Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

mercredi 18 septembre 2019

Soudaqui lettre d'info Septembre













Bienvenue à nos nouveaux professionnels inscrits cet été !
Cliquez sur leur nom (bleu) vous aurez plus d'info via un lien hypertexte
  • Ecrin Sauvage est une pépinière de plants maraîchers /plants d'aromatiques/ de médicinales/ 
  • de fleurs comestibles à Espira de Conflent. 
  • Nathalie fait aussi du maraîchage et propose des produits artisanaux.
  • La bergerie du moula à Tautavel. Fromages de chèvre réalisés et affinés par Pierrick 
  • de manière artisanale et sans ferments industriels.
  • Boucherie Maisons Lafitte à Millas. Pascal Lafitte propose une sélection 
  • des meilleures viandes locales et une fabrication artisanale de sa charcuterie.
  • Domaine de l'Ausseil à Latour de France, Jacques est producteur bio de vins doux naturels, 
  • des AOC et des vins de pays, sur une surface de 10ha.

Le compte rendu de l'AG du 19 mai 2019 est disponible sur ce lien.
N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des remarques/ suggestions.
samedi 21 septembre : village des alternatives à Perpignan à partir de 10h,
suivi de la marche pour le climat , départ 14h30, place de la république
dimanche 6 octobre : Eco'Festival de Céret au Mas de Nogarède de 10h à 18h.
Kamûesli, barres céréales, Camelas
Kamil confectionne des barres céréales énergétiques à base de dattes, céréales, de différentes 
sortes de fruits secs et de fruits à coque et autres bons ingrédients. 
C'est sain, organique et délicieux ! 
Vous pouvez trouver Kamil au marché de Prades les mardis, dans la ruelle entre la poste et l'église.



Herbe Folle - savonnerie- Prades
Sarah propose sa gamme d'une douzaine de savons fabriqués en saponification à froid, à base d'huile d'olive, 
d'huiles végétales,et d'huiles essentielles, bio et équitable, mention Nature&progrès. 
La gamme est complétée par quelques cosmétiques. Sarah est présente sur le marché de Prades 
les mardis et samedis matin. La boutique ouverte sur RDV. Plus d'info ici

 

L'Horta del ocell blau, Maraicher bio, Marquixanes
Sylvain vous propose des fruits et légumes de saison, cultivés en bio sur 1ha25 depuis 2010. 
Il travaille aussi avec des restaurants et des gites pour proposer ses produits locaux. 
Retrouvez le tous les mardis et samedis aux marchés de Prades.
L'idée du mois :
A votre comptoir d'échange, vous avez la possibilité d'échanger plusieurs enveloppes en 1 fois 
(enveloppe de 20 soudaquis chacune).
Une manière de gérer son budget mensuel de manière éco responsable. Soyons consom'acteur !

cliquez ici pour voir et télécharger la liste des prestataires !



mardi 17 septembre 2019

Le Village des Alternatives Perpignan 21 septembre de 10h à 19h

Bonjour bénévoles( ou pas) au Village des Alternatives de Perpignan,

c'est la cata,

Au vu des pluies annoncées ce samedi nous nous voyons contraint d'annuler le village.
Si la météo est juste, ça aurait été juste pas possible


Prévision météo jeudi 21h37 météo ciel Perpignan




alternatiba66@laposte.net

jeu. 19 sept. 22:05 (il y a 12 heures)


À

Mise à jour du 20 septembre

Bonjour bénévoles( ou pas) au Village des Alternatives de Perpignan,

c'est la cata,

Au vu des pluies annoncées ce samedi nous nous voyons contraint d'annuler le village.
Si la météo est juste, ça aurait été juste pas possible


Prévision météo jeudi 21h37 météo ciel Perpignan



























































On reviendra dans de meilleurs conditions.
MAIS SANS ATTENDRE

Rendez vous à la Marche pour le Climat qui ne peut en toute circonstance être annulée(14h30 Pl République)
Avec parapluies et canoës pneumatiques soyons mobilisées pour le climat.

