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samedi 18 juillet 2026

« Comme si c’était la première fois que des êtres humains étaient traités ainsi par Israël »

Journal de bord de Gaza 131

« Comme si 

c’était la première fois 

que des êtres humains 

étaient traités ainsi 

par Israël »


Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il dénonce l’indignation sélective des dirigeants occidentaux, qui ne dénoncent les quelques agissements de dirigeants israéliens « extrémistes » que pour mieux fermer les yeux sur les exactions systématiques que font subir l’État israélien et ses institutions aux Palestiniens, adultes comme enfants.

Le prisonnier palestinien Ibrahim Salem debout, les yeux bandés, devant les barbelés de Sde Teiman.


Vendredi 12 juin 2026

Vous avez tous vu comment ont été traités les activistes de la flottille Soumoud, qui apportaient de l’aide humanitaire à Gaza et qui ont été enlevés par les Israéliens le 30 avril 2026 dans les eaux internationales. Je voudrais d’abord leur rendre hommage, les remercier pour leur soutien, leur courage, leur humanité. Leur action était symbolique. Ils savaient que les Israéliens ne les laisseraient pas mettre un pied sur le territoire palestinien. Ils savaient aussi qu’ils risquaient leur vie : en mai 2010, l’attaque de la flottille Marmara, partie de Turquie avait fait neuf morts et vingt-huit blessés parmi les militants.

Le monde entier a vu ces images montrant le ministre israélien de la sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, souhaiter la « bienvenue en Israël » aux militants menottés, visage contre terre. Son sourire sardonique leur montrait ainsi le vrai visage d’Israël. Les hommes et les femmes arrêtés ont raconté comment ils avaient été poussés, un par un, dans un container sans lumière, où ils ont été frappés, agressés sexuellement et violés. Deux d’entre eux, un Espagnol et un Brésilien, sont encore dans les prisons israéliennes à l’heure où j’écris. L’Occident a réagi, plutôt timidement, mais enfin des gouvernements occidentaux ont condamné ces violences. Ben Gvir a été interdit d’entrée sur le territoire français. Mais c’était une mesure d’ordre personnel. Comme si le ministre israélien était responsable à titre individuel ; comme s’il n’était pas un rouage de tout un système d’oppression.

Mais ce qui m’a blessé davantage, c’est l’ampleur de l’indignation dans les médias audiovisuels qui ont tourné en boucle sur le sort des manifestants arrêtés, parlant « d’humiliations », « d’images choc » ou encore de « violence contre des civils ». Un vocabulaire qu’ils n’emploient pas pour décrire ce qu’il se passe à Gaza et en Cisjordanie. Comme si c’était la première fois que des êtres humains étaient traités de cette façon par l’armée israélienne.

Ces violences, nous les subissons depuis 1948, depuis que l’État d’Israël a été fondé par le nettoyage ethnique et les massacres de populations civiles. Des images comme celles des militants de la flottille, il y en a des centaines avec des prisonniers palestiniens. Nous les connaissons bien.

L’une d’entre elles est devenue emblématique. On y voit des dizaines de prisonniers palestiniens en uniforme bleu, assis en rangs sur le sol, les mains attachées dans le dos, les yeux bandés. Un seul se tient debout contre les barbelés. Sa famille l’a identifié, malgré le bandeau, comme étant Ibrahim Salem, enlevé en 2024 à l’hôpital Kamal-Adwan, où il était au chevet de ses enfants, grièvement blessés dans le bombardement de sa maison. Il a raconté plus tard qu’il avait été obligé de se tenir debout pendant quatre heures devant les barbelés. C’était pour le punir d’avoir protesté contre l’humiliation publique d’un vieil homme. Ibrahim avait d’abord été traîné dans une pièce glaciale où un climatiseur était poussé à fond, en plein hiver, déshabillé et soumis à des décharges électriques. Il a également rapporté que les Israéliens lui ont demandé combien de membres de sa famille avait-il enterrés dans le cimetière de l’hôpital. « Six », a-t-il répondu. Les militaires lui ont alors montré la vidéo d’un bulldozer éventrant la terre et projetant dans l’air les corps des défunts.

Ces images sont disponibles sur les réseaux sociaux, diffusées par des Palestiniens mais aussi par des soldats israéliens, sur des chaînes de télévision israéliennes ou parfois américaines. C’est ce qui s’est passé avec la photo d’Ibrahim Salem. Mais elles ne suscitent pas l’indignation des ministres des affaires étrangères occidentaux. Pour s’indigner, apparemment, il faut que les victimes aient la bonne nationalité.

