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dimanche 11 août 2013

Fukushima selon Greenpeace (3)

Pour Greenpeace le Japon devrait faire appel à l'expertise internationale.

http://energie-climat.greenpeace.fr/le-japon-doit-reprendre-le-controle-de-la-catastrophe-de-fukushima



Energie / Climat | le 8 août 2013

Le Japon doit reprendre le contrôle de la catastrophe de Fukushima

Depuis plus de deux ans maintenant, l’opérateur de la centrale de Fukushima, TEPCO, échoue.


Il échoue à maîtriser la situation à la centrale dévastée. Il échoue à faire la transparence sur la situation réelle, tentant de masquer des problèmes tels que les fuites d’eau contaminée. Les déclarations sont multipliées, des actions éclairs tentées…

Mais TEPCO n’a aujourd’hui aucune maîtrise de la catastrophe en cours.




La mauvaise gestion de TEPCO et son ignorance des faits ont joué un rôle clé à la fois dans le déroulement de l’accident – le deuxième pire accident nucléaire de l’histoire – et l’augmentation de la gravité de la catastrophe, selon le rapport officiel du gouvernement japonais.
Mais le gouvernement japonais a décidé de maintenir à flot TEPCO avec un renflouement financier, remettant la gestion de la catastrophe aux mains de ceux qui l’ont provoquée.

Des incidents quotidiens

En avril, la présence d’un rat a conduit à l’arrêt du système de refroidissement. Selon un rapport ce dernier a causé un court-circuit et fait disjoncter en cascade les équipements. Le courant s’était brutalement interrompu dans une partie des installations de Fukushima Daiichi, stoppant les dispositifs de refroidissement des piscines de désactivation des réacteurs nucléaires 1, 3 et 4, et d’un bassin commun, dans lesquels sont immergés des milliers d’assemblages de combustible usé.

En juillet, de la vapeur a été vue s’échappant du bâtiment du réacteur numéro 3 de la centrale. Le réacteur 3 est un des trois de la centrale (sur six) dans lesquels le combustible nucléaire a fondu après le 11 mars 2011. C’est sans doute le plus endommagé de l’ensemble, car il a aussi subi une explosion d’hydrogène qui a soufflé le toit du bâtiment mi-mars 2011, laissant une partie des installations à l’air. Ce réacteur fonctionnait au MOX (en savoir plus sur le MOX) et le très haut niveau de radioactivité qui l’entoure qui rend impossible toute intervention humaine.



Fin juillet, Tepco a reconnu pour la première fois que des eaux souterraines radioactives accumulées au pied de la centrale accidentée s’étaient écoulées dans l’océan Pacifique. Cela n’aurait pas du être une surprise. Plusieurs experts avaient manifesté leurs inquiétudes sur ce sujet, à plusieurs reprises. Mais en voulant sauver la face, TEPCO a caché ces fuites.

Les autorités n’ont-elles toujours rien appris ?

Il s’agit d’un “problème urgent“, a indiqué hier, 7 août, le Premier ministre, Shinzo Abe. Soit deux ans et quatre mois après le début de la catastrophe.

300 tonnes d’eau contaminée s’échappent chaque jour. Rappelons que actuellement, plus de 200.000 tonnes d’eau contaminée sont entreposés dans l’usine.

TEPCO avait détruit toute une forêt voisine pour faire place à des réservoirs supplémentaires qui pourront éventuellement stocker 700.000 tonnes d’eau, mais il n'y a toujours pas de plans mis en place pour prévoir les actions lorsque ces réservoirs seront pleins eux aussi. La seule option envisagée par TEPCO est de déverser cette eau dans l’océan une fois la radioactivité réduite. Sauf que la technologie pour décontaminer efficacement cette eau n’a pas encore été inventée…
Aujourd’hui, l’État semble dire qu’il prend le relais.
Plutôt que de se reposer sur Tokyo Electric, le gouvernement va prendre des mesures”
a déclaré hier Shinzo Abe.