Eric très désolé pour Alternatiba66










Bonjour à tous.tes,
Face à l’urgence des défis qui nous attendent, et à la veille du Sommet Action Climat de l’ONU, Citoyens pour le Climat 66 vous donne rendez-vous pour sonner encore plus fort l'alarme climatique lors d'une marche apartisane et pacifique
Samedi 21 septembre à 14h30
Place de la République à Perpignan
Pour concrétiser et accélérer les actions visant à mettre en œuvre l'accord de Paris sur le changement climatique, l'ONU organise le Sommet Action Climat le 23 septembre 2019. Mais le temps presse et nos dirigeants ne prennent toujours pas les mesures nécessaires pour rendre leur politique compatible avec ces objectifs minimums.

L’Amazonie, l’Afrique, la Sibérie brûlent, les glaciers fondent à une vitesse jamais observée. Les experts du GIEC et de l’IPBES ne cessent de nous alerter sur les conséquences désastreuses du dérèglement climatique et pourtant rien ne bouge ou alors si peu.
L'heure n'est plus aux grands discours. Aussi, le 21 septembre, nous, citoyen.ne.s, réclamons des actions concrètes, et que soit déclaré l’état d’urgence climatique par nos élus afin que des mesures d’envergure soient prises !
Cette Marche s’inscrit dans le cadre d’une semaine de mobilisation mondiale « Global Week For Future » à l’appel de plus de cinquante collectifs et associations.
Notre maison brûle, mais nous sommes de plus en plus nombreux.ses et une mobilisation massive de la société civile est indispensable pour exiger des actions fortes et concrètes.
Les marches sont une forme de mobilisation accessible à tous, quels que soient son âge ou ses possibilités. Elles permettent aussi de participer à l'éveil des consciences sur l'urgence climatique. Les marches sont donc nécessaires et complémentaires à d'autres actions, telles que changer son mode de consommation, agir au sein d'une association, sensibiliser son entourage.
 Programme de la journée 

- 14h30: Départ de la Marche pour le climat (Place de la République)
- 16h : Arrivée place de la Victoire et prises de parole
- 16h30: Concert avec Papito Collective (Place de la Victoire)
- 10h00 à 19h00: Village des Alternatives (Place de la Victoire), organisé par Alternatiba 66


Le 21 septembre, à 14H30, Place de la République, soyons des milliers pour sonner l'alarme climatique !

Merci de partager l'information dans votre réseau !! On compte sur vous !

Rejoignez l'événement Facebook, invitez vos amis et partagez le https://www.facebook.com/events/786141355154417/

Pensez également à signer et à partager la pétition en ligne pour demander la déclaration de l’état d’urgence climatique par la ville de Perpignan: http://chng.it/L7BDZwb8
Notre demande, envoyée à la mairie de Perpignan le 24 juin 2019, est toujours sans réponse…

Les citoyens pour le climat c'est vous, c'est nous, ce sont nos enfants et petits enfants, alors ce 21 septembre 2019 soyons tous réunis, tous unis et déterminés pour la sauvegarde du Vivant dont nous faisons partie. Tous ensemble, créons le monde de demain !


dimanche 15 septembre 2019

Dans la Roya, un Emmaüs agricole pour les déracinés





Dans la Roya, 

un Emmaüs agricole 

pour les déracinés 

 

Par Mathilde Frénois, envoyée spéciale à Breil-sur-Roya. Photos Laurent Carré  



 A Breil-sur-Roya, le 14 août. Cédric Herrou aide les demandeurs d’asile aux planches de fraisiers. Photo Laurent Carré



Symbole de l’aide aux migrants, Cédric Herrou a fondé chez lui, à la frontière italo-française, la première communauté 100 % paysanne. Objectif : redonner un sens au quotidien des demandeurs d’asile.



https://medias.liberation.fr/photo/1248797-prodlibe-2019-1032.jpg?modified_at=1567703640&width=750
 Originaire du Tchad, Yacoub s'occupe de la récolte des tomates. Photo Laurent Carré pour Libération


