Pourquoi l'EPR de Flamanville
va-t-il être mis à l'arrêt
pendant près d'un an ?
L'EPR de Flamanville va être mis à l'arrêt pour près d'un an le 26 septembre 2026 © France Télévisions
À l'issue d'un chantier de près de 17 ans aux nombreux rebondissements, le réacteur nucléaire de troisième génération avait enfin été raccordé au réseau électrique en décembre 2024. Moins de deux ans plus tard, il va être mis à l'arrêt pour une durée de 350 jours. Une interruption de près d'un an prévue de longue date et normale, assure l'exploitant.
En décembre dernier, l'EPR de Flamanville a atteint pour la première fois sa pleine puissance, après avoir été raccordé au réseau électrique un an plus tôt. Neuf mois plus tard, ce samedi 26 septembre 2026, le réacteur nucléaire de troisième génération va être mis à l'arrêt pour un long moment : 350 jours soit près d'un an.
De prime abord, pour le grand public, la nouvelle a de quoi, au choix, faire sourire ou grincer des dents. Le chantier interminable de l'EPR de Flamanville - 17 ans - aura fait couler beaucoup d'encre à commencer sur nos antennes et dans nos colonnes.
Il aura aussi fait couler beaucoup d'argent - plus de 19 milliards d'euros contre les 3,7 milliards initialement prévus - au gré des nombreux rebondissements et soucis techniques rencontrés sur la construction. Et pourtant cette mise en sommeil prolongée du fleuron énergétique français n'est pas une surprise.
Une visite obligatoire prévue de longue date
L'arrêt de l'EPR en septembre 2026 avait été annoncé de longue date, avant même le raccordement au réseau électrique, car il est obligatoire pour toute nouvelle installation nucléaire. Cette visite de contrôle intervient dans les 30 mois qui suivent le premier chargement du réacteur en combustible (effectué en mai 2024).
Elle s'apparente à une visite décennale où une centrale est passée au peigne fin mais sur une durée plus longue (350 jours contre 190 jours maximum). Après le déchargement du combustible (la totalité va être remplacée pour pouvoir l'étudier), la cuve va faire l'objet d'une inspection complète à l'aide robots. La résistance et l'étanchéité du circuit primaire et de l'enceinte du réacteur vont être mises à l'épreuve (des pressions supérieures au fonctionnement normal du site) pour s'assurer de leur fiabilité.
Réparer (aussi) quelques couacs techniques
Parmi les nombreuses péripéties ayant émaillé le feuilleton du chantier de l'EPR, la fiabilité de la cuve, et en particulier celle de son couvercle, figure en bonne place. En avril 2015, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) rendait publiques des anomalies détectées dans la composition de l'acier de la cuve.
Si cet équipement extrêmement sensible du réacteur nucléaire de troisième génération était finalement jugé apte au service, le remplacement du couvercle était exigé rapidement après la mise en service du réacteur.
Cette mise en sommeil prolongé de l'EPR de Flamanville va donc être aussi l'occasion de remplacer cette pièce sensible. Le nouveau couvercle, fabriqué par Framatome, est déjà arrivé dans le nord Cotentin. Un beau bébé de 6 mètres de diamètre et de 99 tonnes. L'ancien modèle va être entreposé dans un local dédié sur le site de Flamanville durant quelques années puis il sera pris en charge par l’ANDRA au centre de stockage de l’Aube.
Durant ses premiers mois de fonctionnement, l'EPR de Flamanville a déjà été mis à l'arrêt, notamment suite au passage de la tempête Goretti en janvier 2026. L'épisode a révélé une vulnérabilité des transformateurs au sel. L'arrêt du site va être l'occasion de renforcer les protections des installations contre le sel.
Beaucoup de monde (et d'argent) mobilisé
C'est un (autre) chantier d'envergure qui va débuter ce samedi 26 septembre à Flamanville. 20 000 activités sont programmées durant ces 350 jours d'arrêt. Elles vont mobiliser 2 500 personnes travaillant pour 200 entreprises (40 % d'entre elles sont basées à proximité du site ou dans la région).
Le coût de cette opération est estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.