Les violences sexuelles subies par les militants de la flottille ont joué un rôle important dans les protestations internationales. Mais les gouvernements européens oublient de les dénoncer quand elles sont exercées contre des Palestiniens. Depuis le début de l’invasion israélienne de Gaza, des hommes, des femmes et des enfants sont violés par les militaires. Ces actes sont documentés par les organisations de défense des droits humains, y compris israéliennes, et dans plusieurs rapports de l’ONU. Récemment — et cela mérite d’être signalé —, ils ont fait l’objet d’une longue enquête du New York Times sous la plume d’un éditorialiste renommé, et non du service international. Parmi les témoignages, il est fait état de viols avec des chiens. Oui, des chiens dressés à violer.

Une agression a même été filmée en direct, cette fois à l’insu des criminels. En 2024, des images de caméra de surveillance de la prison de Sde Teiman, montrant le viol collectif d’un prisonnier palestinien, ont été diffusées par une chaîne de télévision israélienne. Les perpétrateurs n’ont finalement pas été poursuivis. En revanche, la personne qui avait fait fuiter la vidéo, la procureure générale de l’armée, a été traduite en justice.

Combien d’hommes, de femmes et de mineurs ont ainsi été agressés ? Difficile de le dire, car beaucoup d’entre eux en ont honte et gardent le silence. L’un de ceux qui ont parlé s’appelle Ahmed Al-Hilew, 17 ans. Il a été enlevé par l’armée avec quinze autres adolescents alors qu’il allait chercher de l’aide humanitaire dans un hangar, au cours de ce que j’avais appelé les Hunger games, les « jeux de la faim ». Il a raconté à un média palestinien comment lui et ses copains avaient été entassés dans une cellule minuscule et soumis à des agressions sexuelles, particulièrement par des soldates. Depuis, Ahmed n’arrive plus à parler sans bégayer.

Une autre photo, récente, difficile à regarder, a été diffusée par les Israéliens le 11 juin 2026. Elle montre un homme amaigri, le regard dans le vague, les bras couverts d’ecchymoses : le docteur Houssam Abou Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal-Adwan, avant sa comparution devant un tribunal militaire à Jérusalem. Il était détenu sans jugement depuis son enlèvement par l’armée israélienne le 27 décembre 2024, pour le punir d’avoir refusé d’évacuer son hôpital et d’abandonner ses patients. Pour le punir d’avoir protesté contre la destruction par l’armée du système de santé de Gaza. Selon son avocat, il est régulièrement battu et il a perdu trente kilos, à cause de la malnutrition qui règne dans les prisons. Les Israéliens s’acharnent sur lui. Il a été récemment placé à l’isolement.

La détention arbitraire du docteur Abou Safiya ne suscite pas de réactions chez les dirigeants européens. Pas plus que la mort sous la torture, en avril 2024, du docteur Adnan Al-Bursh, chef du service orthopédique de l’hôpital Al-Shifa, dans une prison israélienne. Israël vise systématiquement les professionnels du système de santé, sans déclencher l’indignation internationale.

Il y a actuellement 11 000 détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 2 000 mineurs. Tout cela est normal, acceptable. Les témoignages de viols sont publiés dans l’indifférence. Les Palestiniens ne sont plus des personnes. Quand il y a eu des échanges de prisonniers, les médias occidentaux ont la plupart du temps cité le nombre de détenus palestiniens libérés, tandis qu’ils décrivaient en détails les Israéliens, leurs familles, citaient leurs noms, etc. Les Palestiniens, en revanche, forment un bloc. Les Israéliens et leurs relais dans les opinions européennes ont réussi à nous rassembler sous une définition globale : « terroristes ». Terroriste, un enfant qui veut aller à l’école. Terroriste, un homme qui veut franchir le mur de l’apartheid qui coupe en deux son village en Cisjordanie. Terroriste, tous ceux qui veulent vivre dans la dignité. Et terroriste, bien sûr, tout prisonnier palestinien.

Il faut par contre distinguer les « bons » Israéliens des « mauvais ». Les exactions ne peuvent venir, selon les dirigeants européens, que d’« extrémistes » qu’ils s’empressent de sanctionner, par exemple quelques « colons violents » en Cisjordanie, comme si les autres étaient de pacifiques fermiers, et comme si tous les colons n’étaient pas soutenus par le gouvernement et l’armée israélienne. Comme s’ils n’étaient pas le fer de lance du projet d’annexion de tout le territoire palestinien.

