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mercredi 26 août 2026

Les 10 bonnes nouvelles de la semaine - Réseaux sociaux, séniors, auto-construction :

 


Réseaux sociaux, séniors, 

auto-construction : 

les 10 bonnes nouvelles 

de la semaine

 

  

Pour contrer le blues du dimanche soir (ou plutôt des lundis capitalistes), voici 10 bonnes nouvelles de la semaine !

 

1. Réseaux sociaux : la loi interdisant l’accès aux moins de 15 ans, censurée par le Conseil constitutionnel

La loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel, qui a jugé l’atteinte aux libertés disproportionnée. Ils ont notamment critiqué son périmètre trop large, l’absence de prise en compte de l’autorité parentale et les risques liés à la vérification d’âge. Le gouvernement prévoit un nouveau texte d’ici au printemps 2027. (le Monde)

2. Les Insatiables redonnent l’appétit à des séniors

La dénutrition toucherait un million de personnes de plus de 65 ans en France et peut entraîner perte d’énergie, amaigrissement et problèmes de santé. Pour la prévenir, l’association Les Insatiables organise notamment des ateliers et concours culinaires en Ehpad, qui permettent de sensibiliser les seniors à l’importance de bien manger tout en favorisant le plaisir, l’autonomie et le lien social. (Marcelle Média)

3. En Ariège, elles construisent leur maison en bois, terre et paille

En Ariège, Jocelyne et Dominique ont construit leur maison avec du bois, de la terre et de la paille, des matériaux bruts ou peu transformés. Dix ans après, la maison de 54 m² n’a pas bougé, grâce notamment à une conception protégeant la terre de l’humidité. Construite en chantier participatif, elle leur a coûté 50 000 euros au total. (Reporterre)

4. Quimper : échanges culturels entre jeunes breton·nes et palestinien·nes

Des collégien·nes breton·nes ont accueilli huit jeunes Palestinien·nes du camp de Balata, en Cisjordanie, pour une tournée mêlant danses, visites et rencontres. À travers le Dabke et plus globalement la culture locale, ces échanges ont permis de mettre en lumière les traditions communes, créer des liens entre les deux jeunesses et d’offrir aux jeunes Palestinien·nes une parenthèse de liberté et de sérénité. (La Relève et la Peste)

5. Un vaccin personnalisé montre des résultats prometteurs contre le mélanome

Un vaccin personnalisé à ARN messager développé par Moderna et Merck a donné des résultats positifs en phase 3 chez plus de 1 100 patients atteints d’un mélanome avancé. Associé à une immunothérapie, il a amélioré significativement la survie sans récidive par rapport au traitement seul. Les laboratoires doivent désormais présenter les résultats détaillés et demander son autorisation. (20minutes)

6. Dans le sud-ouest de l’Angleterre, la martre des pins se reproduit avec succès

La réintroduction de la martre des pins porte ses premiers fruits dans le sud-ouest de l’Angleterre : des caméras ont filmé quatre petits à Exmoor et deux à Dartmoor, après le relâcher de 34 individus depuis 2024. Ces naissances constituent les premières preuves de reproduction depuis le lancement du programme visant à restaurer l’espèce, disparue localement depuis plus d’un siècle. (Devon Wildlife Trust)

 

7. La nigelle des champs réapparaît en Sarthe après 150 ans d’absence

Après 150 ans d’absence, la nigelle des champs a été retrouvée en Sarthe, où sa dernière observation remontait à 1879. Classée en danger critique d’extinction, cette petite fleur a réapparu sur une parcelle où des pratiques agricoles favorables permettent aussi à d’autres fleurs des moissons de se développer. (Reporterre)
 

10. Une loutre réapparaît à New York après plus d’un siècle d’absence

Après plus d’un siècle d’absence, une loutre d’Amérique a été photographiée dans la Bronx River, à New York. Son retour témoigne de la restauration progressive de cette rivière, autrefois fortement polluée, grâce à des décennies d’efforts pour améliorer la qualité de l’eau et les habitats. (The Guardian)
 
Mara Pron


Photo de couverture : Ryan Reynoso / Unspalsh

Source : https://mrmondialisation.org/reseaux-sociaux-seniors-autoconstruction-10-bonnes-nouvelles-semaine/ 

mardi 25 août 2026

Les 5 conditions pour l'aide à mourir - « Aide à mourir » : lettre aux député·es de la part du Front de Gauche Antivalidiste


 Les 5 conditions 

pour l'aide à mourir

 

 Un droit à l'aide à mourir est institué. Il consistera à autoriser et à accompagner un malade qui a demandé à recourir à un produit létal. Le malade devra s'administrer lui-même le produit. Toutefois, s'il en est incapable physiquement, il pourra se le faire administrer par un médecin ou un infirmier. L'auto-administration sera donc la règle et l'administration par un soignant l'exception.

