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jeudi 3 avril 2025

« Le temps est venu de résister » : un jeune israélien refuse de servir dans l’armée


« Le temps est venu 

de résister » : 

un jeune israélien refuse 

de servir dans l’armée 


« J’ai refusé de m’enrôler parce que je ne voulais pas être impliqué dans la perpétration du génocide. » Malgré l’obligation de servir, Itamar Greenberg a refusé de rejoindre l’armée israélienne. Cette décision, il l'a prise pour défendre ses convictions, au nom de la justice et de la réconciliation. Considéré comme un « objecteur de conscience » en Israël, il a purgé cinq peines consécutives d’emprisonnement à seulement 18 ans. Itamar expose ici les raisons qui l’ont poussé à faire ce choix. 

Je milite en faveur de la réconciliation, de l’égalité et de la justice. En mars, j’ai été libéré après 197 jours de détention dans une prison militaire israélienne parce que j’avais refusé de m’enrôler dans l’armée. 

Je viens d’une famille haredim (les Haredim sont des juifs ultra-orthodoxes) de Bnei Brak. En Israël, les Haredim, qui représentent 14 % de la population, forment une communauté fermée. Dans l’environnement dans lequel j’ai grandi, le service militaire n’était même pas envisageable, pour des motifs strictement religieux. 

À l’âge de 12 ans, j’ai compris qu’en tant qu’enfant haredim, la seule solution pour m’intégrer dans la société israélienne consistait à rejoindre l’armée. De cette prise de conscience à ma récente libération de prison, le cheminement a été long et jalonné de réflexions profondes et de conflits internes, entre propagande nationaliste et considérations rationnelles et éthiques. J’ai commencé à me poser des questions, non seulement sur la religion dans laquelle j’avais grandi mais également sur l’humanité et tout ce qui en découle. 

La plupart des Israéliens et Israéliennes ne voient pas uniquement dans le service militaire une obligation au regard de la loi mais presque un passage indispensable, une marque de prestige et de fierté. Cependant, en m’informant sur le rôle de l’armée israélienne qui contrôle et réprime des millions de Palestiniens et Palestiniennes, j’ai compris que s’enrôler ne signifiait pas simplement se faire une place dans la société israélienne mais participer activement à un système de violence, de domination et d’oppression. Je me suis rendu compte que si je m’enrôlais, je ferais moi aussi partie du problème.

J’ai compris que je me trouvais face à un choix : appartenir à la société israélienne ou préserver mon sens moral. J’ai choisi le sens moral. 

Je n’ai pas pris cette décision de manière soudaine, je l’ai mûrie au cours d’un long processus d’apprentissage et de prise de conscience morale. Plus j’avançais dans mes réflexions, plus j’étais convaincu que je ne pourrais pas revêtir un uniforme symbole de meurtre et d’oppression.  Ces considérations ont à voir avec le fait de refuser de servir dans le contexte de l’occupation. Mais dans mon cas, ce refus s’inscrivait également dans le contexte du génocide : j’ai refusé de m’enrôler parce que je ne voulais pas être impliqué dans la perpétration du génocide. Je suis ce que l’on appelle un refusenik dans le contexte du génocide (le terme « refusenik » désigne en Israël les objecteurs les objectrices de conscience). 

En Israël, les personnes qui refusent de servir dans l’armée pour des raisons politiques et morales payent un lourd tribut. Cette décision peut avoir des conséquences sur la vie sociale et être synonyme d’ostracisation et de mise au pilori. Elle peut également avoir des conséquences sur le plan juridique car la conscription militaire est obligatoire, excepté pour les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël ou pour quelques motifs précis. Refuser de s’enrôler pour des raisons d’objection de conscience est passible d’une peine de prison. J’ai été condamné à plusieurs reprises à des peines dans des prisons militaires par un colonel de l’armée israélienne. Au total, j’ai passé 197 jours en détention, répartis sur cinq peines distinctes. Quelques heures avant ma libération, je n’avais pas la moindre idée du nombre de mois de prison qui m’attendaient encore.   

