Ce blog rassemble, à la manière d'un journal participatif, les messages postés à l'adresse lemurparle@gmail.com par les personnes qui fréquentent, de près ou de loin, les cafés repaires de Villefranche de Conflent et de Perpignan.
Mais pas que.
Et oui, vous aussi vous pouvez y participer, nous faire partager vos infos, vos réactions, vos coups de coeur et vos coups de gueule, tout ce qui nous aidera à nous serrer les coudes, ensemble, face à tout ce que l'on nous sert de pré-mâché, de préconisé, de prêt-à-penser. Vous avez l'adresse mail, @ bientôt de vous lire...

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vendredi 25 décembre 2015

Une réponse à la COP21 et à son monde : Construire la zad



Ajoutée le 26 nov. 2015

Automne 2015.

A l'heure du grand jeu théâtral de la COP21, cette vidéo présente ce qui se construit collectivement sur la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Elle a été réalisée par des personnes habitant sur place, depuis le mouvement d'occupation de la Zone à Défendre, pour être projetée à chaque étape du convoi en vélo et tracteur depuis la Zone à Défendre jusque Paris.

Ne pouvant présenter en 25 minutes tous les aspects de ce qui se vit, se tente, se veut et se concrétise sur place, cette première vidéo montre surtout les chantiers collectifs autour de projets agricoles ou de construction, qui autonomisent le mouvement vis-à-vis de l'économie marchande.

Mais cette seule approche ne suffit pas à résumer ce qu'est politiquement la zad – qui n'est d'ailleurs pas unitaire. D'autres aspects de cette lutte qui manquent dans ce film (liés notamment à l'autogestion, à la construction d'un vivre ensemble et sans chef, dans toute notre diversité) feront l'objet de prochaines vidéos.

De l'occupation aux constructions, en passant par les projets agricoles et les moments de fêtes, à peu près tout ce qui se vit dans cette lutte est hors-cadre légal, et constitue une nécessaire réponse au ravage généralisé que produit la société économique occidentale.

Les solutions ne sont pas à attendre d'en haut, de la bureaucratie, de l'approche gestionnaire : elles résident dans les luttes visant à s'émanciper des lois du marché aussi bien que des lois légales qui protègent l'ordre économique.

Des habitant-e-s de la zad de Notre-Dame-des-Landes


Source : https://www.youtube.com/watch?v=CjTfxgHkmXA

jeudi 24 décembre 2015

Lettre à Orange : Incitation à l'obsolescence

LETTRE OUVERTE A ORANGE


Objet : Incitation à l’obsolescence.

Le matin du 11 décembre 2015 à 11h40, vous m’avez envoyé, de même sans doute qu’à de nombreuses autres personnes, un SMS dont le texte est le suivant :

« « « « « « Votre nouveau smartphone Orange Rise 30 à partir de 29,90 € grâce au bonus Orange reprise de 20 €uros !          
Rapportez votre ancien Mobile Orange avant le 06/01, un conseiller vous guidera dans votre choix. 
(Conditions détaillées en boutique Orange, reprise possible selon la valeur du mobile)          
Expéditeur : Orange                
Envoyé : 11/12/2015 à 11:40:00   » » » » » »

Je ne vous ai rien demandé. J’utilise un téléphone mobile que m’a donné une parente qui en avait plusieurs, n’ayant pas pu faire réparer, même en payant cher, celui que vous m’aviez vendu il y a plusieurs années. Ce cadeau me donne entière satisfaction. Non seulement votre proposition consumériste ne m’intéresse pas, mais, à l’heure où l’on négocie âprement la limitation du réchauffement climatique que les Etats accepteront de financer, je la trouve totalement criminelle. Vous vous livrez à l’incitation à l’obsolescence, qui n’est au fond qu’une débauche à caractère industriel (Réf 1). Ce faisant, vous contribuez, non seulement, par les activités minières causées par les productions électroniques, à priver des peuples lointains et méprisés de leur milieu de vie (Réf 2) mais, par les opérations exigées lors de  l’extraction et du raffinage des terres rares, vous soutenez l’augmentation planétaire des émissions de carbone, par ailleurs accélérée par l’augmentation tendancielle des taux de stériles de ces mines, au mépris de l’impossibilité totale de recycler ces produits, causée par l’imbrication des assemblages, très fine du fait de leur miniaturisation et de leur complexité (Réf 3).

