Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

BLOG EN COURS D'ACTUALISATION...
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vendredi 19 mai 2017

20 mai - Théâtre à Fillols ce samedi soir : Les Amoureux de Shakespeare



Le Foyer Laïque de Fillols a le plaisir d’inviter la Compagnie

Les Mauvais élèves

LE SAMEDI 20 MAI
 à 20h30


salle des fêtes


pour la représentation du spectacle

LES AMOUREUX DE SHAKESPEARE

une création musicale et burlesque s'inspirant du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare.
De cette comédie sont extraites les scènes amoureuses entre Hermia, Lysandre,
Héléna et Démétrius. Cette adaptation, centrée sur les aventures des quatre adolescents perdus dans les bois, met l’accent sur l’humour, la poésie et la modernité de la pièce de William Shakespeare. Les comédiens chantent les Beatles, les Kinks, les Troggs, le tout dans une atmosphère très « sixties ». Amoureux du théâtre élisabéthain, les Mauvais élèves présentent une œuvre fantaisiste et exigeante pleine de rire, d'émotion et de folie !

Durée du spectacle : 1h20 - Entrée libre et gratuite


La compagnie Les Mauvais Élèves est composée de quatre comédiens : Valérian Béhar-Bonnet, Elisa Benizio, Bérénice Coudy, Antoine Richard. En 2013, sous l'inventive direction de Shirley et Dino, ils créent leur premier spectacle Les Amoureux de Marivaux. Trois ans après, et suite à un véritable succès, Les Mauvais Élèves et Shirley et Dino se retrouvent, en 2016, afin de réitérer l'expérience. C'est la naissance des Amoureux de Shakespeare.

jeudi 18 mai 2017

L’appétissante tarte aux cerises... du supermarché

 

L’appétissante tarte aux cerises...
du supermarché

 

Vous avez certainement déjà vu passer un texte du même genre depuis plusieurs années. Mais vu ce que je continue à constater plus que jamais sur les étals, en particulier à l’occasion des fêtes, et vu la grande capacité à oublier - à la façon Shadocks - de beaucoup de monde, je n’hésite pas à resservir ce morceau de bravoure réactualisé. 

VOYONS D’ABORD LA PÂTE : 

 

La farine provient de grains de blé qui préalablement ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a copieusement reçu des pesticides, des hormones de synthèse, et bien sûr des engrais chimiques. Après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfite de carbone, puis arrosés au lopyriphosméthyl. Ensuite la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique. Pour faire lever la pâte, la poudre levante est traitée au silicate de calcium, et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium. La pâte reçoit aussi de l’hydroxytoluène de butyl - un antioxydant (pour éviter le rancissement)… BEURK !

CONCERNANT LA CREME PATISSIERE :

 

Les œufs (qualité FR 3) proviennent d’un élevage industriel concentrationnaire où les poules confinées dans des cages métalliques sont nourries avec des granulés contenant des antioxydants (E300 à E311), des émulsifiants (alginate de calcium), des conservateurs (acide formique), des colorants (capsa théine) des agents liants (ignosulfate) et enfin des appétants (glutamate de sodium) pour qu’elles puissent avaler toutes ces saloperies. Elles reçoivent aussi des antibiotiques, et surtout des anticoccidiens. Les œufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour éliminer le sucre du blanc… BEURK !

Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation pleine de produits chimiques tels que : flavophospholipol (F712), ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321), alginate de propylène-glycol (F405), acide tartrique (E334), acide propionique (F280), azotés chimiques (F801), des colorants, et enfin des appétants comme le glutamate de sodium… BEURK ! 

Les huiles, ont été  extraites par des solvants comme l’acétone,  puis raffinées par action de l’acide sulfurique suivi d’un lavage à chaud, puis neutralisées à la lessive de soude, ensuite décolorées au dioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles sont recolorées à la curcumine. 

La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400)…
BEURK !

VOYONS MAINTENANT LES CERISES : 


Elles ont reçu entre 15 et 40 traitements de pesticides selon les années. Elles sont décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont ensuite plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium,  et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). 

Enfin, elles sont enduites de sucre raffiné qui provient de betteraves ayant reçu leur dose d’engrais et de pesticides.  Ce sucre est extrait par traitement à la chaux et à l’anhydride sulfureux, décoloré au sulfoxylate de sodium,  puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique. Enfin il est azuré au bleu anthraquinonique. 