Dans les prisons militaires, les conditions sont dures. Certains jours, j’étais placé à l’isolement en raison de menaces de la part d’autres détenus. Chaque jour, je devais rester au garde-à-vous pendant environ quatre heures. Mais je pouvais lire, penser et écrire. J’ai ainsi pu garder l’esprit clair. Je savais que je faisais ce qui était juste et je ressentais une grande sérénité. Je savais que je pouvais être libéré sans délai : je n’avais qu’à accepter de rejoindre l’armée. Mais comment aurais-je donc pu m’y résoudre, alors que, là dehors, une campagne de nettoyage ethnique et de destruction était en cours ? 

Les tueries de masse et l’apartheid ne sont pas et ne seront jamais un moyen de garantir la « sécurité ». Ce sont des crimes contre l’humanité. Plongés dans une terreur existentielle, les enfants vivent en permanence dans la peur de mourir. Ils n’ont rien fait, ils sont juste nés palestiniens. J’ai choisi d’entrer dans une cellule de prison pour montrer ma solidarité avec ces enfants et je n’avais aucunement l’intention de demander à être libéré avant eux. Ou peut-être suis-je entré dans cette cellule pour ne pas devoir les tuer. 

Dans tous les cas, mon emprisonnement a duré aussi longtemps parce que j’ai refusé de demander quoi que ce soit, comme par exemple à être réformé pour des raisons de santé ou de santé mentale. Je ne voyais pas ce que je pouvais leur demander à part de mettre fin au massacre en cours à Gaza. En fin de comptes, ce sont eux (l’armée israélienne) qui ont capitulé. Ils ont compris que je ne mentirais pas à propos de mon état de santé mentale et que je ne présenterais pas d’autres demandes de libération. 

Mon refus de m’enrôler a également eu des implications concrètes. En Israël, l’armée n’est pas seulement une institution militaire, elle constitue également un sésame pour être accepté·e dans la société. Celles et ceux qui ne servent pas dans l’armée sont automatiquement relégués au rang de citoyen·nes de seconde classe. Des portes se ferment, les chances s’amoindrissent et le message est clair : si vous n’adhérez pas au système, vous n’avez pas vraiment votre place.  

Mon refus ne relevait pas seulement d’un choix personnel, il s’agissait d’une déclaration politique et la société israélienne a réagi en conséquence. D’un côté, les militant·es et les membres de la gauche radicale ont exprimé leur soutien. De l’autre, l’immense majorité de l’opinion publique israélienne m’a considéré comme un traitre. On m’a accusé d’antisémitisme et de soutien au terrorisme. Même parmi mes proches, cela n’a pas toujours été facile. Parmi mes ami·es, certain·es n’ont pas accepté ma position et ont préféré couper les ponts. 

Cependant, je ne vois pas mon refus de servir comme un combat uniquement personnel. Il s’inscrit dans une lutte plus vaste contre le militarisme, contre l’oppression, contre une réalité dans laquelle la violence s’impose comme la réponse par défaut. Et la violence ne doit plus être la solution par défaut ; elle doit être complètement éradiquée. 

En général, ce qui distingue les humanistes des fascistes, c’est, sans surprise, leur adhésion aux valeurs humanistes. Mais, comme nous le savons, même celles et ceux qui s’inscrivent dans l’idéologie fasciste ont un fond de bonté. Leur adhésion au fascisme ne nous autorise bien entendu en aucune manière à les priver de leurs droits fondamentaux parce que, précisément, nous ne voulons pas devenir fascistes. Notre droit de nous battre pour la justice découle de notre engagement à agir de manière juste. La réalité de ce qui se passe du fleuve jusqu’à la mer ne fait que renforcer l’importance majeure de ce combat.

Nous ne pouvons pas construire une société juste avec les canons des armes. Les tueries de masse et l’apartheid ne sont pas et ne seront jamais un moyen de garantir la « sécurité ». Ce sont des crimes contre l’humanité. 

Tandis que j’écris ces mots, Israël a « rouvert les portes de l’enfer à Gaza » et lancé une campagne massive de bombardements sur Gaza le 18 mars, tuant des enfants et des familles entières dans leur sommeil. Partout dans le monde, on évoque le génocide commis par Israël. Des rapports, des articles et des enquêtes continuent d’être produits. La communauté internationale ne peut pas se contenter d’« exprimer sa préoccupation ». Les exportations d’armes à Israël doivent cesser. Les dirigeants israéliens responsables de crimes internationaux doivent faire l’objet de poursuites. Il faut mettre fin immédiatement au génocide et à l’apartheid. 

