Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
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vendredi 29 août 2025

Journées du Matrimoine dans le Conflent et Perpignan - Du 04 au 21 septembre 2025

 


Les journées du matrimoine

 - 1er événement


Exposition photo

de Marie Demunter. 

 

– Les corps ont mieux à dire –
 
Il s’agit de rencontres. 
Mais pourquoi des femmes ? 
Lors de son expérience autour de la maternité, Marie Demunter a développé une réflexion sur le rapport que nous développons avec notre corps, si souvent oublié, dissimulé, effacé au profit du mental et du reste, ou alors dont l'image subit les idéaux sociétaux qui lui font perdre la diversité qui caractérise pourtant si bien le corps humain. 
Comment, à travers le temps et les étapes de notre vie, notre (mé)connaissance corporelle évolue-t-elle et se trouve-t-elle marquée par les événements ? 
Quel regard portons-nous sur notre corps et la manière dont nous l’habitons ?"
 
🗒L'exposition court jusqu'au 21 septembre 2025.

       ©Marie Demunter


> VERNISSAGE EXPO et LECTURES DANSÉES : 

jeudi 04/09 – 18h30 - Prades, L'Alchimie 

- avec Caroline Baux & la compagnie Les Unes et les autres - 

Exposition du 04 au 21/09

mercredi 27 août 2025

10 septembre - Tout bloquer et bien viser

 


4 h 
10 SEPTEMBRE : 
TOUT BLOQUER ET BIEN VISER
 
 
Les Soulèvements de la terre contribueront à « tout bloquer » contre le plan Bayrou à partir du 10 septembre. De nombreux comités locaux et greniers des Soulèvements ont commencé à mettre à disposition leurs moyens matériels, réseaux et savoir-faire. Nous livrons à la discussion au sein du mouvement qui s’annonce quelques réflexions sur les luttes contre l’intoxication du monde et contre l’alliance des milliardaires réactionnaires. Réflexions qui peuvent donner des idées sur "quoi bloquer" au moment de "tout bloquer".
 
L’été bruisse de rumeurs de révolte. De canaux Telegram en rendez-vous de préparation fixés dès la rentrée, de visuels en vidéos qui tournent et retournent de partout, de syndicats qui se lancent en groupes de gilets jaunes qui se relancent, une date est dans toutes les têtes : 10 septembre. Les Soulèvements de la terre partagent cette impatience à « tout bloquer » pour faire sauter l’austérité et sortir ensemble de la route qui semblait toute tracée de l’autoritarisme actuel vers un nouveau fascisme à venir.
 
Duplomb, Budget, Armée : c’en est trop
 
Juste après que Macron ait annoncé le doublement du budget des armées d’ici 2027 (soit 43 milliards piqués dans les droits sociaux et directement injectés dans le complexe militaro-industriel), le premier ministre François Bayrou présentait le 15 juillet un "projet de budget" pour 2026.
 
Il annonce la suppression de deux jours fériés, et le message est explicite : "Il faut travailler plus, il faut que toute la Nation travaille plus pour produire". 
 
Cette fois sans aucun espoir de "gagner plus". Produire plus ? En respectant les règles du marché mondial, ça veut dire extraire plus pour polluer plus. 
 
Étendre toujours plus le champ du ravage. Aggraver encore les écarts de richesses. Nous crevons déjà du productivisme et de la mise au travail généralisée. Comme en crèvent nos milieux de vie.
 
Il annonce une « année blanche » sur les prestations sociales, ce qui voudrait dire que les allocations familiales, la prime d’activité, le RSA ou les APL resteraient coincés à leur montant de 2025 alors que les prix et les loyers continueraient de monter. Bayrou annonce également des coupes de 5 milliards sur la santé : doublement à 100€ de la franchise annuelle sur les médicaments, fin du remboursement intégral des traitements hors affection longue durée, …
 
D’une main Macron promulgue la loi Duplomb qui laisse le champ libre au modèle agro-industriel qui nous empoisonnent, de l’autre il se prépare à casser toujours plus les possibilités de se soigner et de vivre dignement.
 