La rosée s’est évaporée. Il n’est pas 8 heures à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes) et les feuilles des plants de tomates sont déjà sèches. La veille il a fait chaud, l’arrosage a tourné toute la soirée. Il n’en fallait pas plus pour relancer le débat de l’été entre les sept compagnons : afin de voir mûrir les légumes rapidement, faut-il forcer sur l’irrigation ? Au fond d’une rangée et loin de ces considérations, Yacoub ramasse les tomates cerises. «Je prends le vert et je tire vers le haut, détaille-t-il. Quand c’est trop jaune, je laisse.» Si ce Tchadien de 27 ans répète les consignes, c’est qu’il vit son premier jour de travail à la ferme. Il vient d’intégrer la première communauté 100 % paysanne d’Emmaüs France.

En juillet, près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou a créé Emmaüs Roya sur son terrain pentu de Breil. L’agriculteur, devenu symbole de l’aide aux migrants, mise sur le maraîchage, l’oléiculture et l’aviculture biologique pour laisser entrevoir un avenir aux demandeurs d’asile qui ont arrêté leur voyage dans sa vallée. Ce n’est pas la première fois que Yacoub foule cette terre. Il est déjà passé par là en avril 2017. Il avait fui le Tchad, blessé au pied après avoir été matraqué lors d’une manifestation et, au terme de neuf mois de soins au Soudan, avait transité par la Libye avant de rejoindre l’Italie par bateau. Son entrée en France s’est faite par la vallée de la Roya. Cette enclave montagneuse a vu arriver dans ses villages des milliers de migrants qui tentaient comme lui de franchir une frontière italo-française fermée depuis 2015. Des habitants leur ont alors apporté du réconfort, un hébergement, de la nourriture, des habits, une aide juridique et sociale. Le plus médiatique d’entre eux, Cédric Herrou, sera condamné en appel à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulière. Une peine partiellement annulée par la Cour de cassation, appliquant pour la première fois le principe de fraternité prononcé par le Conseil constitutionnel.

Deux caravanes et des tentes

 

Yacoub avait repris la route après trois semaines d’errance dans cette enclave, direction Paris puis Perpignan pour tenter d’obtenir le statut de réfugié et faire son dossier de demande d’asile. D’autres sont restés. «En trois ans, on a accueilli plus de 2 500 personnes. Jusqu’à 250 le même jour, raconte Cédric Herrou. Puis on a été confrontés à l’accueil de long terme, qui est délicat, plus difficile que celui à court terme.» Les migrants arrivant jour et nuit via la voie ferrée directement sur son terrain, l’agriculteur avait installé entre ses oliviers deux caravanes et des tentes au bout du chemin qui monte entre les restanques. Puis, grâce à des dons, il a aménagé quatre cabanes en bois, une cuisine d’été, des toilettes sèches. Mais la présence policière et l’urgence de vie des migrants ont raison de ce joyeux «camping international» : «Il fallait trouver une activité car il y avait un état dépressif généralisé à la maison. A un moment, on aurait dit un hôpital psychiatrique, se souvient-il. Tout le monde se levait à midi, passait ses journées sur Facebook. Les jeunes n’avaient aucune activité ni responsabilité.» Cédric Herrou crée la communauté et abandonne son statut d’agriculteur : «J’ai lâché mon exploitation, mes 800 oliviers, mes 400 poules pondeuses et tous mes clients. C’est Emmaüs Roya qui vend, ce n’est plus moi.»

