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mardi 26 mai 2015

Si Rémi Fraisse n'avait pas manifesté, il ne serait pas mort : la nouvelle logique de la répression étatique

Si Rémi Fraisse n’avait pas 

manifesté, il ne serait pas mort : 

la nouvelle logique de la 

répression étatique


22 mai 2015 / Hervé Kempf (Reporterre) 



La commission parlementaire sur le maintien de l’ordre aboutit à des propositions faisant reculer le droit de manifester et couvrant les pratiques dangereuses des forces de police.

La dégradation continue de l’esprit démocratique se poursuit avec un cynisme ahurissant. Après l’émoi qu’avait causé l’homicide d’un manifestant écologiste, Rémi Fraisse, en octobre 2014, par une grenade lancée par un gendarme, une commission d’enquête parlementaire a été créée en décembre. Son titre : « Commission d’enquête sur les missions et modalités du maintien de l’ordre républicain dans un contexte de respect des libertés publiques et du droit de manifestation ». La motivation en était de comprendre comment les forces de l’ordre avaient pu tuer un manifestant et comment changer les modalités de leur action pour éviter de tels drames - que complète, hélas, le nombre croissant de manifestants blessés gravement par les projectiles policiers.
Ce rapport a été présenté le 21 mai (il ne sera publié que dans quelques jours sur le site de l’Assemblée nationale). Mais que dit-il ? Par un stupéfiant retournement de raisonnement, les députés qui l’ont adopté ont ciblé essentiellement les manifestants. Et leur principale proposition est de créer une interdiction de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement comme « individus connus en tant que casseurs violents ».
Sans jugement, les policiers seraient ainsi autorisés, avant tout acte donc tout délit, à empêcher telle ou telle personne de participer à une manifestation - un droit pourtant inscrit dans la Constitution et constitutif des libertés publiques. Par exemple, comme l’a indiqué le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, lors de son audition, « de les attendre à la gare et de les interpeller ». Croisées avec la loi sur le renseignement récemment adoptée, ces méthodes ouvrent la voie à une interdiction de manifester pour toute personne qui sera jugée indésirable, sur des critères incertains, par les services de police.
Une autre proposition vise à rendre obligatoire une concertation préalable sur les manifestations. Comme le souligne le député écologiste Noël Mamère, président de la Commission - et qui a dû s’opposer au rapport de celle-ci -,« il y aurait dès lors un contrôle a priori et systématique de toutes les manifestations, ce qui entraînerait une restriction manifestement disproportionnée du droit de manifester. »
La Commission a paru faire un progrès en préconisant l’abandon des Flasballs. Mais c’est pour proposer de les remplacer par des LBD 40 (Lanceurs de balles de défense) plus puissants et plus précis. Autrement dit, d’accroître l’arsenal des forces de police, qui ont déjà provoqué des blessures graves (telles qu’énucléation) chez au moins trente-six personnes. Cette attitude des députés est d’autant plus choquante que les policiers responsables de ces actes sont quasi-systématiquement absous par la justice.
Le texte, rédigé par le rapporteur PS Pascal Popelin a été adopté par tous les participants de la Commission à l’exception de Noël Mamère et de Marie-Georges Buffet (PC). Il marque un nouveau recul des libertés publiques.

Complément d’info : L’analyse du rapport par Noël Mamère. Télécharger ici :
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Source : Hervé Kempf pour Reporterre
Photo : A Nantes, le 22 février 2015


Documents disponibles

  Sans titre


Source : http://www.reporterre.net/Si-Remi-Fraisse-n-avait-pas

lundi 25 mai 2015

A Toulouse une "coopérative intégrale" prépare l'après-capitalisme

A Toulouse, 

une « coopérative intégrale » 

prépare l’après-capitalisme


7 octobre 2013 / Emmanuel Daniel (Reporterre) 


Le capitalisme ne constitue pas un horizon indépassable. C’est ce que tentent de prouver les coopératives intégrales en posant les bases d’un nouveau système économique basé sur l’autogestion, la coopération, les relations de proximité et la décroissance. Ce concept né en Catalogne essaime à travers l’Europe et notamment à Toulouse.