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole. Le parfum artificiel de cerise se compose du cocktail de molécules synthétiques suivant : acétate d’éthyle– acéthyl méthylcarbinol – butyrate d’isoamyle – caproate d’éthyle – caprylate d’isoamyle – caprate d’éthyle – butyrate de terpényle – géraniol – butyrate de geranyl – acétylacetate d’éthyle – heptanoate d’éthyle – aldéhyde benzoïque – aldéhyde p-toluique (le dernier ferme la porte !)…
BEURK, BEURK, BEURK !!!

CONCLUSION : 

 

Si vous ne voulez pas attraper – selon l’expression de Dieudonné – des maladies du Moyen-Âge ou la « chiasse alsacienne » – ne cédez pas à la tentation de la facilité, et faites plutôt vos tartes vous-même avec des produits « honnêtes » ; ça n’est pas si compliqué, il y a des tas de bonnes recettes de grands-mères sur Internet, qui mettent la joie dans la maison, et où la gourmandise n’est plus un suicide au détail ! 


Source des données techniques : Claude Bourguignon


Cet ingénieur agronome spécialiste de la microbiologie des sols, issu de l’INRA - qu’il quitta pour cause de désaccord - dénonça officiellement pour la première fois que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides ne recelaient plus aucune vie bactériologique, ni animale (vers de terre – larves – insectes…).
Paru dans le journal Contr'Infos n° 44

mardi 16 mai 2017

L’agriculture de demain selon Afterres : biologique, prospère, locale et totalement réaliste !


L’agriculture de demain 

selon Afterres : 

biologique, prospère, locale 

et totalement réaliste !


16 octobre 2015 / Entretien avec Sylvain Doublet (Solagro/Afterres)




 Ils sont ingénieurs et ont élaboré un scénario pour l’agriculture de demain, Afterres. Un scénario concret, répondant aux défis alimentaires, environnementaux et climatiques de la France dans trente-cinq ans. Reporterre s’est entretenu avec l’un de ses concepteurs, l’ingénieur agronome Sylvain Doublet.

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 L’idée leur est venue du scénario Négawatt, qui propose une transition énergétique et une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Les ingénieurs en agronomie, en écologie et en énergie de Solagro ont suivi la même voie mais pour l’agriculture. Ils rendaient en 2011 une première version de leur scénario, intitulé Afterres : quelle utilisation des terres en 2050 ?. Cette version a été déclinée par la suite dans 22 régions, puis les méthodes de calcul se sont affinées. Aujourd’hui, Solagro propose la dernière version de son scénario et dessine un futur souhaitable.

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Reporterre - Vous fondez votre scénario sur la demande, sur les besoins alimentaires que nous auront en 2050. En quoi votre démarche est-elle originale ?

Sylvain Doublet - On ne savait pas que c’était original ! On pensait que le ministère de l’Agriculture et les syndicats auraient leurs propres scénarios et qu’on pourrait comparer. En fait, on s’est rendu compte que personne n’avait de scénario agricole piloté par la demande alimentaire de la France et de ses voisins. L’économie d’aujourd’hui ne raisonne plus beaucoup en fonction des besoins, mais plutôt en partant de l’offre.



Alors, qu’y aura-t-il dans notre assiette en 2050 ?

On a étudié l’assiette actuelle et on a regardé ce que l’on pouvait changer. On a diminué les surconsommations de sucre et de protéines. On a réduit le gaspillage alimentaire. On a aussi inversé les proportions entre protéines animales et végétales.

L’aliment qui pèse aujourd’hui le plus en grammes par jour, c’est le lait, sous toutes ses formes. En accord avec des nutritionnistes, on a divisé la consommation par deux.

Donc dans notre assiette en 2050, il y aura plus de fruits et de légumes, les céréales deviendront la principale source de protéines, on met deux fois moins de viande - au lieu du steak midi et soir, on ne mangera un steak que le midi -, les quantités de poisson sont aussi divisées par deux en raison de la crise des ressources halieutiques, les fruits à coque sont multipliés par cinq. Cela, par exemple, ce n’était pas prévu, mais tous les nutritionnistes ont pointé que c’était nécessaire pour augmenter l’apport en oméga 3.