Mais Tepco et le gouvernement, c’est la même chose : l’État y est majoritaire !

Le temps est venu pour le gouvernement japonais et l’autorité japonaise de régulation du nucléaire d’assumer la responsabilité de ce qui se passe à Fukushima.

Greenpeace leur demande de faire de la maîtrise de Fukushima une priorité. De faire preuve d’une transparence accrue sur la situation. Et de faire appel à l’expertise internationale afin de trouver des solutions. Car ils ont deux ans et demi de retard.

samedi 10 août 2013

Fukushima : situation d'urgence (2)

Deuxième article trouvé dans la rubrique Planète du Monde


A Fukushima, 300 tonnes d'eau contaminée se déversent chaque jour dans le Pacifique

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 
Des travailleurs de Fukushima, chargés de contrôler le démantèlement de la centrale, inspectent la construction de barrières censées empêcher l'écoulement d'eau contaminée dans l'océan. | REUTERS/KYODO
Voilà des mois que les informations sur les fuites d'eau radioactive issue de la centrale de Fukushima sortent graduellement au grand jour, sans que soient révélés officiellement leur ampleur ou leur impact sur l'environnement. Le gouvernement japonais a finalement rendu publique une estimation de leur quantité, mercredi 7 août : ce sont 300 tonnes d'eau contaminée qui se déversent chaque jour dans l'océan Pacifique, plus de deux ans après la catastrophe nucléaire causée par un séisme et un tsunami, en mars 2011.

Qualifiées de "situation d'urgence" mardi par l'Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA), ces fuites ont été estimées par l'opérateur Tokyo Electric Power (Tepco), en termes de radioactivité, à vingt à quarante mille milliards de becquerels entre mai 2011 et juillet 2013.
Le premier ministre, Shinzo Abe, un conservateur favorable à la relance de l'énergie nucléaire, a évoqué "un problème urgent qui suscite beaucoup d'inquiétude dans la population", et s'est engagé à accentuer les efforts du gouvernement pour contenir ces fuites – que le gouvernement prévoit de limiter à 60 tonnes par jour à partir de décembre.

POISSONS RADIOACTIFS


A la fin du mois de juillet, Tepco était revenu sur sa théorie selon laquelle l'eau chargée de tritium, de strontium, de césium et autres éléments radioactifs stagnait sous terre, avouant qu'elle atteignait l'océan. A la suite de cet aveu, l'autorité nucléaire japonaise a prévu d'enquêter sur les causes de ces fuites et de surveiller la contamination de l'océan.
Ces rejets dans le Pacifique n'étaient cependant un secret pour personne. En janvier par exemple, un poisson pêché près de la centrale présentait un niveau de contamination radioactive plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale – au grand dam des pêcheurs de la région.
Et alors que Tepco assurait encore que l'eau restait bloquée dans les sous-sols, l'opérateur avait enregistré, dans un puits situé entre les réacteurs et la mer, un niveau de radioactivité de plusieurs dizaines de milliers de fois supérieur à la dose limite admise pour de l'eau de mer – niveau qui grimpait encore au mois de juillet.


CUVES, PRODUIT CHIMIQUE ET FILETS


Ces fuites d'eau radioactive sont issues du refroidissement des réacteurs ravagés. De l'eau douce y est injectée en permanence pour les maintenir à une température inférieure à 50 ºC. Chaque jour, ces opérations produisent 400 tonnes d'eau hautement radioactive, dont une partie est stockée dans des réservoirs souterrains. Tepco a reconnu que certains d'entre eux fuyaient.