Je devrais conclure par un message d’espoir. 

Mais nous n’avons pas le temps de rêver. 

Le temps est venu de résister. 

 

Source : https://tinyurl.com/46bmfhxx

mardi 1 avril 2025

Photovoltaïque : quand le RN relaie les arguments des lobbies

 

Photovoltaïque : 

quand le RN relaie 

les arguments des lobbies

   

Jordan Allouche
Lobbyiste écologiste 

25 mars 2025

 

Un amendement déposé par un député du Rassemblement National propose de supprimer l’obligation d’installer des panneaux solaires sur les parkings extérieurs. Derrière l’argument de la simplification, une convergence d’intérêts préoccupante entre les positions du RN et celles de plusieurs lobbies économiques mobilisés contre cette mesure depuis deux ans.

Le fond de l’amendement est limpide : abroger l’article 40 de la loi du 10 mars 2023 sur l’accélération des énergies renouvelables. Cet article impose aux parkings extérieurs de plus de 1 500 m² de couvrir au moins 50 % de leur surface avec des panneaux photovoltaïques. Une mesure simple, ciblée, et fondée sur un principe aujourd’hui largement partagé : utiliser en priorité les surfaces déjà artificialisées pour développer les énergies renouvelables, sans empiéter sur les terres agricoles ou les espaces naturels.

Mais pour le député RN du Gard Nicolas Meizonnet, cette obligation représenterait « une charge difficilement supportable pour de nombreux gestionnaires de parkings ». Dans l’exposé des motifs, il évoque des normes trop lourdes, des investissements trop coûteux, et défend le « mix énergétique historique français » fondé sur le nucléaire et l’hydroélectricité. Il ajoute qu’un développement trop rapide du solaire pourrait « déstabiliser le système électrique » en raison de son intermittence.

Un argumentaire qui n’est pas sans rappeler celui porté par plusieurs représentants d’intérêts économiques depuis deux ans.

Une mobilisation organisée contre l’obligation solaire

En janvier 2025, onze fédérations professionnelles, dont la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Perifem, Mobilians (professionnels de l’automobile), la FACT (centres commerciaux) ou encore la Fédération nationale des métiers du stationnement (FNMS), ont déposé un recours devant le Conseil d’État contre le décret d’application de cette mesure.

Dans leurs argumentaires, ces organisations dénoncent des délais trop courts, une mesure jugée « irréaliste », et des effets contradictoires avec d’autres politiques publiques comme la végétalisation des parkings ou l’installation de bornes de recharge électrique. Elles réclament un phasing dans le temps, une redéfinition de la surface à couvrir (en excluant les voies de circulation), ou un report de l’obligation à 2030.

Le problème ? En adaptant la mesure à ce point, on la vide de sa substance. Réduire les 50 % à la seule surface des places de stationnement revient à couvrir, dans les faits, une fraction très limitée des parkings. Et retarder l’échéance repousse d’autant la montée en puissance de la production solaire en France.

Une convergence d’intérêts qui interroge

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que le Rassemblement National a déposé cet amendement à la demande explicite de ces acteurs économiques. Mais la similitude des arguments, la temporalité et la formulation interrogent. Cet épisode illustre une convergence d’intérêts croissante entre certaines positions politiques et les exigences des grands lobbies industriels, sur fond de remise en cause des politiques environnementales.

Ce n’est pas la première fois. En 2023, le RN s’était opposé à plusieurs mesures favorables aux énergies renouvelables dans le cadre de la loi « climat » et, au Parlement européen, ses élus ont défendu l’exploitation de nouveaux gisements d’hydrocarbures en mer du Nord. Dans chaque cas, la priorité donnée aux filières polluantes est assumée, souvent au nom de la souveraineté ou du pouvoir d’achat, mais toujours au détriment de la transition.

