Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
...MERCI DE VOTRE COMPREHENSION...

mercredi 26 novembre 2025

Ces Israéliens refusent de combattre pour leur armée et parcourent la France pour expliquer leur choix, "c'est un acte de résistance"

 

Ces Israéliens refusent de combattre 

pour leur armée 

et parcourent la France 

pour expliquer leur choix, 

"c'est un acte de résistance"

 

Itamar Greenberg et Soul Behar Tsalik, 19 ans, ont passé plusieurs mois en prison pour avoir refusé d'intégrer l'armée israélienne • © Guillaume Poisson / France Télévisions

Publié le


 Deux "objecteurs de conscience", ou "refuzniks", sont présents en Alsace du 17 au 20 novembre. À l'âge de 19 ans, ils parcourent la France pour expliquer les raisons de leur refus de servir dans l'armée d'Israël, quitte à passer des mois en prison et à subir diverses pressions.

À chaque question, ce moment de silence où l'on imagine la réflexion qui s'engage et qui chemine jusqu'à la réponse enfin formulée. Et ce qui frappe, c'est que Soul Behar Tsalik et Itamar Greenberg n'ont pas 40 ou 50 ans mais 19. Tous les deux sont des refuzniks : des Israéliens qui ont refusé de combattre pour l'armée alors qu'il s'agit d'une étape obligatoire. Tous les deux ont fait de la prison pour cela : six mois pour Itamar, deux pour Soul Behar. "C'était dur, car les autres prisonniers nous considéraient comme des traîtres, mais nous n'allons pas nous plaindre : les Palestiniens vivent bien pire tous les jours."

Nous rencontrons Soul Behar Tsalilk et Itamar Greenberg à leur arrivée à Strasbourg ce mercredi 19 novembre, nouvelle étape dans leur périple de plusieurs semaines à travers la France, sur l'invitation du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) et de Raja Tikva, association "d'amitié arabo-juive" en Rhône-Alpes. Après des étapes à Mulhouse et Sélestat, ils participent ce mercredi à une conférence organisée au Foyer de l'étudiant catholique (FEC), place Saint-Etienne à Strasbourg, à 20 heures.

"Nous faisons ça pour soutenir les petites cellules qui, partout en France et dans le monde, se battent pour les droits humains et pour qu'on arrête la confusion entre antisémitisme et antisionisme", assène Soul Behar Tsalik. Face à lui, leur hôte, le psychiatre Georges Yoram Federmann, opine du chef. Juif arabe, il dénonce ouvertement "l'apartheid en Israël et le génocide en cours en Gaza", et, pour ses positions, subit régulièrement, en ligne, les foudres de la communauté juive de Strasbourg. Autour, sont aussi présents des membres de l'association MAN, ainsi que Florian Kobryn, candidat La France Insoumise aux élections municipales.

Un "acte de résistance" plutôt qu'une "désertion"

En Israël, le service militaire est obligatoire. Trois ans pour les hommes, deux pour les femmes. Tous deviennent ensuite réservistes. Seule une extrême minorité refuse de servir, soit en ignorant la convocation, soit en démissionnant en cours de service. Pour Soul comme pour Itamar, cet acte fut symbolique et mûrement réfléchi. Le second vient d'une famille d'ultra-orthodoxes, où même l'accès à Internet lui était restreint. "J'ai grandi dans un monde où la réalité des choses n'était pas la même que celle que je découvre aujourd'hui, confie-t-il. Bien sûr, maintenant, ça me semble évident de penser et de défendre les idées que je défends. Mais ce n'était pas simple au début."

Tout a commencé par une intuition, puis un refus, le premier d'une longue liste. "Nous avions l'habitude, toutes les semaines, de remercier Dieu pour ne pas nous avoir faits femmes. Un jour, j'ai dit non." Ses parents ont d'abord choisi d'ignorer ces petites rébellions. Mais celles-ci se sont vite transformées en révolution, à son échelle. "On devait aussi remercier Dieu de ne pas nous avoir faits non-juifs, puis de ne pas nous avoir faits esclaves. Voilà, ça résume tout, les femmes, les non-juifs, les esclaves..." C'est donc d'abord un milieu, une culture contre laquelle Itamar s'est érigé, avant de se tourner, "plus naturellement", vers les idées politiques liées à l'actualité.