Ce faisant, vous contribuez à rendre cette planète inhabitable pour les jeunes générations, qui, devant l’absence de futur, ne pourront que finir par se révolter contre notre égoïsme consumériste. Suprême perversion, vous les invitez elles mêmes à participer à leur irréversible déshéritage. Il faut bien constater que vous travaillez ainsi à votre propre disparition au cœur de celle, plus large, de toute l’Humanité, ce qui prouve que vous êtes incapables, à défaut d’une loi protectrice de l’intérêt général, de  prendre les bonnes décisions, définies par les spécialistes comme celles qui sont favorables à la survie de la personne agissante (Réf 4).

Certains refusent pourtant cette marche au suicide, observable, hélas, dans de nombreux domaines (multiplication sans fin des déchets nucléaires, débauche d’énergie fossile, épuisement des stocks limités de richesses géologiques, exploitations des ressources renouvelables au-delà leurs capacités, destruction de la biodiversité, etc.). Contribuant à leur préparer l’enfer avec d’autres grands acteurs économiques, vous faites indirectement le lit de DAECH et du Front National, qui ne sont que les deux mâchoires du même piège à loups, tendu par nous-mêmes, qui se refermera cruellement sur notre cou.  

C’est donc dans un réflexe démocratique de survie que je lance à la mer des consciences citoyennes cet appel à soutenir la sobriété et non l’obsolescence, et à prendre parti pour le maintien d’une biosphère humainement habitable. Mon identité précise importe peu, puisque je sais que vous ne répondez pas aux courriers individuels argumentés, et que je ne suis en fait qu’une cible commerciale parmi les milliers d’autres qui pourraient signer cette lettre ouverte.

                            Camille.

Pour le maintien d’une biosphère humainement habitable.                                                                        


Bibliographie

Réf 1 : « La face cachée du numérique » L’impact environnemental des nouvelles technologies, de Fabrice Flipo, 
Michelle Le Dobré et Marion Michot - Editions l’Echappée - 2013.
          - « Bon pour la casse », par Serge Latouche, Editions  Les Liens qui Libèrent - 2012.

Réf 2 : « L’Ecologisme des pauvres, une étude des conflits environnementaux dans le monde », 
de Joan Martínez Alier - édition Les petits matins/Institut Veblen - 2014
traduit de « El Ecologismo de los pobres. Conflictos ambientales y lenguajes de valoración », 
édité par Icaria editorial, S.A. - 2011.

Réf 3 : « Quel futur pour les métaux ? », de Philippe Bihouix & Benoît de Guillebon, 
édité par EDP Sciences - 2010.

Réf 3 : « L’erreur de Descartes », de Antonio Damasio, Editions Odile JACOB - 1995. 
o o o o o

Question : 

à quoi correspondent les "exploitations des ressources renouvelables au-delà de leurs capacités" ?

Ici une réponse rapide à la question posée.

Sans parler du travail humain et des fonds monétaires qui aident à lancer une activité, il y a deux sortes de ressources naturelles qui sont mises en jeu, et qui ont longtemps été négligées par les économistes et autres experts.

Les ressources "stock", qui s'épuisent au fur et à mesure qu'on les utilise. Ex : pétrole, minerais divers, mais aussi espace (un département moyen artificialisé tous les 7 à 9 ans en France) et autres.

Les ressources "renouvelables" qui se reconstituent au fil de certains processus. Ex : le bois repousse dans les forêts, l'eau recoule derrière les barrages, les plantes sauvages se multiplient, ainsi que les poissons dans la mer. Dans ce cas, il ne faut pas dépasser une certaine capacité, qui détermine le prélèvement maximal pouvant être fait chaque année.