- Reportage, Toulouse.
« Nous pouvons vivre sans capitalisme ». Les membres de la Coopérative intégrale catalane (CIC) en sont persuadés. Et ils ne se contentent pas de le clamer. Depuis 2010, ils sont près de dix mille à bâtir « une nouvelle économie basée sur la coopération et les relations de proximité » [1]. Cette coopérative d’un nouveau genre est dite intégrale car « elle regroupe les éléments basiques d’une économie et comprend tous les secteurs d’acitivités nécessaires pour assurer le quotidien ». Coopératives de logement et d’alimentation, centres de santé autogéré, banques, écoles, production d’énergie... La mise en réseau d’alternatives socialement utiles et écologiquement soutenables permet à la CIC de poser les bases d’un nouveau système économique échappant aux règles du marché et au diktat de la rentabilité.
Pour que les membres puissent accéder aux biens et services nécessaires à leur subsistance, des moyens d’échange nouveaux ont été mis en place. L’euro n’a plus le monopole en Catalogne. Les usagers du centre de santé peuvent par exemple payer leur consultation en Ecocoop, la monnaie sociale interne à la CIC, en temps de travail ou... avec un pied de tomates. Créé sous l’impulsion de l’activiste Enric Duran, surnommé le Robin des banques pour avoir escroqué 500 000 € à des institutions financiaires, ce projet constitue « une proposition constructive de désobéissance et d’autogestion généralisée pour reconstruire la société depuis le base ».
Fédérer les alternatives
De l’autre côté des Pyrénées, à Toulouse, cette expérimentation à mi-chemin entre anarchisme et socialisme utopique, a séduit une population animée par une envie radicale de changement. Fin 2012, suite au passage d’Enric Duran et d’autres membres de la CIC, ils étaient près d’une centaine à se regrouper pour créer la Coopérative intégrale toulousaine (CIT). Squatteurs, étudiants, infirmières, graphistes, agriculteurs, bricoleurs, banquiers... Ce collectif hétéroclite espère pouvoir « fédérer et unir les alternatives existantes et en faire naître de nouvelles, comme l’explique Karim, un des piliers de l’initiative.Nous avons déjà tout à Toulouse : un garage associatif, des Amap, des écoconstructeurs, un fournisseur d’accès à internet alternatif, des gens qui travaillent sur l’énergie libre... Sauf que rien n’est connecté », constate-t-il. Et pour Mathieu, électronicien présent depuis la première réunion, le meilleur moyen de fédérer ces initiatives est de développer des monnaies sociales et l’échange non marchand afin de « sortir progressivement de l’euro et du capitalisme ».
Pour y parvenir, les membres de la coopérative intégrale toulousaine se retrouvent chaque mois lors d’une Agora où différents groupes de travail viennent faire état de l’avancée de leurs recherches.
Ce samedi, ils sont une vingtaine à s’être donné rendez-vous dans une chapelle reconvertie en squat. Les uns planchent sur des « projets productifs » tels que la mise en place d’un centre de santé autogéré ou d’un« groupement de consommation » qui vise à supprimer les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Les autres réfléchissent à la meilleure façon d’adapter « le concept de la Coopérative intégrale catalane au contexte juridique et culturel français », selon les mots de Carlos, qui consacre son doctorat en sociologie à l’étude du projet.
Autogestion, consensus et subsidiarité
