Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

vendredi 6 septembre 2019

Violence faite aux femmes - "Marche blanche" samedi 7 septembre, départ à 17 heures place de Catalogne.




Perpignan : 

Samedi 17 h place de Catalogne 

une marche "blanche et militante" 

pour Christelle

 
Ce samedi 7 septembre, à 17 h, une "marche blanche et militante" organisée par le Collectif Droits des Femmes 66 (CDDF66) ira de la place de Catalogne jusqu'au Castillet. En la mémoire de Christelle de Gaillande, morte sous les coups de son compagnon le 5 juillet dernier, et des 101 autres victimes de féminicide en France, depuis janvier.
 
Christelle de Gaillande avait une trentaine d'années, était maman de 4 enfants, et est morte sous les coups de couteau de son compagnon, à Perpignan, dans la nuit des 5 au 6 juillet derniers.

C'est pour lui rendre hommage et ne pas oublier non plus les 101 autres victimes de féminicide en France depuis janvier 2019 que ce samedi (à 17 h place de Catalogne) le CDDF66 (*) organise une marche "blanche et militante" à laquelle a promis d'assister Michèle, la maman de Christelle.

"Nous allons manifester à la fois notre compassion aux victimes et notre indignation face à cette liste macabre qui ne cesse de s'allonger dans notre pays martèle Katia Mingo, membre active du CDDF66. Le cortège, silencieux, fera simplement une halte devant le palais de justice pour une double prise de parole. Nous comptons vraiment sur la présence de tous".

Plus d'une quinzaine d'associations, de partis politiques et de structures féministes y adhèrent : APEX, LGBT +66, LDH, Planning Familial, Femmes Solidaires, Idem Genre, MRAP 66, Jove movement feminista, EELV, NPA, PCF, FSU66, SUD, CGT et ATTAC.
 
 
 
De : Ligue des droits de l'Homme <ldh66@laposte.net>
Date: mar. 3 sept. 2019 à 15:25


Le Collectif Droits Des Femmes 66 (CDDF66)* communique :


Le 5 juillet dernier, Christelle de Gaillande mourait Avenue de Prades, tuée par les coups de couteau de son compagnon.


Et la liste macabre des féminicides ne cesse de s'allonger : plus de 101 meurtres de femmes en 8 mois en 2019 ! 


Face à cela, des "Grands débats", des "Grenelle", des déclarations et, sur le terrain, des dispositifs de prévention toujours déficients ! 



Pour manifester notre indignation, le CDDF66 appelle à une "marche blanche" le samedi 7 septembre,


départ à 17 heures place de Catalogne.


CDDF66 : APEX, LGBT+66, LDH, Planning Familial, Femmes Solidaires, Idem Genre, MRAP 66, Jove movement feminista, EELV, NPA, PCF, CNT, FSU66, Solidaires, SUD, CGT, ATTAC,
 
 

jeudi 5 septembre 2019

SOS Méditerranée - Moussa, rescapé à bord de l'Ocean Viking






Aquarius
JOURNAL DE BORD


Chaque jour, un membre de SOS MEDITERRANEE vous donne sa vision des opérations de sauvetage en mer et des événements. Retrouvez ces chroniques en son, images et vidéos.


[TÉMOIGNAGE] 

Moussa, 

rescapé 

à bord de l'Ocean Viking


Le 22/08/2019




"J’ai peur maintenant. Je sais ce qui nous est arrivé avec le Nivin." Après presque deux semaines passées en mer, Moussa est anxieux lorsqu'il se remémore son retour forcé en Libye l'année dernière.


Tous les soirs, autour de 21h, les équipes de SOS MEDITERRANEE et Médecins sans Frontières (MSF) tentent de mettre les personnes au lit, ou plus exactement, de les allonger sur le pont en bois de l’Ocean Viking. C’est le seul endroit où la majorité des 356 rescapés peut dormir.