C'est sur ce type de limite, rapportée au territoire du pays en question, que se calcule ce qu'on appelle l'empreinte écologique. Pour les poissons, au niveau mondial, on sait déjà qu'on est allé trop loin et que les sardines mêmes sont déjà en voie de disparition. 

Globalement, j'ai entendu quelqu'un dire récemment qu'on avait consommé 90% des stocks de poissons des océans. Il faudrait donc diminuer drastiquement nos prélèvements pour laisser la ressource se reconstituer. C'est l'objectif des réserves marines, mais elles sont insuffisantes. Des américains calculent le "jour d'après", qui est, chaque année, le jour où, globalement, à l'échelle de la planète, l'on commence à consommer le capital. Je crois que ce jour est actuellement en juillet. Comme nous ne nous modérons pas du tout, globalement, au niveau de la planète, ce jour avance d'année en année. Quand il arrivera au premier janvier, il n'y aura plus de renouvellement du tout, puisqu'on aura mangé notre capital biologique, et je pense que nous n'en aurons plus pour longtemps à vivre.

Voilà pourquoi il y a aussi des limites aux prélèvements de ressources renouvelables. Ces limites peuvent évidemment évoluer un peu en fonction de l'efficacité des prélèvements, de la "santé" du milieu, et de notre modération. Mais quand on sait qu'il faut 5 à 6 kg de "poisson fourrage" pour faire un kilo de thon d'élevage, il ne faut pas oublier que nos modes d'utilisation et de consommation ont une influence énorme, en général bien plus importante que nos gains techniques de "productivité".

Il y a là une sorte d'effet rebond nourri à la fois par la multiplicité de nos usages, nos gaspillages accrus, et tout simplement, même si l'on n'en parle guère, l'augmentation de la population.

En ai-je assez dit ? Suis-je assez clair ?

Amitiés.


Jean Monestier.

mercredi 23 décembre 2015

Congélation des ovocytes : briser la glace

Congélation des ovocytes : briser la glace


Par  — 
A Taïwan, en 2013. Photo Pichi Chuang. Reuters

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir retarder leur horloge biologique en mettant leurs gamètes au frais. Problème, la France bloque.

Retarder son horloge biologique, cette implacable teigne. Geler le temps, ou simplement le prendre, en vitrifiant ses ovocytes à - 196 C° dans l’azote liquide. Cela devient le souhait d’un nombre grandissant de Françaises. Du moins celles qui, bien informées, savent que l’on peut désormais mettre ses précieux gamètes au congélo pour les retrouver «bien frais» quelques années plus tard quand le désir d’enfant commence à devenir urgence. Du moins les plus nanties qui peuvent filer à l’étranger (essentiellement l’Espagne) pour s’offrir cette sorte d’assurance contre le temps qui passe.
Serait-ce là le dernier caprice d’une poignée de cadres sup ? La requête - marginale - de wonder women qui entendent autant maîtriser l’agenda de leur carrière que le calendrier de leur grossesse ? Ou, à l’inverse, une solution pragmatique et sensée à cette tendance lourde (inexorable ?) des femmes, mais aussi des hommes, à faire des enfants de plus en plus tard ? C’est ce que pensent de nombreux spécialistes de l’infertilité et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), favorables à une médiatisation et à une démocratisation de cette technique encore peu connue pour l’instant. Et, pour l’heure, exclusivement réservée en France à celles qui subissent un traitement médical susceptible de les rendre infertiles. L’Hexagone, à ce jour, préfère planquer le débat sous le tapis. Comme le pays a déjà attendu 2011 (et la loi de bioéthique) pour autoriser le recours à la «vitrification», cette technique qui consiste à congeler de manière ultrarapide et sans cristaux de glace des cellules reproductrices féminines, là où la congélation lente n’était pas performante. Des années après le Japon, le Canada ou l’Allemagne. Pourquoi tant de réticences ? Si un récent décret visant à encourager le don d’ovocytes (lire Libération du 5 octobre) permettra aux donneuses de vitrifier une partie de leurs gamètes pour elles, on sait déjà qu’il avantagera surtout le don. Il y a vraiment pénurie. Mais pourquoi ne pas aller plus loin et autoriser tout simplement la vitrification à celles qui le souhaitent comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis et plus près de nous, en Espagne, en Italie, en Belgique ou en Grande-Bretagne ? Pourquoi, au fond, «ne pas faire confiance aux femmes ?» tacle la gynécologue Joëlle Belaïsch-Allart (ex-membre du Comité consultatif national d’éthique, CCNE).