197 jours de prison

"Avant le refus effectif d'intégrer l'armée, nous avons fait le choix de le rendre public, de médiatiser notre acte, raconte Soul Behar Tsalik, originaire d'un milieu "plus libéral" mais tout de même confronté à "la peur" de ses proches devant les conséquences potentielles de ses choix. D'en faire quelque chose de politique." Cette exposition médiatique choisie n'a pas fait baisser la pression autour d'eux.

Il y a bien sûr eu les séjours en prison - cinq pour Itamar, soit 197 jours de détention au total. Mais aussi les conséquences dans leur vie quotidienne. "Il y a eu des affiches sur Itamar dans les rues où il est décrit comme traître, on nous bouscule, on nous crache dessus..." Mais tout cela, insistent-ils une nouvelle fois, n'est "rien" comparé "aux souffrances des Palestiniens".

Les deux refuzniks revendiquent ce choix en réaction à la politique "d'extrême-droite" du gouvernement de Benjamin Netanyahou. Les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre ont fait 1219 victimes. La réponse d'Israël dans la bande de Gaza a fait 63 746 morts selon l'ONU, qui se base sur les chiffres fournis par le ministre de la Santé de Gaza. Un cessez-le-feu fragile a été obtenu début octobre.

 

Source : https://tinyurl.com/3x7ky4ed

mardi 25 novembre 2025

« Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes (vidéo complète)



Lien vers la vidéo : 
https://www.youtube.com/watch?v=TT8j4a10aKE

Mediapart révèle des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. 

Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ». 
🗞 Pour lire notre article « Gérald Darmanin mis face à son irresponsabilité » :
https://www.mediapart.fr/journal/fran... 
🗂 Pour parcourir notre dossier « Mégabassines, la guerre de l’eau » :
https://www.mediapart.fr/journal/ecol... 
Mediapart n’a qu’une seule ressource financière : l’argent issu de ses abonnements. Pas d’actionnaire milliardaire, pas de publicités, pas de subventions de l’État, pas d’argent versé par Google, Amazon, Facebook… 
➡️ Pour nous aider à enrichir notre production vidéo, soutenez-nous en vous abonnant à partir de 1 euro :
https://abo.mediapart.fr/abonnement/d... 
➡️ Si vous êtes déjà abonné·e ou que vous souhaitez nous soutenir autrement, vous avez un autre moyen d’agir , le don :
https://donorbox.org/mediapart?defaul...
➡️ Inscrivez-vous à nos newsletters !
https://info.mediapart.fr/renderers/p...
 


« Faut leur tirer 

dans la gueule ! » : 

la manifestation de Sainte-Soline 

vue par les gendarmes

Mediapart et « Libération » révèlent des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ».

Camille Polloni et Laura Wojcik

Deux ans et demi après la manifestation contre les mégabassines qui avait fait des dizaines de blessé·es à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, Mediapart et Libération ont eu accès à plus de quatre-vingt-quatre heures d’images tournées par les gendarmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient sur la poitrine.

Ces images ont été saisies par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique et non-assistance à personne en danger ouverte par le parquet de Rennes, compétent en matière militaire, et désormais en voie d’achèvement. 

Le but de la procédure était de retrouver les tireurs qui ont fait quatre blessés graves parmi les manifestant·es. En définitive, aucun n’a été identifié. Mais Mediapart et Libération ont récupéré un matériel exceptionnel pour comprendre, de l’intérieur, l’état d’esprit des gendarmes, leurs actes et les propos échangés dans leurs rangs. 

Multiples tirs tendus

Ces images révèlent des consignes de la hiérarchie normalement interdites, car dangereuses. Et une apparente cruauté de certains gendarmes, qui semblent tirer sans discernement : ils se réjouissent à de nombreuses reprises de blesser lourdement des manifestant·es. À la vue de ces images, l’IGGN aurait pu signaler au parquet ces potentielles infractions : elle n’en a rien fait. 