Dans la soirée du 19 août, pendant que des personnes se brossent les dents et se préparent tranquillement à se coucher, un jeune homme s’approche de moi avec son ami. Il me dit qu’il s’appelle Moussa et qu’il veut me raconter son histoire.

Moussa a 18 ans et est né au Soudan. Il n’a que 16 ans lorsqu’il quitte le Soudan pour se retrouver en Libye. Il est immédiatement capturé et placé dans le centre de détention de Beni Walid pendant six mois, où il sera torturé par électrocution et battu à plusieurs reprises.
C’est uniquement lorsqu’il a réussi à réunir assez d’argent qu’il a pu être relâché.

Il arrive alors à Tripoli, où il gagne la tristement célèbre « place du travail » [une place de la ville, connue des migrants qui viennent y chercher un petit boulot] et parvient à se faire embaucher dans la propriété d'une famille libyenne, comme ouvrier agricole. Après des mois de travail, n’étant pas payé, il trouve un moyen de s’enfuir et décide de quitter la Libye.

En novembre 2018, il tente sa première périlleuse traversée de la Méditerranée. « Nous sommes restés dans l’eau pendant 32 heures. Les réserves d’eau et de nourriture étaient épuisées et le désespoir commençait à nous gagner. C’est alors qu’un grand navire nous a secourus » explique-t-il.

« Ils nous ont dit qu’ils nous amèneraient en Sicile. Mais ils nous ont amenés au port de Misrata en Libye. »

Moussa et le reste des 81 rescapés étaient à bord d’un navire appelé « Nivin ».  Ils ont été interceptés par le cargo le 10 novembre, à 115 miles nautiques à l’est de Tripoli, après avoir quitté la Libye sur un radeau.

Le navire était resté au port de Misrata pendant presque deux semaines, les personnes à son bord refusant de débarquer, arguant qu’ils préféraient mourir que de retourner en Libye.

« J’étais terrifié à l’idée de quitter le navire, sachant ce qui m’attendait en Libye. Mais un jour, les forces armées du gouvernement libyen sont montées à bord et nous ont fait sortir de force. » explique Moussa.

Moussa savait ce qui allait suivre. Lui et les rescapés sont placés en centre de détention, où la nourriture fait défaut, l’eau est salée et le passage à tabac quotidien. « Je connais des personnes qui y sont toujours » dit Moussa, qui a passé sept mois là-bas avant de parvenir à s’échapper.

« Ils nous menaçaient tous les jours, disant qu’ils nous ramèneraient au Soudan. Je ne pouvais pas retourner au Soudan, j’ai des problèmes là-bas. Les gardiens avaient leurs propres contacts extérieurs : ils venaient, nous choisissaient pour aller travailler et nous ramenaient de nuit…  C’est comme ça que j’ai réussi à m’échapper un jour », précise Moussa.

Deux mois après avoir fui le centre de détention, il décide de tenter la traversée à nouveau, en payant 2 000 dinars libyens [1 280 euros]. Cette fois, après avoir passé 16 heures en mer, il est secouru par l’Ocean Viking.

« J’ai peur maintenant. Je sais ce qui nous est arrivé avec le Nivin. Nous serons ramenés à nouveau en Libye » m’explique Moussa, les traits tendus.

Je l’ai regardé dans les yeux et lui ai dit « Je sais que c’est dur pour toi de me croire après tout ce qui tu as enduré. Mais je te promets que tu es en sécurité maintenant et qu’il est hors de question de te ramener en Libye. »

Textes et photo : Avra Fialas / SOS MEDITERRANEE

Source :  http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/temoignage-moussa-OV

mercredi 4 septembre 2019

Rentrée des classes oblige, faites le point sur vos connaissances en matière d'OGM

Nouveaux OGM : 

« Les semenciers 

ne sont pas transparents 

sur les méthodes utilisées » (Inf’OGM)

21 août 2019 à 10h20
 "Si les procédures ne sont pas rigoureuses, il y aura des OGM un peu partout"
 

Depuis vingt ans l’association Inf’OGM est à l’avant-garde des combats pour la transparence des procédures et l’information autour des organismes génétiquement modifiés (OGM), alimentant ainsi le débat public par une veille citoyenne exigeante. Alors que l’agrobusiness fait pression sur l’Union européenne pour qu’elle qu’elle accepte sans contrôle une nouvelle génération d’OGM et que demeurent des interrogations sur les risques pour la santé, nous faisons le point avec Christophe Noisette, rédacteur en chef de la revue Inf’OGM.