Et à quoi ressemblera la ferme de 2050, que Reporterre avait déjà imaginée ?

Aujourd’hui, on part d’une situation d’hyper-spécialisation des territoires et des fermes. Donc le scénario les a diversifiés pour les rendre plus robustes des points de vue agronomique et climatique. Ensuite, on a regardé si on arrivait à nourrir tout le monde avec ces fermes. L’agriculture doit produire principalement pour nourrir les hommes (Aujourd’hui 80 % des terres nourrissent le bétail).


On va diversifier les productions des fermes de grande culture. On va introduire des pois, des pois-chiches, des lentilles dans les rotations. Un autre point important : on prévoit un développement de l’agroforesterie, il y aura des arbres dans les champs.

Du côté de l’élevage, on divise le nombre de bovins pour une production de lait diminuée de moitié. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’on divise par deux le nombre d’éleveurs ! Afterres prévoit la diminution du nombre de vaches par exploitation, et qu’elles reviennent à l’herbe. La ferme produira moins de lait, mais elle compensera en produisant aussi des céréales, de l’énergie... On sera sans doute moins productif par vache, mais pas forcément par hectare.

Concernant les productions de poulets et de porcs, on supprime tout ce qui est intensif. On en a moins, et ceux qui restent prennent en compte le respect du bien être animal.

En résumé, la ferme du futur est plus ancrée dans son territoire : elle couvre ses besoins alimentaires et énergétiques dans le respect de l’écosystème.

L’élevage est aujourd’hui en crise, le métier d’agriculteur est l’un de ceux où l’on observe le plus fort taux de suicide… Qu’en sera-t-il de la qualité de vie des agriculteurs ?

On n’a pas de doute là-dessus, ça s’améliore ! Ce qui me fait dire ça, c’est que, quand on visite une ferme en agriculture bio ou intégrée, on trouve toujours des gens passionnés.

Ils ont vingt ans d’avance sur les réglementations et ont retrouvé le goût de l’expérimentation. Alors que quand je vais voir un céréalier de la Beauce, il a son planning écrit pour les trente prochaines années et voit bien qu’il ne pourra jamais respecter les normes qui arrivent sur les pesticides, l’azote, l’eau... C’est quelqu’un qui va lutter en permanence pour exister.

Pour respecter l’environnement, quels modèles agricoles choisissez-vous ?

L’autre fait marquant du scénario, c’est qu’on n’a choisi que des techniques qui existent déjà. On a regardé toutes les cartes qu’on avait en mains : le modèle conventionnel et son dérivé l’agriculture raisonnée, l’agriculture de conservation et la production intégrée (très peu d’engrais chimiques et de pesticides), le bio. Aujourd’hui, ces deux derniers sont à 3 % chacun. On les pousse à 45 % chacun en 2050. Le conventionnel n’est plus qu’à 10 %.



Vous avez fait une tournée de présentation de la première version de votre scénario. Comment a-t-il été accueilli ?

Personne ne remet en cause nos calculs ni ne nous dit que c’est du pipeau. On arrive à aller vers tous les publics, car les savoirs sont robustes, et on n’a pas été jusqu’au-boutistes. On n’a pas mis 100 % de bio ou supprimé la viande par exemple. Une fois que les gens comprennent qu’on n'a pas poussé un modèle en particulier, ils acceptent d’entrer dans la discussion.

Afterres passe aussi bien auprès des Amaps, que du ministère de l’Agriculture ou de l’Assemblée générale des céréaliers. On a un scénario solide, qui permet de débattre, mais qui peut aussi avoir un impact sur les politiques publiques. Il pourrait inspirer des lois, comme Négawatt avec la loi de transition énergétique.

Comment ont réagi, par exemple, les céréaliers de la Beauce ?

Ils n’aiment pas quand on parle des impacts environnementaux du système conventionnel, ils ont une autre image de leur métier et de leur territoire. Certains nous répondent : « Mon système est très productif, je gagne ma vie avec, je ne vois pas pourquoi j’en changerais. » Mais d’autres nous disent qu’ils seraient intéressés pour aller vers des formes d’agriculture différentes, sauf qu’ils ne voient pas comment faire.