Nous ne sommes pas blancs, nous n’avons pas les yeux bleus. Le problème de l’Occident, c’est qu’il ne regarde que lui-même. Le droit humanitaire, la démocratie, il ne les applique pas ailleurs. Israël est considéré comme faisant partie de l’Occident. Il a le « droit de se défendre » par tous les moyens, et d’occuper des non-Occidentaux. L’occupé a le droit de se taire. On en revient toujours là. Et on ne réagit pas pour les Palestiniens, non pas parce qu’on ne peut pas le faire, mais parce qu’on accepte cette norme.

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Source : https://orientxxi.info/Comme-si-c-etait-la-premiere-fois-que-des-etres-humains-etaient-traites-ainsi

vendredi 17 juillet 2026

Mediapart - La Lettre écologie


La lettre écologie
 
mercredi 15 juillet 2026
 
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EDITO
Feux : sortir de la sidération

Les images ont quelque chose d’hypnotisant. Sur certains médias, elles tournent en boucle, sans que l’on connaisse la réelle étendue des dégâts. Les flammes ont toujours fasciné, certain·es prennent même un malin plaisir à les provoquer. Mais il n’y a « aucune victime », non rassure-t-on, à chaque fois qu’un nouvelle incendie se déclare.

Aucune victime, vraiment ? Tous ces arbres partis en fumée, tous les oiseaux qui nichent en ce moment, toute la faune qui s’en va en détalant quand elle parvient encore à s’échapper avant de passer sur le grill… Dans les Pyrénées-Orientales, dans la Drôme, en Seine-et-Marne – pour ne citer que les plus gros incendies de ces dernières semaines -, ce sont des écosystèmes entiers qui brûlent, avec tous les êtres vivants qui les peuplent.

La forêt de Fontainebleau, massif à la biodiversité unique pour les forêts de plaine de l’Ouest européen, abrite par exemple une flore spécifique des milieux sablo-calcaires, des orchidées notamment. On y trouve des espèces végétales rares, comme l’alisier de Fontainebleau, un arbre qui a été décrit précisément dans cette forêt. L’ensemble du massif est un paradis pour les insectes, coléoptères en particulier, qui attirent les entomologistes d’un peu partout.
Image EDITO Y vivent aussi des oiseaux qui ne sont pas ailleurs, nous explique Jean-Philippe Siblet, ornithologue du Museum d’Histoire Naturelle de Paris

« C’est le cas de la fauvette pitchou que l’on trouve, pour toute l’Île-de-France, uniquement dans la forêt de Fontainebleau. Elle ne compte officiellement plus qu’une vingtaine de couples dans le massif, et lors du dernier inventaire, il y a moins de deux ans, seuls cinq couples ont été repérés.
L’alouette lulu et l’engoulevent d’Europe, deux espèces qui nichent au sol, sont également très vulnérables. Enfin, à l’échelle de la France, c’est dans la forêt de Fontainebleau que l’on trouve la plus forte densité de pouillots de Bonelli, un petit passereau. »


Plusieurs associations de défense du massif demandent à ce qu’une étude pluridisciplinaire soit lancée pour étudier la reconstitution des écosystèmes après les incendies qui ont déjà ravagé 10 % de la surface. Cette reconstruction sera de toute façon très lente. Jusqu’à un siècle peut être nécessaire à ce qu’une forêt repousse. Et pour certaines espèces, quand elles sont menacées d’extinction, certaines pertes peuvent être irréversibles.

Pouvait-on échapper à un tel massacre ? La succession des vagues de chaleur extrême depuis le printemps et la sécheresse qui en a découlé, conséquences directes du dérèglement climatique entraîné par les activités humaines, étaient prévisibles. La saison des feux a démarré de manière précoce cette année, avec des sinistres qui, dès le mois de juin, dépassaient largement la région méditerranéenne, historiquement plus touchée par les incendies estivaux.

Depuis des années, et a fortiori depuis les précédents feux hors normes qui ont touché les Landes (2022) et les Corbières (2025), les rapports et les alertes des expert·es s’accumulent : les territoires ne sont pas assez préparés, les obligations de débroussaillement ne sont pas respectées, l’urbanisation continue de se rapprocher des espaces naturels, les accès en cas d’incendie manquent. Sans parler des équipements de lutte contre le feux, vieillissants et à l’évidence insuffisants.


