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samedi 27 juin 2026

La chaleur ne frappe pas au hasard

Jeudi 25 juin 2026 

 

La chaleur ne frappe pas au hasard

«Notre peur, c'est qu'il y ait des morts.» Ce cri d'alarme est celui d'Adeline Grippon, de Médecins du monde. Reporterre l'a recueilli dans un bidonville à la périphérie de Bordeaux, où près de 700 saisonniers, majoritairement roumains, tentent de survivre sous des températures dépassant les 40°C avec quelques bouteilles d'eau distribuées en urgence.

Nous ne sommes pas égaux face à la canicule. Durant l'été 2025, la mortalité liée à la chaleur a été 31% plus élevée dans les dix départements les plus pauvres que dans les dix plus riches. Aux plus précaires les logements bouilloires, les îlots de chaleur urbains et les métiers pénibles en plein soleil. «Je n'ai pas le choix, il faut travailler», résume un ouvrier bordelais.

Chez les riches, les températures extrêmes frappent moins fort. À Neuilly-sur-Seine, commune la plus aisée de France, les habitants reconnaissent être mieux protégés grâce à des logements bien isolés, à la climatisation et aux espaces verts. «Ici, la plupart des gens ont les moyens de se payer des solutions pour mieux supporter la chaleur», observe Iris, une habitante.

À quand la révolte des prolétaires de la chaleur ? À Lyon, elle a déjà commencé. Face à un bailleur défaillant, des habitants d'une barre d'immeuble de la Part-Dieu ont installé eux-mêmes des stores de fortune pour protéger leurs appartements, où la température grimpe jusqu'à 36°C. Soutenus par une association et un syndicat, ils réclament simplement l'application de la loi.

Car la canicule est d'abord une violence politique. Les décideurs ont les données scientifiques sous les yeux depuis des décennies mais n'agissent pas. Pire encore, ils multiplient les renoncements. Coupes dans MaPrimeRénov', baisse du Fonds vert, détricotage des normes environnementales… Les reculs écologiques s'accumulent.

 


Source : Infolettre hebdomadaire de Reporterre

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