Pour accéder à l'aide à mourir, le malade devra remplir 5 conditions :

1. être majeur (au moins 18 ans) 

2. être français ou résident étranger régulier et stable en France

3. être atteint d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale. Un amendement du gouvernement a explicité la "phase avancée" de la maladie L, qui reprend la définition donnée par la Haute Autorité de santé (HAS) dans son avis du 6 mai 2025 L. Cette phase est "caractérisée par l'entrée dans un processus irréversible marqué par l'aggravation de l'état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie". Selon l'exécutif, la prise en compte de ces repères dans la loi permettra d'éviter une application variable de l'aide à mourir, qui pourrait générer des inégalités d'accès ou exposer les médecins à des décisions isolées, sans fondement partagé 

4. présenter une souffrance liée à cette affection qui est réfractaire aux traitements (qu'on ne peut pas soulager) ou insupportable selon le patient, lorsqu'il a choisi de ne pas recevoir ou d'arrêter un traitement. Les députés ont précisé qu'une souffrance psychologique seule ne peut pas permettre de bénéficier de l'aide à mourir et ont, en deuxième lecture, supprimé le caractère constant de la souffrance

5. être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. Le malade devra être capable de prendre sa décision en ayant conscience de la portée et des conséquences de son choix, ce qui exclut les personnes dont le discernement est gravement altéré au moment de la démarche.


___________________________________


 Ici un point de vue peu entendu, 

qui mérite d'être connu et défendu


Tribune 17 février 2026

Elena Chamorro

« Aide à mourir » : 

lettre aux député·es de la part 

du Front de Gauche Antivalidiste

La gauche anti-validiste vous appelle à voter contre la proposition de loi relative à « l’aide à mourir ». Nous, collectifs et associations de personnes handicapées, citoyen·nes et soignant·es engagé·es à gauche, souhaitons de nouveau vous alerter sur les dangers majeurs que représente ce texte.


Mesdames, Messieurs les député·es,

Vous examinez actuellement en seconde lecture la proposition de loi relative à « l’aide à mourir », visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté.

Nous, collectifs et associations de personnes handicapées, citoyen·nes et soignant·es engagé·es àgauche, souhaitons de nouveau vous alerter sur les dangers majeurs que représente ce texte.

Contrairement à ce qui est avancé, la proposition de loi ne concernera pas seulement des personnes malades dont la mort est imminente, mais bel et bien de nombreuses personnes malades et handicapées, dont la mort n’est ni proche ni prévisible, comme le confirment les critères d’éligibilité retenus. Sur un tel sujet, il n’y a d’ailleurs pas de distinction artificielle à faire entre maladie et handicap, puisque la maladie constitue l’une des principales causes des limitations qui produisent le handicap, les deux notions sont inextricablement liées.

Dans une société marquée par la précarité, le manque d’accompagnement et l’effondrement du système de soins, le suicide assisté et l’euthanasie risquent de devenir pour les personnes concernées une réponse à l’abandon plutôt qu’à la souffrance. Beaucoup de personnes malades et handicapées pourraient ainsi être conduites à demander la mort faute de pouvoir vivre dignement.

La liberté invoquée ne peut être réelle dans un contexte d’inégalités profondes, où les personnes concernées subissent déjà dépendance, pauvreté et pressions sociales. Présenter le choix de la mort médicalisée comme libre revient à faire abstraction des contraintes sociales, économiques et institutionnelles existantes.

Les expériences étrangères montrent qu’une fois le principe adopté, les critères vont en s’élargissant et les demandes en augmentant, y compris pour des raisons sociales, sans qu’aucune garantie ne puisse empêcher les dérives observées. L’exemple du Québec doit à cet égard nous alerter. L’euthanasie, qui avait été présentée initialement comme une réponse à des situations exceptionnelles, s’est progressivement banalisée et représente désormais environ 7 % des décès.