Beaucoup de Français pensent qu’il n’y a plus d’OGM en France. Est -ce vrai ?


Théoriquement, il n’y a plus d’OGM transgéniques cultivés dans les sols français depuis 2008. Le seul OGM transgénique autorisé dans l’Union européenne est le maïs Bt de Monsanto qui produit un insecticide, mais il a été interdit en France en 2008. Ça ne veut pas dire, évidemment, que les Français n’en consomment pas. Il y a d’abord certains produits qui contiennent des OGM d’origine végétale et sont étiquetés comme tels, mais il y a aussi tous les produits dérivés d’animaux nourris avec des OGM qui ne sont pas étiquetés : œufs, fromage, viande… La France importe chaque année entre 4 et 5 millions de tonnes de soja transgénique du Brésil, d’Argentine et des États-Unis pour nourrir notre bétail.

On évoque souvent des risques de contamination d’un champ à l’autre


On pense aux contaminations dans les cultures, mais le phénomène a lieu en réalité à tous les niveaux de la chaîne alimentaire : camions de transports, silos, entrepôts, usines de transformation… On sait que si les procédures ne sont pas extrêmement rigoureuses et systématiques, c’est clair qu’il y aura des OGM un peu partout. Par exemple, le colza transgénique n’est pas autorisé à la culture en France et pourtant on a détecté la présence d’OGM (à un taux très faible) sur plus de 15 000 hectares de colza en février dernier. Un autre exemple emblématique est celui du riz chinois. La Chine a mis en place des essais dans les champs pour tester un riz transgénique qui produit un insecticide. Ce riz n’a été autorisé dans aucun pays au monde. Et pourtant, depuis dix ans, on le retrouve régulièrement dans les importations en Europe… Concrètement, si vous achetez des pâtes de riz dans un supermarché asiatique, il y a le risque qu’elles contiennent un peu de riz transgénique, et bien entendu elles ne sont pas étiquetées comme telles, puisque c’est totalement illégal. Est-ce dû à une fuite involontaire qui s’est produite à un certain moment, ou y a-t-il une volonté délibérée de contaminer ? La question se pose, car il y a eu plusieurs exemples de contamination délibérée comme le coton Bt en Inde.

On parle beaucoup des nouveaux OGM : de quoi s’agit-il ?


Selon la définition européenne (directive 2001/18) un OGM est « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Ces techniques ont évolué ce qui fait que plusieurs types d’OGM coexistent aujourd’hui. Pour faire très simple, la première génération d’OGM, qui a connu un boom dans les années 1950 et 1960, consistait en une mutagenèse aléatoire in vivo. On expose une graine ou une plante entière à des produits chimiques, de la radiation nucléaire ou des rayons ionisants, afin que cette plante mute. On sélectionne ensuite la plante mutée intéressante, comme par exemple une plante devenue tolérante à un herbicide. Ensuite, il y a eu ce qu’on a appelé la transgenèse, qui a émergé dans les années 1990. Elle permettait de construire un transgène constitué de plusieurs séquences d’ADN de différents organismes, de le transférer à un autre organisme pour le modifier et lui faire produire une nouvelle protéine (nouvelle caractéristique). C’est cette transgenèse qui a réveillé l’opinion publique sur la question, puisqu’il y avait là une transgression des barrières entre espèces et, à des fins de recherche, des créations d’organismes surprenants : par exemple des moutons phosphorescents car on y avait inséré un gène de méduse. Enfin, depuis les années 1990 et 2000 sont apparus de nouveaux OGM issus de différents types de mutagenèse, aléatoire ou dirigée, mais réalisée sur des cellules isolées (mutagenèse in vitro). On n’y insère pas un gène extérieur à l’espèce, mais on fait muter directement le génome de la plante ou de l’animal en le manipulant (et parfois même avec une transgenèse préalable). Par exemple, une expérience est en train de se produire en Chine : pour vendre plus de rumstecks, on modifie chez les vaches le gène de la myostatine, qui gère le muscle, pour qu’elles n’arrêtent pas de grossir.


