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lundi 20 juillet 2026

Sauvez Made In Perpignan !

Pour voir sur YouTube : https://www.youtube.com/shorts/qTz1_dxPwj4 

 

 Sauvez Made In Perpignan !

 

Dix ans après sa création, notre média joue son avenir. Et cette fois, nous avons besoin de vous pour continuer d'exister.


Il y a dix ans, à Perpignan, nous avons fait un pari un peu fou : créer un média libre pour raconter les Pyrénées-Orientales autrement. Sans publicité. Sans milliardaire pour dicter nos sujets, on n'en connaît d'ailleurs aucun. Un média détenu à 100 % par ses journalistes, qui ne doit de comptes qu'à ses lecteurs.


Depuis, nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et enquêtes, tous en accès libre, pour que cette information reste à la portée de toutes et tous.


Aujourd'hui, il faut vous parler sans détour : cette aventure est menacée.


Le contexte économique est difficile pour tout le monde, et il l'est aussi pour nous. Une partie des ressources sur lesquelles nous comptions cette année ne se concrétisera pas. Notre équilibre, toujours fragile, ne tient plus. Sans un soutien massif d'ici le 30 septembre, Made In Perpignan ne passera pas l'année.


Alors la question que nous vous posons est simple, et elle nous coûte : envisagez-vous 2027 sans nous ?


Sans le seul média des Pyrénées-Orientales qui prenne le temps d'enquêter. Sans les articles de fond que vous lisez chaque semaine. Sans ce regard libre et exigeant sur votre territoire.


Nous ne voulons pas y croire. Et nous savons que vous non plus.


Nous avons besoin de réunir 25 000 € d'ici le 30 septembre ➡️


Soyons transparents : ces 25 000 €, c'est ce qu'il nous manque, aujourd'hui, pour boucler l'année et continuer d'exister. Chaque don nous rapproche de ce seuil vital, et sans lui, l'aventure s'arrête fin décembre.


Où va votre argent ?


Vos dons financent d'abord de l'emploi. Près de 8 euros sur 10 servent à payer des salaires : ceux d'une équipe de journalistes qui vit ici, à côté de vous, et qui consacre son temps à enquêter sur les Pyrénées-Orientales.


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✍️ L'équipe 2026 de Made In Perpignan


- Philippe Becker : journaliste sur les Pyrénées-Orientales depuis 2011 et auteur,

- Sébastien Leurquin : journaliste et auteur de livres-enquêtes,
Mona Bru : journaliste diplômée de l'ESJ Lille, en charge de notre programme d'éducation aux médias 2025-26,
- Arnaud Le Vu : cofondateur, journaliste éditeur et photographe,
- Maïté Torres : cofondatrice, journaliste.


Notre histoire ?


Tout commence en 2016, autour d'un territoire et d'une envie : raconter les Pyrénées-Orientales autrement. Leur quotidien, leurs enjeux, leurs habitants, leur culture. Un département entre mer et montagne, à la frontière espagnole, avec une ville-cœur : Perpignan.


Nous voulions un média libre, accessible et exigeant, capable de rendre compte des bouleversements en cours sur le temps long, avec des sujets traités en profondeur. À rebours du flux d'information continu, des faits divers et des chroniques police-justice.


Dix ans plus tard, nous sommes lus par près d'un million de personnes chaque année, et nous avons publié près de 5 000 articles, reportages et enquêtes. Le tout en accès libre. Ce que nous avons construit ensemble mérite de continuer.


Ce que nous avons construit ensemble mérite de continuer  ➡️


Foire aux Questions


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 Source :  https://donorbox.org/sauvez-mip

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« On ne peut pas se contenter d'effleurer un sujet... »


Pour voir sur YouTube : https://www.youtube.com/shorts/qTz1_dxPwj4 

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je suis Philippe Becker, journaliste pour Made In Perpignan.

On ne peut pas se contenter d'effleurer un sujet. On ne peut pas parler de restrictions d'eau sans analyse, d'intelligence artificielle sans interroger des spécialistes. On ne traite pas de social, de santé, sans considérer tous les effets. La culture mérite mieux qu'une simple annonce.

À Made In Perpignan, nous voulons éclairer les zones d'ombre, être présents, avec vous, sur les sujets de fond.

La désinformation pousse partout. Les vérités alternatives, les discours climatosceptiques, la haine de l'altérité. Le déformé, l'infondé. Nous luttons contre ça. Et ça marche. Notre audience ne cesse de grandir. Les articles sont utiles. C'est ce qu'il faut sauver aujourd'hui.

Je veux être encore là en 2027 pour continuer cette aventure passionnante, savoir que je suis utile.