Face aux feux dont la fréquence et la géographie ne vont cesser de s’étendre dans les prochaines années, il est temps de sortir de la sidération. Puits de carbone et réservoirs de biodiversité, les forêts ne méritent pas seulement d’être préservées pour elles-mêmes. Il en va aussi de notre propre survie. 

jeudi 16 juillet 2026

L’écologie selon Marine Le Pen ? Tout pour les fossiles et l’agriculture productiviste

L’écologie selon Marine Le Pen 

Tout pour les fossiles 

et l’agriculture productiviste

 
Par Jeanne Cassard
9 juillet 2026

 

Marine Le Pen a officialisé sa candidature au 20 heures de TF1 le 8 juillet 2026.

Elle veut climatiser le pays et démonter les éoliennes, soutient les énergies fossiles, est muette sur les ravages de l’agriculture productiviste... Anti-écologiste, Marine Le Pen défend la fuite en avant vers un monde inhabitable.

Jugée coupable, elle reste malgré tout présidentiable. Finalement, Marine Le Pen sera bien la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, et ce pour la quatrième fois d’affilée.

Malgré sa condamnation en appel, mardi 7 juillet, pour « détournement et complicité de détournement de fonds publics » à hauteur de 2,8 millions d’euros dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la cheffe du parti d’extrême droite a annoncé sa candidature quelques heures après sur le plateau de TF1.

Condamnée à trois ans de prison dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, une amende de 100 000 euros et quinze mois d’inéligibilité effective — une peine qu’elle a déjà effectuée — la députée du Pas-de-Calais peut donc se présenter en 2027. Exit l’option Jordan Bardella, qui en cas de victoire, serait nommé Premier ministre. On ignore toutefois quelle forme prendra la campagne et si la candidate portera bien un bracelet électronique. C’est pour tenter d’y échapper qu’elle s’est pourvue en cassation.

Une chose, en revanche, est certaine : l’écologie ne sera pas au cœur de sa campagne. Si ses propos sur le sujet ont un peu évolué depuis sa prise du parti en 2011, c’est seulement pour gagner en crédibilité et parfaire son image. Bien qu’elle ne remette plus explicitement en cause le consensus scientifique sur l’origine humaine du changement climatique comme elle le faisait encore en 2012 dans Terra Eco, sa vision de l’écologie reste inchangée.

Une « écologie nationale » fondée sur le localisme — qu’elle présente comme un moyen de relocaliser la production, de consommer local et de protéger les frontières — qui sert uniquement à promouvoir un projet nationaliste. Vide de véritable contenu, cette vision n’est jamais accompagnée de propositions précises, chiffrées ni structurantes. Un seul mot d’ordre : s’opposer à « l’écologie punitive ». « Son objectif est la défense de l’identité nationale. Elle développe une manière de percevoir la question environnementale à travers ce schéma logique », observait Bruno Villalba, auteur de L’écologie politique en France (éd. La Découverte), en 2022.

Tout pour la clim

Dernier exemple en date avec le fameux « plan clim », la solution magique de Marine Le Pen pour supporter les fortes chaleurs. Évoqué pour la première fois en juin 2025 sur X, il a été remis en avant au moment de la canicule historique du mois de juin.

Sauf que ce « grand plan d’équipement pour la climatisation », censé aider écoles, Ehpad et hôpitaux à faire face aux températures caniculaires, est très flou, jamais détaillé ni chiffré. Aucun député RN interrogé sur le sujet n’a été capable de donner plus de précisions. L’objectif était simplement de dénoncer l’impréparation du gouvernement face aux canicules.

La position peut surprendre alors qu’en 2022 lors du débat du second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclarait vouloir ralentir la transition écologique : « Il faut qu’elle soit dans le temps, beaucoup moins rapide que ce que l’on impose aux Français. »

Rebelote il y a seulement trois ans, quand elle estimait dans Le Journal du dimanche que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) avait « toujours été très alarmiste ». En 2012, elle qualifiait même ses membres « de prêtres et d’évêques du changement climatique ».

La climatisation est donc la seule proposition du Rassemblement national en matière d’adaptation des bâtiments au chaos climatique. Marine Le Pen est ainsi opposée au Fonds vert, l’un des principaux dispositifs destinés à adapter le pays avec par exemple la rénovation énergétique des écoles. « Le Fonds vert exclut expressément la climatisation, donc ça me pose un problème. Je pense qu’il y a des structures plus efficaces et plus pertinentes à mettre en œuvre », disait-elle sur France Culture, mercredi 24 juin.