Les fonctionnaires sont conscients d’être filmés, puisqu’ils mettent eux-mêmes en route leur caméra quand ils le jugent utile. Il leur arrive toutefois d’oublier que la caméra tourne ou de déclencher involontairement l’enregistrement. 

Sur ces images, on voit de nombreux tirs tendus de grenades lacrymogènes et explosives, ce qui est formellement interdit. Compte tenu de la dangerosité de ces munitions si elles touchent quelqu’un à pleine vitesse, les règles d’utilisation du lance-grenades prévoient exclusivement des tirs en cloche, le canon devant être positionné à 45 degrés et surtout pas à l’horizontale. 

Ces tirs tendus ne relèvent pas d’initiatives isolées : dans plus de la moitié des escadrons étudiés, des gradés ordonnent à leurs subordonnés de procéder ainsi. 

Ces vidéos montrent aussi des dizaines de commentaires particulièrement déplacés et d’insultes visant les manifestants, traités de « fils de pute », d’« enculés », de « pue-la-pisse ». Des gendarmes se vantent d’avoir touché des manifestants « en pleine tête » ou « dans les couilles », se réjouissent de « leur faire mal » et vont jusqu’à dire qu’il faudrait « les tuer ».

Des gendarmes jamais confrontés à leurs propos 

L’avocate Chloé Chalot, qui défend les intérêts des quatre blessé·es graves ayant déposé plainte, regrette que tout n’ait pas été consigné sur procès-verbal par l’IGGN. Elle réclame « un nouveau travail de retranscription, beaucoup plus exhaustif », et note que « les enquêteurs n’ont pas confronté les gendarmes en cause aux comportements constatés et propos tenus, malgré la gravité et les conséquences de ceux-ci ». 

En effet, les caméras-piétons des gendarmes n’ont été exploitées qu’après les auditions de leurs chefs d’escadron. Aucun gendarme n’a été interrogé sur le contenu des images. 

De son côté, le procureur de Rennes, Frédéric Teillet, indique que « si ces images révélaient d’autres infractions pénales que celles dont il était saisi, la procédure prévoit que le service d’enquête en informe le parquet. Ce qui n’a pas été le cas ». Il ajoute que « si ces images révélaient des comportements qui, sans constituer d’infraction pénale, relèvent de manquements aux obligations des militaires de la gendarmerie, cela relèverait de la procédure administrative, pour laquelle le parquet n’est pas compétent ». 

La Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) affirme quant à elle que « les enregistrements disponibles, extraits des caméras-piétons des unités déployées lors des troubles à l’ordre public de Sainte-Soline en mars 2023, ont été mis à la disposition exclusive de la justice, dans le cadre d’enquêtes judiciaires toujours en cours, dont il ne revient pas à la gendarmerie de les commenter ».

Un dispositif de maintien de l’ordre exceptionnel 

Mediapart n’a pas recensé les injures proférées au pic des affrontements, qui peuvent échapper à tout un chacun, mais seulement celles prononcées « à froid ». Car, tout au long de l’après-midi, selon l’heure et selon les endroits où sont positionnés les gendarmes, l’intensité des violences varie fortement. 

La manifestation du 25 mars 2023, organisée par Les Soulèvements de la Terre, le collectif Bassines non merci et la Confédération paysanne, avait été interdite par la préfecture des Deux-Sèvres, qui craignait notamment « une intrusion et l’implantation d’une ZAD [zone à défendre – ndlr] » sur le site de la bassine (déclarée illégale depuis). 

« Nous ne connaissions pas le lieu et nous ne l’avons connu précisément que le 24 mars au matin », a indiqué la préfète Emmanuelle Dubée au cours de l’enquête pénale, regrettant « l’incertitude délibérée devant laquelle les organisateurs ont souhaité placer les services de l’État » malgré ses tentatives de contact. Selon la préfète, qui garde en mémoire une manifestation survenue en octobre 2022, « nul ne pouvait ignorer la nature violente du rassemblement qui se préparait ».