Comment l'eau a-t-elle été contaminée ? | Infographie "Le Monde"
Critiqué pour sa gestion de l'accident nucléaire et pour sa communication, Tepco a décidé de prendre diverses mesures pour empêcher ces fuites. Pour l'instant, l'opérateur s'efforce de construire une paroi enterrée entre le site et l'océan, d'étanchéifier les galeries de la centrale, et de construire de nouvelles cuves de stockage à la surface, pour éviter les fuites souterraines. 
Le quotidien Asahi relevait récemment que le produit chimique que Tepco injectait pour solidifier les sols n'était toutefois pas efficace au niveau des nappes phréatiques.
Tepco compte aussi sur un nouveau système de décontamination de l'eau, l'ALPS (Advanced Liquid Processing System), grâce auquel il espère obtenir l'autorisation du gouvernement de pouvoir la déverser dans l'océan. En attendant, l'opérateur installe des filets pour éviter que les poissons contaminés ne partent trop loin, au risque d'être consommés par d'autres espèces ou pêchés.

Les suites de la catastrophe nucléaire sont loin d'être stabilisées dans la centrale de Fukushima, où les incidents sur le chantier se multiplient, et où l'état des réacteurs endommagés, toujours à la merci d'un séisme, continue d'inquiéter. Le démantèlement complet des installations devrait prendre une quarantaine d'années, et l'Etat a déjà versé près de 30 milliards d'euros à Tepco, qui ont servi à sécuriser le site et à indemniser plus d'un million de victimes. Environ 3 000 ouvriers travaillent dans ce chantier de déconstruction, le plus grand de l'histoire du nucléaire. En juillet, Tepco a annoncé que 2 000 d'entre eux risquaient un cancer de la thyroïde.

vendredi 9 août 2013

Fukushima : Situation d'urgence (1)


Un premier article trouvé sur Politis 































































































http://www.politis.fr/Fukushima-etat-d-urgence-apres-29,23360.html























                                                                                                                              Par Claude-Marie Vadrot - 7 août 2013

Fukushima : "état d’urgence" après 29 mois de mensonges et de contaminations

Depuis le 11 mars 2011, depuis que les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale japonaise de Fukushima ont explosé, depuis que la piscine du réacteur N°4 a été longuement privée de refroidissement, le gouvernement japonais, la société Tepco qui gère cette centrale et quelques autres ayant souffert de leurs arrêts brutaux, l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), Areva et quelques autres, assurent régulièrement aux Japonais et au monde entier que l’accident fut," certes", grave, mais que les ingénieurs en maitrisent toutes les suites. Mois après mois, révélations après fuites, les habitants du Japon et le reste des citoyens du monde, découvrent que rien n’est maitrisé et que les spécialistes ne font que bricoler une situation difficile sans se soucier des hommes et de l’environnement. Apportant successivement les preuves que, comme à Tchernobyl en Ukraine, comme à Three Mile Island aux Etats Unis, comme à Tcheliabinsk dans l’Oural russe, les accidents nucléaires impactent durablement l’environnement et les humains, ceux qui vivent, vivaient ou travaillent dans les zones soit irradiées, soit contaminés.

La « situation d’urgence » proclamée mercredi matin 7 août par l’Autorité de Régulation Nucléaire japonaise admettant que de l’eau hautement radioactive se déverse dans l’océan Pacifique n’est que la confirmation de ce que dénoncent depuis des mois quelques scientifiques indépendants, les pêcheurs et les associations de protection de l’environnement. Mais les aléas nucléaires ont ceci de particulier depuis des décennies que les situations graves sont longuement dissimulées par les responsables politiques et industriels jusqu’au jour où elles deviennent évidentes et ingérables. Comme l’impossibilité constatée de décontaminer les terres touchées en enlevant la couche superficielle des sols, projet « de communication » agité par des nucléocrates à peu prés aussi inconscients que ceux qui nient en France le danger nucléaire…