« Démonter les éoliennes »

Et du côté de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, la seule solution pour Marine Le Pen, c’est toujours plus de nucléaire. Lors de la campagne présidentielle de 2022, la candidate avait promis une vingtaine de nouveaux réacteurs nucléaires, dont dix dès 2031. Un scénario jugé irréaliste même par les plus ardents défenseurs de l’atome.

Sur les énergies renouvelables, toujours en 2022, elle assurait vouloir la suspension de la construction d’éoliennes et le lancement « d’un grand chantier pour les démonter » — elle estime qu’elles défigurent les paysages français. Tous les experts, notamment le Réseau de transport d’électricité (RTE), s’accordent pourtant à dire que le pays ne pourra pas atteindre la neutralité carbone sans les énergies renouvelables. Elle soutient également un moratoire sur le solaire.

Marine Le Pen et ses troupes entendent surtout maintenir notre addiction aux énergies fossiles. En 2022, elle proposait déjà de revenir sur l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en mer. Depuis de nombreuses années, elle promet aussi d’abaisser la TVA sur le gaz, le fioul et le carburant afin de protéger le pouvoir d’achat des Français. « Cette énergie, c’est un bien de première nécessité, donc l’État doit faire un effort pour ne pas la taxer », répétait-elle sur France Culture fin juin.

« Nous refusons la propagande des gauches »

Pour ce qui concerne le soutien à l’agriculture intensive dopée aux pesticides, Marine Le Pen n’est pas en reste. La loi Duplomb, qui prévoit notamment la réintroduction d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes, a été adoptée par le Parlement le 8 juillet grâce à son vote et ceux de ses députés.

Elle a tout de même fini par soutenir la pétition historique (deux millions de signatures) qui visait à exiger un débat au Parlement... car elle refusait que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement », comme elle l’écrivait sur X deux semaines plus tard.

Ces derniers mois, Marine Le Pen a loupé toutes les occasions de protéger la santé et l’environnement des Français. À l’Assemblée nationale, elle a récemment voté pour la loi d’urgence agricole, vivement critiquée pour ses effets dévastateurs sur la biodiversité.

Elle aime les animaux mais est muette sur l’élevage industriel

En revanche, la cheffe de parti était absente lors des votes sur la loi interdisant les PFAS (des polluants éternels dangereux pour la santé), celle visant à réduire progressivement la teneur en cadmium dans les aliments, ou encore celle destinée à financer la recherche sur les cancers pédiatriques. Et à chaque fois, les députés de son parti ont voté contre.

Même logique concernant les animaux. Celle qui ne cache pas son affection pour les chats se dit très sensible à la cause animale. Si elle souhaite accorder une « reconnaissance constitutionnelle au statut juridique des animaux » et renforcer les peines liées aux infractions commises contre ces derniers, elle reste muette sur la régulation de la chasse, l’élevage industriel et la pêche intensive.

En revanche, la députée fait de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement (pratique rituelle liée aux cultes musulmans et juifs) l’une de ses priorités. La preuve encore que chez Marine Le Pen, l’écologie ne vise pas à protéger le vivant, mais sert avant tout à défendre un projet nationaliste et identitaire.

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Source : https://reporterre.net/Clim-fossiles-et-agro-industrie-l-ecologie-selon-Marine-Le-Pen 

mercredi 15 juillet 2026

Près de 8,4 millions d’euros engloutis pour un barrage jamais rempli : la justice vient d’ordonner sa destruction totale aux frais du département du Tarn

 

Source : DR

 

Près de 8,4 millions 

d’euros engloutis 

pour un barrage jamais rempli : 

la justice vient d’ordonner 

sa destruction totale 

aux frais du département du Tarn

  Dans ce bilan merci de ne pas oublier de mentionner la mort de Rémi Fraisse, pas seulement en toute fin d'article

 Trois hectares de forêt rasés, une digue à moitié construite, une zone humide éventrée : voilà ce qu’il restait du projet de barrage de Sivens quand la justice a fini par trancher. 
Le tribunal administratif de Toulouse a annulé les autorisations qui permettaient au chantier d’exister, condamnant de fait le département du Tarn à démolir ce qu’il avait entrepris et à remettre en état les lieux, aux frais de la collectivité. Un projet censé sécuriser l’irrigation d’une vingtaine d’exploitations agricoles s’est ainsi transformé en gouffre financier et en symbole national de l’aménagement du territoire raté.