Quelle réglementation s’applique à ces nouveaux OGM ?


C’est l’enjeu brûlant qui arrive à l’agenda dans l’Union européenne. Jusqu’ici le législateur avait renoncé à inclure les OGM issus de la mutagenèse dans le champ d’application de la loi sur les OGM, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’espèces mutées (on en compte plus de 3 000 variétés). Si on avait interdit ou régulé cette mutagenèse, il aurait fallu sortir du catalogue des espèces un certain nombre de plantes, refaire des processus d’évaluation onéreux, etc. Donc la loi sur les OGM avait exempté les produits issus de la mutagenèse de son champ d’application. Mais avec l’arrivée des nouveaux OGM issus de la mutagenèse in vitro, la question de l’encadrement juridique se pose à nouveau. Le 25 juillet 2018, la Cour de justice de l’Union européenne a stipulé que ces nouveaux OGM devaient être régulés comme les plantes transgéniques. L’exemption avait été déterminée sur la base d’une utilisation sans risque des plantes mutées ancienne formule… Cette historicité n’existe pas pour les nouveaux OGM. Donc ces nouvelles plantes mutées doivent être évaluées avant commercialisation, et étiquetées après… Mais cet arrêt, bien que d’application immédiate, ne s’est pas encore traduit dans les faits. Et donc dans nos champs, actuellement, cohabitent des plantes mutées ancienne version et des plantes mutées nouvelle version. On est bien en peine de dire lesquelles, car les semenciers (BASF, Bayer, Pioneer, Limagrain, RAGT) ne sont pas transparents sur les méthodes utilisées.

Depuis cette décision de la Cour européenne de justice, la bataille fait rage. Les anti-OGM veulent que tous les nouveaux OGM soient régulés (avec évaluation, étiquetage, traçabilité, suivi post-commercial) et les pros OGM veulent qu’on change le cadre juridique européen pour que ces nouveaux OGM ne soient plus considérés comme OGM et échappent à la régulation. L’argument est de dire que les techniques ont évolué, que les nouvelles mutagenèses in vitro sont plus précises et donc moins risquées.

Cette absence de risque est-elle avérée ?


Non. Les mutagenèses posent des problèmes « d’effet hors cible », c’est-à-dire qu’en modifiant un morceau de génome, on ne sait pas ce que cela peut produire à d’autres endroits du brin d’ADN. En gros, on n’a pas une vision d’ensemble de ce que l’on fait. Les scientifiques fonctionnent selon le principe du lampadaire, qui n’éclaire qu’une zone précise : on regarde là où on a fait la mutation, on constate qu’il n’y a pas grand-chose dans les zones connexes à la mutation et donc on considère que c’est précis et sérieux. Pour un évident intérêt environnemental et de santé, il faudrait prendre le temps de tout analyser, mais qui va payer pour ça ? C’est ça la vraie question.

Qu’en est-il des risques sur la santé humaine pour les OGM en général ?