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Philippe Becker
et toute l'équipe de Made In Perpignan

 

samedi 18 juillet 2026

« Comme si c’était la première fois que des êtres humains étaient traités ainsi par Israël »

Journal de bord de Gaza 131

« Comme si 

c’était la première fois 

que des êtres humains 

étaient traités ainsi 

par Israël »


Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il dénonce l’indignation sélective des dirigeants occidentaux, qui ne dénoncent les quelques agissements de dirigeants israéliens « extrémistes » que pour mieux fermer les yeux sur les exactions systématiques que font subir l’État israélien et ses institutions aux Palestiniens, adultes comme enfants.

Le prisonnier palestinien Ibrahim Salem debout, les yeux bandés, devant les barbelés de Sde Teiman.


Vendredi 12 juin 2026

Vous avez tous vu comment ont été traités les activistes de la flottille Soumoud, qui apportaient de l’aide humanitaire à Gaza et qui ont été enlevés par les Israéliens le 30 avril 2026 dans les eaux internationales. Je voudrais d’abord leur rendre hommage, les remercier pour leur soutien, leur courage, leur humanité. Leur action était symbolique. Ils savaient que les Israéliens ne les laisseraient pas mettre un pied sur le territoire palestinien. Ils savaient aussi qu’ils risquaient leur vie : en mai 2010, l’attaque de la flottille Marmara, partie de Turquie avait fait neuf morts et vingt-huit blessés parmi les militants.

Le monde entier a vu ces images montrant le ministre israélien de la sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, souhaiter la « bienvenue en Israël » aux militants menottés, visage contre terre. Son sourire sardonique leur montrait ainsi le vrai visage d’Israël. Les hommes et les femmes arrêtés ont raconté comment ils avaient été poussés, un par un, dans un container sans lumière, où ils ont été frappés, agressés sexuellement et violés. Deux d’entre eux, un Espagnol et un Brésilien, sont encore dans les prisons israéliennes à l’heure où j’écris. L’Occident a réagi, plutôt timidement, mais enfin des gouvernements occidentaux ont condamné ces violences. Ben Gvir a été interdit d’entrée sur le territoire français. Mais c’était une mesure d’ordre personnel. Comme si le ministre israélien était responsable à titre individuel ; comme s’il n’était pas un rouage de tout un système d’oppression.

Mais ce qui m’a blessé davantage, c’est l’ampleur de l’indignation dans les médias audiovisuels qui ont tourné en boucle sur le sort des manifestants arrêtés, parlant « d’humiliations », « d’images choc » ou encore de « violence contre des civils ». Un vocabulaire qu’ils n’emploient pas pour décrire ce qu’il se passe à Gaza et en Cisjordanie. Comme si c’était la première fois que des êtres humains étaient traités de cette façon par l’armée israélienne.

Ces violences, nous les subissons depuis 1948, depuis que l’État d’Israël a été fondé par le nettoyage ethnique et les massacres de populations civiles. Des images comme celles des militants de la flottille, il y en a des centaines avec des prisonniers palestiniens. Nous les connaissons bien.

L’une d’entre elles est devenue emblématique. On y voit des dizaines de prisonniers palestiniens en uniforme bleu, assis en rangs sur le sol, les mains attachées dans le dos, les yeux bandés. Un seul se tient debout contre les barbelés. Sa famille l’a identifié, malgré le bandeau, comme étant Ibrahim Salem, enlevé en 2024 à l’hôpital Kamal-Adwan, où il était au chevet de ses enfants, grièvement blessés dans le bombardement de sa maison. Il a raconté plus tard qu’il avait été obligé de se tenir debout pendant quatre heures devant les barbelés. C’était pour le punir d’avoir protesté contre l’humiliation publique d’un vieil homme. Ibrahim avait d’abord été traîné dans une pièce glaciale où un climatiseur était poussé à fond, en plein hiver, déshabillé et soumis à des décharges électriques. Il a également rapporté que les Israéliens lui ont demandé combien de membres de sa famille avait-il enterrés dans le cimetière de l’hôpital. « Six », a-t-il répondu. Les militaires lui ont alors montré la vidéo d’un bulldozer éventrant la terre et projetant dans l’air les corps des défunts.

Ces images sont disponibles sur les réseaux sociaux, diffusées par des Palestiniens mais aussi par des soldats israéliens, sur des chaînes de télévision israéliennes ou parfois américaines. C’est ce qui s’est passé avec la photo d’Ibrahim Salem. Mais elles ne suscitent pas l’indignation des ministres des affaires étrangères occidentaux. Pour s’indigner, apparemment, il faut que les victimes aient la bonne nationalité.

Les violences sexuelles subies par les militants de la flottille ont joué un rôle important dans les protestations internationales. Mais les gouvernements européens oublient de les dénoncer quand elles sont exercées contre des Palestiniens. Depuis le début de l’invasion israélienne de Gaza, des hommes, des femmes et des enfants sont violés par les militaires. Ces actes sont documentés par les organisations de défense des droits humains, y compris israéliennes, et dans plusieurs rapports de l’ONU. Récemment — et cela mérite d’être signalé —, ils ont fait l’objet d’une longue enquête du New York Times sous la plume d’un éditorialiste renommé, et non du service international. Parmi les témoignages, il est fait état de viols avec des chiens. Oui, des chiens dressés à violer.