Une mesure cohérente avec les enjeux climatiques

Pourtant, la nécessité de déployer massivement le solaire n’est plus contestée scientifiquement. Le GIEC estime qu’il faut multiplier par 6 la capacité photovoltaïque mondiale d’ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement à +1,5 °C. En France, les toitures, les friches industrielles, mais aussi les parkings, constituent un gisement considérable et sans conflit d’usage.

En refusant de solariser les parkings, c’est une des rares mesures à fort potentiel, rapide à mettre en œuvre et compatible avec la relance industrielle française (notamment via les gigafactories de panneaux), que l’on sacrifie.

Une bataille politique, mais aussi démocratique

Ce que révèle cet amendement, c’est que derrière le débat technique se cache un enjeu démocratique plus profond : à qui profite l’inaction climatique ? Qui décide des priorités énergétiques ? Et pourquoi tant d’efforts sont-ils mobilisés pour entraver des mesures modestes, mais symboliquement fortes ?

Refuser de solariser les parkings, en 2025, ce n’est pas de la simplification. C’est une abdication.

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/jordan-allouche/blog/250325/photovoltaique-quand-le-rn-relaie-les-arguments-des-lobbies

lundi 31 mars 2025

La consommation mondiale d’énergie a encore augmenté en 2024, tirée par la climatisation

La consommation 

mondiale d’énergie 

a encore augmenté en 2024, 

tirée par la climatisation

24 mars 2025

La consommation mondiale d’énergie a bondi de 2,2 % en 2024.


L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a révélé lundi 24 mars 2025 que la consommation mondiale d’énergie a bondi de 2,2 % en 2024, avec des émissions de CO2 encore en hausse (+0,8 %, contre +1,1 % en 2023).

Cette envolée, marquée par une hausse historique de l’électricité (+4,3 %), s’est accompagnée d’un nouveau record des émissions de CO2 liées à l’énergie, atteignant 37,8 gigatonnes.

Malgré une progression notable des énergies renouvelables et du nucléaire, qui ont fourni 80 % de l’électricité supplémentaire consommée en 2024, la dépendance persistante aux énergies fossiles, notamment au gaz naturel (+2,7 %), continue d’alimenter le réchauffement climatique.

Les vagues de chaleur records enregistrées en 2024 ont exacerbé la situation, intensifiant la demande en climatisation et ainsi la consommation d’énergie.

L’AIE souligne cependant une inflexion encourageante : l’essor du solaire et de l’éolien, ainsi que du nucléaire, qui a permis d’éviter l’émission de 2,6 milliards de tonnes de CO2 par an depuis 2019, soit 7 % des rejets mondiaux.

Source : https://reporterre.net/La-consommation-mondiale-d-energie-a-fortement-augmente-en-2024-la-chaleur-en-cause

dimanche 30 mars 2025

Pétition - pour la fin des changements d'heure

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE PRINTEMPS 2025 

L'ALLIANCE INTERNATIONALE POUR L'HEURE NATURELLE

salue la décision de l'UE de mettre fin aux changements d'heure saisonniers d'ici 2026.
Elle appelle à l'adoption de fuseaux horaires naturels en Europe

Bruxelles , Belgique Europe – 25 mars 2025 –

L'Alliance internationale pour le temps naturel (IANT), une coalition mondiale pour le retour aux fuseaux horaires naturels basés sur le soleil, appelle à une action décisive pour abolir le changement d'heure bisannuel en Europe. Cet appel intervient dans un contexte de soutien politique, scientifique et public croissant en faveur d'une réforme de l'heure. 


Un large soutien politique pour la fin des changements d'heure


Le 24 octobre 2024, l'eurodéputé irlandais Seán Kelly, membre du Parti populaire européen, a adressé une lettre, déjà soutenue par plus de 70 eurodéputés de tous bords politiques, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette lettre exhorte la Commission européenne à faire de la fin des changements d'heure saisonniers une priorité, citant des risques importants pour la santé, la sécurité et le bien-être général. 