Selon nous, nous ne disposons pas d’informations suffisantes pour déterminer une toxicité ou une innocuité des OGM. Il existe des éléments de preuves pour les deux hypothèses, mais il n’y a rien de concluant. En fait, pour conclure sur cette question-là, il faudrait mettre en place des systèmes d’évaluation beaucoup plus stricts. La première limite se situe au niveau des durées des tests de toxicité. Actuellement, pour faire passer un dossier d’autorisation d’introduction d’OGM dans l’Union européenne, on demande des tests durant lesquels on a nourri des rats pendant quatre-vingt-dix jours avec le produit sans constat d’impact sur la santé… En fait, il faudrait nourrir des rats pendant une vie entière – ce qu’a fait le professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, Gilles-Éric Séralini, en 2012 dans son étude qui montre une plus grande incidence des tumeurs chez les rats nourris au maïs NK603 – et même sur plusieurs générations de rats. Sur ces produits-là, si des questions venaient à émerger, on suppose que ce serait sur des évolutions pathologiques lentes. Donc déjà, la durée actuelle des évaluations obligatoires pour des autorisations de mise sur le marché n’est pas compatible avec une évaluation sérieuse des risques pour la santé. La deuxième limite concerne le nombre réduit de cobayes, qui donne une puissance statistique insuffisante aux recherches, et le choix de rats de laboratoire. Leur état de santé et leurs conditions de vie font que ces expériences ne valent pas grand-chose. Et puis, on fait des évaluations des OGM sans l’herbicide qui sera pulvérisé dessus, ce qui est complètement absurde.

Devant un tel enjeu de santé publique pourquoi ne pas revoir alors l’évaluation ?


Il y a une véritable volonté politique de ne pas prendre le problème à bras-le-corps, parce qu’on ne veut pas que ces évaluations coûtent trop cher aux entreprises. Ce qui est frappant sur les OGM c’est qu'il y a deux poids deux mesures en fonction de qui fait l’étude. Quand le professeur Séralini fait une recherche qui alerte sur les dangers des OGM, on dit que c’est un menteur, un charlatan, un obscurantiste, que ses études ne tiennent pas la route. Par contre, si c’est Monsanto qui fait une étude à peu près similaire – et d’ailleurs moins sérieuse, sur moins de rats, pendant moins longtemps – c’est validé par les agences d’évaluation des OGM. Et cette différence de traitement pose question, notamment celle des conflits d’intérêts au sein des agences d’évaluation et des revues scientifiques. Sur cette question du sérieux de l’évaluation, les « Monsanto Papers » ont montré comment nombre d’études prétendument indépendantes étaient financées. Quant aux agences, elles ne font pas de contre-expertise parce qu’elles n’en ont pas les moyens et se contentent de lire des rapports de 1 200 pages des semenciers. Autant dire que pour y trouver quelque chose qui cloche, il faut se lever tôt. Donc tout le processus d’évaluation est à revoir. Mais ceux qui invoquent ici le principe de précaution sont présentés comme des personnes aux idées moyenâgeuses, pétries de peurs irrationnelles, risquant d’isoler l’Europe… Les semenciers comme les agences prônent l’innovation à tout prix.

Concernant cette idée de progrès, plus de 100 Prix Nobel avaient rédigé une lettre ouverte pour dénoncer l’opposition aux OGM en 2016. 

 

C’est de la manipulation. Leur lettre, qui était adressée à Greenpeace, dénonçait l’opposition de l’association à la culture du riz doré génétiquement modifié pour être enrichi en vitamine A, censé répondre aux carences entraînant des problèmes de cécité dans les pays pauvres. Ils déclaraient que s’opposer à ce riz constituait un «  crime contre l’humanité  », rien que ça. D’abord parmi ces 109 Prix Nobel, beaucoup n’avaient pas plus de compétences que mon voisin sur les OGM. Ensuite, cela fait vingt ans qu’on nous en parle de ce fameux riz doré, et c’est une belle mascarade. Ce genre de promesses humanitaires ne repose, à ce stade, sur rien de concret : c’est un cheval de Troie à fort impact émotionnel. Il faut être clair, il existe actuellement sur le marché des plantes transgéniques, soit des plantes qui produisent des insecticides (plantes Bt), soit des plantes qui permettent de tolérer un herbicide. Elles servent principalement aujourd’hui de nourriture pour le bétail et de carburant (bioéthanol) pour les voitures, mais pas pour l’alimentation humaine. La faim dans le monde n’est pas un problème agronomique, c’est un problème politique.