 « Ça occupe l’esprit »


«Le principe de l’abbé Pierre reposait sur l’accueil inconditionnel. Ce sont les valeurs d’Emmaüs depuis soixante-dix ans, rappelle Agnès Ragot, déléguée générale adjointe pour la France, en charge de la branche communautaire. De longue date, les plus souffrants qui se manifestent à la porte des communautés sont des personnes isolées et des familles qui attendent le droit de pouvoir rester sur le territoire français. Une grande partie des compagnons sont, ou étaient, des migrants.» Jusqu’alors, aucune des 119 communautés n’était consacrée à l’agriculture, mais plutôt au recyclage, à la rénovation et à la vente d’objets. «L’intérêt pour la production agricole maraîchère date. La plupart du temps, les groupes tentaient de travailler sur la diminution de leurs charges, en produisant jusqu’à 40 % de leur alimentation, poursuit Agnès Ragot. En septembre 2018, on a donné l’impulsion à la création de fermes communautaires. Le souhait, c’est de poursuivre cette dynamique : on soutient toutes les initiatives, même seulement partielles. Si nous recevons une requête d’un porteur de projet ailleurs, on étudiera sa demande.»

Yacoub a changé de rangée et de variété de tomates : il récolte les cœurs de bœuf. Le jeune homme n’a pas attendu de retourner chez Cédric Herrou pour s’intéresser aux plantes : quand il était encore au Tchad, il était étudiant en biologie. Mais il est revenu à Breil-sur-Roya par défaut, par désespoir. «J’ai été débouté de ma demande d’asile et j’ai été rejeté par l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr]. J’essaie de faire un recours avec des témoignages complémentaires. Impossible de retourner au Tchad…  Je ne sais plus quoi faire, confie-t-il. Et quand on ne fait rien de la journée, on ressent les soucis, le stress, l’angoisse. Quand je travaille, je pense à autre chose. Ça occupe l’esprit.» Yacoub a déjà eu un emploi en France, dix jours de vendanges à Reims. Un travail au noir avec encore «beaucoup de stress». A Emmaüs Roya, le Tchadien est logé, nourrit et perçoit un salaire de 350 euros par mois.

Yacoub pose la cagette de tomates sur son épaule, direction la pesée. C’est Patrick qui supervise. Diplômé en production agricole, ce compagnon divulgue ses conseils au fil de la récolte. «J’ai vu des types arriver fracassés. C’est important de leur redonner du temps et de la confiance, explique-t-il. Je vois les changements. L’un des migrants, Jaff, n’était pas au top. Je trouve qu’il s’est posé, qu’il s’est ouvert. Il s’est même affirmé, jusqu’à dire : "C’est moi qui ai raison, pas vous." C’est hyper important de recommencer à s’imposer.»

Il est midi, l’heure du retour des champs. Au tour de Djasson de concocter la collation. Penché sur la casserole d’eau frémissante, ce Sénégalais enlève chaque lentille qui remonte à la surface. «Il n’y a rien à l’intérieur de leur enveloppe», affirme-t-il. Avec les légumes invendables, Djasson mitonne un yassa, plat de son pays d’origine qu’il regrette tant d’avoir quitté. «C’est clairement le cas d’une migration économique, raconte Cédric Herrou. Djasson est dégoûté : il est parti et a abandonné son père avec toutes ses cultures. Pour lui, les agriculteurs étaient des losers. Ici, il se rend compte qu’il avait tout chez lui. Je trouve important de remettre de la noblesse dans l’agriculture : l’épanouissement peut aussi passer par le travail de la terre.» La transition entre l’accueil d’urgence et la création de la communauté a été «compliquée». Il a fallu remettre «des horaires et des contraintes». Mais ici, pas d’objectif de rendement ; l’exploitation devrait être rentable dans deux ans.