Dans une société qui peine déjà à prévenir le suicide, la reconnaissance d’un droit à mourir risquerait, en outre, d’affaiblir la prévention du suicide et de conduire à une hiérarchisation des vies inacceptable tant sur le plan éthique que politique.

En tant qu’élu·es de gauche, vous avez une responsabilité particulière. Vous ne pouvez faire de la mort une proposition sociale. L’urgence est d’améliorer les conditions de vie, de soins et d’accompagnement des personnes malades et handicapées.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de vous opposer fermement à cette proposition de loi lors du vote du 20 février 2026.

Nous comptons sur vous,

https://fg-antivalidiste.fr/

Le FGA et ses soutiens.

 

Le Front de Gauche Anti-validiste est composé des associations CLE Autistes, CUSE (Collectif Une Seule École), Handi-Social, Odile Maurin, élue municipale, présidente d’Handi-Social, Elisa Rojas, avocate et militante, l’Observatoire Féministe des Violences Médicales, Corps Dissidents, Les Dévalideuses, Collectif JABS – jusqu’au bout solidaires, Elena Chamorro, enseignante et militante.

Il est soutenu par plus de 2700 soignant·es, chercheur·ses, membres de la société civile, syndicats, collectifs et associations ARRA Association pour la Réduction des Risques Aéroportés, Winslow Santé Publique, #NousToutes, SNJMG syndicat national des jeunes médecins généralistes, Pour une Santé Engagée et Solidaire, collectif d'étudiant·es en santé de Sorbonne Université, Collectif Nos Enfants Trans, Les Dégommeuses, AcceptessT, Pour une MEUF (Médecine Engagée Unie et Féministe), Collectif CHAUD, collectif de soutien aux personnes handiEs, Collectif Dévalidiste du Pays de Redon, Syndicat handi angoumoisin, Cabrioles, Carnet de recherche pour l’autodéfense sanitaire face au Covid-19, Mask Bloc Lille, Mask Bloc Lyon, Mask Bloc Paris, Paye ta Psychophobie, Association of Rights-based Public Jobs for the Disabled, Korea Council of Centers for Independent Living, National Coalition of Disabled Survivors of Institutionalization, l'Assemblée pour des soins antiracistes et populaires, Collectif Queer Handi Access 80…


Source : https://blogs.mediapart.fr/elena-chamorro/blog/170226/aide-mourir-lettre-aux-depute-es-de-la-part-du-front-de-gauche-antivalidiste


lundi 24 août 2026

PFAS, « chaleur fatale »... Un projet de data centers destinés à l’IA révolte des riverains


PFAS, « chaleur fatale »... 

Un projet de data centers destinés 

à l’IA révolte des riverains

21 août 2026



Dans l’Oise, la tension monte autour d’un projet de deux data centers dédiés à l’IA. Des riverains refusent de voir s’installer dans leur campagne ces « radiateurs géants », dont le dossier comprend de nombreuses « ambiguïtés », « incohérences » et « insuffisances ».

Rantigny (Oise), reportage

La salle communale était comble et l’ambiance pour le moins agitée, le 19 août à Rantigny, dans l’Oise. Près de 300 personnes sont venues des villages alentour pour participer à la réunion de clôture de l’enquête publique sur un projet de deux data centers. Pour la plupart, les participants sont clairement opposés à ce projet d’hyperscalers dédiés à l’intelligence artificielle (IA), qui pourraient être les premiers autorisés à s’implanter dans les Hauts-de-France.

Lire aussi : Data centers : une carte exclusive des sites en projet

Les deux centres de données, dont la mise en service est annoncée pour 2029, consommeraient 2,6 térawattheures (TWh) d’électricité par an. C’est plus de quatre fois la consommation des dix communes du Liancourtois, où ils doivent s’implanter. Les bâtiments seraient construits sur une zone de 33 hectares, dont près de 22 hectares de parcelles agricoles, où 35 espèces protégées ont été recensées, selon les documents de description du projet. La construction d’un troisième data center est prévue par la suite. Le tout, pour un investissement annoncé de plus de 4 milliards d’euros.