À retenir

  • Un tribunal administratif annule rétroactivement tout fondement légal du projet de barrage
  • Les experts eux-mêmes jugeaient le projet surdimensionné et disproportionné aux besoins réels
  • La démolition et restauration coûteront plus cher que ne l’aurait coûté l’abandon initial du chantier

Un chantier lancé malgré tous les signaux d’alerte

Le projet portait sur la construction d’un barrage-réservoir sur le Tescou, un petit affluent du Tarn, près du lieu-dit du Testet. Ce projet aurait créé un lac de barrage permettant la constitution d’une réserve d’eau d’un volume de 1,5 million de m3 utilisable notamment pour l’irrigation de terres agricoles et le contrôle de l’étiage du Tescou. Sur le papier, l’ouvrage devait profiter à une trentaine d’agriculteurs pratiquant la culture du maïs. Dans les faits, les experts mandatés par l’État eux-mêmes doutaient de la pertinence du projet.

Le rapport d’expertise commandé après le début du chantier ne mâchait pas ses mots. Les experts jugeaient le projet surdimensionné, estimaient que l’étude d’impact avait été « de qualité très moyenne » et déploraient que le choix d’un barrage en travers de la vallée ait été privilégié « sans réelle analyse des solutions alternatives possibles ». Et le chiffrage financier interpellait déjà à l’époque : « Ceci est d’autant plus regrettable que le coût d’investissement (8,4 millions d’euros hors taxe, Ndlr) rapporté au volume stocké est élevé », notaient les deux ingénieurs, qui estimaient également que 40 exploitants bénéficieraient du barrage, alors que le Conseil général en annonçait le double.

Les conséquences écologiques, elles, ne se sont pas fait attendre. Depuis le début du défrichement sur le site d’une superficie totale de 34 hectares, les opposants ont mené toutes sortes d’opérations pour tenter d’empêcher la destruction d’une zone humide de 13 hectares. Peine perdue : le décapage du sol a déjà condamné définitivement la zone humide qui abritait plusieurs dizaines d’espèces protégées. Un membre du collectif d’opposants résumait la situation avec une formule qui a marqué les esprits : « Elle est détruite à 90% (…) Jamais, elle ne reviendra à l’état initial ».

La justice tranche : tout était illégal

Il aura fallu attendre juillet 2016 pour que le couperet tombe vraiment. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé trois arrêtés fondateurs du premier projet de barrage de Sivens, une victoire juridique de taille qui remettait en cause sur le fond l’utilité du projet de retenue d’eau. Trois décisions, trois coups portés au même dossier : le tribunal a annulé la déclaration d’utilité publique (DUP), l’autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées, alors que la zone humide de Sivens en comportait une centaine.

Le rapporteur public n’a pas mâché ses mots sur le bilan de l’opération. Il avait estimé qu’il y avait un « bilan négatif compte tenu du caractère excessif du barrage au regard des besoins, de l’atteinte à l’environnement et du coût ». Sur la question des espèces protégées, la sanction a été tout aussi nette : « le projet ne répond pas à des raisons impératives d’intérêt majeur compte tenu de ses dimensions et des mesures compensatoires inadéquates ». Détail qui a son importance pour la suite : les juges ont choisi l’annulation pure et simple des trois arrêtés, et non leur simple abrogation, une nuance juridique qui efface rétroactivement toute base légale au projet, aussi bien pour l’ouvrage existant que pour toute tentative de le faire renaître au même endroit.

Grand perdant de ce jugement : le département du Tarn, maître d’ouvrage. Le Conseil général du Tarn se retrouvait sans aucune base légale pour planifier un projet à Sivens, alors qu’un nouveau barrage redimensionné et déplacé nécessiterait une nouvelle déclaration d’utilité publique et une nouvelle enquête publique. Autant dire repartir de zéro, après avoir déjà englouti des millions dans des travaux devenus, du jour au lendemain, purement et simplement illégaux.

Démolir, indemniser, restaurer : la double peine du département

Une annulation de ce type n’est jamais qu’une formalité juridique. Elle emporte une obligation concrète : remettre les lieux en l’état, c’est-à-dire démolir ce qui a été bâti sans droit et restaurer la zone humide détruite. Un jugement ultérieur du tribunal administratif de Toulouse a d’ailleurs rappelé cette obligation de l’État à « prescrire les mesures de remise en état du site de Sivens » et à appliquer les mesures de police relatives aux opérations de défrichements.