Le jour dit, un dispositif exceptionnel de maintien de l’ordre, comptant près de 3 000 agents, est mis en place. Une quinzaine d’escadrons de gendarmes mobiles sont répartis tout autour de la réserve SEV 15 pour empêcher son invasion par trois cortèges convergents : le bleu, le jaune et le rose. Sont aussi déployés deux canons à eau, deux véhicules blindés et vingt quads du peloton motorisé d’intervention et d’interpellation (PM2I) de la Garde républicaine, ultérieurement blanchis par une enquête administrative malgré leurs tirs de LBD en mouvement.

« Pourquoi ne pas avoir laissé les manifestants accéder symboliquement à la bassine comme ils l’ont demandé ? », ont demandé les enquêteurs de l’IGGN à la préfète, pour qui une telle option était exclue : « Ils ont reconnu que ce ne serait pas que symbolique. […] Il m’appartenait d’assurer la sécurité des biens. […] Leur volonté était aussi de s’en prendre aux forces de l’ordre. »

« À l’arrivée vers la réserve de Sainte-Soline, […] les trois cortèges se situaient dans le périmètre interdit à la manifestation », ajoute la préfète. Du point de vue légal, cet « attroupement » peut être dispersé par la force après sommations. Des sommations ont bien été effectuées, mais l’IGGN estime qu’elles sont restées « inaudibles » pour les manifestant·es.

Avec l’autorisation de la préfète, le PM2I tire ses premières grenades lacrymogènes vers 12 h 35 pour disperser le cortège bleu, qui s’approche de la bassine. Puis il vise, « vraisemblablement par erreur », le cortège rose, comme l’a déjà montré le magazine « Complément d’enquête ».

Alors que les cortèges commencent à se mêler, les manifestant·es semblent vouloir « encercler » la bassine (et donc les gendarmes positionnés devant). La préfète autorise alors l’emploi de la force sur l’ensemble des cortèges. « Les tirs de grenades lacrymogènes s’intensifient, à un rythme très soutenu, et ne cesseront quasiment plus », note l’IGGN, qui observe que « la zone est noyée de fumées lacrymogènes » dès 13 heures.

Aux alentours de 13 h 15, « les affrontements les plus violents de la journée » commencent et durent presque trois quarts d’heure. Les gendarmes reçoivent des pierres, des cocktails Molotov et des feux d’artifice, tandis que quatre véhicules de gendarmerie sont incendiés. Des manifestant·es essaient de pénétrer dans la SEV 15 en faisant tomber les grillages qui entourent le site.

« Acculés », les gendarmes tirent sans arrêt. « La plupart des grenades CM6, MP7 ou GM2L atterrissent dans les premiers rangs des black blocs, et parfois au-delà, parmi les manifestants restés en retrait en spectateurs », constate l’IGGN. Les gaz lacrymogènes finissent par « noyer » la « zone des blessés », qui s’est créée spontanément sur un chemin légèrement en retrait.  

Les affrontements se calment vers 14 heures et reprennent brièvement une heure plus tard, quand un médecin de la gendarmerie s’approche de Serge D., très grièvement blessé, pour le secourir. De 15 h 30 à 16 h 30, les manifestant·es quittent le site.

« Un putain de trou qui appartient même pas à l’État » 

Sur la journée, notent les enquêteurs, la gendarmerie « fait état de la consommation de 5 015 grenades lacrymogènes (2 783 CM6, 857 MP7, 1 375 GM2L), de 89 grenades de désencerclement GENL, de 40 grenades assourdissantes ASSR et 81 munitions de LBD 40 ». Quarante-cinq gendarmes sont déclarés blessés, tandis que les manifestant·es dénombrent environ deux cents blessé·es dans leurs rangs.

Les images issues des caméras-piétons témoignent de ces affrontements. Mais elles montrent aussi des gendarmes prenant leur pause dans les camions, en chantant sur du Michel Fugain ou du Dalida, mangeant leur sandwich ou se plaignant de devoir après cirer leurs chaussures pleines de boue. 

Ces dizaines d’heures d’enregistrements ouvrent une fenêtre inédite sur leur quotidien, leurs doutes sur l’utilité de protéger « un putain de trou qui appartient même pas à l’État », leurs plaisanteries souvent de mauvais goût (« Tu veux une pipe et un Mars ? — Le Mars non, mais la pipe je suis pas contre »), leurs projets d’apéro. 

Trois escadrons de gendarmerie mobile (EGM) n’ont transmis aux enquêteurs aucune image de leurs caméras-piétons. L’EGM de Saint-Étienne-lès-Remiremont a expliqué que ses caméras étaient en maintenance. Celui de Chambéry s’est excusé : malgré la réquisition adressée par l’IGGN, il a essayé d’extraire les images trop tard, au-delà du délai de trente jours où elles sont effacées automatiquement. L’EGM de Cherbourg n’a fourni ni images ni explications. 

Certaines caméras-piétons ont bien été saisies par l’IGGN mais n’ont jamais été exploitées par ses soins (EGM de Clermont-Ferrand). La plupart des images ont bien été visionnées et en partie retranscrites. Mais une grande partie des tirs tendus, insultes et autres propos problématiques qui y figurent ne sont même pas mentionnés.  

Source : https://tinyurl.com/3nyu9evf

lundi 24 novembre 2025

Mise à l'arrêt du site de production de pesticides BASF par plus de 500 paysannes et paysans, malades et soutiens

Mise à l'arrêt du site 

de production de pesticides BASF 

par plus de 500 paysannes 

et paysans, 

malades et soutiens


Saint Aubin lès Elbeuf, le 17 novembre 2025 
Communiqué de la Confédération Paysanne, 
du Collectif de Soutien 
aux Victimes des Pesticides de l’Ouest (CSVPO), 
de Cancer Colère, 
des Faucheurs Volontaires et des Soulèvements de la Terre.

 


Nous sommes paysannes et paysans, victimes des pesticides, parents de victimes, riverains d’épandages de pesticides et de captages d’eau intoxiqués, scientifiques et soutiens. Nous sommes plus de 500 à nous rassembler pour mettre à l'arrêt le site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

Ce lieu incarne les dérives et l'impunité persistantes de l'industrie criminelle des pesticides : fabrication de substances hautement toxiques interdites en Europe, rejets massifs de polluants éternels dans la Seine, augmentation des cas de cancers chez les riverain·es, et lobbying brutal pour imposer un modèle agricole qui empoisonne les sols et les travailleurs et travailleuses de la terre.

Pour faire cesser cette situation ici et ailleurs, nous avons bloqué avec nos tracteurs l'entrée du site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et interrompu la production du site. Nous avons fait une inspection des stocks afin de récupérer des preuves supplémentaires de la fabrication et du stockage de pesticides interdits, notamment à base de Fipronil, exportés ensuite au Brésil. L’entrée du site est bloquée par des tracteurs.


Des victimes nombreuses et ignorées

Nous qui sommes réuni·es sur le site de BASF cumulons tout au long de l’année les dossiers de reconnaissance de maladies professionnelles, les recours juridiques, les marches blanches sur nos territoires, les enquêtes de terrain et les soins au chevet de celles et ceux dont le corps a été contaminé. Mais nous ne sommes pas entendu·es ! Paysans et paysannes, nous voulons simplement vivre dignement de notre travail et nourrir la population sans être exposé·es à ces poisons !

Après cet été, malgré une mobilisation massive de plus de deux millions de personnes contre la loi Duplomb, le pouvoir politique continue de nous mépriser et de soutenir coûte que coûte un modèle dépendant des géants de l'agrochimie : BASF, Syngenta, Bayer et consorts. Nos dirigeants soumettent les aides publiques et les législations à leur lobbying. En France comme ailleurs, la pression économique, les politiques libérales imposées par les gouvernements successifs et la concurrence mondiale tirent les prix vers le bas, mettent les agriculteurs et agricultrices du monde entier en compétition et les enferment dans un système où l'usage des pesticides est présenté comme inévitable.

Les agriculteurs et agricultrices en sont pourtant les premières victimes et nous savons toutes et tous que ce modèle fait disparaître depuis des décennies les paysan·es et leurs fermes. Nous ne les laisserons plus faire !

Nous l’affirmons en acte, les entreprises productrices de cancer, comme BASF, Syngenta, Corteva, Bayer doivent changer fondamentalement leurs productions ou doivent être mises à l’arrêt ! 


BASF, un acteur majeur de l’empoisonnement et de la pollution

Sur le site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, BASF produit plus de 1 500 tonnes de pesticides par an et rejette régulièrement dans la Seine des substances classées parmi les « polluants éternels » (263 kilos en 3 jours en mai 2024 !). Aujourd’hui, BASF doit faire face à 4500 plaintes dans le monde, contre des contaminations liées aux PFAS qu’il produit massivement. Sept associations proches du site accusent le groupe de rejets massifs et répétés de PFAS depuis 25 ans. Ces polluants s'accumulent dans les eaux et sont quasiment impossibles à éliminer.

Les PFAS et les pesticides posent un problème majeur de santé publique : explosion du nombre de cancers pédiatriques, maladies neurodégénératives et troubles hormonaux chez les travailleurs et travailleuses agricoles et les populations riveraines. Comble du cynisme, BASF produit des agrotoxiques ET des traitements contre le cancer qui lui offrent plus de 65 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an. L’intensification de l’utilisation des pesticides constitue également la première cause du déclin massif des oiseaux et des pollinisateurs, compromettant la fertilité des sols et la régulation naturelle des écosystèmes. L’effondrement terrifiant de la biodiversité menace nos possibilités de survie dans un futur proche (voir encadré 1).


L'exportation de pesticides interdits : un scandale planétaire

Depuis le territoire français, BASF continue impunément de produire des substances interdites en Europe et de les exporter, notamment vers le Brésil où elles provoquent des dégâts humains et écologiques massifs. Cette situation contraste avec les discours tenus lors de la COP 30, où les États prétendent lutter contre le changement climatique tout en favorisant les accords commerciaux comme le Mercosur, qui aggraverait encore la diffusion mondiale des pesticides et dont les agriculteurs et agricultrices sont la variable jetable. Les effets de ce « colonialisme chimique » s'observent également dans les territoires ultramarins. Des années après les combats pour leur interdiction, le chlordécone dans les Antilles, le paraquat en Guyane, ou le malathion en Te Ao Maohi - Polynésie française continuent à empoisonner les corps et les sols, sans réparation des torts. (voir encadré 2) 

Nous pouvons cultiver et nourrir autrement ! L’agriculture industrielle ne nourrit pas la population mondiale, mais elle accapare 3/4 des terres agricoles, elle épuise les sols et compromet leur fertilité à long terme. Selon le dernier bilan de l’ONU, une personne sur dix souffre de la faim, alors qu’un tiers de la production alimentaire industrielle est gaspillée le long de ses chaînes logistiques. Chaque année, les ventes de pesticides augmentent et les grandes firmes comme BASF, Bayer-Monsanto, Syngenta et Corteva contrôlent aujourd'hui plus de 70% du marché mondial. Pendant que leurs profits explosent, les paysannes et paysans disparaissent à un rythme alarmant faute de pouvoir se défaire de la dépendance à ces industries et aux banques. Si l’on estime l’ensemble des coûts cachés des pesticides en France (soutien financier public, coûts environnementaux, coûts sanitaires), ce sont 18 milliards d’euros par an qui pourraient être utilisés pour financer la transformation du modèle agricole - et des alternatives existent ! L'agriculture biologique et les pratiques agroécologiques ont démontré leur viabilité. Ce ne sont pas les solutions techniques et les savoir faire qui manquent, mais des choix économiques et politiques favorables.


Nos exigences pour sortir de cet engrenage suicidaire

Nous demandons :

• une réorientation immédiate des politiques publiques agricoles et un accompagnement conséquent pour aller vers un changement durable des pratiques ;

• un revenu digne et des prix minimums garantis pour les productions respectueuses de la santé et des sols ;

• l'application de la décision rendue le 3 septembre 2025 par la cour administrative d'appel de Paris imposant la réévaluation des procédures d'homologation des pesticides ;

• l'interdiction effective des substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et des perturbateurs endocriniens ;

• la reconnaissance élargie des maladies professionnelles et des réparations pour les victimes.

Un appel à la mobilisation collective

Notre colère ne s'éteindra pas sans changement profond. Nous invitons paysan·nes et habitant·es à poursuivre cette mobilisation, à converger sur les autres sites de production de pesticides et à interpeller les institutions complices de ce modèle destructeur et meurtrier. C'est ensemble que nous pourrons construire une agriculture vivante et débarrassée des poisons chimiques. 


1) Données sanitaires et environnementales

Impact des rejets de polluants

• En mai 2024, selon les données transmises aux autorités, le site BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeufs a rejeté jusqu'à 87 kg d'acide trifluoroacétique (TFA) dans la Seine en une seule journée, soit un record de pollution sur le territoire français, confirmé par des analyses sur 2 500 sites industriels testés.

• La concentration en TFA relevée à l'entrée de la station d'épuration était de 420 000 µg/l (microgrammes par litre), et après traitement la station rejetait encore 28 000 µg/l dans la Seine, signalant l'extrême difficulté à éliminer ce composé par les procédés classiques.

• Le TFA est un produit de dégradation des PFAS (« polluants éternels »), substances chimiques ultrapersistantes qui se retrouvent jusque dans les captages d'eau potable voisins qui ont dû être fermés ou interconnectés du fait de la contamination relevée à plusieurs reprises dans la région de Rouen en 2024.

• Malgré l'ampleur des rejets, il n'existe aujourd'hui en France aucune norme spécifique pour le TFA, alors que d'autres PFAS sont limités à 0,1 microgramme par litre dans l'eau potable.

Conséquences sanitaires avérées

• Les PFAS sont associés à une augmentation du risque de plusieurs pathologies : cancers (y compris du rein, des testicules et de la prostate), maladies thyroïdiennes, troubles hormonaux, dysfonctionnements immunitaires, augmentation du cholestérol, baisse de la fertilité, et troubles du développement chez l'enfant.

• Les populations exposées, notamment les riverain·es et salarié·es d'industrie manipulant ces substances, présentent des taux sanguins élevés de PFAS, corrélés à une augmentation des maladies chroniques.

• Nombre de captages d'eau potable en France sont régulièrement mis hors service en raison de la présence de PFAS ou de résidus de pesticides ; les mesures récentes à Saint-Aubin-lès-Elbeuf ont ainsi conduit à des projets de substitution des ressources en eau potable.

• Selon les études françaises et internationales, les maladies associées aux pesticides (maladies neurodégénératives, lymphomes, myélomes, leucémies, cancer de la prostate, cancers pédiatriques, malformations congénitales…) s'accentuent, en particulier autour de zones agricoles à forte exposition ; plusieurs clusters de cancers chez l'enfant ont été identifiés dans ces territoires.

• L'exposition prénatale aux PFAS a été associée à une augmentation des complications pendant la grossesse et des troubles du système immunitaire chez les enfants, notamment une susceptibilité accrue aux infections.

Effondrement de la biodiversité

• L'intensification de l'utilisation des pesticides constitue la première cause du déclin massif des oiseaux en Europe (+ 40 % d'espèces d'invertébrés aquatiques disparues dans les cours d'eau européens depuis 30 ans).

• En France, près de la moitié (44 %) des oiseaux des milieux agricoles ont disparu depuis 1989, tout comme 66 % des espèces de papillons de jour dans certains départements.

• Les pesticides provoquant l'effondrement des populations de pollinisateurs ; vers de terre, bourdons, collemboles, micro-organismes du sol… sont affectés dans 70 % des cas, compromettant la fertilité des sols et la régulation naturelle des écosystèmes.

• L'appauvrissement global de la biodiversité fragilise le système agricole, menace durablement la sécurité et la qualité alimentaire et accentue la dépendance des agriculteurs aux intrants chimiques. 


2) Historique du colonialisme chimique français

Les pesticides interdits et leur exportation

• Bien que plusieurs substances actives telles que le Fipronil soient interdites en France et dans l'Union européenne en raison de leur toxicité avérée, leur production continue à des fins d'exportation vers des pays tiers, principalement en Amérique latine, comme le Brésil, où elles génèrent de graves impacts sociaux et environnementaux.

• La France est le septième exportateur mondial de pesticides interdits, exportant des milliers de tonnes chaque année sous forme de substances pures ou de formulations, bénéficiant de failles réglementaires, notamment dans la loi Egalim qui interdit l'exportation mais dont le décret d'application ne couvre pas toutes les substances actives. • Ce modèle d'exportation s'inscrit dans un système qualifié de « colonialisme chimique » ou de « racisme environnemental » par des représentants et représentantes internationales des droits humains, où les pesticides interdits en Europe continuent d'être principalement exportés vers les pays du Sud, exacerbant les inégalités sanitaires majeures. • Avec les accords de libre-échange, comme celui en cours avec le Mercosur, le commerce toxique est même renforcé, facilitant l'importation de produits agricoles contenant des résidus de ces substances dans l'UE, créant un cercle vicieux de contamination globale.

Les cas ultra-marins : chlordécone, paraquat, malathion

• Le chlordécone, un insecticide organochloré utilisé massivement dans les bananeraies antillaises de 1972 à 1993, a laissé une pollution persistante des sols, des cours d'eau et des aliments locaux, avec des effets sanitaires graves dont la forte augmentation des cancers de la prostate, des troubles neurologiques et des pathologies diverses liées à l'exposition chronique à long terme.

• Malgré son interdiction il y a plusieurs décennies, le chlordécone est encore détecté dans les denrées alimentaires et les milieux naturels, exposant les populations antillaises à un risque sanitaire élevé via la chaîne alimentaire.

• Le paraquat, interdit en métropole depuis 2007, a continué d'être utilisé en Guyane jusqu'à son interdiction plus tardive en outre-mer. Ce puissant herbicide a contribué à la contamination des sols et des eaux, ainsi qu'à l'apparition de maladies chroniques chez les populations locales, avec des risques encourus de décès et de troubles neurologiques.

En Te Ao Maohi - Polynésie française, le malathion, insecticide neurotoxique organophosphoré interdit en métropole, reste autorisé, étant utilisé contre les vecteurs des maladies tropicales telles que la dengue et le chikungunya. Son utilisation prolongée a entraîné des contaminations environnementales importantes et des effets sanitaires connus, notamment par des perturbations neurologiques et hormonales.

  

Source : https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/mise-a-larret-basf-par-plus-de-500-paysannes-malades-et-soutiens

dimanche 23 novembre 2025

Prades ❄ les 28 & 29, ça fourmille à l'Alchimie ! / nos ateliers / Cigales / mais encore... Au plaisir de vous croiser par ici ou par là !

 


Pour nous suivre sur
Facebook et Instagram, c'est juste ici  :
😀


FacebookInstagram


Expo de Novembre
Ajouter_un_t...
Les événements
fabrique_tes...
Khatey___Sun...
TABACARIA
la danse en 3 RDV... (ou +)
stages_danse...
soir_e_danse...
Pour info
 Le collectif la Frakture a laissé une boîte dans la salle du bar pour le dépôt de graines alors n'hésitez pas à venir partager pour densifier la grainothèque "graines de pirates" ! + la collecte solidaire de Noël commence...
ezZ4mCvw
Design_sans_...
Lundi
cours_de_pil...
atelier_Tai_...
MARDI_RESTAU
alchimiewarga25
Design_sans_...
percu_19h(1)
Mercredi
samedi_RESTAU
stages_danse...
jeux_3
invitationcl...
Jeudi
AfficheYogaA...
A.M.A.P_Le_R...
Vendredi
m_nage_soin_...
Design_sans_...
TABACARIA_0
samedi_RESTAU_0
stages_danse...
LE_L_CHER-PR...
atelier_m_di...
soir_e_danse...


nos_partenaires

L'équipe de l'Alchimie // 07 83 36 77 31