Ainsi les Japonais viennent de reconnaitre que de l’eau hautement contaminée s’écoule toujours vers la mer : parce que les cuves de rétention sont pleines depuis longtemps et aussi parce que les dites cuves sont de toute façon fissurées depuis plus d’un an. Un aveu qui a été fait après les élections sénatoriales remportées pas la droite au pouvoir, alors que les fuites sont constantes, explique un correspondant japonais de Politis, depuis le mois de juin 2011. Un écoulement qui aurait chargé les espaces littoraux japonais d’au moins quarante milliards de becquerels (strontium, césium et tritium…), rendant le poisson, les coquillages ou crustacés pêchés impropres, et même dangereux, à la consommation. La Tepco et le gouvernement ont pourtant constamment affirmé jusqu’à cet « Etat d’urgence » que les eaux du Pacifique ne présentaient aucune trace anormale de radioactivité ! Un mensonge de plus dans cette déjà longue histoire de l’après Fukushima qui risque de se prolonger, comme en Ukraine, sur plusieurs décennies.

Les mensonges sont nombreux. On va « découvrir » maintenant que les nappes phréatiques de toute la région (toutes interconnectées) sont également touchées. Tout comme le gouvernement et l’industriel devront avouer prochainement que les trois réacteurs et la piscine en équilibre instable relâchent toujours dans l’atmosphère une radioactivité qui entraine l’extension progressive, mais encore secrète, de la zone contaminée aux confins duquel des habitants et plus particulièrement des enfants vivent dans des conditions qui mettent en danger leur santé. Comme cela s’est passé à Tchernobyl. Situation qui, par exemple, permet toujours la vente de produits agricoles largement pollués mais que nulle autorité ne contrôle, notamment dans la conurbation de Tokyo. Sans oublier, bien sur, toujours comme à Tchernobyl, de graves menaces pour les milliers d’ouvriers et de techniciens qui se relaient sur le site de Fukushima. Des travailleurs d’autant plus sacrifiés que l’essentiel de l’environnement des réacteurs accidentés et les réacteurs eux-mêmes, est encore tellement radioactif qu’il interdit toute intervention humaine, même avec des équipements protecteurs. Et que les robots y tombent en panne dés qu’ils s’approchent des magmas de combustibles fondus.

L’aveu qui vient d’être fait, comme ceux qui suivront, rappelle qu’il est pratiquement impossible de lutter contre les effets d’une catastrophe nucléaire. Une leçon qui devrait inciter les responsables français de la prolongation de vie de la plupart des réacteurs français à prendre des mesures plus efficaces que la fermeture fin 2016 de la seule centrale de Fessenheim...


jeudi 8 août 2013

Non, le bio n’est pas une utopie ! Démonstration en 8 points

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/701478-non-le-bio-n-est-pas-une-utopie-demonstration-en-8-points.html

Non, le bio n’est pas une utopie ! Démonstration en 8 points



LE PLUS. François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures, et Nadine Lauverjat, présidente du Rassemblement pour la planète, sont tombés des nues à la lecture de l'article "Utopie bio" publié il y a 15 jours dans "Le Nouvel Observateur". Ils y adressent ce droit de réponse, également co-signés par des associations et personnalités.

Édité par Hélène Decommer  Auteur parrainé par Guillaume Malaurie
Nous avons lu avec stupeur l’article "Utopie bio" dans votre numéro du 1er novembre. Nous n’attendions pas du "Nouvel Observateur" un article à ce point rempli de contre-vérités, et qui ne cite comme sources bibliographiques que les écrits des adversaires notoires du bio que sont Gil Rivière-Wekstein – qui est membre de l’Afja (Association Française des Journalistes Agricoles), organisme qui a pour membre associé Bayer, ou encore le lobby des pesticides, l’UIPP –, Léon Guéguen – un adversaire déclaré de l’agriculture biologique depuis des décennies – et Gérard Pascal – favorable aux OGM et très critique de l’agriculture biologique.