« Des études ont montré que le changement d'heure peut avoir un impact négatif sur les habitudes de sommeil, augmenter le risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral, et entraîner une hausse des accidents de la route », indique la lettre. « De plus, les avantages en termes d'économies d'énergie qui justifiaient autrefois cette pratique ont largement diminué, et en fait, le changement pourrait même entraîner une augmentation de la consommation d'énergie […]. La suppression du changement d'heure s'inscrit également dans l'engagement de l'UE en faveur de la simplification […] et constituera une mesure pratique et populaire qui présentera des avantages significatifs pour les citoyens de toute l'Europe. »
 

Des preuves scientifiques confirment les effets néfastes du décalage horaire
Suite à cette initiative politique, le Parlement européen a organisé une audition à Bruxelles le 18 mars 2025, organisée par le député européen Seán Kelly et soutenue par l'Initiative de Barcelone pour l'utilisation du temps (TUI). Cet événement a réuni d'éminents experts et députés européens pour aborder les impacts négatifs du changement d'heure saisonnier sur la santé, l'économie et l’environnement.Tout en définissant une feuille de route commune pour mettre fin à cette pratique obsolète en Europe d'ici 2026.

L'événement a réuni des experts de renom issus de divers domaines, notamment :

Professeur Tomas Havranek (macroéconomiste, République tchèque) – Expert de l'impact énergétique des changements d'heure biannuels ;
Maria Nikolopoulou (Comité économique et social européen, Espagne) – Experte des conséquences économiques des politiques temporelles ;
Professeur Roelof Hut (chronobiologiste, Pays-Bas) – Chercheur sur l'horloge biologique et les effets du décalage circadien ;
Dre Inge Declercq (neurologue et experte du sommeil, Belgique) – Spécialiste des conséquences du manque de sommeil et du décalage horaire sur la santé.

Ils ont souligné qu'au cours des 30 dernières années, la recherche scientifique a discrédité les mythes obsolètes selon lesquels le changement d'heure est bénéfique. Des études montrent désormais que vivre en dehors de son fuseau horaire naturel augmente l'incidence du cancer, de l'obésité, du diabète, des maladies coronariennes, de la démence, de la dépression et d'autres problèmes de santé mentale. L'heure d'été et le décalage horaire réduisent également la productivité scolaire et professionnelle, augmentent les accidents de la route et du travail, et ont un impact négatif sur le PIB. De plus, les décalages horaires augmentent la consommation d'énergie, la pollution lumineuse et les émissions de gaz, ce qui nuit encore davantage à l'environnement.

L'audition a été bien accueillie et, lors de l'événement, Petra Söderqvist, conseillère auprès du commissaire européen aux transports, a confirmé que « le commissaire est très intéressé par la question de la suppression du changement d'heure au cours de cette législature ». Forts de cette volonté manifeste, l'IANT et TUI continueront de collaborer avec le Parlement européen et d'autres organisations civiles et scientifiques afin de garantir que la Commission européenne et le Conseil de l'Union européenne accordent la priorité à cette question et la mettent sur leur agenda aussi vite que possible.

 
Une voie claire vers l'avenir : une solution scientifiquement validée

Interrogé sur les différences entre cette initiative et les précédentes, l'IANT explique que la précédente initiative européenne a été mise de côté par la pandémie de Covid-19. Deux différences majeures se dessinent :

Le Conseil de l'Union européenne sera impliqué dès le début du processus.
Un plan de mise en œuvre simple, pragmatique et scientifiquement validé est déjà en place.
Cette proposition, prête à être mise en œuvre, visant à mettre fin aux changements d'heure saisonniers a été élaborée par l'IANT en collaboration avec l'Initiative de Barcelone pour l'utilisation du temps (TUI) et a déjà été approuvée par des organisations de la société civile et des experts scientifiques de premier plan du monde entier.

La proposition décrit un processus simple en deux étapes : la première consiste à mettre fin au passage à l'heure d'été (DST) pour toute l'Europe. La seconde étape préconise l'adoption d'un système horaire permanent, aussi proche que possible de l'heure solaire, appelé « temps naturel ». L'heure naturelle signifie que l'heure de l'horloge ne diffère pas de plus de 30 minutes de l'heure solaire, garantissant ainsi que les horaires quotidiens sont mieux synchronisés avec les rythmes circadiens humains.