Les discussions vont bon train, mais aucun vote ne viendra ponctuer la journée. En effet, cette assemblée ouverte à tous n’a pas vocation à prendre des décisions. « On concoit la prise de décision comme nécessairement concommitante de l’action. Le groupe de travail le plus petit va prendre les décisions qui sont liées à son activité selon le principe de subsidiarité », précise Carlos. Ainsi, chaque groupe d’action (santé, logement, consommation, juridique...) est autogéré et prend ses décisisons au consensus. Et pour que cette addition de forces autonomes trouve sa cohérence, les groupes mandatent un ou plusieurs de leurs membres pour rendre compte de leurs travaux lors de réunions de coordination entre groupes ou pendant l’Agora.
Cette assemblée, conçue comme un temps de délibération et d’échange a pour vocation de permettre aux différents membres de la Coopérative intégrale toulousaine d’avoir une vue d’ensemble sur les actions en cours. Elle offre également la possibilité à des groupes de travail de recruter de nouveaux membres. Ainsi, pendant la journée, l’équipe qui œuvre à la mise en place du centre de santé autogéré s’est étoffée. Trois praticiennes de santé, en activité ou en formation, ont rejoint le projet tandis que d’autres sont venus grossir les rangs des groupes logement et consommation.
Repenser nos moyens d’échange
Après presque un an de travail, les membres de la Coopérative intégrale toulousaine ont élaboré les statuts de l’association, lancé un système d’échange local (SEL) afin de partager biens, services et compétences sans utiliser d’argent et commencé à démarcher les producteurs locaux. Ceux-ci sont prêts d’une centaine à se tenir prêts. « J’attends que les outils soient en place pour m’impliquer », explique Théo, informaticien. En effet, tant que les moyens d’échange permettant aux producteurs de subvenir à leurs besoins sans passer par le système marchand ne seront pas fonctionnels, le projet ne pourra guère compter que sur le bénévolat pour avancer. « Ils sont tous en train de nous demander quand est-ce qu’ils pourront échanger entre eux », se réjouit Karim.
Mais il leur faudra patienter au moins six mois. Le temps pour le « groupe inter-échange » de trouver une formule qui permette au plus grand nombre d’y trouver son compte. « Nous voulons mettre en place un système qui puisse répondre tout de suite aux besoins des membres, ceux qui ont du temps mais pas d’argent mais aussi ceux qui ont de l’argent mais pas de temps », détaille Karim. Plusieurs modèles sont à l’étude comme les monnaies complémentaires, les SEL, les banques de travail ou les cryptomonnaies décentralisées comme les Bitcoins.
Une autre économie est possible
Mais peu importe les moyens d’échanges qu’ils choisiront, si les membres de la CIT veulent rassembler autant de producteurs et consommateurs que leurs voisins catalans, il leur faudra présenter des réalisations concrètes. Ils comptent donc d’abord expérimenter le système à petite échelle pour tester sa viabilité. « Si ça marche, on ne restera pas à 50 ou 100. Au vu de la situation économique et sociale actuelle, les gens sont déjà demandeurs d’une autre manière de fonctionner », argue Karim.
L’ampleur prise l’expérience catalane leur fait penser qu’une qu’une autre économie, viable et soutenable, est possible. Et ils ne sont pas les seuls à le croire. D’autres territoires se sont également lancés dans l’aventure en Espagne mais également à Nantes, Marseille, en Ariège et en Belgique.
Et même si le chemin emprunté est long et sinueux, les Toulousains sont persuadés de ne pas faire fausse route. « Les membres de la coopérative intégrale sont en train de générer le changement. On n’attend pas que ce soit les politiques qui le fassent à notre place, expose Carlos. On agit maintenant, depuis la base, pour créer des alternatives au système ».