Ils font tous les deux partie de l’AFIS, l’Association française pour l’information scientifique, souvent prompte à défendre les pesticides et les OGM. Il nous semble important de souligner que ces chercheurs sont donc pro-OGM et pesticides. De même, ces derniers sont les auteurs du chapitre sur le thème santé dans le livre "Le tout bio est-il possible ?", très partisan dans ses conclusions. Baser un article presque exclusivement sur les propos de ces personnes ne relève pas, à notre sens, d’un travail sérieux d’investigation inhérent à la fonction de journaliste.

Cet article ignore par contre les livres, récents et référencés, exprimant un autre point de vue, comme "L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité" [1], "Famine au sud, malbouffe au Nord" [2] et "Manger bio, c’est mieux ! Nouvelles preuves scientifiques à l’appui" [3], ce dernier ayant été écrit précisément pour répondre au type d’arguments exposés dans l’article de Fabien Gruhier et lui ayant été adressé en pdf, à sa demande, le 21 septembre

Mais reprenons point par point les affirmations de cet article.

1- Les fraudes

Elles existent, comme dans toute activité humaine, mais il ne faudrait pas les exagérer : quelques cas isolés ne peuvent pas servir à discréditer l’ensemble d’une filière. L’on pourrait par exemple évoquer les usages frauduleux, dans l’agriculture chimiquement intensive, de certains pesticides interdits en France et pourtant parfois retrouvés dans les denrées alimentaires sous forme de résidus.

Sur la fraude en Italie, nous aimerions connaître la source des chiffres avancés. Sans parler de l’incohérence entre les tonnages et les valeurs. 700.000 tonnes (?) pour 200.000 €, cela fait moins de 30 centimes d’euro la tonne. Pas cher, même pour du faux bio ! Et même si l’auteur voulait dire 200.000.000 €, ça ne ferait encore que 30 centimes le kilo. Un fournisseur d’AMAP tricheur ? Soit, mais un sur 1.200, pas de quoi en faire un plat !

Quant à mettre en doute le sérieux de la certification bio de "certaines provenances" - allusion claire à l’Italie - sous prétexte qu’il y a eu une fraude dans ce pays, c’est vraiment aller trop loin.

2- Le blé bio d’Ukraine ?

Fort heureusement pour les Ukrainiens, toute l’Ukraine n’a pas été polluée par Tchernobyl et jeter le discrédit sur tout le blé bio venant de ce pays, sans vérification ni enquête, n’est pas sérieux.

3- Les produits bio, pas plus nutritifs ?

Il serait intéressant que les sources justifiant cette affirmation soient citées, mais bien sûr elles ne le sont pas puisqu’il s’agit d’une contre-vérité. En effet, les synthèses sérieuses des données scientifiques disponibles sur ce sujet, faites dans divers pays depuis 10 ans, montrent généralement des teneurs plus élevées en certains minéraux (magnésium, fer ou zinc), en vitamine C, en antioxydants et polyphénols, dans les produits végétaux et des teneurs plus importantes en lipides oméga-3 dans les viandes et en particulier dans le lait de vache et ses dérivés.

Cela dérange peut-être certains, mais ce n’est pas une raison pour que de telles contre-vérités soient assénées par des journalistes à des lecteurs n’ayant pas accès aux sources d’information.

4. Les produis bio pas plus sains ?

Alors que les fruits bio contiennent en moyenne 24 fois moins souvent des résidus de pesticides que les conventionnels (moyenne européenne donnée par l’EFSA) et encore beaucoup moins si l’on compare les quantités présentes. Parce que les résidus présents dans les aliments conventionnels seraient sans impact sur notre santé ? Comment peut-on sérieusement affirmer cela aujourd’hui, alors que de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens, qui peuvent agir à des doses 100 ou 1.000 fois inférieures à celles sans effet selon les tests toxicologiques classiques ? Et que des centaines de publications scientifiques ont établi une corrélation entre l’exposition aux pesticides – y compris de la population générale – et de nombreuses pathologies. Sans parler de l’impact négatif, que personne ne conteste, sur la santé des agriculteurs. Ce qui pose une autre question : est-il acceptable que nous consommions des produits dont la production menace la santé de ceux qui les produisent ?