Il y a toujours un céréalier pour affirmer qu’il ne pollue pas. Au début, on devait avancer les arguments contraires nous-mêmes. Ce qui est intéressant c’est que maintenant, dans la salle, il y a toujours quelqu’un qui réagit et qui dit : « Attendez, il faut arrêter le déni et partager le constat pour avancer. »

On a aussi présenté Afterres en Bretagne, où la plupart disaient : « Si je peux faire ce métier avec deux fois moins de vaches et gagner ma vie tout en étant en bonne relation avec mes voisins, ça me va ! »

En fait, une fois qu’on arrive à dépasser les points de désaccord, on arrive assez bien à vendre notre scénario aux agriculteurs car leur métier est plus valorisé dans Afterres qu’aujourd’hui.

Mais est-ce un scénario réalisable ?

Bien sûr que oui ! On ne nie pas qu’il y a beaucoup de freins : la réglementation, le foncier, l’appareil de recherche et de formation aujourd’hui tourné vers le conventionnel...

Après, on observe de plus en plus de faits « Afterres-compatibles ». On ne pensait pas que les modes de consommation locale et alternative atteindraient 10 % des consommateurs. On a des exemples qui prouvent que les agricultures alternatives marchent partout. Les raisonnements alimentaires territoriaux se multiplient. C’est vrai aux échelles locale et régionale. Quand on pense que les 10 milliards d’euros annuels de la Politique agricole commune (PAC) de l’Europe vont être gérés au niveau régional, c’est un bras de levier immense.

Si dès maintenant, une ville de taille moyenne qui veut que 50 % de son alimentation dans les cantines proviennent du bio, elle peut le faire. Si elle veut faire des contrats de fourniture d’énergie localement, elle peut le faire. Tout l’arsenal juridique est prêt.

- Propos recueillis par Marie Astier



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Lire aussi : Agriculture et climat se réconcilient : en 2050, l’utopie !

Source : Marie Astier pour Reporterre

Photo :
. Chapô : Agroforesterie en Normandie. L’agroforesterie et le retour du bétail en pleine nature sont parmi les voies indiquées par Afterres. Wikipédia (film Voice of Transition/CC BY-SA 3.0)

Tableaux et infographies : Afterres2050.


Source : https://reporterre.net/L-agriculture-de-demain-selon-Afterres-biologique-prospere-locale-et-totalement

lundi 15 mai 2017

Mardi 16 mai : "Félicité" 21h au Lido à Prades





Nouveaux horaires : 
18h30 et 21h 
 

Mardi 16 mai au Lido à 21h


Les Ciné-Rencontres vous proposent

 

 

Synopsis :

 