Sur le plan financier, l’addition a été douloureuse pour les finances départementales. Au-delà des 8,4 millions d’euros déjà investis dans un ouvrage jamais mis en eau, un protocole d’accord a organisé le règlement du contentieux : l’accord transactionnel portait sur une compensation de 3,4 millions d’euros de l’État au Département sur l’abandon du projet, soit 2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 million pour réhabiliter la zone humide. Les travaux de démolition et de restauration ont fini par démarrer avec plus d’un an et demi de retard : le 21 août 2017 démarrent les travaux de réhabilitation du site, avec pour objectif de restituer au site son état initial avant travaux, notamment en remettant en place la terre déplacée.

Curieusement, ce délai n’a pas été jugé fautif par les tribunaux, contrairement à d’autres manquements de l’État sur ce dossier. Un jugement a précisé que l’État, y compris dans un protocole d’accord transactionnel conclu avec le département du Tarn, avait mis du temps à s’occuper des mesures compensatoires consécutives à la destruction des zones humides, mais qu’un tel délai n’était pas fautif pour le juge administratif. En revanche, sur le défrichement lancé avant toute autorisation légale, l’addition judiciaire a été plus salée : l’État a été condamné à verser une indemnité de 10 000 euros pour chacune des deux associations requérantes.

Ce dossier a également coûté une vie humaine : celle de Rémi Fraisse, jeune naturaliste de 21 ans tué en marge des manifestations d’opposition à l’automne 2014, un drame qui a précipité l’abandon du projet initial et accéléré la prise de conscience politique sur le dimensionnement réel des besoins agricoles locaux. Aujourd’hui encore, la vallée du Tescou reste citée en exemple dans les débats sur les retenues d’eau et les mégabassines, preuve qu’un chantier mal ficelé peut coûter bien plus cher à démolir qu’à ne jamais avoir été construit.

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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mardi 14 juillet 2026

Pions - Mordillat mord

Pions

  • Mordillat mord

  • Le

     

    Peter Newell, illustration pour Lewis Caroll, De l’autre côté du miroir, 1902


    Il y a la canicule, le mondial de foot, le Tour de France pour nous distraire et il y a pour 2027 la mise en place d’un régime autoritaire (pour le dire sans excès), voire d’un régime néo-fasciste pour le dire plus vertement. Plus que jamais, la fable de la grenouille qu’on fait bouillir à feu doux dans une casserole s’impose. L’union des droites (de Macron à Zemmour et consorts) compte sur le climat, les vacances et les sports pour profiter que la population a la tête ailleurs et avancer ses pions un par un.

    Les trois derniers avancés sur l’échiquier politique ont de quoi nous alarmer.

    Premier pion : supposant qu’ils agissent toujours en légitime défense – même quand ils tirent dans le dos d’un manifestant ou d’un passant (la liste, hélas, est longue) –, l’Assemblée nationale vient de voter une loi accordant aux policiers un droit de tuer. Désavouant de fait cette loi, Claire Hédon, la Défenseure des droits, vient de rendre public un rapport pointant que lors de la manifestation à Sainte-Soline, malgré tous les témoignages (visuels et enregistrés), aucune procédure disciplinaire n’a été engagée contre les gendarmes « auteurs de tirs non réglementaires et disproportionnés, ainsi qu’à l’ensemble de la chaîne de commandement » [1]. Elle rappelle aussi – ce que tout le monde a pu entendre grâce à Mediapart et Libération« l’accumulation des propos dégradants, stigmatisant l’ensemble des manifestants ». En clair : soutenus par leur hiérarchie, les gendarmes se sont régalés à viser, blesser, éborgner ceux qui protestaient contre l’installation d’une méga-bassine. « 200 blessés parmi les manifestants, dont au moins 40 blessés graves » : une véritable partie de chasse qui n’a fait l’objet d’aucune enquête ni d’aucun désaveu. Darmanin n’assurant n’avoir rien vu ni rien entendu de répréhensible et soutenant les gendarmes obligés de faire face à la violence inouïe des « écoterroristes » !