Appel à l'action : Laissez le peuple décider


Afin de mobiliser le soutien du public, l'IANT a également lancé une pétition intitulée « Êtes-vous las de changer d'heure deux fois par an ? », disponible en 27 langues sur YouMove Europe. Cette initiative permet aux citoyens européens d'exprimer leur soutien à la réforme de l'heure et de témoigner de la demande croissante d'heure naturelle.

« Nos efforts vont au-delà de la simple suppression des changements d'heure », a déclaré Ticia Luengo Hendriks, représentante néerlandaise de l'IANT. « Nous nous efforçons de réaligner le rythme de la société sur celui de la nature. Finies les fausses horloges ! C'est une réforme nécessaire pour la santé, la productivité et la durabilité environnementale. »
« À titre d'exemple, le Kazakhstan oriental est revenu à son fuseau horaire naturel en mars 2024 et a enregistré une légère baisse de sa consommation d'électricité au cours de l'année écoulée, tandis qu'une augmentation de 10,4 % par rapport à la même période l'année dernière a été constatée dans la région du Kazakhstan occidental, qui reste soumise à l'heure d'été permanente. »

À propos de l'Alliance internationale pour le temps naturel


L'Alliance internationale pour le temps naturel (IANT) est une coalition mondiale qui milite pour l'observation permanente de fuseaux horaires solaires géographiquement adaptés. En défendant des politiques temporelles fondées sur des preuves scientifiques, l'IANT vise à améliorer la santé publique, la sécurité et la durabilité environnementale, en alignant les routines sociétales sur les rythmes biologiques humains et les cycles naturels de la Terre.


 *** : Proposition de fuseau horaire permanent (6 langues) : Proposition sur la mise en œuvre de fuseaux horaires permanents dans l'UE — BTUIPermanent Time Zone Proposal (6 languages): https://timeuse.barcelona/what-we-do/permanent-time-zones-eu/
 
*** : Pétition pour le temps naturel (27 langues) : Êtes-vous fatigué de changer d'heure deux fois par an ? | YouMoveEurope https://action.wemove.eu/sign/2024-10-are-you-sick-and-tired-of-changing-the-clock-twice-a-year-FR  


Contact presse :

Ticia Luengo Hendriks
Représentante néerlandaise, Alliance internationale pour le temps naturel
email : info@naturaltimealliance.org.  
telephone_receiver: (Tél.)31622996416
earth_africa: naturaltimealliance.org

Remarque : Les journalistes souhaitant s'exprimer dans leur langue sont invités à demander un entretien avec l'un des experts ayant soutenu la proposition de fuseau horaire permanent.


ASSOCIATION LA MÉRIDIENNE
28/03/2025 -

samedi 29 mars 2025

Donald Trump sème le chaos dans les sciences du climat

Donald Trump 

sème le chaos 

dans les sciences du climat


26 mars 2025

 

Manifestation de scientifiques en réaction aux coupes budgétaires et aux licenciements décidés par l'administration Trump dans les agences fédérales finançant la recherche médicale, à Washington, le 7 mars 2025.

Travaux censurés, scientifiques empêchés, données inaccessibles... La purge de Donald Trump dans les sciences affecte les chercheurs français et leurs études. Les climatologues craignent de ne plus pouvoir travailler.

C’est un cataclysme qui n’en finit pas de déferler sur la communauté mondiale des climatologues. Les attaques massives menées par le président étasunien Donald Trump contre les sciences dites « de la durabilité », dont celles du climat, ont des conséquences pour la recherche partout dans le monde. En France, de nombreux chercheurs oscillent entre sidération et craintes pour l’avenir.

« La situation m’affecte au niveau personnel : je connais très bien nos collègues aux États-Unis avec qui nous collaborons étroitement sur les cyclones tropicaux et leur lien avec le changement climatique. Ce sont les plus grands spécialistes du sujet, je me suis formé en interagissant avec eux », témoigne Davide Faranda, climatologue, chercheur au CNRS à l’Institut Pierre-Simon Laplace. « Ils sont sous le choc et travaillent dans une situation chaotique. Les menaces de fermetures de programmes ou de licenciements les empêchent de planifier quoi que ce soit. »

Les scientifiques les plus précaires, doctorants ou postdoctorants notamment, comptent parmi les plus menacés par les coupes budgétaires. Mais aucune institution n’est à l’abri, pas même les plus emblématiques : l’Observatoire du Mauna Loa, à Hawaï, qui mesure le CO2 dans l’atmosphère depuis 1958, est sur la sellette. Le gouvernement étasunien envisagerait de fermer en août prochain le bureau qui le gère sur place, selon une note fédérale récupérée par le New York Times.