Entourée de musiciens, Félicité chante le soir dans un bar de Kinshasa. Cette femme libre et fière voit soudain sa vie basculer lorsqu'elle apprend que son fils Samo a eu un accident de moto. L'adolescent de 14 ans doit être rapidement opéré sinon il risque d'être amputé d'une jambe. Mais pour que le chirurgien consente à l'opérer, il faut que Félicité réunisse une somme d'argent conséquente. Commence alors pour la jeune femme une course contre la montre dans les rues pauvres de ville afin de réunir la somme. Mais, entre les arnaqueurs, les mauvais payeurs et la désapprobation familiale, la quête de Félicité s'annonce très difficile...
https://www.youtube.com/watch?v=-6LC3ys9pqM&feature=youtu.be
Critique TELERAMA :
Dans la fureur de Kinshasa, capitale aux douze millions d'habitants de la République démocratique du Congo, le réalisateur Alain Gomis fait surgir une héroïne qui a, comme lui, le goût du défi. Solitaire et fière, Félicité brave les regards et entre en scène. Dans le bar où elle est chanteuse, la vie tangue entre alcool, embrouilles et désirs. Soudain, sa voix s'élève, galvanise les énergies et fait naître une harmonie. La nuit incertaine bascule du côté de la beauté. Cette séquence d'ouverture, qui dure plus de sept minutes, est un tour de force de cinéma. De la force, il en faut, à Kinshasa : le lendemain, Félicité est à l'hôpital devant le corps ensanglanté de son fils qui a eu un accident de moto.
Cette fiction s'élance dans l'urgence, jusqu'à donner un sentiment de réalisme documentaire. Mais une tonalité différente y résonne bientôt : dans une nuit qui est sans doute celle de ses rêves, Félicité marche vers une autre dimension de la vie, mystérieuse et apaisante. Comme s'il voulait vivifier le cinéma africain, rare et généralement fragile, le Franco-Sénégalais Alain Gomis déploie tous les possibles. Il filme le combat pour la survie et l'élévation spirituelle, le trivial et le sacré, il fait vibrer la musique du groupe Kasaï Allstars, qui mélange tradition et électro, et celle d'Arvo Pärt, jouée par l'Orchestre symphonique de Kinshasa. L'ambition est de remuer ciel et terre. Félicité se jette dans la bataille pour sauver son fils menacé d'amputation, elle prend des coups pour trouver de l'argent et repart à l'attaque. Et puis, elle s'effondre. Elle qui faisait face, s'efface...
Le film trouve alors une autre manière encore de nous faire ressentir le quotidien de Kinshasa. L'énergie laisse place à l'épuisement et l'égarement dans cette ville de violences, où l'argent, qui n'est nulle part, est réclamé tout le temps et ne sauve rien. Le gouffre de l'absurde s'ouvre, mais Félicité en ressort moins affaiblie qu'adoucie. En baissant la garde, la guerrière apprend le pouvoir de l'abandon, qui lui permet d'accepter sa fragilité et d'être, simplement, humaine.
La joie renaît toujours. Ce message d'espoir, Alain Gomis est allé le chercher au coeur d'un chaos dont il recompose l'étrangeté avec une audace incroyable. Il est prêt à perdre en route son héroïne et, tout aussi bien, à déboussoler le spectateur. Ce film parfois énigmatique, où le chant et la musique comptent autant que les dialogues, invente son langage de cinéma. Il cultive la fluidité et laisse filer ses personnages, pour mieux fusionner avec eux. Le courage du fils accidenté, mutique, apparaît comme une sorte de lumière. De même, l'amour du séducteur de bar qui emballe toutes les femmes mais ne veut faire le bonheur que de Félicité. De ces vies ordinaires, un sentiment de grandeur s'élève : par-delà la matérialité, la pauvreté, la beauté de l'âme rayonne. Par-delà les épreuves résiste une flamme secrète. Interprétée par l'étonnante Véro Tshanda Beya, Félicité devient un personnage transcendant, d'une intériorité et d'une richesse magnifiques. — Frédéric Strauss

 

dimanche 14 mai 2017

Neuf fois où Donald Trump a prouvé que l'écologie était le dernier de ses soucis


Neuf fois où Donald Trump a prouvé que l'écologie était le dernier de ses soucis

 

Alors que le président américain réfléchit à sortir de l'accord de Paris sur le climat, franceinfo revient sur ses positions sur la protection de l'environnement.

 
Le président Donald Trump signe un décret devant un trophée de chasse, le 26 avril 2017, à Washington (Etats-Unis).  (KEVIN LAMARQUE / REUTERS)


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Julie RasplusFrance Télévisions
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Il laisse planer le doute sur une éventuelle sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Donald Trump a reporté, à une date indéterminée, une réunion cruciale qui devait se tenir, mardi 9 mai, à la Maison Blanche. Il va encore falloir patienter pour connaître la décision officielle du président américain, alors qu'il a promis "d'annuler" l'accord tout au long de sa campagne.

Climatosceptique élu à la tête du deuxième pays plus gros émetteur de gaz à effet de serre, Donald Trump n'a jamais placé la lutte contre le réchauffement climatique au rang de ses priorités et s'illustre souvent comme un ennemi de la planète. La preuve en neuf (autres) exemples.

1 Quand il martèle que le réchauffement climatique est un "canular"


C'est l'un des slogans de Donald Trump, qu'il expliquait déjà sur CNN en 2015, comme le relate L'Obs : "Je ne crois pas au changement climatique". Bien avant d'être élu à la tête des Etats-Unis, le milliardaire a multiplié les sorties fracassantes sur le climat. Son compte Twitter regorge de messages dans lesquels l'homme d'affaires assure que la crise climatique n'est qu'une invention des scientifiques. "Le concept de réchauffement climatique a été créé par les Chinois pour rendre l'industrie américaine non-compétitive", avançait-il (déjà) en 2012.