« On n’en veut pas de vos data centers »

À peine les porteurs du projet prennent le micro que l’indignation se fait entendre dans le public : « On n’en veut pas de vos data centers », s’exclame l’un des participants, applaudi par une grande partie de l’audience. Au fil de la discussion, les esprits s’échauffent. « Je demande à ce que ce soit un échange courtois », réclame le commissaire enquêteur. Il intervient à plusieurs reprises pour demander au public de « se calmer », voire de « se taire », en menaçant d’interrompre la réunion.

« On a investi pour acheter une maison à la campagne, ce n’est pas pour y voir arriver un data center ! »

Le représentant du porteur du projet, Fayçal Id El Cadi, tente de convaincre l’audience en défendant un enjeu de « souveraineté numérique » et de compétitivité dans la « course » à l’IA. « Si ce projet ne se fait pas ici, en France, où l’énergie est décarbonée, il se fera en Allemagne et le prix écologique sera désastreux », argue-t-il. Il tente ensuite de rassurer, en présentant les changements apportés au dossier du projet, avec des études complémentaires, notamment sur le bruit généré par les data centers.

Face aux inquiétudes sur l’usage de l’eau, il rappelle que les data centers fonctionneront avec un système de refroidissement par l’air en circuit fermé, et annonce une réduction de la consommation en eau de 13 394 à 11 466 m3 par an, « liée aux usages domestiques et à l’humidification des salles de serveurs ».

Enfin, il affirme avoir pris « un engagement auprès de la maire et des autorités environnementales » de ne pas développer la troisième phase du projet. Celle-ci prévoit d’étendre le site et de développer de nouveaux centres de données au plus près du village de Neuilly-sous-Clermont, dont le conseil municipal s’est prononcé contre le projet.

« Est-ce que vous voudriez vivre, vous, avec vos enfants, à côté d’un data center ? »

Tous ces arguments sont loin de convaincre les riverains présents. Ils s’inquiètent de voir débarquer le « radiateur géant » d’une multinationale du numérique dans leur paisible campagne, et réclament « un référendum local ». L’un craint des perturbations sur ses ruches, ainsi que pour les espèces sauvages qui peuplent le secteur. Une autre, la visibilité des bâtiments et de leurs cheminées de 30 mètres de haut, depuis les villages et leurs monuments historiques.

« Ça va être juste à côté de chez moi, là où je vais courir, où j’emmène mes enfants faire du vélo. On a investi des milliers d’euros pour acheter une maison à la campagne, ce n’est pas pour y voir arriver un data center ! s’exclame Nicolas, habitant de Neuilly-sous-Clermont. Est-ce que vous voudriez vivre, vous, avec vos enfants, à côté d’un data center à moins de 500 mètres ? » « On habite un petit village avec des vaches, de la forêt, des chemins de randonnée, des zones humides, des terres agricoles… Dans le contexte du réchauffement climatique, c’est ça qu’il faut préserver », ajoute Laura, habitante de Cambronne-lès-Clermont.

Dans ces villages proches des data centers projetés, l’opposition est grandissante. Une seule voix enthousiaste se fait entendre au cours de la réunion. Celle de Nathan, 18 ans, qui se réjouit des 100 à 150 emplois directs annoncés sur le site. « Il n’y a pas de débouchés dans l’informatique dans le coin. L’entreprise va verser des impôts aux collectivités et le data center va redonner de la vie à l’Oise », estime l’étudiant en informatique.

Mystère autour du client final des data centers

« Qu’est-ce qui se passera quand Microsoft sera arrivé ? Quel sera notre poids dans les décisions ? » interroge une participante à la réunion publique. « On propose de mettre en place un comité de suivi du site avec le public », rétorque Fayçal Id El Cadi. Peine perdue. La confiance est rompue, d’autant que les opposants ont le sentiment d’être confrontés à une grande « opacité ».

Le client final des data centers n’a toujours pas été annoncé. « On nous demande de nous prononcer sur un projet dont on ne connaît pas l’exploitant, c’est aberrant », regrette Diane d’Harcourt, vice-présidente de l’Association de défense des intérêts de Neuilly-sous-Clermont et des communes alentour.

De son côté, Fayçal Id El Cadi nous indique avoir « signé un contrat de confidentialité avec l’opérateur ». La rumeur court qu’il s’agirait de Microsoft, puisque le projet fait écho à l’annonce de la présidence de la République, en mai 2024, d’un investissement par Microsoft de l’ordre de 4 milliards d’euros en France dans le domaine de l’intelligence artificielle. Interrogé par mail, Microsoft France n’a pas répondu aux questions de Reporterre.