Note :
Les citations des deux premiers paragraphes sont issues d’une plaquette réalisée à l’occasion de la venue d’Enric Duran en France.

[1] Les citations des deux premiers paragraphes sont issues d’une plaquette réalisée à l’occasion de la venue d’Enric Duran en France

Lire aussi : Ni capitalisme, ni Etat - la Coopérative intégrale s’épanouit à Barcelone
Source : Emmanuel Daniel pour Reporterre.
Emmanuel Daniel poursuit un Tour de France des alternatives.
Pour soutenir Reporterre :


Source : http://www.reporterre.net/A-Toulouse-une-cooperative

dimanche 24 mai 2015

La Coopérative Intégrale s'épanouit à Barcelone : ni capitalisme, ni état

Ni capitalisme, ni Etat - 

la Coopérative intégrale

 s’épanouit à Barcelone


18 mai 2015 / Emmanuel Daniel (Reporterre) 


Ils fraudent le fisc pour financer la révolution. Avec un budget de 490 000 euros, la Coopérative intégrale catalane (CIC) tente de construire ses propres « services publics coopératifs » dans le domaine de la santé, du logement, du transport ou encore de l’éducation. Leur but : se passer de l’euro, de l’Etat et des banques.

- Barcelone, reportage
Au pied de la Sagrada Familia, des cars venant du monde entier déversent chaque jour des marées de touristes qui rendent laborieuse la progression sur les trottoirs. Tous veulent leur selfie avec en arrière plan l’Ovni architectural de Gaudi. Deux pâtés d’immeubles en contrebas, au numéro 263 de la rue Sardenya, se niche une autre curiosité, mais elle n’apparaît sur aucun guide touristique.
L’immeuble baptisé Aurea Social a tous les attributs du siège d’une entreprise de service prospère. Pourtant, c’est un squat. Sûrement le plus luxueux de Barcelone qui compte pourtant une soixantaine de centres sociaux autogérés comme celui-ci. Quand on s’approche de l’entrée, la porte automatique s’ouvre sur le guichet en bois verni de la réception. Dans ce dédale de bureaux et de couloirs, des groupes de personnes s’affairent, en réunion ou le visage rivé sur leur ordinateur pendant que d’autres font du yoga ou cultivent des plantes médicinales interdites sur l’immense toit-terrasse avec vue sur le haut de la Sagrada Familia. Quand on rentre dans les toilettes, les lumières s’allument sans que l’on ait besoin d’appuyer sur l’interrupteur. On peut régler le système de ventilation de chaque pièce avec une télécommande.
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Un groupe de travail lors d’une assemblée de la CIC.
Mais le faste du bâtiment n’est pas la seule chose qui le distingue des lieux alternatifs barcelonais. Aurea Social abrite aussi le quartier général de la Coopérative Intégrale Catalane (CIC). Ce mastodonte de l’alternative créé en 2010 compte plus de deux mille membres et dispose cette année d’un budget de 490 000 euros dédié à la construction d’un nouveau monde. Ces activistes ne demandent pas de meilleurs retraites, l’instauration d’une taxe carbone ou la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement. Ils ne demandent rien. Et pour cause. « Nous rejetons l’État comme système de contrôle basé sur l’exploitation de l’être humain », expliquent-t-il dans l’Appel à la révolution intégrale qui leur sert de manifeste officieux.
La CIC s’est donné pour logo une fleur multicolore inspirée de la permaculture. Chaque pétale représente une commission et un secteur de la vie (santé, éducation, logement, alimentation, transport, technologie) que la coopérative tente d’extraire des griffes du capitalisme et de l’Etat pour les remettre dans les mains de ses utilisateurs. Ils veulent créer leur propres« services publics coopératifs » gérés par leurs usagers. Exit les politiciens professionnels, les personnes décident de ce qui les concerne lors d’assemblées quinzomadaires ouvertes à tous. Leur but : se passer progressivement de l’euro, de l’Etat et des banques et prouver que « nous pouvons vivre sans capitalisme ».

« Nous pouvons vivre sans capitalisme »

Un rêve d’adolescents immatures ? Peut-être. Toujours est-il qu’ils n’attendent pas le grand soir pour commencer à le réaliser. En quatre ans, ils ont financé ou facilité la création de deux logements sociaux coopératifs, d’une école libre, de deux ateliers de machines-outils collectivisées, d’un centre de santé, d’une colonie éco-industrielle qui travaille sur la souveraineté technologique et d’une banque autogérée sans intérêts.
La coopérative a également popularisé des techniques et des machines pour rouler en utilisant le moins possible de pétrole et dynamisé une monnaie parallèle utilisée par deux mille personnes mais aussi un atelier de transformation de produits écologiques, des greniers alimentaires et une centrale de distribution de nourriture biologique couvrant toute la Catalogne. La CIC a aussi permis à une dizaine de communautés de trouver des terres pour s’installer en zone rurale et aide les personnes sur le point de se faire expulser de leur logement à le garder ou à en trouver un autre.
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Filtre à huile qui permet au camion de rouler sans essence ou presque, 5 litres utilisés l’hiver dernier.
Pour faire tourner cette grosse machine, la CIC verse des « assignations », sorte d’argent de poche pour activistes, à environ 70 personnes qui touchent entre 200 et 900 euros par mois, en fonction de leurs besoins. Pour financer ses activités, elle ne demande évidemment pas de subventions. En fait, elle se sert elle-même dans les caisses de l’Etat via l’insoumission fiscale.
L’insoumission fiscale ? Pour comprendre, je m’éloigne de Barcelone et emprunte les routes ridiculement étroites qui mènent vers un fournil coopératif dans le nord-ouest de la Catalogne. Angel m’accueille avec un sourire et referme rapidement la porte derrière moi afin de ne pas perdre la chaleur du four. Ce trentenaire aux allures de gendre idéal est boulanger autodidacte, mais il est aussi hors la loi. Sa coopérative tourne bien, pourtant elle ne verse pas un sou au fisc espagnol. D’ailleurs, aux yeux de l’Etat, l’entreprise n’existe pas. Angel et ses cinq collaborateurs se répartissent les revenus de leur activité sans que l’administration ne voie la couleur d’un euro.
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Angel dans son fournil coopératif
Comment cela est-il possible ? Il est membre de Libertanonima [nom modifié pour ne pas faciliter le travail du fisc], une coopérative créée par la CIC qui sert de parapluie juridique à des petits artisans et commerçants, les dispensant ainsi de créer leur entreprise. Elle propose à ses « socios auto-ocupados » (membres auto-entrepreneurs) un service comptable et administratif mutualisé et sert d’interface entre eux et l’Etat. En échange de ces services, les membres paient une participation à la coopérative proportionnelle à leurs recettes et lui versent la TVA qu’ils auraient dû payer à l’Etat. Dans le cas d’Angel, un peu plus de mille euros par an, une somme largement inférieure aux charges qu’il aurait dû payer s’il avait monté une entreprise classique.
« Aux yeux de la loi, nous sommes des coopérateurs bénévoles de la coopérative, m’explique-t-il en me montrant l’attestation fournie par Libertanonima qu’il garde dans un tiroir en cas de contrôle. C’est comme si on était un groupe de cyclistes, qu’on avait un local et qu’on bossait dessus ensemble. » Sauf qu’ici, les cyclistes sont boulangers et tirent un revenu de leur activité. « Ce n’est pas illégal, c’est a-légal, précise-t-il. On jongle avec la loi. » D’ailleurs il parle de sa situation avec détachement et ne requiert pas l’anonymat. Et si jamais les enquêteurs du fisc décident de le contrôler, il les renvoie vers le siège de Libertanonima .

La banquière devenue révolutionnaire

Ils seront reçus à Aurea Social par Angels, une ancienne banquière qui a décidé de rejoindre les rangs révolutionnaires. Dans son bureau aux parois de verre, cette femme au chignon sévère et aux cheveux grisonnants les attend de pied ferme. « Ils sont déjà venus deux fois et n’ont rien trouvé à redire, on joue au chat et à la souris avec l’Etat. Et pour l’instant, la souris gagne », dit-elle avec un sourire satisfait, tout en s’affaissant sur le dossier flexible de son siège. Angels fait partie des 70 personnes qui touchent des assignations. Pour m’expliquer le complexe montage juridique qui leur a jusqu’à présent permis de passer outre la vigilance du fisc, elle saisit un crayon et une feuille et se met à dessiner.
L’astuce est la suivante : Libertanonima demande à ses membres de faire passer leurs factures personnelles pour des frais professionnels, ce faisant la coopérative équilibre artificiellement sa balance de TVA. Elle verse donc à l’Etat une somme dérisoire et réinjecte le reste dans son réseau militant. La CIC a créé plusieurs coopératives comme Libertanonima afin de noyer le poisson et de limiter les risques. Ils font en effet attention à ne jamais excéder les 120 000 € de fraude potentielle, afin de ne pas encourir de poursuites pénales. Quand une coopérative s’approche du chiffre fatidique, une nouvelle entité est créée.

De la fraude fiscale à des fins sociales

A la tête de ces « parapluies juridiques », cinq personnes, pour la plupart insolvables, sont prêtes à assumer les risques judiciaires. Piquete est l’une d’elles. Quand il ne chante pas des chansons révolutionnaires, ce cinquantenaire aux allures de rocker qui affiche son engagement anarchiste sur sont Tshirt prend part à la commission juridique de la CIC. Volubile, il est adepte de la « désobéissance civile et économique » et prend son rôle très au sérieux. « En 36, il y a eu une révolution libertaire ici en Catalogne. Des milliers d’entreprises ont été collectivisées et on a fonctionné sans chef pendant trois ans. Mais pour rendre cela possible, il a fallu des décennies de préparation morale et culturelle. C’est ce que nous essayons de faire avec la CIC, nous créons des outils pour faciliter la transition. Nous préparons la révolution tout en la faisant. »
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Piquete
Et leurs outils ne s’adressent pas qu’aux militants professionnels. Restaurateurs, maraîchers, bijoutiers, bûcherons, brasseurs, graphistes, documentaristes, éditeurs... Ils sont près de 700 artistes, artisans ou petits commerçants, seuls ou en mini collectifs de travail, à utiliser le statut de « socio auto-ocupado ». Mais la CIC n’a rien inventé. Nombre d’entreprises capitalistes font également de l’optimisation fiscale afin de se soustraire à l’impôt. Sauf qu’ici, les gains sont distribués de manière collective à des projets sociaux. De la fraude fiscale en bande organisée ? Oui, mais à des fins révolutionnaires !
- A SUIVRE…

Lire aussi : A Toulouse, une « coopérative intégrale » prépare l’après-capitalisme

Source et photos : Emmanuel Daniel pour Reporterre
. Photo chapô : la boulangerie coopérative où travaille Angel.