 

D'un côté, on nous promet des variétés enrichies d'un point de vue nutritionnel. De l’autre, on constate justement un appauvrissement en nutriments de nos fruits, nos légumes et nos céréales. Qu'en est-il ?


Les mutations génétiques sont toujours introduites dans des variétés dites élites, c’est-à-dire à haut rendement (à condition de pulvérisations chimiques et de bonnes irrigations). Et ces variétés élites de soja ou de maïs sont de plus en plus faibles d’un point de vue nutritionnel puisqu’on a concentré la recherche en sélection sur la résistance aux parasites et le rendement. Donc les OGM sont des espèces dégénérées d’un point de vue nutritionnel. On pourrait bien sûr imaginer une réorientation des recherches, mais la question se pose : doit-on dépenser beaucoup d’argent pour des OGM enrichis en nutriments, ou bien développer une agriculture qui a fait ses preuves comme l’agriculture paysanne ? Faut-il donner davantage de pouvoir aux paysans sur leurs semences ou aller vers une technicité croissante et une privatisation qui les éloignent de la semence et les rendent plus dépendants des semenciers ?

Les OGM peuvent-ils réduire l’utilisation des insecticides ou nous aider à faire face au changement climatique ? 

 

L’OGM est dans la continuité du paradigme chimique : avant on pulvérisait un produit chimique sur les champs de maïs pour les protéger des pyrales [un ravageur du maïs, NDLR], et maintenant on fait produire la molécule par la plante elle-même. Sur les OGM connus, la nature a toujours trouvé des subterfuges pour contourner nos stratégies chimiques ou génétiques. Le nombre de mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate par exemple ne cesse de grandir. On est ainsi obligé de créer des OGM qui tolèrent plus d’herbicides et de pulvériser de plus en plus de pesticides… Bref, on est dans une fuite en avant technologique parce que la nature mute et s’adapte. Cette vision-là ne permet pas de créer un système agricole résilient, alors qu’on sait qu’on peut faire de l’agriculture sans pesticide chimique. Il va falloir effectivement se poser sérieusement la question de la résilience du système agricole dans le contexte du changement climatique. Les OGM constituent-ils un outil pertinent dans ce contexte ? Avant d’évaluer leur impact sanitaire, environnemental et socio-économique ou leur innocuité, il faut se poser la question de l’intérêt de leur introduction dans l’agrosystème : jusqu’à présent, ils l’ont toujours déséquilibré.

Pour en savoir plus sur Inf’OGM : https://www.infogm.org/



Source : https://www.alternativesante.fr/ogm/nouveaux-ogm-les-semenciers-ne-sont-pas-transparents-sur-les-methodes-utilisees


lundi 2 septembre 2019

En pleine sécheresse, le gouvernement fragilise un peu plus les cours d’eau


En pleine sécheresse, 

le gouvernement fragilise 

un peu plus 

les cours d’eau

 

28 août 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre) 




 Alors que 85 départements font l’objet de restrictions d’eau, le gouvernement a publié un décret qui assouplit l’obligation de débit minimal des cours d’eau, fragilisant la vie aquatique de centaines de rivières méditerranéennes.


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 Plutôt que de faire respecter les règles, modifions-les ! En plein mois d’août, alors que la sécheresse sévissait partout en France, le gouvernement a publié en catimini un décret « modifiant diverses dispositions du Code de l’environnement relatives à la notion d’obstacle à la continuité écologique et au débit à laisser à l’aval des ouvrages en rivière ». Ce dernier point a illico suscité l’ire du syndicat des fonctionnaires de l’environnement SNE-FSU, qui a dénoncé sur Twitter « un recul inadmissible pour la biodiversité aquatique ». Et pour cause : le décret autorise les préfets, dans certaines conditions, à baisser le débit minimum des rivières, autrement dit à augmenter les prélèvements pour l’alimentation en eau potable… ou pour l’irrigation agricole.