Tout l’été, Emmaüs Roya a livré une centaine de kilos de tomates par semaine. Et aussi du basilic, des aubergines, des fraises, des courgettes. Des plantations qui grossissent doucement, au rythme des éclaircies et des soins apportés par les demandeurs d’asile. Ces légumes se retrouvent sur les étals d’Amap, de magasins bio de Nice et d’épiceries de la vallée. Avec parfois quelques réticences.
«L’histoire de Cédric a fait polémique. On connaît notre clientèle : ici, il y a des gens qui votent FN. On sait à qui dire d’où viennent nos légumes, mais surtout à qui ne pas le dire, sourit François, le patron de la supérette de Breil-sur-Roya. On fait du commerce de proximité, alors on ménage la chèvre et le chou.» François a moins de 5 % de perte sur les produits de la communauté. C’est que le militant est aussi devenu un argument de vente. «C’est presque la marque Cédric Herrou, rigole Patrick. Quand je vais à l’Amap, c’est toujours les mêmes blagues et les mêmes questions des clients : "Combien vous en avez à la maison ? Et ça se passe comment ? Cédric n’est pas là, il est en garde à vue ?" C’est un peu lourd.» L’agriculteur est la figure de l’aide aux migrants, multipliant les garde à vue et les procès médiatiques. Après la décision de la Cour de cassation, il a été renvoyé devant la cour d’appel de Lyon pour être rejugé. Trois autres procès l’attendent : il devra faire face à Eric Ciotti et à l’ancien préfet des Alpes-Maritimes pour des prises de bec sur les réseaux sociaux et dans les médias.


 Livraison de poules et de grain à la ferme du Breil-sur-Roya, la 19 août. Photo Laurent Carré pour Libération



« On a gagné »


Le temps où Yacoub et les autres migrants arrivaient par centaines est aujourd’hui révolu. Plus personne ne remonte de la voie ferrée jusqu’à la ferme, résultat de la pression policière à la frontière et de la baisse du nombre de migrants qui embarquent dans un bateau direction l’Europe. Du coup, plus besoin de gérer l’urgence, Cédric Herrou peut envisager le long terme. Avec les 250 000 euros de dons, il a le projet d’acheter un local au village pour la transformation des produits. Les tomates qui auront pris un «coup de soleil» pourront y être préparées en coulis. «On veut aussi créer des logements et une salle polyvalente, envisage-t-il. Chez moi, on est isolé. C’est ghettoïsant. Je veux faire un truc social pour qu’ils sortent, qu’ils voient autre chose, qu’ils s’insèrent.» Par le travail d’abord, dans le village ensuite. Il écrase une punaise verte entre son pouce et son index. C’est une cœur de bœuf qui ne sera pas piquée.

Sur le terrain aussi, c’est l’heure des grands projets. Emmaüs Roya s’est équipé d’un nouveau camion de livraison et vient d’accueillir 600 nouvelles poules. L’année prochaine, la communauté doublera sa surface de culture. «On a gagné, estime Cédric Herrou. Tout a été fait pour que ça s’arrête : on a vécu l’oppression, les gardes à vue, les procès, les menaces de mort. Et finalement, on a monté une activité économique avec des demandeurs d’asile.» Huit personnes au maximum, des migrants et des SDF, pourront intégrer la communauté. Yacoub, lui, rêve déjà d’ailleurs, de Paris ou de Royaume-Uni. Quand il sera parti, un autre marchera dans ses pas. Car l’objectif est de puiser dans la Roya un nouveau départ.

Mathilde Frénois envoyée spéciale à Breil-sur-Roya. Photos Laurent Carré

Source : https://www.liberation.fr/france/2019/09/05/dans-la-roya-un-emmaus-agricole-pour-les-deracines_1749520

samedi 14 septembre 2019

PMO - Les animaux dénaturés

Les animaux dénaturés

 Peut-être avez-vous lu la fable de Vercors publié en 1952, Les animaux dénaturés. Des anthropologues ont découvert le chaînon manquant entre le singe et l’homme : le « Paranthropus », ou « tropi ». Pour contraindre un tribunal à décider s’il s’agit davantage d’hommes que d’animaux, l’un des anthropologues tue le fils qu’il a conçu avec une femelle tropie. 

Cependant que nous, aoûtiens, paressons sur nos transats, les généticiens sont en passe d’actualiser cette fable : le Japon vient d’autoriser la production d’embryons chimériques d’animaux-humains à des fins d’expérimentation. 