« Tout bloquer », nous en sommes
 
L’idée de reprendre la rue était dans de nombreuses têtes depuis longtemps. Tout bloquer pour virer la clique de libéraux-autoritaires qui ravagent le pays ? Le pari est plus que tentant. « Nous ne voulons pas subir leur crise. Nous voulons changer de cap, pour de bon, avec et pour le peuple. » déclare l’appel du 10 septembre. Nous en sommes.
 
Depuis cinq ans les Soulèvements de la terre ont renforcé des luttes ancrées localement en cherchant comment agir directement : comment occuper, bloquer, désarmer ou démanteler les projets mortifères et les industries toxiques. Si nous avons pu emporter des victoires tactiques territorialement situées et contribuer à faire reculer des projets d’artificialisation de terres, de méga-bassines ou de nouvelles autoroutes, nous savons aussi qu'il n’y aura pas de victoire plus profonde sans une dynamique, qui nous dépasse largement, d’insubordination contre le système capitaliste.
 
Le réseau de résistance que nous contribuons à faire vivre peut muer, grandir et évoluer au contact d'un mouvement comme celui qui semble s’annoncer. Au delà de nos propres actions, nous souhaitons apprendre à nous constituer en force d’initiative et d’intervention en mesure de participer lorsque se construisent des mouvements d’ampleur.
 
De nombreux comités locaux ont commencé à mettre à disposition leurs moyens matériels, réseaux et savoir-faire, notamment pour participer au ravitaillement, à l’enquête locale ou à l’organisation de blocages. Contribuer concrètement nous semble le meilleur point de départ. Être prêt-e à la rencontre, à l’imprévu et aux brouillages de certains codes « militants » nous paraît impératif. Nous pensons que ces dispositions n’empêchent pas d’assumer la vision du monde qui amène les Soulèvements de la terre à vouloir participer activement au mouvement. Quitte à bloquer, nous appelons donc à viser directement les lobbys et infrastructures les plus nuisibles à tous et à toutes, au service desquels se met actuellement ce gouvernement.
 
En vue des assemblées locales de préparation au mouvement qui commencent à s’organiser un peu partout pour décider des cibles qui auraient le plus de sens et le plus d’impact, nous proposons ici à la discussion deux pistes d’interventions possibles, au croisement des luttes auxquelles nous participons et des enjeux propres au 10 septembre.
 
Bien vivre, bien produire et bien manger
 
Parallèlement à la colère sociale qui a conduit à l'appel du 10 septembre, un orage gronde contre le complexe agro-industriel, visibilisé par le combat contre la loi Duplomb. Manger, boire et respirer sans s'empoisonner c'est la base, et c'est fondamentalement lié à la manière dont est produite notre alimentation. Quelle place la question agricole peut-elle prendre dans un mouvement de colère populaire aujourd’hui ? Nous pensons qu’elle devrait être centrale et réaffirmer que l’agriculture paysanne fait partie de la solution et nécessite un soutien large. Si la fronde contre l’intoxication du monde et la vague de colère contre l’austérité néolibérale se rencontrent, elles pourraient reprendre la main contre le complexe agro-industriel. De ce point de vue, comme le souligne la Confédération paysanne, "l'alimentation est une question hautement stratégique qui peut être un point de convergence important pour que cette rentrée sociale soit explosive".
 
Garantie des revenus paysan, appui à l'installation, défense des jardins ouvriers, reprise de terres, soutien à l’accès de toutes et tous à une alimentation de qualité, opposition aux pesticides, généralisation de l'agriculture paysanne : les idées ne manquent pas pour aller vers une fabrique populaire de la subsistance et de l'alimentation. Mais pour que la "socialisation de l'alimentation" puisse devenir autre chose qu'une incantation utopique, nous disons que c'est la lutte pour l’agriculture paysanne qui doit elle même se « socialiser ». C’est à dire se laisser transformer par les rencontres permises par le combat social plus général pour la dignité des classes populaires.
 
Les sites de production et de vente emblématiques de l’agro-industrie et du libre-échange, les grandes infrastructures qui tuent les paysan-nes comme les sols et intoxiquent la population peuvent être bloqués efficacement. Les banquets populaires, actions de redistribution et blocages de grandes surfaces sont autant d’occasions de rencontres entre la lutte pour la défense des terres et celle contre le plan Bayrou.
 