 — Sne-FSU Biodiversité (@snefsuAFB) August 6, 2019

À l’origine de ce décret, le lobbying tenace du député des Hautes-Alpes Joël Giraud

 

« C’est une victoire des agriculteurs de montagne qui pratiquent l’irrigation gravitaire, une technique très dispendieuse en eau, au détriment de la vie des rivières », regrette Jacques Pulou, spécialiste des milieux aquatiques et membre de France Nature Environnement. À l’origine de ce décret, le lobbying tenace du député des Hautes-Alpes Joël Giraud, aujourd’hui encarté à La République en marche. En 2015, il avait déposé, lors de l’examen du projet de loi biodiversité, un amendement « créant une nouvelle dérogation à l’obligation de laisser un débit minimum biologique à l’aval des seuils et barrages en rivière », visant les zones de montagne.

Pour rappel, depuis 1919, tout ouvrage — barrage, retenue — installé sur un cours d’eau doit laisser s’écouler à l’aval un débit suffisant afin de garantir la vie des espèces aquatiques. Ce débit minimal, aussi appelé « débit réservé » a été peu à peu renforcé. Il est aujourd’hui fixé au 10e du module ; autrement dit, il ne doit pas être inférieur à un dixième du débit moyen annuel du cours d’eau. Si cette disposition permet de préserver les milieux aquatiques, elle implique une limitation des prélèvements, pour l’agriculture notamment. Et c’est bien ce qui embêtait M. Giraud : « Les populations rurales de montagne restent très attachées à l’irrigation gravitaire (…), qui permet une production de fourrage notamment, écrivait le député dans un rapport publié en 2015 sur le sujet. L’instauration d’un débit réservé calé au 10e du module aurait des conséquences extrêmement fâcheuses pour l’agriculture de montagne. » En été, ces cours d’eau peuvent voir leur débit baisser drastiquement, parfois en deçà du fameux 10e du module ; le député estimait ainsi « qu’il n’[était] pas pertinent de fixer des valeurs plancher ».


 Cascade du Guil (un affluent de la Durance) à Mont-Dauphin, dans les Hautes-Alpes.


Son amendement avait alors été retoqué par le gouvernement, dont Ségolène Royal était la ministre de l’Écologie, au motif qu’ « il [était] préférable d’éviter que les sources des zones de montagne ne soient trop sollicitées, étant donné que tous les grands fleuves européens trouvent leur source dans ces massifs ».

« Une baisse des débits occasionne un réchauffement encore plus rapide des cours d’eau, avec des effets importants sur la faune et sur la flore » 


Mais le député n’a pas baissé les bras. Devenu un influent député de la Macronie, rapporteur général du budget depuis 2017, M. Giraud a pesé en faveur d’un assouplissement du droit sur l’eau. Le décret publié le 6 août autorise en effet une dérogation à l’obligation d’un débit réservé fixé au 10e du module, pour les cours d’eau dits « méditerranéens » « à forte amplitude naturelle de débit, aux étiages très marqués ». Sont concernés les cours d’eau « situés en Corse et, pour ceux relevant du bassin Rhône-Méditerranée, leurs parties situées dans les départements des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Gard, de l’Hérault, de l’Aude, des Pyrénées-Orientales, de la Drôme, de l’Ardèche ou de la Lozère », précise le décret. Ce qui représente un sacré nombre de rivières.

  • Télécharger le décret :
    Décret no 2019-827 du 3 août 2019.

