Le Ministère de l’agriculture
a saboté un rapport
pour minimiser le lien
entre pesticides et cancers
Des scientifiques dénoncent comment un rapport sur la santé et les
pesticides a été édulcoré par l’État. Réécriture du cabinet de la
ministre de l’Agriculture, menaces de sanction, suppression de certaines
mentions… Le cabinet a tout fait pour minimiser l’impact des pesticides
sur la santé humaine.
Le
Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à
l’Assemblée nationale le rapport qu’elle lui avait demandé sur les
politiques publiques de santé environnementale. Ce pavé de 500 pages
analyse la faiblesse globale des politiques publiques et formule une
série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies
attribuables aux pollutions de l’environnement. Il est divisé en quatre
parties : le bruit, les polluants éternels (ou PFAS), la pollution
atmosphérique aux particules fines et les pesticides. |
Dans
la foulée de la polémique autour de la loi Duplomb, ces préconisations
scientifiques ont rencontré la résistante du monde politique. Quatre des
huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document
ont dénoncé les modifications impulsées par le ministère de
l’agriculture. |
Parmi
les modifications les plus graves, le cabinet du ministère de
l’agriculture a minimisé le lien entre la présence de vignes autour d’un
habitat et le risque de leucémie de l’enfant, le qualifiant de « peu
robuste au niveau régional » et « posant question ». |
«
Ce gouvernement préfère la mort de vos enfants plutôt que de faire
perdre un euro à des multinationales qui produisent des pesticides. Une
épidémie de cancer pédiatrique en France ? ... Aucun problème pour eux
», s'est agacé Mickaël Denis-SHI, Directeur de FNE-Ile-de-France et
réalisateur de « Leurs champs du cœur » |
A
l’échelle du globe, le nombre de nouveaux cas de cancers chez les moins
de 50 ans a bondi de près de 80 % en moins de trente ans, passant de
1,82 million en 1990 à 3,26 millions en 2019, selon un article paru dans
le British Medical Journal Oncology en 2023. La France, elle, a les
taux de cancers les plus élevés au monde. |
Pourtant,
même minimisation sur l’impact sanitaire des traces de pesticides de
synthèse dans l’alimentation où une étude française de 2018, montrant le
risque amoindri de certains cancers chez les plus gros mangeurs
d’aliments bio, a été traitée d’« infox ». |
Le
cabinet de Mme Genevard, ministre de l’agriculture, dément être à
l’origine du moindre amendement. Las, Le Monde a eu accès à des messages
où les conseillers demandent la suppression de passages jusqu’à
l’avant-veille de la publication. |









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