Le communiqué du 26 juillet publié par la revue scientifique Nature 1, nous apprend qu’Hiromitsu Nakauchi, à la tête d’une équipe mixte des universités de Tokyo et de Stanford en Californie, prévoit d’implanter des cellules souches humaines dans des ovocytes fécondés de rats et de souris. Puis le transfert de ces embryons chimériques dans des utérus de femelles animales génétiquement modifiées. Objectif : faire produire par ces animaux des organes « humains » (des pancréas, d’abord) utilisables comme greffons. Voici Jacques Ellul 2 soulagé d’une de ses inquiétudes : belle performance que la greffe d’organes, disait-il, prévoyez juste assez d’accidents de la route afin de pourvoir à la demande. 

Nakauchi promet d’avancer lentement, en augmentant progressivement la durée de vie des embryons d’hommes-rongeurs, avant de passer à des hybrides hommes-cochons. Des expériences similaires sont autorisées aux Etats-Unis, Nakauchi a travaillé sur des embryons de brebis « anthropisés ». Le scientifique japonais est aussi prudent que Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, créatrices de Crispr-CAS9, les « ciseaux génétiques » qui simplifient ces manip’ exaltantes pour sa toute-puissance créatrice 3. 

Selon Tetsuya Ishii, spécialiste japonais des rapports science/société, sans doute un familier de notre Comité consultatif national d’éthique, il faut avancer avec précaution « pour permettre le dialogue avec le public, que ces sujets inquiètent 4 ». On espère que cette profession de prudence vous rassure sous votre parasol. Parce que l’une des questions que soulève cette fabrication de chimères animales est un risque d’humanisation de l’animal. Les cellules souches humaines, voyez-vous, pourraient passer dans le cerveau du rat ou du cochon, et transformer sa cognition. Lui conférer une forme de pensée ou de conscience de type humain. On pourrait aussi voir apparaître des mains, des pieds, un visage, sur ces créatures. Et pourquoi pas des gamètes humains (spermatozoïdes, ovules) 5. Petit coup de chaud ? Pensez à bien vous hydrater.  

Grande percée pour les antispécistes. Voici enfin abolies les barrières, les différences et donc, selon l’impeccable logique déconstructionniste de toutes-les-formes-de-domination, l’inégalité entre hommes et animaux (certes, les premières greffes sont au profit des humains, mais il faudra envisager la réciproque dans une perspective vraiment antispéciste).

Merveilleuse nouvelle pour les « transbiomorphistes » qui se ressentent cheval (et s’injectent du sang d’équidé), chèvre ou nuage, pour les ennemis des catégories « binaires » et de leurs limites, les adeptes d’hybridations et de chimères créatives. Pour les émules de la cyber-« féministe » Donna Haraway, de ses rêves de corps désassemblés-réassemblés, « de frontières transgressées, de fusions redoutables et de possibilités dangereuses », de sa relation zoophile avec sa chienne Mlle Cayenne Pepper 6, et pour qui,« à la fin du XXe siècle nous sommes tous des chimères, des hybrides de machines et d’organismes pensés et fabriqués. En un mot, nous sommes des cyborgs 7. » 

Quant à leurs alliés transhumanistes, à l’affût de toutes les solutions d’automachination pour accéder à la foire aux immortels, ils ne peuvent qu’exulter de ce nouveau progrès. 


Pièces et main d’œuvreGrenoble, 
le 6 août 2019, 
74 ans après l’explosion de Little Boy sur Hiroshima


1 https://www.nature.com/articles/d41586-019-02275-3 et sur www.piecesetmaindoeuvre.com 

2 Auteur notamment de Le système technicien (1977) et Le bluff technologique (1988)

3 Cf. Manifeste des chimpanzés du futur contre le transhumanisme, Pièces et main d’œuvre (Service compris, 2017)

4 https://www.nature.com/articles/d41586-019-02275-3

5 Cf. Le Monde, 1/08/19, sur www.piecesetmaindoeuvre.com

6 Décrite avec force détails dans Manifeste des espèces de compagnie (Editions de l’éclat, 2019)

7Cyborg Manifesto, D. Haraway,1985


Source : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/animaux_de_nature_s.pdf

vendredi 13 septembre 2019

Le gouvernement français autorise le piégeage d’une centaine de milliers d’oiseaux