« Au moment de l’étiage, donc quand le cours d’eau est au plus bas, on pourra piquer encore plus d’eau que ce qu’il y a », traduit Jacques Pulou. Avec des conséquences potentiellement désastreuses en aval, comme le précise Patrick Saint-Léger, secrétaire général du SNE-FSU : « Une baisse du débit signifie une lame d’eau plus chaude, avec un risque d’eutrophisation, et une dilution moindre des polluants, explique-t-il. Les conditions du milieu vont être dégradées, et toucher les espèces aquatiques sensibles », tels la truite et le chabot. Autre conséquence : si les agriculteurs irrigants et les réseaux d’alimentation en eau potable pourront puiser plus, d’autres usages pourraient voir, par ricochet, leurs prélèvements baisser fortement, notamment la dilution des effluents des stations d’épuration ou les usages récréatifs des cours d’eau. Pour M. Pulou comme pour M. Saint-Léger, la législation actuelle suffisait : « Pour les cours d’eau méditerranéens, nous avons mené de longues concertations et nous sommes parvenus à des compromis sur des débits réservés parfois un peu en dessous du 10e du module, mais permettant de maintenir la vie aquatique, dit le syndicaliste. Ce décret risque de mettre à bas tout ce travail. » 

Le gouvernement a de son côté fait valoir que cette « dérogation est toutefois fortement encadrée » : « Toutes les économies d’eau possibles auront dû être mises en œuvre ou programmées, a-t-il indiqué dans les motifs du décret. La dérogation à la règle générale ne sera possible que sur 3 mois maximum à l’étiage et devra respecter au moins l’ancien plancher du 40e du débit moyen. » Ce qui signifie tout de même qu’on pourra diviser par quatre le débit minimum biologique.

À ce jour, et à notre connaissance, aucune préfecture n’a autorisé de dérogations. Mais « ce décret a ouvert une porte, entraînant un certain nombre de risques, constate Patrick Saint-Léger. Il y a déjà des pressions pour étendre le dispositif, au-delà de trois mois, au-delà des zones méditerranéennes ».


 Lire aussi : Des milliers de cours d’eau sont rayés de la carte de France, et s’ouvrent aux pesticides

Source : Lorène Lavocat pour Reporterre
Photos :
. chapô : Le Drac blanc, affluent de l’Isère, dans la haute vallée du Champsaur (Hautes-Alpes), en juin 2018. Flickr (Jeanne Menjoulet/CC BY-ND 2.0)
. Le Guil : Wikipedia (ServiceComDigne/CC BY-SA 3.0)


Source : https://reporterre.net/En-pleine-secheresse-le-gouvernement-fragilise-un-peu-plus-les-cours-d-eau?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne


dimanche 1 septembre 2019

RENTREE A L'ATELIER DE L'ENTONNOIR

Mardi :
permanence collectif bienvenue aux migrants
Omnibus
l'incroyable Cantine
Mercredi :
Grainothèque
AMAP avec Justin
Soirée jeux


A venir...
Cours Japonais (à def avec la professeure)
Atelier autonomie (mercredi 11 septembre,atelier régulier)
Club poésie (jeudi 12 septembre, régulier)
Découverte, exploration de la voix (jeudi 12 septembre, atelier ponctuel)
Atelier couture (lundi 16 septembre, atelier régulier)


MARDI



Permanence du collectif bienvenue migrants conflent

Tous les mardi de 10h30 à 11h30 à l'Entonnoir.
Permanence / information
every Tuesday from 10h30 to 11h30 at l’ENTONNOIR

لدوام / المعلومات كل يوم ثلاثاء من الساعة 10.30 إلى الساعة 11.30 في مسار التحويل




10-12h : La bibliothèque de l'OMNIBUS est ouverte !

Si tu veux des conseils de lecture ou choisir toi-même ton livre, c'est le créneau !
Livre à consulter sur place ou à emporter pour les adhérents de l'Entonnoir 

 




12h30 : Incroyable Cantine

C’est bio et végétarien,
préparé par les adhérents, ... par vous la semaine prochaine...
Menu entrée/plat/dessert à 6 Euros
20 Réservations mardi matin à partir de 11h au 04 68 97 06 12

 

MERCREDI

 






A VENIR



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