Faire tomber la BBM (Bayrou Bolloré Macron)
 
Les grands groupes capitalistes, comme celui de Bolloré, sont les premiers bénéficiaires des cadeaux fiscaux auxquels le gouvernement ne touche pas pendant qu’il attaque les jours fériés et la santé. 211 milliards, c'est le chiffre des subventions annuelles offert aux grandes entreprises sans aucune contre-partie. Les patrons les plus influents du pays, qui d'une main soutiennent le plan Bayrou, ne négligent par ailleurs aucun effort pour mettre l'extrême droite au pouvoir. C'est qu'ils savent que ce que font Retailleau et Bayrou aujourd’hui, le RN le ferait encore mieux demain : faire converger mesures ultra-libérales et liberticides, destruction des services publics et austérité pour les classes populaires, droit à tout polluer et extractivisme néo-colonial, exacerbation de l'islamophobie, instrumentalisation de l'antisémitisme et vente d'armes à Israël en plein génocide à Gaza... Telle est l'image du fascisme qui vient. Leur stratégie est de détourner les affects de colère en sentiments mortifères de haine de l'autre. À l'instar de Musk ou Zuckerberg aux États-Unis, les Bolloré, Stérin, Arnault et consorts construisent un monde où seules règnent les règles de l'entreprise et du profit.
 
Une proposition tactique pour le mouvement est de viser les milliardaires réactionnaires qui pillent, exploitent et sont les seuls à bénéficier des plans à la Bayrou. Bolloré en tête, car il détient une machine de propagande extrêmement puissante et toxique. Ces médias (Cnews, JDD, Europe 1, …) ne manqueront pas de caricaturer le mouvement de septembre, de tenter de le détourner ou de le criminaliser pour l’éteindre à coups de mensonges et de désinformation.
 
Dans cette optique la campagne en cours contre l’empire Bolloré peut être un point d’appui et un outil. Les sites du groupe sont cartographiés, leur fonctionnement expliqué et de nombreux collectifs se sont déjà jetés dans la bataille.
 
Bolloré et les milliardaires réactionnaires possèdent partout des dépôts, des magasins, des usines. Ils font pour nous partie des cibles logiques à bloquer et autour desquels ouvrir des discussions avec les salarié·es. Face à leur travail de division des classes populaires, le 10 septembre et ses suites peuvent être l'occasion de rappeler que nos ennemis réels sont bien du côté de ces milliardaires et de leurs ambitions politiques.
 
Il existe de nombreuses autres cibles et modalités d'intervention pertinentes et encore quelques semaines pour s'organiser. Depuis différentes manières de "tout bloquer" et définitions de "bien viser", il est grand temps d'éprouver de nouveau notre puissance commune dans la rue.
 
 
Retrouvez la carte sur indignonsnous.fr
 
 
[⁴]: Les 2 millions de signatures contre la loi dumplomb, mais aussi les actions concrètes mener par les Soulèvements de la terre (https://lessoulevementsdelaterre.org/.../site-de...) et les faucheurs volontaires (https://basta.media/Pesticides-interdits-grace-aux...), ou encore tout l'action de Cancer Colère (https://reporterre.net/Voter-la-loi-Duplomb-c-est-voter...)
 

mardi 26 août 2025

En Espagne, le modèle des méga-bassines est un immense raté

En Espagne, 

le modèle des méga-bassines 

est un immense raté

 En mars, les réserves d’eau étaient à 50 % de leur capacité, à 28 % en Catalogne et plus de 500 communes étaient placées en état d’alerte.


Texte : Maïté Debove
Photographie : Adri Salido / Anadolu Agency via AFP

21 avril 2023

Ces cinquante dernières années, plus d’un millier de barrages ont été aménagés en Espagne pour lutter contre la sécheresse et soutenir les agriculteurs. Aujourd’hui, la surexploitation des sols et des nappes phréatiques remet en question tout un modèle, qui est devenu caduc. Le gouvernement cherche des solutions alternatives.

L’Espagne à court d’eau

Les 1226 bassines ont été construites entre les années 1950 et 1990 pour les besoins des agriculteurs intensifs, des petits cultivateurs, de l’industrie hydraulique, des professionnels du tourisme nautique. Mais 85 à 95 % sont destinés à l’agriculture et aujourd’hui, les retenues d’eau espagnoles n’arrivent plus à combler les besoins des populations en situation de sécheresse.

