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jeudi 10 octobre 2013

mercredi 9 octobre 2013

Familles à Reloger-Rassemblement devant le Conseil Général-Vendredi 11 octobre 18h

On a reçu ça (c'est à Perpignan !)

¡Attention changement de date ¡


De : RESF 66 <leresf66@gmail.com>
Date : 8 octobre 2013 19:53
Objet : Rassemblement devant le Conseil général


L'école Jeanne Hachette a été victime d'un court-circuit et d'un incendie ce qui prive d'électricité, depuis 15 jours, les familles qui y sont logées. Plus de lumière, plus de frigo, plus de machine à laver.


Bouge Toit demande une solution de relogement au Conseil général et organise un rassemblement devant le CG ce vendredi 18 octobre à 18h.

Il semble que ce soit l'instance la plus à même de proposer des solutions, dans la mesure où des enfants vivent là dans des conditions inacceptables, et que le CG gère l'aide sociale à l'enfance.

Mais, de plus en plus visiblement, rien ne se fera sans la pression populaire.
Le RESF 66 appelle donc tous ceux qui sont disponibles à se joindre à ce rassemblement.

Anne-Marie Delcamp

Pour le RESF 66

lundi 7 octobre 2013

Création d'un Collectif de Sans-Papier dans les Pyrénées Orientales

On a reçu ça : 

De : "RESF 66"
Objet : Création d'un collectif de sans-papiers
Nous vous l’avions laissé entendre, c’est fait. Une soixantaine de familles, célibataires et jeunes majeurs viennent de se constituer en collectif. Cela faisait longtemps qu’on les sentait de plus en plus submergés par l’angoisse de l’attente, l’incertitude sur leur avenir, et le refus de vivre dans des conditions indignes. Ils ont donc pris la décision d’une action collective, décision courageuse dans le contexte actuel.

Ils se réuniront tous les mercredis à 18h à la Bourse du Travail pour mettre en place des actions continuelles et variées et appellent dans un premier temps à une manifestation de soutien mercredi 16 octobre à 18h Place Arago. 

Il n’est pour autant pas question de les laisser seuls. Un comité de soutien vient donc d’être créé avec les organisations syndicales, politiques et associatives progressistes qui avaient déjà soutenu Dayana. Chacune s’est engagée à ce qu’au moins un de ses membres assure le suivi des réunions.

Nous allons par ailleurs initier une opération de parrainage. Vous pourrez ainsi les aider soit en devenant parrain d’une des familles, càd essentiellement la suivre dans ses démarches, soit en assistant à leur réunion hebdomadaire pour y apporter vos idées ou de toute autre manière.

D’ici là, nous vous ferons parvenir une affiche pour la mobilisation du 16 octobre.

Merci à tous.

Anne-Marie Delcamp

Pour le RESF, la Cimade et l’Asti

dimanche 6 octobre 2013

"Manuel, souviens-t-en..."

En rouge sur fond blanc vous avez des liens

http://www.humanite.fr/m/politique/manuel-souviens-t-en-550018

Politique

Manuel, souviens-t-en...



Manuel, souviens-t-en... 
  
"Quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. 
Souviens-t’en : «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.» 

Par Jean-Claude Lefort, Député honoraire, Fils de Manouche.

La tribune :

Manuel, tu as déclaré hier soir, sur BFMTV, que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu français, il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement, de même que je comprends totalement ton souhait de devenir français. Cela sans l’ombre d’un doute.

Tu avais «vocation» à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms. Celui qui t’écrit, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et français, est allé en 1936 en
 Espagne pour combattre le franquisme, les armes à la main, dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance, et donc celle de ta famille. Il en est mort (1), Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de la Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement, ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix, quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que neuf ans et ma sœur, dix-huit.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la Résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy et d’autres sont entrés en résistance à seize ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la Résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient «vocation» à retourner ou à rester dans leur pays d’origine, ces «étrangers, et nos frères pourtant»…

Manuel, «on» a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour
 devenir ou être membre de l’Union européenne: 
le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député, je suis allé à Bruxelles, auprès de la Commission, pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figure-toi.

Et aujourd’hui, dans ces pays, la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien «aggravée». Et ils ont «vocation» à rester dans leurs pays ou à y revenir? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures, c’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant. Alors toi, l’Espagnol devenu français, tu ne comprends pas? Fuir son pays, tu ne comprends pas? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a «vocation» à rester ou revenir dans son pays? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot «race» va disparaître de nos lois. À juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche, on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écrit et qui écrit au Français de fraîche date que tu es. C’est un fils de «brigadiste» qui se rappelle à toi. Souviens-t’en : «Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir.»

Pour l’heure, Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour «ça»?

Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France.
Inclus «ces étrangers, et nos frères pourtant».

(1) En 1953

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Jean-Claude Lefort