    Deuxième pion : Claire Hédon est en fin de mandat et pour la remplacer, le président Macron a trouvé la perle rare, le parlementaire idéal qui jamais ne contrariera les néo-fascistes à l’œuvre : François-Noël Buffet, sénateur Les Républicains, opposant au mariage homosexuel, chargé de l’immigration par Nicolas Sarkozy, soutien de François Fillon, de Wauquiez, opposant à la constitutionnalisation de l’IGV, contre l’extension de la PMA, etc. Le Défenseur des droits devient le défenseur des droites ! Autre rapport, celui de Domique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, elle aussi en fin de mandat, dénonçant les conditions d’incarcération observées à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe : « il ressort des constats effectués et des témoignages reçus – tant de personnes détenues que de professionnels et intervenants – que des violences systémiques sont commises sur des détenus par des membres du personnel pénitentiaire de détention » [2]. Une fois encore, Darmanin assure qu’il n’y a là rien de répréhensible et assure la hiérarchie pénitentiaire de son soutien indéfectible.

    Troisième pion : gageons que Dominique Simonnot qui, comme Claire Hédon, aura effectué un travail exceptionnel pendant tout son mandat, sera remplacé par – au hasard – un partisan d’Éric Ciotti, Marion Maréchal ou un député du Rassemblement national.

    L’union des droites a déjà pour elle l’argent, les médias, l’armée et la police, avec ces trois pions elle peaufine sa mainmise sur la République assurée de l’appui, jamais démenti, d’Emmanuel Macron. Combien de temps avant que ces victoires des néo-fascistes deviennent le modèle ordinaire d’organisation de notre société ? Combien de temps encore resterons-nous amorphes, résignés, vaincus ? Gramsci disait qu’il haïssait l’indifférence. Combien de temps encore resterons-nous indifférents à ce qui nous tue à petit feu ?

    Gérard Mordillat
     
    ____________________ 

     

    Source : https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/pions 

     

    lundi 13 juillet 2026

    Fillols - Weekend Insolite - 18/19 juillet - Programme

     

    Mesdames et Messieurs 
    c'est l'heure du grand weekend insolite, 
    prenez vos agendas car ça va être dense :
     
    Weekend Insolite
     
    Mode plouc à tendance rurale
     
    18/19 Juillet - La Place de Fillols



       Le samedi 18 :

       - 19h Concert à prix libre au café du Canigou  avec :

    ATAXIA et le TRIO DE REBETIKO (https://ataxiarebetiko.bandcamp.com/)

       - A partir de 20h seront servis wraps et frites

       - 21h30 Cinéma sous l'acacia :

       LES NOUVEAUX SAUVAGES (RELATOS SALVAJES) 

    Un film de Damian Szifron
     - 
    Argentine/2014/120 minutes 

    (Les inégalités, l’injustice, l’humiliation… Certains encaissent, d’autres s’effondrent, quelques-uns se révoltent. Et puis il y a celles et ceux qui pètent les plombs et sombrent dans la vengeance. Ce sont les « nouveaux sauvages » que le réalisateur argentin Damian Szifron met en scène dans une série de petites histoires au vitriol où les personnages se défoulent méchamment. Et certains poussent le bouchon loin, très loin…)


    Le dimanche 19 :  Le jour du Défilé !

      - 15h30 ouverture de la buvette et du bar à vin (pas la peine de faire un dessin)

      - 16h00 ouverture des jeux ploucs 
    (là par contre on vous fait un dessin, voir ci-dessous)

    - 18h00 course de planches (la coupe du monde de Fillols, paris inclus)

       -18h30 les sandwiches 1er service (un ventre plein, chasse le chagrin)

      - 19h30 défilé insolite (inutile d'en dire plus ! Milan, Paris, et désormais Fillols)

      - 20h30 les sandwiches 2ème service (à estomac rempli, point de soucis)

      - 22h concerts avec : 

    Sofaz - Sofaz a eu 10 ans en 2022, sa musique est un savant mix entre maloya, gnawa, mandingue et électro. Hyper festif et engagé, les concerts sont de véritables éruptions volcaniques. (https://www.youtube.com/watch?v=7Ae3UIdV068)

    Luciferumba - Après avoir enflammé le café du Canigou il y a un an, Fabien-Gaston Rimbaud aka LUCIFERUMBA, musicien situationniste punk originaire de Perpignan, revient sur la place pour nous faire exulter sur une transe hypnotique et puissante qui convoque les sonorités de la rumba catalane et des fantômes de langues disparues. (https://luciferumba.bandcamp.com/album/nuit-2)


    avec nos plus calorifiques sentiments,

    Le Foyer Laïque de Fillols