Un an après, Donald Trump jurait que le réchauffement climatique ne pouvait être qu'un "hoax" (un canular) vu les températures glaciales qui frappait le Texas, le Tennessee ou Los Angeles. Pourtant, le réchauffement climatique n'est pas incompatible avec des hivers rudes. Troublé par la météo et visiblement peu informé sur le sujet, le milliardaire est même allé jusqu'à suggérer au comité des Nobel de retirer son prix à Al Gore, décerné en 2007 pour son engagement environnemental.


2 Quand il nomme un climatosceptique pour protéger l'environnement

 

Ce fut l'un des choix contestés de son début de mandat. Pour défendre l'environnement au niveau fédéral, Donald Trump n'a pas eu d'autre idée que de nommer le climatosceptique Scott Pruitt. Principaux faits d'armes de cet ancien procureur général de l'Oklahoma : avoir voulu supprimer l'Agence de protection de l'environnement (qu'il dirige aujourd'hui) et avoir mené une bataille judiciaire pour bloquer le plan de Barack Obama pour le climat.

Sa nomination, bien que contestée par le sénateur démocrate Bernie Sanders, n'a rien changé : Scott Pruitt continue toujours de rejeter les conclusions scientifiques concernant le réchauffement climatique. Invité de NBC News (en anglais) en mars, il a jugé que le CO2 n'était "pas le premier responsable du réchauffement climatique que l'on constate".

3 Quand il juge que le budget alloué à la recherche n'est que du "gâchis"

 

Trois mois après sa prise de fonction, Donald Trump a présenté son premier projet de budget. Et la lutte contre le réchauffement climatique et contre la pollution ne compte pas parmi les priorités, bien au contraire. Le président a proposé d'amputer de presque un tiers l'enveloppe allouée à l'Agence de protection de l'environnement, soit 2,6 milliards de dollars en moins. Dans les faits, cette coupe drastique entraînerait la suppression de 3 200 postes sur 15 000 et cinquante programmes de recherches visant à améliorer la qualité de l'air ou l'énergie. En conférence de presse, le responsable du budget a ainsi défendu le choix de Donald Trump :

"Nous ne dépensons plus d'argent sur cela, désormais. Nous considérons qu'il s'agit d'un gaspillage de votre argent."
Mick Mulvaney
le 16 mars, à la Maison Blanche

4 Quand il offre un boulevard au charbon


Durant la campagne présidentielle américaine, Donald Trump, casque de mineur sur le crâne, n'a cessé de répéter une de ses promesses-phares : "Trump creuse le charbon." Au nom de l'emploi, et alors même que cette industrie ultra-polluante n'a plus la cote, le milliardaire s'est rangé aux côtés des mineurs, leur promettant un nouvel âge d'or.

Donald Trump enfile un casque de mineur lors d'un meeting à Charleston (Virginie), le 5 mai 2016, durant la campagne présidentielle américaine.  (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP)
 Lors d'une réunion publique à Louisville (Kentucky), en mars, Donald Trump en a remis une couche : "Nous allons remettre nos mineurs au travail. Ils n'ont pas bien été traités, mais ils vont être mieux traités maintenant. Charbon propre, pas vrai ?" a-t-il lancé en promettant de redonner des emplois aux mineurs. Une semaine plus tard, il a joint le geste à la parole grâce à un décret supprimant le "Clean Power Plan" de Barack Obama. Ce plan imposait aux centrales électriques de réduire leurs émissions de CO2 d'ici à 2030 et promouvait le développement des énergies renouvelables.

5 Quand il envisage d'autoriser de nouveaux forages en mer

 

Barack Obama a tenté de l'en empêcher, mais la sanctuarisation de larges zones maritimes situées en Arctique (au nord de l'Alaska) ou dans l'Atlantique, au large du Massachusetts jusqu'à la Virginie, n'a pas refroidi Donald Trump.
"On ne va pas passer trop de temps à parler des forages dans l'Arctique, pas vrai ? Alors, on les autorise."
Donald Trump
le 28 avril
Le 28 avril, soit quatre mois après la loi passée par son prédécesseur, le nouveau président a signé un décret ordonnant de revenir sur l'interdiction des forages pétroliers et gaziers dans les océans Arctique, Atlantique et Pacifique. Cette mesure autorise l'exploration de millions d'hectares maritimes, détaille le Washington Post (en anglais). Objectif : "Faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat et créer du travail."

