Sa révision était au cœur du Pacte vert européen. Adoptée il y a vingt ans, la réglementation Reach (registration, evaluation, authorization and restriction of chemicals),
qui encadre la fabrication et l’emploi des substances chimiques en
Europe, a rapidement montré ses limites. Objet depuis sa création d’un
intense lobbying des industriels, Reach se distingue par d’immenses
trous dans sa raquette qui n’ont pas réussi à protéger les Européen·nes
de vastes scandales sanitaires comme les PFAS.
Le principe
d’une réforme de Reach pour renforcer cette réglementation avait été
acté en 2020, ouvrant un cycle de négociations avec les acteurs. En
vingt ans, les connaissances scientifiques se sont consolidées et ont
mis au jour les « effets cocktail » sur la santé humaine, comme sur les
écosystèmes, des expositions croisées aux substances chimiques.
Les citoyen·nes sont de plus en plus mobilisé·es autour de ces sujets, à
l’image de la pétition contre la loi Duplomb en France qui a réuni plus
de deux millions de signataires. La domination de la droite et de l’extrême droite au sein de l’Union européenne depuis 2024 a conduit à revenir sur tous les piliers du Green Deal.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pourra accrocher à
son tableau de chasse l’abandon de la révision de Reach pour le plus
grand bonheur du lobby de la chimie qui a organisé pas moins de quatre-vingt-treize rendez-vous avec la Commission en 2025, selon un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory.
«
L’industrie chimique est l’industrie des industries, au début de nos
chaînes de valeur, et essentielle à la prospérité et à la création
d’emplois de qualité en Europe », déclarait l’an dernier le
vice-président de la commission chargée de l’industrie, Stéphane
Séjourné, en recevant pour les rassurer les géants de la chimie. Le
vingtième anniversaire de la réglementation Reach ressemblent donc à un
enterrement de première classe.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire