le plus longtemps possible la fraîcheur de la jeunesse, et prolonge la vie à l’infini. Ni vieillesse, ni douleur, ni mort. Oubliant ainsi qu’un tel dégoût de l’art de souffrir est la négation même de la condition humaine » énonçait Ivan Illich.

Sommes-nous prêts quoi qu’il en coûte à sacrifier la vie pour mourir le plus tard possible ? Sommes-nous prêts à renoncer à nos libertés, collectives comme individuelles pour cela ? Quelles ressources (financières, humaines, matérielles) utiliser pour les dernières années de vie ? Doivent-elles être aussi importantes que celles mobilisées pour les vingt premières ? Ne sommes-nous pas tombés dans l’excès, où, pour ne pas mourir, nous sommes prêts à arrêter de vivre ?

Toutes ces questions posent celles de notre finitude et des limites acceptables pour la repousser. Le refus des limites est une des caractéristiques du capitalisme. Christian Arnsperger, parmi d’autres, avait déjà montré que le capitalisme offre une solution fonctionnelle, matérialiste, simple à interpréter et à mettre en œuvre, pour se rassurer sur sa condition d'être fini. Consommer et produire à l’infini, au-delà de nos capacités : la logique d'accumulation du capital soulage nos angoisses en s'efforçant vainement de nous donner l’illusion de l’immortalité et de combler le manque. L’angoisse de ces réalités nourrit la cupidité du capitalisme, elle en est son carburant principal.

C’est donc bien, en creux, la question des limites qui est posée depuis plusieurs semaines, à travers ce combat contre la pandémie :

- limites du modèle productiviste : destructeur de l’environnement et de la biodiversité, pilleurs de ressources non renouvelables et créateurs d’inégalités.

- limites de notre toute-puissance : jusqu'où voulons-nous contrôler la nature ? Pourquoi les morts causées par la nature nous révoltent toujours plus que les morts causées directement par l'homme (guerres, famines créées par le jeu de la finance, victimes de l’émigration, réfugiés climatiques …) ?

- limites trop souvent oubliées de la vie : derrière le projet transhumaniste propre au capitalisme se cache la peur de notre finitude. Parmi les questions occultées, celle de la mort nous est revenue au visage.

- limites de notre démocratie, qui ne sait plus si elle doit s’en remettre au savoir des experts (qu’ils soient économistes, biologistes, médecins ou non), au pouvoir de l’État ou si elle doit réclamer plus de pouvoirs pour la population, où chacun aurait sa part de liberté, et ses responsabilités à assumer.

Vers un nouveau contrat social

Un simple virus a réussi l’impossible, l’impensable, il y a encore quelques semaines. Il a temporairement arrêté notre mégamachine productiviste et consumériste, mais aussi économiciste et techno-scientiste. Cette machine est en guerre, inconsciente et symbolique, contre notre incapacité à accepter la mort, donc les limites. C’est ce que nous rappelait Bernard Maris : la quête d’une croissance éternelle, palliatif à notre incapacité à appréhender la mort, nous amène à détruire notre environnement, et à semer la mort.
Ainsi, un simple virus a déporté notre guerre contre la mort. Nous sommes passés en quelques heures d’une quête de croissance pour la croissance vers la lutte contre un virus !

C’est l’enseignement à tirer de cette réaction hystérique et hystérisée de ces dernières semaines, où le déni de la mort nous a conduit à nous mettre à l’arrêt, tout en semant des maux probablement bien pires. C’est le reflet de notre civilisation occidentale incapable de penser, d’accepter les limites et, qui dans une quête illusoire vers l’immortalité, met en péril la simple vie d’autres civilisations mais aussi des générations futures. L’hubris de notre modèle de société est à nouveau remis en question, de la plus brutale des manières.

Bien plus que d’un vaccin et de gestes barrières, c’est d’un nouveau contrat social dont nous avons besoin, basé sur un nouvel imaginaire. Dans les mois qui viennent, il faudra choisir.

Soit persévérer dans le productivisme et le consumérisme sans limites, et en contrepartie, accepter de construire, quoi qu’il en coûte, une société de la peur, aseptisée, vulnérable, infantilisée, dépendante de la technique. Ou alors construire des sociétés de la sobriété, de la mesure et de l’acceptation, qui redonnent du sens et des limites ; et ainsi s'ouvrir à des sociétés autonomes et libres de se fixer ses propres règles, conviviales et en capacité de maîtriser les choix techniques, chaleureuses et basées sur l'attention portée à tou•te•s par tous, la confiance et la responsabilité.

Nos précédentes contributions sur la crise du COvid-19 :

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Thomas Avenel, Stéphane Madelaine, Vincent Liegey, Christophe Ondet et Anisabel Veillot Co-auteurs d’Un Projet de Décroissance (Utopia, 2013).




Source : http://www.projet-decroissance.net/?p=2672#more-2672