Julia Martínez, de la Fondation nouvelle culture de l’eau, commente pour Libération: « La pression agricole est si forte que les réserves d’eau ne peuvent pas se reconstituer d’année en année. »

Jaume Grau, porte-parole des Ecologistas en Acción, explique pour le site d’information multimédia Equinox, qui couvre l’actualité de Barcelone et de la Catalogne : « Le problème c’est que ce ne sont pas vraiment des réservoirs, mais plutôt des moyens d’amasser toujours plus d’eau et de la distribuer sans limites selon la demande, alors que l’on devrait distribuer selon les ressources disponibles.

Ces retenues d’eau servent à arroser les terrains de golf ou l’agriculture intensive sans restrictions, et dans un contexte de changement climatique, il faut arrêter cette course à l’eau et réduire drastiquement la consommation ».

Les pluies diminuent et les réserves chutent. Dans le sud, des syndicats majeurs, tels que Asaja et Coag, demandent davantage d’eau déviée depuis le bassin du Tage, au nord, sans réponse positive. Le manque d’eau touche tout le monde. En mars, les réserves d’eau étaient à 50 % de leur capacité, à 28 % en Catalogne et plus de 500 communes étaient placées en état d’alerte.

Dans l’immédiat, les autorités régionales misent sur les usines de dessalement, au nombre de 700 dans le pays. Mais ces usines représentent un grave risque pour la faune et la flore des fonds marins, et sont très onéreuses.

Santiago Martin Barajas, expert en eau de l’organisation Ecologistas en Accion, estime : « Et c’est là le danger, on se réfugie vers une solution qui n’en est pas vraiment une. D’une part, ces usines ne peuvent s’implanter que dans les endroits proches de la mer. Ensuite, elles consomment beaucoup d’énergie. Enfin, elles rejettent d’immenses quantités de saumure en mer. »

La Catalogne a mis en place de légères restrictions d’eau, qui pourraient être durcies. En août, Barcelone envisage de couper l’accès à l’eau à certaines heures de la journée.


Les limites en France

 En France, le week-end du 18 et 19 avril a marqué un tournant dans les tensions que le réchauffement climatique produit sur le système hydraulique. Dans les Deux-Sèvres, de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre autour de la construction d’une méga-bassine ont eu lieu. 200 manifestants ont été blessés, dont 40 grièvement. 47 gendarmes ont également été blessés.

Un rapport du Sénat publié en décembre 2022 alerte sur les difficultés progressives d’accès à l’eau, notamment pendant l’été, et met en avant l’importance de la sobriété dans nos usages de l’eau. Une étude du ministère de l’agriculture estime à 30 % les économies d’eau pouvant être réalisées dans les bassins-versants.

Les rapporteurs estiment que la France stocke peu d’eau, en comparaison avec ses voisins (4,7 % du flux annuel), et que « disqualifier globalement le stockage d’eau ne paraît pas fondé scientifiquement ». Ils plaident ainsi pour la construction de nouvelles retenues d’eau, à buts multiples malgré la mobilisation populaire contre la création de méga-bassines.

Les sénateurs ont évoqué d’autres techniques et appellent avant tout à plus de recherche sur la récupération des eaux usées traitées.

Selon le rapport : « La réutilisation des eaux usées est très peu développée en France, où moins de 1 % des eaux récupérées en sortie des stations d’épuration sont exploitées, à l’inverse de l’Italie, l’Espagne ou encore Israël, où le taux de réutilisation atteint respectivement 8 %, 15 % et 90 % ».

Jusqu’ici, il n’y a pas d’étude scientifique fiable qui justifierait la récupération des eaux dans des méga-bassines comme solution viable face aux problématiques du réchauffement climatique. La seule étude effectuée par des scientifiques espagnols et publiée en 2017 démontrait que les retenues d’eau pouvaient aggraver les sécheresses en aval des bassins-versants.

Sources : Extreme hydrological events and the influence of reservoirs in a highly regulated river basin of northeastern Spain Volume 12, August 2017, Pages 13-32, Elsevier

 

Maïté Debove


Source : https://lareleveetlapeste.fr/en-espagne-le-modele-des-mega-bassines-est-un-immense-rate/