La face cachée de la salade
Le Canard Enchaîné – 27/07/2016 -Conflit de canard –
Ah, une
bonne salade verte bien rafraîchissante… Tant qu’à faire, pourquoi ne
pas la prendre en sachet, pour éviter de s’embêter à la trier, à la
laver, à l’essorer ? Les « prêtes à l’emploi » constituent déjà 40 % des
salades proposées en rayon. Mais le bonheur n’est pas forcément au fond
du sachet. Passons le fait qu’on les paie trois fois plus cher que les
non ensachées. Et que, pour les nappes phréatiques, ce n’est pas la
panacée. Comptez en moyenne 20 litres de flotte pour laver un kilo de
salade ! Une eau, qui plus est, additionnée de javel, et ce afin
d’éviter que les immenses cuves de lavage se transforment en bouillon de
culture, avec le risque, ensuite, d’empaqueter sous vide germes et
bactéries pathogènes. Sauf que, les résidus de chlore, les chlorates, on
les retrouve ensuite sur nos papilles.

C’est du
moins ce qui ressort de l’enquête publiée ce mois-ci par l’association
UFC-Que choisir. Sur les 28 salades en sachets analysées, 24 recèlent
des traces de chlorates. Fâcheux quand on sait que ce rinçage chloré
essore une partie des vitamines, notamment la C, et la B9, le fameux
acide folique, essentiel à la formation des globules rouges, aux
systèmes nerveux et immunitaire.
Ajoutez que
ce lavage industriel déverse des cochonneries dans les eaux usées. Non
seulement du chlore, mais aussi des sous-produits cancérigènes, les
trihalométhanes. Ces joyeusetés apparaissent lors du contact de la javel
avec les dépôts de terre sur les feuille de salade. Pour toutes ces
raisons, les Pays-Bas, la Belgique, et la Grande-Bretagne ont cru bon
d’interdire la lavage chloré des salades, mais pas nous, qui produisons
pourtant chaque année 420 000 tonnes de batavia, laitue et autres
scarole.
Le plus
savoureux est que ce trempage industriel en bain chloré n’est quasiment
d’aucune utilité pour débarrasser les feuilles des résidus de
pesticides. Dans le teste de Que choisir, une seule salade, celle
estampillée bio, n’affiche aucune trace de pesticides. Pour mémoire, en
2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments avait passé au
crible 1 194 salades et relevé des résidus de pesticides dans 58 %
d’entre elles, certaines culminant jusqu’à 13 produits différents.
Dommage que
les Américains n’arrivent toujours pas, dans les négociations du Tafta,
à nous imposer leur poulet au chlore, on aurait pu l’accompagner avec
notre salade javellisée prête à l’emploi.
Miam !
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