« Mauna Loa est un site historique, pionnier. C’est celui qui a mis en évidence la hausse du taux de CO2 dans l’atmosphère. Le symbole serait extrêmement douloureux pour les climatologues, c’est comme si on arrêtait de financer le Louvre en France », souligne le climatologue Robert Vautard, coprésident du groupe de travail 1 du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Sauver la continuité des mesures climatiques

Perdre les capacités d’observer le climat est ce que redoutent le plus les climatologues, tant l’ensemble des sciences du climat dépendent des observations. Elles sont indispensables pour vérifier et améliorer les modèles qui projettent les scénarios climatiques du futur, mais aussi pour comprendre les zones d’ombre restantes sur l’évolution de plusieurs sous-systèmes climatiques, dans un contexte de réchauffement qui ne fait qu’accélérer.

« La continuité des données d’observation est très importante. Même un trou de quelques années peut être dommageable, dit Robert Vautard. Imaginons par exemple que nous n’ayons pas les données des anomalies des années 2023 et 2024, qui ont pulvérisé les records de température : elles sont primordiales pour mieux comprendre les évolutions en cours. »

Or, pour observer l’ensemble du globe, la collaboration internationale est indispensable. Et les États-Unis ont toujours été un acteur majeur en la matière. C’est le cas, par exemple, dans l’observation des océans. Ceux-ci ont jusqu’à présent absorbé plus de 90 % de la chaleur générée par le changement climatique, et la compréhension de leurs mécanismes de régulation constitue un front de science crucial pour la climatologie.

« On préfère ne pas penser au scénario du pire »

Le programme international Argo, qui a permis le déploiement de 4 000 flotteurs sur l’ensemble des océans, récoltant des données abondamment citées dans les rapports du Giec, est ainsi financé à plus de 50 % par les États-Unis. Au travers, entre autres, de l’Agence étasunienne d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Lorsque celle-ci a reçu l’ordre de Washington de couper tout contact avec ses collègues internationaux, dont ceux de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), les craintes d’une perte d’accès aux données et d’une baisse des financements de la flotte Argo ont été exprimées par le PDG de l’Ifremer.

« Pour l’instant, nous n’avons pas été impactés directement, rassure Claire Gourcuff, responsable scientifique de Euro-Argo, la partie européenne du projet qui finance le quart des 4 000 flotteurs. C’est une des forces d’Argo : les observations sont partagées avec toutes les équipes dans le monde, via deux centres qui centralisent toutes les données, l’un aux États-Unis et l’autre en France. »

Les données continuent — pour l’heure — de circuler, mais quid du renouvellement des flotteurs, dont la durée de vie n’excède pas 5 à 7 ans ? Les Européens, qui gèrent de nombreux flotteurs en Atlantique, pourraient difficilement combler un retrait étasunien du Pacifique. Perdre une partie du réseau de flotteurs serait d’autant plus dommageable que, avant le séisme Trump, l’ambition était au contraire d’augmenter le nombre et la performance des flotteurs, pour répondre aux interrogations des océanographes et des climatologues.

« On préfère ne pas penser au scénario du pire, dit Claire Gourcuff. Pour l’instant, on n’a pas trop de retours de nos collègues américains. Nous en saurons sans doute plus lors de la réunion scientifique annuelle d’Argo qui se tiendra à San Diego, en Californie, en avril. En attendant, tout fonctionne toujours très bien pour Argo. »

La menace des destructions numériques

Les craintes des chercheurs ne concernent pas seulement les nombreuses collaborations autour de l’observation de la Terre. L’étage supérieur, celui des simulations climatiques, est également touché. La construction de modèles dépend de l’accès aux données climatiques.

Les climatologues redoutent que les serveurs où celles-ci sont stockées soient victimes « d’autodafés numériques », de suppressions radicales similaires à celles orchestrées par l’administration Trump dans le domaine de la santé.

« La communauté internationale est en train de se préparer à une éventuelle fermeture des serveurs aux États-Unis. La volonté des collègues américains de répliquer la quasi-totalité des données vers le Royaume-Uni ou Paris démontre qu’il y a une vraie crainte que ces données soient perdues », pointe Roland Séférian, modélisateur du climat au Centre national de recherches météorologiques (CNRM).

Manifestation «  Debout pour les sciences  » à Paris, en solidarité avec les scientifiques étasuniens, le 7 mars 2025. © Hervé Chatel / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Comme pour les observations, la logique de collaborations internationales est à la fois source de vulnérabilité aux soubresauts étasuniens et source de résilience, car tout ne dépend pas de ce qui se passe outre-Atlantique.

« Pour produire les nombreux modèles climatiques figurant dans les synthèses du Giec, il y a quatre groupes de modélisateurs aux États-Unis, sept en Europe, trois en Chine et de nombreux autres ailleurs dans le monde. Les États-Unis sont leaders, avec de très gros moyens de calcul. L’évolution en cours est bien évidemment dramatique, mais si un ou plusieurs groupes américains étaient empêchés, la production de modèles ne s’effondrerait pas non plus », tempère Roland Séférian.

Observations, échanges et sauvegardes des données, modélisations… L’omniprésence des États-Unis en climatologie leur confère logiquement une place de choix au sein du Giec. À titre d’exemple, sur les 842 auteurs du 6e rapport du Giec (excepté la synthèse finale), publié en 2021 et 2022, 91 travaillaient aux États-Unis, soit plus de 10 %.

Il s’agit, en outre, souvent de scientifiques expérimentés et jouant un rôle important dans le difficile travail de synthèse et d’écriture des rapports du Giec. À l’instar de Katherine Calvin, scientifique en chef à la Nasa et coprésidente du groupe de travail 3 du Giec depuis 2023, licenciée par Donald Trump et empêchée, ainsi que toute son équipe, de se rendre à une réunion de travail du Giec à Hangzhou, en Chine, en février dernier.

Combler les trous… jusqu’à quand ?

Comme souvent, depuis des mois, l’incertitude règne. « Il n’y avait aucun délégué des États-Unis à Hangzhou, mais nous n’avons eu aucune explication officielle. Nous n’avons aucune information suggérant un retrait des États-Unis du Giec », dit Robert Vautard.

Sur le moment, l’absence de l’équipe support étasunienne, qui devait organiser le travail du groupe 3, a été compensée par la solidarité des autres équipes. Pour la suite, les États-Unis permettront-ils à leurs chercheurs de contribuer aux prochains travaux du Giec ?

« Ma crainte est que, si aucun auteur du rapport n’a été validé par les États-Unis, cela leur serve d’argument pour contester la validité de son contenu, voire pour amoindrir la portée du consensus scientifique », dit Roland Séférian.

À défaut de savoir de quoi l’avenir sera fait, chacun continue autant que possible son travail de recherche. Et en appelle au sursaut international. « Nous sommes nombreux à être passés par les États-Unis pour nous former. Plein de collègues vont être au chômage là-bas et pourraient contribuer à la recherche en Europe ou en Asie, mais il faudrait le budget pour cela », plaide sans trop y croire Davide Faranda.

D’autant que l’Europe, avec le programme satellitaire Copernicus qui fournit de précieuses données climatiques, pourrait prendre une part de leadership en cas de réorientation massive de la Nasa en dehors des sciences du climat.

« Je ne suis pas sûr que l’Europe, seule, pourrait combler les trous. Et puis, on ne remplace pas des bateaux qui placent des flotteurs dans l’océan ou des stations de mesures atmosphériques facilement, cela prend du temps », dit Davide Faranda.

La NOAA pourrait prochainement licencier plus de 1 000 autres salariés, annonçait le 21 mars le site d’information Axios, après une première vague quasi similaire en février. Face à un gouvernement étasunien autoritariste et qui s’émancipe de plus en plus du cadre budgétaire supposément défini par le Congrès, le chaos pour la climatologie ne fait sans doute que commencer.

 

Source : https://reporterre.net/Donald-Trump-seme-le-chaos-dans-les-sciences-du-climat