Les Hauts-de-France se rêvent en « vallée européenne de l’IA »

Toujours est-il que les Hauts-de-France ambitionnent de devenir une « vallée européenne de l’IA ». Lors du sommet Choose France de juin, la région était d’ailleurs la principale bénéficiaire des 93 milliards d’euros d’investissements annoncés à l’échelle nationale pour des projets de data centers.

Un autre projet de data center a récemment été dévoilé dans l’Oise, près de Compiègne. L’entrepreneur est le même que celui de Rantigny : Mustapha Kherief, spécialisé dans la logistique et la réhabilitation de friches. Président de la société PKM Logistique et de la SAS Rantigny Data Center, c’est un proche de Philippe Marini, maire de Compiègne et président de l’Agglomération de Compiègne. Il est aussi un soutien affiché de Nous France, le mouvement politique fondé par Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Le projet de Mustapha Kherief à Rantigny a été retenu comme « projet d’envergure régionale », ce qui lui permettra de bénéficier d’une enveloppe d’artificialisation des sols. Sera-t-il également reconnu « d’intérêt national majeur » ? « C’est en cours de discussion avec les services de l’État », répond Christophe Dietrich, vice-président de la Communauté de communes du Liancourtois.

S’il obtient ce statut, auquel il est éligible depuis le vote de la loi de Simplification en avril, le projet de Rantigny bénéficiera de procédures accélérées et d’une présomption de raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), permettant de déroger plus facilement à l’interdiction de destruction des habitats d’espèces protégées.

Des avis sévères des autorités environnementales

Le référent du projet, Fayçal Id El Cadi, ressort de la réunion publique « vidé » : « Je ne m’attendais pas à autant de contestation. C’est un projet qui est voué à s’améliorer dans le temps, on prend des engagements et on fait tout ce qu’on peut pour en limiter l’impact environnemental », assure-t-il.

Si le porteur du projet est prêt à tant de « concessions », ce n’est pas seulement en raison de l’opposition grandissante des riverains. C’est aussi, et surtout, du fait des avis pour le moins sévères qu’il a reçus des autorités chargées d’évaluer son dossier.

La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de l’Oise et la mission régionale d’autorité environnementale (Mrae) des Hauts-de-France ont ainsi relevé un certain nombre « d’ambiguïtés », « d’incohérences » et « d’insuffisances ». Par exemple, « le dossier ne fait pas état de la présence de PFAS dans les fluides frigorigènes utilisés pour le refroidissement des installations », souligne la Mrae.

« Ambiguïtés », « incohérences » et « insuffisances »

Pour fonctionner en circuit fermé, les futurs data centers devront en effet refroidir leurs équipements avec des groupes froids contenant des fluides frigorifiques, en particulier de l’hydrofluoroléfine (R1234ze). Plus de 77 tonnes de ces fluides réfrigérants seront nécessaires. Or, ils appartiennent à la famille des PFAS qui s’accumulent dans l’environnement et dans nos corps, et se dégradent en acide trifluoroacétique (TFA), le plus petit des « polluants éternels ». Le dossier du projet estime que 5 % de ces fluides pourraient fuiter en dehors de l’installation. Un taux « non négligeable » aux yeux de l’Autorité environnementale, puisque près de 4 tonnes de ces fluides seraient ainsi émises annuellement dans l’atmosphère.

L’autre point qui préoccupe les opposants au projet est la récupération de la « chaleur fatale », issue des systèmes de refroidissement des salles informatiques et qui représente un immense gâchis d’énergie. « On travaille avec des agriculteurs sur un projet exploratoire pour développer plus de 20 000 m2 de serres agricoles », indique Faycal Id El Cadi. Une possibilité jugée « très hypothétique » par la Mrae, d’autant « qu’une telle solution n’aurait pas vocation à récupérer la chaleur fatale toute l’année, et en particulier pendant les périodes chaudes où la production de chaleur fatale est maximale et où les serres n’ont vraisemblablement pas besoin de chaleur ».

Confrontée à ces zones de flou autour du projet, l’association départementale du Regroupement des organismes de sauvegarde de l’Oise (Roso) a demandé une prolongation de l’enquête publique de quinze jours.


Source : https://reporterre.net/Dans-l-Oise-l-opposition-grandit-contre-un-projet-de-data-centers-On-a-investi-dans-une?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne