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vendredi 27 mai 2022

Double-victoire juridique contre les méga-bassines : cinq d’entre elles jugées illégales

 

Double-victoire juridique 

contre les méga-bassines : 

cinq d’entre elles jugées illégales

 
« Bien que jugées illégales une première fois en 2018, ces 5 bassines continuent à être remplies et utilisées. Elles servent aujourd'hui un modèle agricole qui accroît les risques pour l'environnement et la ressource en eau : rotations courtes, sur-utilisation d'intrants chimiques et sur-utilisation de l'eau. Il est urgent de repenser le modèle agricole que l'irrigation doit soutenir. »

 


19 mai 2022 - Laurie Debove 


Les opposants aux méga-bassines ont remporté deux avancées majeures devant les tribunaux. Après 14 années de combat judiciaire, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé ce mardi l’illégalité de cinq méga-bassines à Cram-Chaban, La Laigne et La Grève-sur-Mignon (Charente-Maritime). Sur un autre volet, le démontage de la pompe effectué par la Confédération Paysanne a bien été considéré comme une action métaphorique par la cour qui a condamné le syndicat paysan à seulement un euro symbolique, suite à la plainte du propriétaire de la méga-bassine.

A Cram-Chaban, la bataille contre les méga-bassines montait en puissance sur le terrain ces derniers temps. Qu’elles soient officielles ou clandestines, les actions se sont multipliées, fédérant de plus en plus de monde, pour « protester contre l’accaparement de l’eau » alors que le pays est de plus en plus malmené par la sécheresse.

Mais la lutte se déroulait aussi dans les tribunaux. A Cram-Chaban (Charente-Maritime), la cour administrative de Bordeaux a définitivement clos 14 ans de polémique judiciaire en confirmant l’annulation de l’autorisation d’exploiter cinq bassines, qui avait été accordée par la préfecture. Pour l’instance judiciaire, l’étude d’impact sur les milieux est toujours jugée défaillante et les méga-bassines risquent de mettre en péril les nappes phréatiques et les rivières.

« Bien que jugées illégales une première fois en 2018, ces 5 bassines continuent à être remplies et utilisées. Elles servent aujourd’hui un modèle agricole qui accroît les risques pour l’environnement et la ressource en eau : rotations courtes, sur-utilisation d’intrants chimiques et sur-utilisation de l’eau. Il est urgent de repenser le modèle agricole que l’irrigation doit soutenir. C’est un sujet de société majeur, dont l’urgence est exacerbée par ce nouvel épisode de sécheresse. Non, les mégabassines ne sont pas la solution pour répondre aux défis climatiques et de transition agricole. Elles sont un outil de concentration des moyens de productions, prédateur et néfaste pour l’emploi paysan et pour l’environnement. » a réagi la Confédération Paysanne dans un communiqué

L’année passée, deux de ces cinq méga-bassines avaient ainsi été la cible de sabotage dans le cadre de la mobilisation citoyenne contre d’autres projets de bassines dans le Marais poitevin. Pour autant, les opposants aux méga-bassines ne sont pas contre l’irrigation. Ils souhaitent seulement gérer au mieux l’eau dans un contexte de sécheresse de plus en plus marquée d’année en année, à cause d’un déficit de pluviométrie extrêmement important en hiver qui empêche la recharge saisonnière des nappes souterraines.

 

Lire aussi : Guerre de l’eau : des citoyens ont vidé une méga-bassine pour rendre l’eau à la nappe phréatique

 

C’était la raison pour laquelle la Confédération paysanne avait participé au démontage de la pompe de la bassine de Cram-Chaban, l’une des cinq considérées comme illégales par la justice : préserver l’eau comme bien commun dans un contexte de crise climatique.

« On préconise de se donner les moyens d’un modèle agricole qui adapte ces pratiques à l’évolution de la ressource en respect des principes de l’agroécologie qui permettent une meilleure vie du sol, d’absorption de l’eau, une meilleure capacité des plantes à résister à des stress hydriques fréquents. Il faut aussi réduire certaines cultures gourmandes en eau notamment le maïs destiné aux animaux, donc mettre en place des élevages plus autonomes et économes, respectueux des capacités du territoire. Il faut produire pour nourrir et réserver l’irrigation à des productions à forte valeur ajoutée et alimentaire (protéines végétales, fruits et légumes). » expliquait ainsi Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération Paysanne, pour La Relève et La Peste suite à une grande action en mars 2022

Et ce combat dépasse les frontières du pays. Fin mars, la Commission européenne a validé l’ensemble des requêtes déposées par le collectif « Bassines non merci » et doit statuer sur le sujet. Alors que le pays est frappé de plein fouet par la crise climatique, la gestion de l’eau devient un sujet politique et sociétal incontournable.

 

jeudi 26 mai 2022

Les décrocheurs de portraits de Macron bel et bien condamnés

Les décrocheurs de portraits 

de Macron 

bel et bien condamnés

 

19 mai 2022

 

Le 13 mars 2020, deux jours avant le premier tour des élections municipales, les activistes d’ANV-COP2 donnaient rendez-vous à Emmanuel Macron devant l’Élysée, avec les portraits présidentiels réquisitionnés dans les mairies.

 

Douze militants climat contestaient leur condamnation pour décrochage de portrait présidentiel. Mais la Cour de cassation a estimé le 18 mai qu’elle n’était pas « disproportionnée ».

Paris, reportage

Coup dur pour les décrocheurs de portraits de Macron de Paris, Valence et Strasbourg. La Cour de cassation a rejeté mercredi 18 mai les pourvois de douze activistes climat condamnés pour une action de 2019. Certes, la plus haute instance juridique admet le caractère militant de l’action menée, à savoir ôter des portraits accrochés dans les mairies pour dénoncer l’inaction climatique du Président. Elle estime toutefois que la condamnation des prévenus n’était pas « disproportionnée », en raison de la « valeur symbolique » de l’objet, « du refus de le restituer », ainsi que du caractère du vol qui s’est réalisé « en réunion ». Et assure que les condamnations ne portent pas atteinte de façon disproportionnée à la liberté d’expression. Les activistes contestent cette décision et vont saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

L’un des avocats des décrocheurs Me Paul Mathonnet est « déçu »par la décision de la Cour mais reste optimiste : 

« Comme nous le lui demandions, la Cour de cassation confirme avec cette décision que la liberté d’expression peut justifier des actions militantes non violentes quand elles relèvent de sujets d’intérêt général comme le dérèglement climatique. »

Quant aux motifs évoqués par la Cour, tels que le refus de restitution ou le vol en réunion, « ils sont intrinsèques à la nature de l’action, commente-t-il.  

Il s’agissait d’une mise en scène du vol d’un bien symbolique dans le cadre d’une action non violente organisée en groupe, comme toute action militante. Conserver ces portraits faisait partie de la performance ».

 

Le 16 février 2022, les militants et leurs avocats devant la Cour de cassation. © Basile Mesré-Barjon 

 

Le feuilleton judiciaire des actions « Décrochons Macron » est loin de se terminer. « Nous demanderons à la CEDH de remettre en cause ces critères et de juger qu’aucune condamnation n’aurait dû être prononcée », assure le second avocat Me Ronald Maman.

Face à l’inaction climatique du gouvernement, les citoyens se mobilisent

Voilà trois ans que des membres des ONG écolos Alternatiba ou ANV-COP21 décrochent des portraits présidentiels. Leur souhait : symboliser, en laissant un mur nu, le vide de l’action de l’État en matière de lutte contre les changements climatiques et environnementaux. Les militants étaient excédés par la réponse d’Emmanuel Macron à la saga judiciaire lancée, fin 2018, par l’Affaire du siècle — un recours inédit porté par des associations écologistes [1] contre l’État pour inaction climatique. Pourtant mis sous pression par cette procédure, soutenue par une pétition signée par 2 millions de personnes, le gouvernement s’était contenté de défendre son bilan.

Depuis le début de cette action, ces militants climat ont ainsi décroché 151 portraits de Macron. Le tout premier procès à l’encontre de militants d’ANV-COP21 et d’Alternatiba s’est tenu au tribunal de Grande instance de Bourg-en-Bresse en mai 2019. En juin 2021, cinq d’entre eux ont ainsi été condamnés à des amendes de 500 euros avec sursis, le sixième écopant de 250 euros ferme. Cette première condamnation a signé la suite d’une cinquantaine de procès à l’encontre de quatre-vingt-sept militants et certaines procédures juridiques sont toujours en cours. Au total, seules huit personnes ont été relaxées au nom de « l’état de nécessité » ou de la « liberté d’expression ». « Certains tribunaux relaxent, d’autres condamnent, alors que les faits sont quasi identiques », disait Me Ronald Maman, en février dernier, devant la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français. Les avocats avaient alors demandé à la Cour de « fixer » des « critères » précis afin de permettre aux juges des tribunaux de décider si une action relevait ou non de la « liberté d’expression ».

 

Lire aussi : Doit-on punir les décrocheurs de portraits de Macron ? La justice va trancher

 

Une « criminalisation » des militants écologistes en France

« Nous sommes contents d’avoir été entendus par la Cour de cassation », dit à Reporterre Me Maman, mi-figue, mi-raisin. Car si elle a admis que le décrochage relevait de la liberté d’expression, les militants n’ont pas été relaxés pour autant. Pauline Boyer, porte-parole ANV-COP21 et militante Alternatiba, est l’une des décrocheuses parisiennes concernée par la décision de la Cour. Elle dénonce une « criminalisation » des militants écologistes en France : « La désobéissance civile est nécessaire pour une véritable action climatique. Mais le gouvernement tente de réduire au silence les militants, par la formation d’une cellule de gendarmerie Demeter, des amendes conséquentes, des intimidations ou encore des condamnations dissuasives comme ici puisqu’on a eu du sursis. » Et cela a des conséquences bien concrètes : Léa Chancelier, décrocheuse et porte-parole d’ANV-COP21 Valence, souhaite « faire une pause avec la désobéissance civile » : « J’ai eu de la chance car je n’ai pas été perquisitionnée, je n’ai pas eu non plus de réquisitions de matériel. Mais la procédure judiciaire a été tellement lourde. »

Me Maman et Me Mathonnet ont quatre mois pour saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.

 

Source : https://reporterre.net/Les-decrocheurs-de-portraits-de-Macron-bel-et-bien-condamnes?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne


mercredi 25 mai 2022

OGM - Oligonucléotide : modifier génétiquement ou tracer les aliments ?

Oligonucléotide : 

modifier génétiquement 

ou tracer les aliments ?


Date de rédaction / mise à jour : 18 mai 2022

 

Aspergées sur des aliments, des molécules appelées oligonucléotides pourraient servir de code-barres dans une chaîne de transformation pour en assurer la traçabilité. Paradoxalement, ces petites séquences génétiques que sont les oligonucléotides sont également utilisées pour provoquer des mutations dans des génomes d’organismes vivants.

 

                                                                JR_Paris
 

Depuis une dizaine d’années, les oligonucléotides synthétisés artificiellement ont fait leur apparition dans le débat sur les OGM. Ils peuvent être utilisés pour modifier génétiquement des végétaux. On parle alors de « mutagénèse dirigée par oligonucléotides ». Cette technique, comme l’a rappelé la Cour de justice de l’Union européenne en 2018, donne des produits soumis aux requis de la législation OGM. La Commission européenne a proposé aux États membres de modifier la directive 2001/18 pour exempter les produits issus des nouvelles techniques de mutagénèse. Parmi les arguments avancés, la Commission européenne fait valoir que la traçabilité de ces OGM serait trop compliquée : les mutations obtenues seraient non différenciables de ce que la nature ou les techniques de sélection traditionnelle peuvent produire. Paradoxalement, l’entreprise SafeTraces – précédemment appelée DNATrek – propose des oligonucléotides pour assurer la traçabilité de produits dans la chaîne alimentaire. En 2020, elle a déposé une demande d’autorisation dans l’Union européenne pour pouvoir commercialiser de tels oligonucléotides en tant qu’additifs alimentaires [1].

Les oligonucléotides, codes-barres biologiques d’aliments

Dans le dossier déposé en Europe, l’entreprise SafeTraces propose « une nouvelle classe de fonction liée à l’utilisation volontaire d’oligonucléotides à des fins de traçabilité » [2]. Selon la Commission européenne qui relaye les dires de SafeTraces, ces oligonucléotides aspergés sur des aliments, peuvent « permettre la traçabilité en fournissant un code unique qui peut être relié à une base de données contenant un ensemble d’informations comme la date de récolte, le numéro de lot ou le lieu d’empaquetage ».

Traitée selon une procédure établie par un règlement spécifique européen [3], la demande d’autorisation est en attente de l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) qui doit se prononcer au plus tard le 23 février 2023. Interrogée mi-avril par Inf’OGM, l’AESA nous a répondu que, pour l’instant, toutes les données publiques sont disponibles sur son site. Elle s’est donné jusqu’au 3 juin pour répondre à notre demande d’accès au document [4]. Pour l’instant, on ne trouve donc que le mandat donné par la Commission européenne ainsi qu’une correspondance de bonne réception et validation du dossier. Mais la demande déposée n’est pas librement consultable.

Un dossier déposé en 2016 aux États-Unis permet d’en savoir plus [5]. Dans celui-ci, l’entreprise explique que ces oligonucléotides sont produits en copiant des séquences génétiques de champignons ou de plantes. Elle fait valoir que ce type de traceur « parce qu’il est ajouté à l’aliment, et non à son emballage, ne peut être séparé de l’aliment, accidentellement ou intentionnellement ». Pour elle, cette technique, « offre des avantages dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement [...] simplifie et accélère les enquêtes de traçabilité et les actions de rappel, ce qui permet de traiter les problèmes de sécurité alimentaire à la source et de limiter l’exposition à la responsabilité ». Surtout, SafeTraces promeut son produit en arguant que « la traçabilité est importante pour la "transparence", en rendant les informations sur la chaîne d’approvisionnement plus facilement accessibles. Cette transparence est de plus en plus exigée par les clients, les consommateurs et les organismes de réglementation gouvernementaux ». L’entreprise explique que ces oligonucléotides traceurs pourraient « identifier l’origine d’un produit (lieu, variété, date, producteur, certification, etc.), les manipulateurs intermédiaires (identité, emplacement, heure/date, opération, etc.), les transformateurs (identité, opération, méthodes et matériaux, heure/date, etc.) et la disposition finale pour la vente au détail (par exemple, autorisation du vendeur) ». Il s’agirait finalement pour ces oligonucléotides d’agir comme un code-barres renvoyant à une base de données contenant toutes ces informations.

Quels risques associés ?

L’entreprise s’est prévalue aux États-Unis d’une absence totale de risque de sa technologie. À l’appui, pas d’études ou d’analyses mais un rappel à une législation qui établit que les oligonucléotides, peu importe lesquels, sont d’emblée « présumés sans risque ».

En Europe, l’AESA tentera probablement de répondre à la question des risques sanitaires et environnementaux. Par exemple, de tels oligonucléotides peuvent-ils induire des effets aux animaux les consommant ? Qu’en est-il de leur dispersion dans l’environnement en cas de rejets dans la nature d’une pomme, poire ou tout aliment non consommé ? Aspergés sur un produit, auront-ils la capacité de pénétrer dans les cellules, voire d’induire une modification génétique de l’aliment si les cellules de ce dernier se multiplient encore ? Des questions qui se posent d’autant plus que des oligonucléotides sont aujourd’hui utilisés pour induire des mutations dans des cellules isolées et cultivées in vitro (la technique de mutagénèse dirigée par oligonucléotides).

Alors que la Commission européenne défend qu’une mutagénèse utilisant des oligonucléotides donnerait des OGM non traçables [6], d’autres oligonucléotides pourraient être autorisés commercialement pour assurer la traçabilité d’aliments dans une chaîne de transformation.

 

Notes 

[1] Demande référencée sous le numéro de dossier EFSA-Q-2020-00518.

[2] Mandat de la Commission européenne à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), juillet 2020.

[3] Règlement (CE) n°1331/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 établissant une procédure d’autorisation uniforme pour les additifs, enzymes et arômes alimentaires (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE), .

[4] Le cas échéant, Inf’OGM renseignera alors ses lecteurs sur le contenu à réception du dossier.

[5] SafeTraces, NOSB petition 2016.

 

Source : https://www.infogm.org/7418-oligonucleotide-modifier-genetiquement-ou-tracer-les-aliments

mardi 24 mai 2022

Oui, l'euthanasie et le suicide assisté sont bien compatibles avec les soins palliatifs...

 

Oui, l'euthanasie 

et le suicide assisté 

sont bien compatibles 

avec les soins palliatifs...

 

Rappelons quelques faits...

Jeudi 21 avril 2022

 


Comme une petite musique de fond permanente, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), à laquelle adhérent seulement 1 500 des 10 000 soignants qui interviennent dans ce domaine, affirme avec une autorité péremptoire que les soins palliatifs sont incompatibles avec la pratique de l’aide active à mourir et, plus encore, que lorsque les soins palliatifs sont bien menés aucun patient arrivé en fin de vie ne demande une aide active à mourir.

Pourtant, dans les pays qui ont légalisé l’aide active à mourir, qu’il s’agisse de l’euthanasie ou du suicide assisté, et qui ont tous accordé à leur système de santé les moyens nécessaires pour permettre un accès universel aux soins palliatifs (en France, seuls 20% des patients qui pourraient y prétendre y ont accès réellement), il ne semble y avoir aucune incompatibilité. Le docteur Andréas Weber, médecin (suisse) en soins palliatifs, indique « Si nous voulons aider les personnes gravement malades à vivre leurs derniers instants de la meilleure manière possible, nous devrions leur montrer quelles sont les possibilités de soutien dont nous disposons, avec leurs avantages et leurs inconvénients, et finalement nous adapter à leurs besoins et à leurs souhaits. »

Alors... La France est-elle une exception et la médecine palliative française serait-elle la seule à être incompatible avec l’aide active à mourir ? Les médecins palliativistes néerlandais, belges, luxembourgeois, suisses…, qui intègrent l’aide active à mourir dans le protocole de fin de vie, seraient-ils des hérétiques ?

Selon le ministère de la santé, les soins palliatifs « sont des soins actifs et continus délivrés par une équipe interdisciplinaire dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale. Ils sont proposés à la personne malade lorsqu’elle traverse une période critique pour compléter les soins curatifs, ou lorsque les soins curatifs n’améliorent pas son état. Leur objectif n’est pas de guérir, mais de prévenir et soulager toute souffrance, qu’elle soit physique, psychologique, sociale ou spirituelle, et de sauvegarder la dignité de la personne malade en préservant la meilleure qualité de vie possible. » Ces soins ne guérissent pas et peuvent – éventuellement – prévenir et soulager les douleurs, certaines demeurant réfractaires à tous traitements et notamment les douleurs « psychologiques » et « spirituelles ». Ils sont un accompagnement. Ne guérissant pas et n’aidant pas à mourir, ils laissent le patient aux portes de la mort sans l’aider à la franchir.

Il semble donc tout à fait concevable qu’une autre pratique médicale prenne en charge le patient et le conduise de cet entre-deux jusque dans la mort. Ce peut être grâce à la sédation profonde et continue provoquant l’altération de la conscience maintenue jusqu’au décès (rendue possible par la loi du 2 février 2016) mais ce pourrait être aussi grâce à une aide active à mourir. Pourquoi y aurait-t-il compatibilité avec une pratique conduisant à la mort après injection d’un puissant sédatif et qui, par l’arrêt de tout traitement, de l’hydratation et de la dénutrition, provoque une insuffisance rénale sévère et incompatibilité avec une autre pratique conduisant également à la mort, mais après injection d’un médicament létal ? Cela est incohérent et n’a aucun sens.

Mais voilà. La Sfap, qui a l’oreille des ministres et de l’Académie de Médecine, a une conception un peu différente des soins palliatifs et considère la mort comme un processus uniquement naturel, un peu comme l’accouchement qui devrait intervenir dans la douleur. Les soins palliatifs doivent protéger la vie jusqu’au bout, quelles que soient les souffrances. Une conception très proche de celle des milieux catholiques traditionnalistes. Notons au passage que la présidente de la Sfap, qui a reçu le prix de l’Académie catholique de France, dit clairement : « Soins palliatifs et euthanasie ça ne va pas ensemble, on ne peut pas à la fois accompagner et faire un geste qui tue. C’est un geste impossible pour la plupart des soignants. »

Il semble bien alors que le principal argument de l’opposition des soins palliatifs (en fait, d’une organisation minoritaire) à l’aide active à mourir soit essentiellement d’ordre idéologique. C’est la même idéologie qui lutte contre les droits individuels, dont le droit pour une femme de recourir à l’interruption volontaire de grossesse, dont le droit pour des personnes du même sexe de se marier. Tout cela, au nom d’un principe qui voudrait que l’individu ne soit pas libre de disposer de son propre corps et de sa propre destinée.

Défendant cette position liberticide, la Sfap s’oppose à la démocratie sanitaire, au respect des directives anticipées, au droit de chacun à choisir son parcours de fin de vie et même au principe de la citoyenneté. Car la Sfap considère, ce faisant, qu’une personne âgée ou malade n’est plus en capacité de savoir ce qui est bon pour elle-même. Pourtant, sauf à ce qu’il soit placé sous un régime de protection juridique, le patient demeure un citoyen à part entière, et ce jusqu’à son dernier souffle.

De plus, la Sfap affirme que lorsque les soins palliatifs sont mis en place, aucun patient ne demande plus à bénéficier d’une aide active à mourir. Une affirmation qui, malheureusement pour la Sfap, se heurte à une étude réalisée par le Dr Edouard Ferrand qui conclut que 61% des patients en soins palliatifs qui demandent l’euthanasie persistent dans leur désir.

Et c’est ainsi que 1 500 personnes, bien organisées, auréolées de leur titre de sachant (versus les pauvres ignorants que sont les patients), imposent leur vision à ce qui est le moment le plus essentiel de notre propre vie, c’est-à-dire notre propre mort.

Il serait pourtant si simple d’être bienveillant et d’écouter ce que dit la personne qui arrive au bout de sa vie, de s’assurer qu’elle dispose de toutes ses facultés, qu’elle ne subit aucune contrainte, et de l’aider à franchir à son rythme – lent ou accéléré – les portes de la mort.

L’ADMD milite pour la légalisation de l’aide active à mourir et pour un accès universel à des soins palliatifs de qualité. Car l’un ne va évidemment pas sans l’autre.

PhL

 

Source : https://www.admd.net/articles/decryptages/oui-leuthanasie-et-le-suicide-assiste-sont-bien-compatibles-avec-les-soins?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=AVRIL%20FIN

lundi 23 mai 2022

A69 de Castres-Toulouse : 500 ha de terres agricoles détruites pour un aller-retour à 20 euros


A69 de Castres-Toulouse : 

500 ha de terres agricoles détruites 

pour un aller-retour à 20 euros



D’après les associations locales – étude indépendante à l’appui –, il faudrait simplement « réaménager la route existante », la RN126, pour la rendre « plus sûre, plus fluide et plus rapide ».

 


 

6 mai 2022 - Augustin Langlade 

« Des moissons, pas du goudron ! » Par ce mot d’ordre, le collectif La Voie Est Libre cherche à rassembler les habitants du Tarn contre le projet d’autoroute Castres – Toulouse, de plus en plus contesté.

Imaginée en 2006, la future A69 est censée relier la « Petite Venise du Sud » (Castres, sous-préfecture du département) à la bretelle autoroutière de Verfeil (Haute-Garonne), celle qui conduit ensuite à Toulouse.

Long de 54 kilomètres, ce nouveau tracé répondrait, selon les services de la préfecture de région, à trois objectifs : désenclaver le sud du Tarn (économie) ; offrir un gain de temps aux usagers (entre 15 et 30 minutes, suivant les estimations) ; améliorer la sécurité routière en éloignant la route des zones urbanisées. 

Depuis que le nouveau tronçon a été déclaré d’utilité publique, en 2018, un contrat de concession a été signé avec l’opérateur privé NGE pour construire et gérer la future autoroute.

En visite dans le Tarn, fin septembre 2021, le Premier ministre, Jean Castex a annoncé que le chantier démarrerait à la mi-2023, pour un coût d’un demi-milliard d’euros.

Date « ambitieuse » de mise en service : 2025. Tarifs de l’A69 : 15 à 20 euros l’aller-retour.

L’autoroute des aberrations

Conçue à ce qui semble aujourd’hui une autre époque, l’autoroute Castres – Toulouse nourrit une opposition croissante, plébiscitée, et de mieux en mieux organisée.

Dans le Tarn, plusieurs collectifs tels que La Voie Est Libre, Pas d’Autoroute Castres-Toulouse ou RN126, qui rassemblent des centaines de citoyens, dénoncent les aberrations environnementales et économiques de la future infrastructure, et tentent de proposer un « projet alternatif » qui serait davantage en accord avec la réalité et les enjeux locaux.

Il y a d’abord l’aspect foncier : l’A69 nécessitera d’artificialiser des centaines d’hectares de terres naturelles ou agricoles (entre 350 et 500, parmi les meilleures du département), tout en en rendant des centaines d’autres inexploitables, du fait de leur proximité avec une source de pollution.

Le tracé fragmentera en outre les habitats des espèces sauvages, certaines protégées, et balafrera le paysage.

Il y a ensuite les « externalités négatives ». La nouvelle autoroute exigera des millions de mètres cubes de remblais, et donc l’ouverture de carrières. Par sa seule existence, elle augmentera le recours à la voiture et incitera les Tarnais à éloigner un peu plus leur lieu de travail de leur domicile, là où la tendance devrait être à la relocalisation.

À ce « trafic induit » s’ajoutera ce qu’on pourrait qualifier un « bâti induit » : certaines zones commerciales seront étendues, des quartiers résidentiels créés, ce qui poussera les élus à concevoir des routes et des infrastructures supplémentaires… à l’infini.

Enfin, les opposants à l’A69 alertent sur les désagréments pratiques qu’engendrera le nouveau tronçon : dès l’inauguration de celui-ci, la route actuelle, nationale, sera « déclassée » en départementale, ce qui aura pour effet de ralentir la circulation et de forcer les usagers à se reporter vers l’autoroute, dont le montant est « profondément antisocial et discriminatoire », note La Voie Est Libre.

Pour regarder cette vidéo cliquez sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=L6x5EGLji8o

 

Un aménagement plus vertueux

Vidéo parodiant le film Don’t Look Up (« A69 : déni tarnais »), pétitions, contre-expertises, manifestations, brochures : les collectifs de citoyens du Tarn ont récemment multiplié les actions contre ce grand projet inutile et imposé, dont la course paraît inéluctable.

Fin avril, La Voie Est Libre a distribué aux habitants des communes situées le long du tracé plus de 5 000 exemplaires d’un « livret d’information » assez remarquable, en ce qu’il ne se contente pas de contester l’autoroute, mais propose un projet alternatif qui aurait les mêmes avantages que l’A69 sans en avoir les inconvénients.

D’après les associations locales – étude indépendante à l’appui –, il faudrait simplement « réaménager la route existante », la RN126, pour la rendre « plus sûre, plus fluide et plus rapide ».

Avec le contournement des zones denses, la sécurisation des croisements dangereux, la création de voies temporaires de dépassement (etc.), on réduirait l’artificialisation des terres à une centaine d’hectares, tout en fournissant « quinze points d’entrée » aux usagers, contre seulement cinq sur la future A69.

Réaménagée, la route coûterait moins cher au contribuable et resterait gratuite. Qui plus est, au lieu d’être absorbés dans le nouveau tracé, les dix kilomètres de déviation réalisés autour des villages de Soual et Puylaurens, ces dernières années (55 millions d’euros), seraient conservés au profit de la collectivité.

 

Bref, « il ne s’agit pas de refuser systématiquement tout aménagement quel qu’il soit, mais bien de peser dans une balance, la plus objective possible, les coûts (financiers et environnementaux) par rapport aux gains supposés (temps de trajet, développement économique) », résume La Voie Est Libre.

 Un grand rassemblement aura lieu à Teulat ce dimanche 8 mai. Le collectif devrait y rendre publique une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron. Une résistance qui prend une ampleur nationale : face à la multiplication des projets routiers sur le territoire, les différents collectifs impliqués dans des luttes partout en France se retrouveront les 21 et 22 mai, à Montpellier et en Normandie.

 


 6 mai 2022 - Augustin Langlade

 

Source : https://lareleveetlapeste.fr/a69-de-castres-toulouse-500ha-de-terres-agricoles-detruites-pour-un-aller-retour-a-20-euros/

dimanche 22 mai 2022

Ouvrez-moi ! :) Lettre d'infos de l'Alchimie, lieu culturel associatif de Prades 66500

 


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Un grand MERCI Le Point d'Orgues pour ce jeudi printanier réussi ! C'était un régal et un vrai plaisir de vous accueillir :) Et un grand merci aux 2 conteuses !

Merci à Flora, à Fleur et à Adeline pour votre aide au bar, vous avez géré comme des pros !!

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Appel à bénévoles

Vendredi 27 mai

Journée collective d'entretien et d'aménagement de locaux,

de 9h à 12h et de 14h à 16h

P'tit dèj offert aux participant.e.s ;)

 

contact@assoalchimie.org

 

Lundi

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Mardi

Le bar-café :

Des cafés, macchiato, cappuccino, infusions, jus de fruits, bières bio & locales

...

La restauration

Cuisine végétarienne, Bio, locale et artisanale ! Avec pleins d'amour !

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Mercredi

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Mercredi 25 et jeudi 26 :

Atelier de communication consciente et empathique en autogéré !

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Vendredi

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Samedi

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Bar-café ouvert

&

Petite restauration Bio, locale, artisanale et le samedi, c'est GLUTEN FREE !

De 9h à 15h

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à venir

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