Budget 2026 :
à quoi s’attendre
pour l’écologie ?
14 janvier 2026
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| Le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure à l'Assemblée nationale, le 7 janvier 2026. - © Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP |
Après l’échec des discussions en fin d’année, les députés réexaminent le projet de loi de finances pour 2026. Agriculture, transport, biodiversité... Reporterre fait le point sur les mesures qui pourraient affecter l’écologie.
Il s’agirait presque d’une ritournelle. Mardi 13 janvier, l’examen du projet de budget de l’État pour 2026 est revenu sur les bancs de l’Hémicycle après l’échec des discussions de la fin d’année. Les députés vont travailler sur la version votée par le Sénat mi-décembre.
Fin décembre, la commission mixte paritaire des deux assemblées n’ayant pas abouti, le gouvernement avait reporté les débats à janvier et avait voté une « loi spéciale » en urgence pour assurer la continuité de l’État.
Le Rassemblement national a d’ores et déjà annoncé qu’il ne voterait pas le budget, et la gauche, une fois n’est pas coutume, part divisée : le Parti socialiste est le seul à continuer de s’asseoir à la table des négociations orchestrées par le gouvernement. Le parti d’Olivier Faure fait du dégel des aides personnalisées au logement (APL) et de la non-suppression de 4 000 postes d’enseignants sa ligne rouge.
Le gouvernement sera-t-il prêt à faire quelques concessions ?
La situation est telle que le premier ministre Sébastien Lecornu hésite
à passer en force via l’article 49.3 qu’il s’était pourtant engagé à ne
pas utiliser.
(16 janvier. Aux dernières nouvelles, l’examen du budget, commencé le 14 octobre 2025, est suspendu, le gouvernement envisage de recourir à l'ordonnance ou au 49.3)
Toujours pas de taxe Zucman
Avec ce budget, le gouvernement cherche toujours 12 milliards d’euros de recettes supplémentaires, espérant maintenir le déficit sous la barre de 5 %. Seulement, la taxation significative des ultrariches, portée par la taxe Zucman, n’est toujours pas au programme.
Et ce alors même que dans une interview au journal Libération, le 11 janvier, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, admettait que « parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro ». La raison ? La majeure partie des revenus de ces ultrariches se trouve dans des sociétés holdings échappant à l’impôt.
Des milliards en moins pour l’économie française qui pourraient pourtant permettre de financer la transition écologique, comme le réclame la gauche qui plaide également pour davantage de justice fiscale et de moyens alloués aux services publics.
Côté écologie, le projet de loi de finances (PLF) initial comportait quelques reculs, mais aussi plusieurs bonnes nouvelles. Transports, énergie, biodiversité… À ce stade, beaucoup de points restent incertains.
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Fonds vert
En décembre, le Sénat a confirmé les coupes budgétaires du fonds vert : de 2,5 milliards en 2024, il passe à 650 millions en 2026. Moins d’argent alloué donc aux projets d’adaptation au changement climatique, à l’isolation des bâtiments publics, à l’aménagement de pistes cyclables ou encore au recyclage des friches.
En 2025, le fonds vert était doté de 1,5 milliard d’euros, soit 2,3 fois plus que ce qui est prévu pour 2026. En 2024, il était promis 2,5 milliards d’euros par an jusqu’en 2027.
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Biodiversité
Le nombre de postes (équivalents temps plein) des agents de l’OFB devrait être quasiment maintenu en 2026 avec une diminution limitée à quatorze postes. Même constat pour les parcs nationaux qui maintiennent le même nombre d’équivalents temps plein qu’en 2025, à savoir 851.
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Transports
Côté automobile, le PLF initial confirmait vouloir développer l’incitation des particuliers et des entreprises à décarboner leurs véhicules. Seulement, dans la copie du Sénat, la mesure n’a pas été retenue.
Déposé par la députée écologiste Lisa Belluco, un amendement vise à rétablir la version initiale. À savoir : la suppression du système de plafonnement du montant d’imposition d’un même véhicule lorsqu’il cumule un malus CO₂ et un malus poids — ce qui pénaliserait les véhicules lourds comme les SUV.
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Énergie
Le texte tel qu’il est étudié actuellement par les députés prévoit une baisse de 800 millions d’euros de la subvention de l’État à l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui accorde notamment des aides financières pour des travaux à des propriétaires ou bailleurs en difficulté.
Faute de budget voté en décembre, le dispositif d’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRenov’ a été suspendu dès le 1ᵉʳ janvier. Dans le projet de loi initial présenté en octobre par le gouvernement, le dispositif enregistrait une baisse de 500 millions d’euros de ses crédits.
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Agriculture
Originalement le PLF 2026 s’attaquait aux niches fiscales sur les agrocarburants en prévoyant la suppression du tarif particulier du B100 issu du colza, qui coûte 148 millions d’euros par an à l’État, ainsi qu’une réduction progressive de l’avantage fiscal sur l’E85 jusqu’en 2028, avec une diminution des dépenses fiscales de 141 millions d’euros pour 2026.
La mesure n’a pas été maintenue dans la copie votée par le Sénat, mais des députés, notamment issus du groupe Écologiste et social, tentent de la rétablir.
L’agriculture biologique pourrait voir son crédit d’impôt rehaussé de 4 500 euros à 6 000 euros et prolongé de trois ans, comme cela a été approuvé à l’Assemblée nationale mi-novembre. Ce crédit d’impôt permet aux entreprises agricoles percevant au moins 40 % de leurs recettes d’une activité certifiée biologique d’abaisser le montant de leur impôt sur les bénéfices.
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Déchets
Les sénateurs ont supprimé le projet de taxe sur les emballages plastiques du PLF pour 2026. Inscrite dans la première version du gouvernement, la mesure visait à compenser partiellement les importantes pénalités payées à l’Union européenne (plus de 1,5 milliard d’euros en 2023) par la France qui n’atteint pas ses objectifs de recyclage d’emballages en plastique. Pour cela, cette taxe prévoyait de mettre à contribution les entreprises mettant sur le marché les emballages en plastique.
Les sénateurs ont par contre conservé la réforme de la fiscalité des déchets pour les collectivités territoriales.

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