Quant à affirmer comme le font les auteurs du livre "Le tout bio est-il possible ?" qu’il y aurait plus de risque de pollution par le cadmium en bio, c’est exactement le contraire qui est vrai, comme le montre la bibliographie scientifique sur ce sujet et comme l’ont confirmé les auteurs de l’étude de l’Université de Stanford sur le bio, étude qui, si on prend la peine de bien la lire, est beaucoup plus favorable au bio que ce qu’en ont dit les médias [4].

5- Pas de bénéfice pour l’environnement ?

Pas de bénéfice pour l’environnement, comme l’affirme Gil Rivière-Wekstein ? Alors que d’innombrables études montrent le contraire, qu’il s’agisse de la pollution par les pesticides et les excès d’azote, de la biodiversité ou de la fertilité des solscomme l’a démontré le rapport de l’INRA de 2005 sur "Pesticides et environnement" où il est écrit textuellement "cette utilisation élevée de pesticides est remise en question par la prise de conscience de leurs impacts négatifs sur l’environnement, voire sur la santé de l’homme" on ne saurait être plus clair !

C’est d’ailleurs parce que cet impact est avéré que la France a lancé le Plan Ecophyto de réduction d’usage des pesticides et que l’Union européenne s’est dotée d’une stratégie thématique sur l'utilisation durable des pesticides afin de "proposer des mesures destinées à réduire l'impact de ces substances sur la santé humaine et sur l'environnement".

6- La taille des poulaillers ?

Des méthodes d’élevage des volailles qui, comme le laisse entendre l’auteur de l’article, ne se différencieraient du conventionnel que par la taille des poulaillers ? Un peu de sérieux, s’il vous plait, même si sur ce point nous regrettons les assouplissements introduits par le nouveau cahier des charges européens.

7- Des rendements plus de deux fois inférieurs à ceux du conventionnel ?

Deux études récemment publiées par des revues scientifiques ont estimé la baisse de rendement à 20% en moyenne, ce qui recouvre des réalités extrêmement différentes : des baisses, importantes pour certaines cultures comme le blé dans les pays, comme la France, où l’on atteint des rendements record en conventionnel, mais des augmentations, parfois considérables, dans de nombreux pays du sud.

Des chiffres qu’il faut par ailleurs mettre en regard du fait que la pratique des cultures associées – universelle avant l’industrialisation de l’agriculture – permet des augmentations de rendement de 20 à 50% par rapport aux mêmes espèces en culture pure, comme le montre une très abondante littérature scientifique. Une pratique impossible en agriculture industrielle dite conventionnelle, en raisons des exigences différentes en matière de pesticides et de fertilisation, mais possible en bio, et parfaitement mécanisable à condition de mettre au point des matériels de semis et de récolte adéquats.

8. La bio pas généralisable ?

Olivier de Schutter, le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation de l’ONU, pense au contraire que l’agroécologie – très proche de l’agriculture biologique – pourrait nourrir la planète. Et le conventionnel, quoi de moins généralisable et de moins durable, alors qu’il faut plus d’une tonne d’équivalent pétrole – ressource de plus en plus coûteuse et en voie de disparition – pour produire une tonne d’azote sous forme d’engrais, sans parler de la pollution et des autres dégâts écologiques et sanitaires.

Curieux article, en vérité, qui laisse une impression de malaise, comme si – ce que nous ne pouvons imaginer – il avait fallu, pour rétablir un certain équilibre, contrebalancer l’article très anti-OGM sur l’étude de G.E. Séralini, par un article très anti-bio et très mal informé qui est vraiment indigne d’un tel hebdomadaire.