Une agression a même été filmée en direct, cette fois à l’insu des criminels. En 2024, des images de caméra de surveillance de la prison de Sde Teiman, montrant le viol collectif d’un prisonnier palestinien, ont été diffusées par une chaîne de télévision israélienne. Les perpétrateurs n’ont finalement pas été poursuivis. En revanche, la personne qui avait fait fuiter la vidéo, la procureure générale de l’armée, a été traduite en justice.

Combien d’hommes, de femmes et de mineurs ont ainsi été agressés ? Difficile de le dire, car beaucoup d’entre eux en ont honte et gardent le silence. L’un de ceux qui ont parlé s’appelle Ahmed Al-Hilew, 17 ans. Il a été enlevé par l’armée avec quinze autres adolescents alors qu’il allait chercher de l’aide humanitaire dans un hangar, au cours de ce que j’avais appelé les Hunger games, les « jeux de la faim ». Il a raconté à un média palestinien comment lui et ses copains avaient été entassés dans une cellule minuscule et soumis à des agressions sexuelles, particulièrement par des soldates. Depuis, Ahmed n’arrive plus à parler sans bégayer.

Une autre photo, récente, difficile à regarder, a été diffusée par les Israéliens le 11 juin 2026. Elle montre un homme amaigri, le regard dans le vague, les bras couverts d’ecchymoses : le docteur Houssam Abou Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal-Adwan, avant sa comparution devant un tribunal militaire à Jérusalem. Il était détenu sans jugement depuis son enlèvement par l’armée israélienne le 27 décembre 2024, pour le punir d’avoir refusé d’évacuer son hôpital et d’abandonner ses patients. Pour le punir d’avoir protesté contre la destruction par l’armée du système de santé de Gaza. Selon son avocat, il est régulièrement battu et il a perdu trente kilos, à cause de la malnutrition qui règne dans les prisons. Les Israéliens s’acharnent sur lui. Il a été récemment placé à l’isolement.

La détention arbitraire du docteur Abou Safiya ne suscite pas de réactions chez les dirigeants européens. Pas plus que la mort sous la torture, en avril 2024, du docteur Adnan Al-Bursh, chef du service orthopédique de l’hôpital Al-Shifa, dans une prison israélienne. Israël vise systématiquement les professionnels du système de santé, sans déclencher l’indignation internationale.

Il y a actuellement 11 000 détenus dans les prisons israéliennes, dont environ 2 000 mineurs. Tout cela est normal, acceptable. Les témoignages de viols sont publiés dans l’indifférence. Les Palestiniens ne sont plus des personnes. Quand il y a eu des échanges de prisonniers, les médias occidentaux ont la plupart du temps cité le nombre de détenus palestiniens libérés, tandis qu’ils décrivaient en détails les Israéliens, leurs familles, citaient leurs noms, etc. Les Palestiniens, en revanche, forment un bloc. Les Israéliens et leurs relais dans les opinions européennes ont réussi à nous rassembler sous une définition globale : « terroristes ». Terroriste, un enfant qui veut aller à l’école. Terroriste, un homme qui veut franchir le mur de l’apartheid qui coupe en deux son village en Cisjordanie. Terroriste, tous ceux qui veulent vivre dans la dignité. Et terroriste, bien sûr, tout prisonnier palestinien.

Il faut par contre distinguer les « bons » Israéliens des « mauvais ». Les exactions ne peuvent venir, selon les dirigeants européens, que d’« extrémistes » qu’ils s’empressent de sanctionner, par exemple quelques « colons violents » en Cisjordanie, comme si les autres étaient de pacifiques fermiers, et comme si tous les colons n’étaient pas soutenus par le gouvernement et l’armée israélienne. Comme s’ils n’étaient pas le fer de lance du projet d’annexion de tout le territoire palestinien.

Nous ne sommes pas blancs, nous n’avons pas les yeux bleus. Le problème de l’Occident, c’est qu’il ne regarde que lui-même. Le droit humanitaire, la démocratie, il ne les applique pas ailleurs. Israël est considéré comme faisant partie de l’Occident. Il a le « droit de se défendre » par tous les moyens, et d’occuper des non-Occidentaux. L’occupé a le droit de se taire. On en revient toujours là. Et on ne réagit pas pour les Palestiniens, non pas parce qu’on ne peut pas le faire, mais parce qu’on accepte cette norme.

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Source : https://orientxxi.info/Comme-si-c-etait-la-premiere-fois-que-des-etres-humains-etaient-traites-ainsi