Malheureusement pour Donald Trump, ce n'est pas si simple. D'abord, de nombreuses villes de Californie, de l'Oregon ou encore de l'Etat de Washington sont opposées à de nouveaux forages. Il faudra les contourner. De plus, des avocats interrogés par ABC (en anglais) doutent que la décision de Barack Obama de protéger les zones puisse être totalement renversée. La bataille devrait donc se poursuivre en justice.

6 Quand il veut alléger les normes anti-pollution des voitures


Le 15 mars, à Detroit (Michigan), Donald Trump a continué de s'en prendre aux régulations environnementales, en promettant aux constructeurs automobiles de les libérer des normes trop contraignantes. Le président a ainsi annoncé un réexamen de la limite autorisée de consommation moyenne des véhicules neufs, mise en place par son prédécesseur. Elle devait atteindre 4,3 litres pour 100 km à l'horizon 2025. Concrètement, cela ouvre la porte à une augmentation de la pollution de l'air et des émissions de CO2 liées au secteur automobile.

7 Quand il relance deux projets d'oléoducs

 

Dès son entrée en fonctions, Donald Trump a affiché la couleur en relançant, par décret, deux projets d'oléoducs controversés et suspendus par l'administration Obama : le Keystone XL et le Dakota Access Pipeline. Le premier doit relier les champs de sables bitumineux de l'Alberta (Canada) aux raffineries américaines situées sur les côtes du golfe du Mexique. Or, ce mode d'extraction du pétrole est l'un des plus polluants. C'est pourquoi l'administration Obama avait décidé de bloquer l'avancée du projet, en l'occurrence la construction d'un tronçon entre le Canada et l'Etat du Nebraska.

De son côté, le pipeline Dakota Access, long de 1 900 km, permettra de transporter des milliers de barils de pétrole de schiste du Dakota du Nord jusque dans l'Illinois. Son tracé avait suscité une forte contestation de tribus amérindiennes et de militants écologistes, inquiets d'éventuelles fuites, notamment dans la rivière Missouri sous laquelle le pipeline doit passer. Leur mobilisation avait réussi à mettre le projet sur pause.

Mais cela n'a pas bloqué Donald Trump. Dans le Dakota, les travaux ont repris dans la foulée du décret passé par le nouveau président. Concernant le Keystone XL, des associations écologistes ont tenté de bloquer la décision. Mais elles ne devraient pas obtenir gain de cause.

8 Quand il rouvre la chasse aux loups et aux ours


Donald Trump se positionne aussi comme un président peu sensible à la conservation de la biodiversité. Une de ses dernières lubies consiste d'ailleurs à rouvrir la chasse aux ours et aux loups dans les réserves naturelles protégées de l'Alaska. Début avril, Donald Trump a promulgué une loi supprimant les protections pour ces animaux, accordées sous le mandat de Barack Obama.

Les élus républicains de l'Alaska, soutenus par le principal lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), estimaient que cette législation empiétait sur leurs prérogatives et mettait en danger d'autres animaux, comme les cerfs. En conséquence, les chasseurs ont désormais la voie libre pour abattre les ours et les loups dans leurs abris, en présence de petits. Ils peuvent viser les grizzlis depuis des avions, ou les tuer à l'aide de pièges situés près des tanières ou en se servant d'appâts, détaille The Independent (en anglais).

9 Quand il protège quand même ses intérêts de la montée des eaux (au cas où)

 

Donald Trump "ne croit pas" au réchauffement climatique... sauf quand ça pourrait le concerner ! Alors qu'il valide, chaque mois, des mesures anti-écologiques, le président américain s'est inquiété, en mai, de la perspective d'une montée du niveau de la mer aux abords d'un de ses complexes hôteliers, situé en Irlande.

Selon le site Politico (en anglais), le milliardaire réfléchit à construire un mur côtier pour protéger de l'érosion le terrain de golf de son hôtel du comté de Clare. Une demande de permis de construire a été établie par la Trump International Golf Links Ireland et cite, explicitement, le phénomène du réchauffement climatique (et ses conséquences) pour le justifier. Un comble, d'autant que ce projet pourrait menacer un minuscule escargot en voie de disparition. Selon le Guardian (en anglais), les autorités locales ont d'ailleurs brandi cet argument pour bloquer la construction du mur.

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Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/neuf-fois-ou-donald-trump-a-prouve-que-l-ecologie-etait-le-dernier-de-ses-soucis_2183039.html