Premiers signataires :
Agir Pour l’Environnement
Fédérations Nationale d’Agriculture Biologique
Générations Futures
Aubert Claude, agronome
Marc Dufumier, agronome
Philippe Desbrosses, Président d'Intelligence verte
JP Jaud, Producteur J+B Séquences, réalisateur notamment de "Tous Cobayes"
Jean-Claude Mouret Ingénieur de Recherche -Inra


[1] Actes Sud
[2] NIL
[3] Terre vivante
[4] Lire le commentaire de cette étude dans la rubrique actualités du site www.mangerbiocestmieux.fr

mercredi 7 août 2013

Gaz de schiste, réserves disponibles et Montebourg

http://www.yves-paccalet.fr/blog/2013/07/14/arnaud-montebourg-ministre-du-redressement-gaz-de-schiste/

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement gaz-de-schiste…


        14 juillet 2013
Il y a le serpent de mer : de temps en temps, il sort la tête de l’eau. Il y a le serpent de terre : on l’appelle « gaz de schiste ». Il nous siffle aux oreilles de façon récurrente. En France, il a une bouche : celle de notre ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
Delphine Batho s’est fait virer du ministère de l’Écologie parce qu’elle en contestait le budget. À intervalles réguliers, Arnaud Montebourg interpelle les médias pour leur dire l’exact contraire de la ligne officielle du gouvernement sur la question des gaz de schiste : et il est toujours en fonction. Preuve, primo, qu’il pèse politiquement plus lourd que Batho ; et, secundo, que le président de la République et son Premier ministre ne tiennent pas, en le faisant partir, à injurier l’avenir de leurs relations avec les grands groupes pétroliers et gaziers.
Arnaud Montebourg est revenu à la charge en demandant qu’un organisme public (« public » pour caresser le Parti communiste et le Front de gauche) soit chargé de la mise en exploitation des hydrocarbures « non-conventionnels » profonds, dès lors qu’on aura découvert une méthode « écologique » pour les récupérer.
Dans ce genre d’activité, une « méthode écologique » n’est pas une pompe à Shadocks, mais un oxymore. Une contradiction dans les termes. Chacun sait que, pour faire remonter de 1 000 ou 2 000 mètres de profondeur des gaz ou des huiles contenus sous forme de microgouttelettes ou de microbulles dans une roche dure, il n’existe aucun autre procédé que celui qui consiste à fracturer le minéral. À la fissurer à coups d’explosions aquatiques. Et à pomper les combustibles en empêchant les tuyaux de s’obturer, c’est-à-dire en y injectant d’énormes quantités d’eau chaude (bonjour la consommation d’énergie !), additionnée de produits chimiques du genre Destop ou Karsher, sans oublier des antibiotiques contre les bactéries qui ont une fâcheuse tendance à faire bouchon. Pollution des nappes phréatiques et bulles de méthane au robinet !
Arnaud Montebourg sait tout cela, bien sûr. Ses conseillers en écologie le lui disent. Mais, dans le bureau d’à côté, les lobbyistes du pétrole affirment le contraire. Ils ont quasiment la solution, prétendent-ils. Ils feront tout pour ne rien saccager, ils le promettent, vous les connaissez : ils incarnent l’honnêteté même… « Allez, monsieur le ministre : signez là ! Faites abolir cette absurde loi Jacob qui, en France, nous empêche de faire de la bonne recherche, de mettre du carburant dans les pompes ou du gaz dans les tuyaux, de redresser les comptes de la Nation et de relancer cette satanée croissance ! »
Au moment même où Montebourg réclame haut et fort la liberté de forer pour les multinationales de la tête de puits, le débat rebondit ailleurs. Les gaz et les huiles de schiste existent-ils vraiment, et dans des quantités aussi formidables qu’on l’entend dire ? Pas si sûr ! Les estimations sur lesquelles les acteurs et les commentateurs s’appuient, émanent d’un seul et unique organisme : l’United States Energy Information Administration (USEIA), qui nous raconte ce qu’il veut, et qui probablement nous abreuve d’autant d’intox que d’infos.
Selon l’USEIA, les réserves disponibles, dans cent trente-sept gisements appartenant à quarante et un pays, atteindraient 345 milliards de barils pour l’huile et 207 000 milliards de mètres cubes pour le gaz. Les principaux pays producteurs pourraient être la Chine, les États-Unis, l’Argentine, la Russie, l’Algérie, le Canada et le Mexique. La France viendrait assez loin dans le peloton : ses réserves potentielles, naguère estimées à 5 100 milliards de mètres cubes de gaz, ne seraient que 3 900 milliards, avec une grosse décote pour le bassin du Sud-Est. Mêmes déboires pour la Pologne, où certains y ont cru, où l’on a foré une quarantaine de puits, où les grandes compagnies ont montré à quel point elles sont capables de dévaster les campagnes – et d’où, à l’instar d’Exxon-Mobil, elles sont déjà en train de se carapater…
Chiffres bidonnés, réserves rêvées, fric à tous les étages mais saccages et pollutions bien réels : telle est, en résumé, est notre société du développement productif et des hydrocarbures réunis. Arnaud Montebourg s’en fait l’avocat. Mettons qu’il en incarne une caricature à l’encre rose…
Comme, de surcroît, il oublie systématiquement de rappeler qu’en brûlant, les hydrocarbures fabriquent du gaz carbonique, lequel réchauffe le climat de la planète, j’aimerais que cet ami du gaz et des gaziers, ce champion du pétrole et des pétroliers, reçoive ici ma modeste contribution à sa gloire : en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je le nomme ministre d’État du Réchauffement gaz-de-schiste.