Y a-t-il une vraie demande ?

Certes, comme le souligne la sociologue et directrice de recherche au CNRS Dominique Mehl, on n’a pas encore vu des hordes de Françaises défiler dans les rues avec des pancartes «je veux vitrifier mes ovocytes», comme elles l’ont fait lorsqu’il s’est agi d’obtenir la pilule et l’avortement. Mais «cela fait en gros deux ans qu’émerge l’idée que cette technique pourrait profiter à toutes les femmes. Avec le raisonnement suivant : on a aidé les femmes à ne pas être fécondes quand elles étaient fertiles. Pourquoi ne pas les aider à être fécondes quand elles ne sont plus fertiles ?» analyse la sociologue. Dans les faits, même s’il n’existe aucune statistique fiable sur l’ampleur de ce désir, Cécile Gallo, la gynécologue-endocrinologue de la clinique espagnole IVI (à Valence) où se rend une partie des Françaises est formelle : «La demande devient exponentielle depuis deux ans. Nous en sommes à une cinquantaine par année. Et ça monte.» Même son de cloche du côté d’une autre clinique espagnole (à Barcelone) du groupe Eugin : «Nous faisons de la vitrification sociétale depuis 2011. En 2014 nous en avons pratiqué 230, dont 58 % sur des Françaises», annonce Valérie Vernaeve, directrice médicale.

Qui sont ces femmes ?

Faute d’autorisation sur notre territoire et a fortiori de remboursement par la Sécu, celles qui se rendent à l’étranger sont en général d’un bon niveau socio-économique. Pas étonnant quand, chez IVI par exemple, faire congeler ses ovocytes pour cinq ans (généralement de 10 à 15 par ponction) coûte 2 000 euros, sans compter les traitements préalables (entre 800 et 1 000 euros, incluant notamment les injections servant à stimuler la production d’ovocytes) et les frais de déplacement. Mais quel genre de femmes précisément ? Des femmes de 38-39 ans, «des célibataires pour la plupart, qui n’ont pas envie de faire un enfant avec le premier venu. Ou sont avec des partenaires qui n’ont pas de projet d’enfant», expose le Dr Cécile Gallo. «"Lack of partner !" [manque de partenaire, ndlr] Oui toutes les femmes ne trouvent pas au bon âge l’homme de leur vie»,confirme Joëlle Belaïsch-Allart, en se fondant sur sa pratique et des études américaines de grande ampleur. Rien à voir avec des carriéristes pur sucre, donc ? Selon les spécialistes, ce n’est pas ce qui prime.«Je crois que dans cette histoire d’autoconservation de ses ovocytes, il faut vraiment bannir les mots "convenance" ou "caprice". La question de la conjugalité, des couples qui se font et se défont y est centrale. Et on sait très bien que les femmes sont à la merci d’une limite d’âge pour enfanter. Celles qui se lancent là-dedans ont réfléchi et ce n’est pas un parcours de Bisounours que de subir une stimulation et une ponction d’ovocytes», conclut Dominique Mehl.

Est-ce la panacée ?

A en croire Cécile Gallo, la technique est au point : ovocyte vitrifié et ovocyte frais sont à égalité face à une fécondation. Mais - et c’est un gros «mais» - comme dans la vie «normale», plus les ovocytes congelés sont «jeunes» (avant 35 ans), plus les chances de grossesse sont importantes (sans être pour autant garanties). «L’idéal serait donc de vitrifier ses ovocytes avant 35 ans», insiste le Dr Gallo. «Oui, mais il faut encore que cette possibilité soit connue. Et ouverte à toutes. Il s’agit bien là, d’un acte de prévention médicale, de préservation de sa fertilité», explique le collectif Bamp, association de patients pris dans des parcours de procréation médicalement assistée ou infertiles. «Il faut informer, informer, renchérit Joëlle Belaïsch-Allart. La vitrification est un espoir, même si ce n’est pas la panacée universelle : ça ne marche pas à 100 %. L’allongement de la durée de la vie est un fait. Le désir tardif de maternité aussi. Il y a une question de liberté individuelle dans cette histoire d’autoconservation et aussi d’égalité entre femmes et hommes. Alors, oui il faut l’autoriser, sans pour autant l’encourager, en invitant les femmes à ne pas trop tarder.»

Qu’est-ce que la France attend ?

C’est un fait, la Sécurité sociale ne peut pas tout rembourser, même si elle rembourse bien quatre tentatives de fécondation in vitro avant 43 ans. «Dans l’idéal, il me semble que la France pourrait rembourser cette pratique à celles qui ne peuvent pas payer en nommant, par exemple, un comité d’experts. Quant aux autres, elles pourraient en prendre en charge le coût, ce qui, in fine, leur reviendrait moins cher que d’aller en Espagne ou ailleurs», suggère Joëlle Belaïsch-Allart. «On a affaire à un problème social irréversible sur cette question de concevoir, assure Dominique Mehl. Les maternités tardives en passent souvent par un don d’ovocytes. Et cette question d’autoconservation va devenir une question de société. Pourquoi ne pas s’en saisir ?»

Murielle, 29 ans

«C’est ce qui est arrivé à l’une de mes amies qui m’a décidée à faire vitrifier mes ovocytes. A 39 ans, elle n’arrivait pas à avoir un enfant, et son gynéco lui a dit en substance : "C’est trop tard, à moins de recourir à un don d’ovocytes." J’avais 37 ans, du coup j’ai fait un bilan de fertilité qui n’était pas très bon. Mon médecin m’a dit : si vous voulez un enfant, c’est maintenant ou jamais. A l’époque, je venais de me séparer de l’homme avec lequel je vivais depuis trois ans. Et je n’avais pas envie de prendre le premier venu pour tomber enceinte. La solution de la vitrification s’est alors imposée. Je suis allée à la clinique IVI de Valence. En octobre, malgré le traitement de stimulation, seul quatre de mes ovocytes ont pu être congelés. J’ai réitéré une fois sans succès. La troisième tentative a été la bonne : j’ai une réserve de 18. Ça me rassure. Je me dis que j’ai mis toutes les chances de mon côté. Même si je préférerais bien sûr tomber sur le bon partenaire et ne pas avoir à m’en servir. Comme la plupart des femmes qui font ça. En France, dès qu’on parle de vitrification, on place le débat sur un plan moral ou alors on monte en épingle l’histoire de Facebook et Google qui ont proposé de payer à leurs salariées une vitrification. Mais quel rapport avec la France ? Les femmes qui, comme moi, ont recours à ça, ne sont pas des carriéristes, elles veulent juste pouvoir se donner une chance de faire un enfant avec la bonne personne. Et si la France ne veut pas rembourser cette pratique, elle pourrait au moins l’autoriser.»

Emilie, 30 ans

«Au départ, je voulais absolument donner mes ovocytes. Ma tante n’a pas réussi à avoir d’enfant, je suis sensible aux problèmes de fertilité. Quand j’ai appris que, grâce à un récent décret, la vitrification après un don pouvait être proposée, je me suis dit que je devrais aussi et surtout faire vitrifier mes ovocytes. Mais lors des examens préalables pour faire ce don, il s’est avéré que j’ai sans doute une réserve d’ovocytes assez faible. Ça m’a mis un coup. Je n’ai pas les moyens d’aller en Espagne comme certaines. Je dois me contenter de la France, où il faut vraiment aller à la pêche aux informations et où j’espère malgré tout pouvoir donner assez d’ovocytes pour que je puisse en conserver une partie pour moi. J’attends de savoir. Mais j’ai vraiment envie de dire aux femmes : "Prenez les rênes." Renseignez-vous. Et militez pour avoir la possibilité de faire ce que vous voulez avec votre corps.»
Catherine Mallaval

Source : http://www.liberation.fr/futurs/2015/12/17/congelation-des-ovocytes-briser-la-glace_1421544?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot

mardi 22 décembre 2015

Pour que Là-Bas continue...

Là-bas si j’y suis va fêter sa première année sur la toile. Bonne nouvelle, le décollage a réussi grâce à vous ! Mais ce n’est qu’un début...

POUR QUE LÀ-BAS CONTINUE…

Le 

Chers amis, chers AMG,


« Ils nous ont enterrés mais ils ne savaient pas que nous sommes des graines. » C’était il y a un an, une jolie phrase de poète, histoire de se consoler. [1] Sauf que c’est devenu vrai. Grâce à votre soutien, le nouveau Là-bas a pris racine en l’espace d’un an ; c’est même déjà une bien belle plante.
Sans publicité, sans subvention, sans actionnaire, sans marchand de béton ou de canons, le nouveau LÀ-BAS est reparti de plus belle sur le net, en radio, en vidéo, en débat, en reportage, en musique.
Déjà 26 000 abonnés soutiennent et participent à ce nouveau LÀ-BAS. [2] Voilà ce qui garantit notre réelle indépendance et nous protège de toutes les pressions financières ou politiques. En France, la quasi totalité des médias sont entre les mains d’une poignée de milliardaires. Dans quel intérêt ? Leurs intérêts. Celui qui paie l’orchestre choisit la musique. Et souvent hélas, les médias publics perdent le sens de leur mission et se mettent dans leur sillage. Comme il y a une malbouffe, il y a une mal info. L’info industrielle pour gaver les poulets en batterie, leur faire peur, les passer à l’eau de javel, les rendre impuissants et résignés. Voilà pourquoi nous continuons le combat.
Notre équipe d’une dizaine d’équivalents temps plein a trouvé à s’installer depuis cet été au bord du bassin de la Villette à Paris, loin des beaux quartiers. Nous nous sommes équipés de matériel léger pour enregistrer et diffuser en radio partout en extérieur. Nous développons aussi la vidéo et surtout nous ne sommes pas peu fiers de notre super studio – conçu par l’équipe – et que nous venons d’inaugurer. Tout cela va nous permettre enfin de décrocher la lune.
Nous nous sommes embarqués sur la toile depuis un an, mais ce n’est ni un refuge ni une revanche
Là-bas si j’y suis a démarré il y a plus d’un quart de siècle sur France Inter. Avec des centaines de reportages à travers le monde et plus de cinq mille émissions, ceux qui ont fait LÀ-BAS ont toujours été précurseurs sur la forme et sur le fond avec un grand succès populaire et toujours d’excellents scores d’audience. Nous ne croyons pas au journalisme neutre qui neutralise, ni aux postures vertueuses qui dissimulent une soumission à l’ordre établi. Nos engagements ont toujours été le résultat de nos reportages et d’un travail journalistique rigoureux et respectueux des faits.
Mais il est vrai que nous avons toujours été plus près des jetables que des notables, plus près des routiers que des rentiers. Après bien des croche-pieds et des pressions, en juin 2014, Radio France a fini par supprimer brusquement cette « anomalie ». Mais aussitôt nous avons été poussés par une énorme vague de soutiens. Confrères, syndicats, auditeurs, pour tous il s’agissait bien là d’une atteinte au pluralisme des médias. Il fallait faire taire des voix dissidentes. Pour Christiane Taubira, ministre de la Justice, c’était une « pensée mutilée ». Voilà ce qui nous a poussés de la trappe à la toile, fidèles au grand principe : affliger les satisfaits et satisfaire les affligés.
Faites un tour sur notre site
En moins d’un an, nous avons produit des dizaines d’heures d’émissions et de reportages en radio et en images. Mais en novembre, en quelques jours, les temps ont changé.
Suite au drame du 13 novembre, nous vivons un coup d’état d’urgence qui cache un tas d’urgences. Pour déjouer la haine et le repli, c’est d’abord à cette peur d’État qu’il faut résister en recherchant les causes de la tragédie. Un autre journalisme est possible, indépendant, rigoureux, populaire, inventif, joyeux, engagé, modeste et génial.
Nous glissons dans des temps étranges moitié chien et moitié loup. Il faut d’autres contre feux, d’autres ripostes, le temps presse. [3]
Daniel Mermet