Le gouvernement français 

autorise le piégeage 

d’une centaine de milliers d’oiseaux




La ministre de la Transition écologique et solidaire vient de signer une série d’arrêtés fixant les quotas de chasses traditionnelles (glu, matoles, tenderies) dans plusieurs départements français. Une fois de plus, la LPO s’insurge contre la perpétuation de ces pratiques moyenâgeuses, non sélectives et cruelles envers la faune sauvage.

Onze arrêtés ministériels viennent d’être publiés au Journal Officiel le 3 septembre par Élisabeth Borne. Sous couvert de tradition, ils autorisent pour la campagne de chasse 2019-2020 la capture dans des conditions révoltantes de plus 150 000 oiseaux sauvages, soit plus que l’an dernier.

Ainsi, 42 500 Grives et Merles noirs pourront ainsi être piégés à l’aide de gluaux, fins bâtons enduits de glu placés en haut des arbres et ce, dans 5 départements de la région Paca (Alpes Maritimes et de Haute Provence, Vaucluse, Var, Bouches-du-Rhône) ; 106 500 Alouettes des champs pourront être attrapées à l’aide de pantes (grands filets horizontaux) ou de matoles (petites cages tombantes) dans les Landes, la Gironde, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques ; 5 800 Grives et Merles noirs, 1 200 Vanneaux huppés et 30 Pluviers dorés pourront être capturés au moyen de filets ou de collets par les adeptes de la tenderie dans les Ardennes. À noter que d’autres espèces non autorisées deviennent souvent les victimes de ces modes de chasse peu sélectifs, tel un Faucon crécerelle tué par un piège à la glu dans le Var.

À l’heure où la biodiversité s’effondre dans nos campagnes (l’Alouette des champs a perdu 30% de ses effectifs en 15 ans), ces décisions sont particulièrement consternantes et confirment à nouveau l’influence des chasseurs sur la politique gouvernementale alors qu’une large majorité de citoyens français avait pourtant fait part de son indignation lors des consultations publiques préalables à la publication de ces arrêtés. Le 20 août dernier, Élisabeth Borne avait d’ailleurs reçu le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen et son acolyte Thierry Coste qui s’étaient réjouis d’avoir sauvé les chasses traditionnelles.

Ces derniers arrêtés font en outre suite à deux autres pris par la ministre au cours de l’été permettant l’abattage de 6 000 Courlis cendrés puis de 18 000 Tourterelles des bois, deux espèces menacées. Le premier a été suspendu par le Conseil d’État suite à un recours de la LPO, les démarches sont en cours pour le second, et nous nous préparons désormais à attaquer ceux-ci. Le 25 juillet dernier, la Commission européenne a également mis en demeure la France pour manquement à ses obligations de protection des espèces menacées, ciblant notamment leur piégeage indifférencié sous prétexte de traditions ; en vain donc.

Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO : « Emmanuel Macron ne cesse d’annoncer un changement. Nous avons certes vu des changements de ministres de l’écologie, trois en deux ans ; mais nous attendons toujours un changement de politique en faveur de la biodiversité. Pendant ce temps-là, des centaines de milliers d’oiseaux continuent d’être englués, étranglés et emprisonnés en France avec la complicité de l’État ».


Plus d'informations :

Les arrêtés concernant les gluaux : 04, 06, 13, 83, 84

Les arrêtés sur les matoles : 33, 40, 47, 64

Les tenderies en Ardennes : 22 et 23


Source : https://www.lpo.fr/communiques-de-presse/le-gouvernement-francais-autorise-le-piegeage-d-une-centaine-de-milliers-d-oiseaux?fbclid=IwAR15HluTglcQUZGy6OCC_w0R3pkaBKLx9e6WsDjJp9HJBMepGksPsL0rNrg