mardi 6 août 2013

Sur la Survie du Train Jaune

On a reçu ça 


Jean Monestier                                                                   Le Soler, le 31.07.13
19, avenue Jean Jaurès
66270 LE SOLER
06 83 99 03 25


à                                                           INDEPENDANT
  Courrier des lecteurs
2, Bld des PYRÉNÉES
66007  PERPIGNAN CEDEX

Réf : 13Q31LTA

Sur la survie du Train Jaune


        
Je suis extrêmement peiné que le Train Jaune, qui reste à mes yeux le modèle ferroviaire susceptible de rendre le plus de services dans une société dont les ressources naturelles vont se réduire irrésistiblement, ne soit envisagé par les gestionnaires que comme une attraction touristique et plus du tout comme un moyen de transport. 
Mais il ne suffit pas de pleurnicher quand le déficit est là. Si seulement un habitant des Pyrénées Orientales sur deux le prenait au moins deux fois par an, la situation redeviendrait beaucoup plus saine. 
Demander des aides à l’investissement, et pire, au fonctionnement, est une attitude dont l’efficacité ira en se rétrécissant de plus en plus. 
Pourtant, on peut être certain qu’en Suisse, une telle ligne serait florissante : voie refaite, matériel roulant renouvelé, desserte cadencée, transport de fret, trains spéciaux, correspondances adaptées à Villefranche et à La Tour de Carol avec le reste du réseau, en attendant la construction de la branche de Mont-Louis à Quillan, dont la construction, concédée par l’Etat en 1913, a vu sa réalisation torpillée par la guerre de 14. 
Mais les Suisses aiment les trains, et les utilisent. 
Quant à nous, nous devons faire un effort, surtout maintenant : le Train Jaune est lent et cher, et, si l’attitude néolibérale, partagée par tous les gestionnaires, consiste à laisser faire le marché, la fermeture de la ligne n’est qu’une question de quelques trimestres. 
SAUF QUE : LE MARCHÉ, C’EST NOUS. 
Et si nous arrivons tous à prendre le Train Jaune deux à trois fois par an, il vivra. Sûr comme 2 et 2 font 4.
                               
 Jean Monestier