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EN CADEAU
Avec votre abonnement modeste et génial, vous disposerez dès le mois de janvier d’une page personnelle de blog, sur laquelle vous pourrez publier des contenus et contribuer ainsi aux débats et aux engagements de Là-bas.
Vous bénéficiez aussi d’une réduction de 50% à valoir sur le site des Mutins de Pangée pour l’achat des DVD suivants, réalisés en partenariat avec Là-bas si j’y suis :
- Howard Zinn, une histoire populaire américaine, un film de Olivier Azam et Daniel Mermet
- Chomsky & Cie (coffret 2 DVD), un film de Olivier Azam et Daniel Mermet
Notes
[1] Ernesto Cardenal « Épitaphe pour la tombe d’Adolfo Baez »
[2] 30 000 visites chaque jour, un million par mois
[3] En moins de deux semaines, vous êtes déjà près de 100 000 à avoir suivi, sur notre site, la conférence d’Alain Badiou au sujet des tueries du 13 novembre que nous avons filmée, dans les jours qui ont suivi.
Source : http://la-bas.org/la-bas-magazine/au-fil-de-la-bas/pour-que-la-bas-continue 

dimanche 20 décembre 2015

Pétition pour sortir de l'Etat d'Urgence

Après l’appel « NOUS NE CÉDERONS PAS ! », une centaine d’organisation ont rendu public le texte « Sortir de l’état d’urgence » au cours d’une conférence de presse, le 17 décembre 2015.

Pour signer cet appel 



Plus d'infos


En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun
lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.


La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns, des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ?

La censure, ici, s’avère doublement contreproductive…

L’état d’urgence autorise par ailleurs des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre judiciaire, sur le fondement de fiches possiblement erronées, de dénonciations, d’informations et de soupçons sujets à caution. Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime.

Les assignations à résidence se multiplient sur la base de motifs aussi vagues que la présence sur le lieu d’une manifestation ou le fait de « connaître » tel ou tel individu. Ces graves restrictions sont appliquées, sans distinction, et de manière massive, d’autant que les juridictions administratives ont montré qu’elles s’en accommodent, quitte à ce que les libertés en souffrent. Elles reprennent à leur compte toutes les allégations du ministère de l’Intérieur et, comble de la démission, sont nombreuses à considérer qu’il n’y aurait pas d’urgence à statuer sur l’état d’urgence.

L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas «  les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée.

Reprenant à son compte les exigences de l’extrême droite, FN en tête, le gouvernement s’engage honteusement dans une modification de la Constitution visant à étendre la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France.
Ces multiples atteintes portées au contrat démocratique sont une mauvaise réponse aux actes terroristes. Notre pays a été blessé, mais loin d’en apaiser les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté.

Dans ces circonstances, nous appelons les pouvoirs publics à :

jouer leur rôle de garants de la défense des droits et des libertés publiques ; 

rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ; 

cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ; 

mettre en place des garanties effectives de contrôle ; 

lever l’état d’urgence ; 

renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable. 

Paris, le 17 décembre 2015

Nous vous proposons de vous associer à cet appel en interpellant le Président de la République et votre député.


Texte de la cyberaction proposé


Monsieur le Président,

Je me joins aux ONG signataire pour vous inviter à


jouer votre rôle de garant de la défense des droits et des libertés publiques ; 


rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ; 


cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ; 


mettre en place des garanties effectives de contrôle ; 


lever l’état d’urgence ; 


renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable. 


Dans cette attente, veuillez croire en ma vigilance citoyenne.


Pour signer cet appel