samedi 23 mai 2015

Alsthom, la corruption, Chevènement et Mélenchon



Alstom, la corruption, 


Chevènement et Mélenchon

Suis à l’hosto, pour ceux que ça intéresse. Il ne me reste plus qu’à marcher.
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Avis ! Le journal Le Nouvel Observateur s’améliore (un peu). Vous me direz que ça pouvait difficilement être pire, et j’en conviendrai avec vous. En tout cas, je vous signale un article solide dans le numéro 2635 de la semaine du 7 au 13 mai. Titre : Alstom, “une décennie de corruption”. Avant de détailler les belles méthodes de ce groupe si important dans notre histoire industrielle, je vous invite à me suivre dans les présentations.
Chevènement en baderne tricolore
Celui qui parle finalement le mieux d’Alstom, c’est cette baderne patriotarde appelée Jean-Pierre Chevènement. Après avoir mangé dans la main des staliniens dans les années 70, celui qui incarnait alors la « gauche » du parti socialiste finit sa vie en uniforme rouge garance, trompettant la France à tout bout de champ. Inutile de le nier, il est drôle. Comme il a longtemps été l’élu de Belfort, il ne cesse depuis de défendre le sort d’Alstom - sa branche Énergie a été rachetée il y a un an par les Américains de General Electric -, dont les usines historiques se trouvent dans la ville. Mais avec quels arguments ! Dans un entretien à la chaîne télévisée Public Sénat, en avril 2014, il lâche tout de go : « Alstom n’existe que par l’Etat. Alstom, c’est la France. Ce sont les locomotives fabriquées à Belfort depuis 1880. Et toutes celles qui ont suivi. Les turbines, y compris celles du nucléaire ».
On y voit déjà plus clair. Les turbines Alstom font tourner 30 % du parc nucléaire mondial. Du monde ! J’y ajoute pour faire bon poids les grands barrages hydro-électriques, ceux qui détruisent les écosystèmes et les rivières, ceux qui chassent de chez eux, à coup de bâtons, de matraques ou de flingues, des millions de gueux. On trouve sur le site d’Alstom cette phrase imaginée par je ne sais quel fanatique communicant : «Aujourd’hui plus de 25 % de la capacité hydroélectrique totale au monde dépend de turbines et d’alternateurs Alstom ». Les Trois-Gorges, cet ignoble barrage chinois, c’est Alstom. Celui de Belo Monte, au Brésil, idem. Et tant d’autres ! Je vous signale sur le sujet un article excellent d’Olivier Petitjean (ici) pour BastaMag.
Une petite amende de 772 millions de dollars
Et je continue. Cette boîte géante de 93 500 salariés (chiffres 2011) pratique, à la vérité comme beaucoup d’autres, une corruption massive sans laquelle elle aurait fait faillite depuis longtemps. Je reviens pour les faits à l’article de l’Obs, cité au début de ce papier (de Caroline Michel). Alstom, excellents amis de Planète sans visa, vient d’être condamné à une amende stupéfiante de 772 millions de dollars par la justice américaine pour corruption. On peut certes se dire - un Chevènement se dit peut-être - qu’il s’agit d’un coup fourré made in America. Seulement, ce n’est pas le cas. Alstom, en effet, a plaidé coupable, reconnaissant les faits comme « vrais et exacts ». Oui, entre 2000 et 2011, Alstom a truandé, traitant avec des pseudonymes figurant dans les documents sous le nom de Vieil Ami, Homme tranquille, Paris, Genève, Londres. En Égypte, en Arabie Saoudite, à Taïwan, en Indonésie, etc. Commentaire de James M.Cole, procureur général amerloque : « Le système mis au point par Alstom s’est étendu sur plus d’une décennie et à travers plusieurs continents. Nous avons été effarés par son ampleur, son audace et ses conséquences dans le monde entier. »
La version officielle d’Alstom - faut bien dire quelque chose, quand on se fait gauler -, c’est qu’il s’agit de vieilles histoires. 2011, au pays de l’oubli organisé, c’est du passé. Mais d’autres enquêtes sur Alstom sont en cours - en Angleterre, en Slovénie - dont on regardera le résultat avec un certain appétit. Le patron en titre d’Alstom, Patrick Kron, jure n’avoir aucune responsabilité dans ces malheureux incidents à répétition, car l’essentiel se serait passé avant qu’il ne prenne les rênes. Si vous en avez la possibilité, vous lirez la réponse de l’Obs à la question suivante :« Patrick Kron pouvait-il ne pas savoir ? ». Il a touché à lui seul quatre millions d’euros quand il a vendu une partie d’Alstom : encore bravo. Enfin, et si vous savez suffisamment l’anglais, sachez qu’on peut trouver en ligne un document officiel américain que je n’ai fait que parcourir, et qui semble très distrayant (ici).
Mais où sont passées les barbouzes d’Elf ?
Voici venue l’heure de quelques questions. Une petite partie, je le crains, car cette affaire en pose un trop grand nombre. La première : Alstom est-il la seule, dans les entreprises transnationales françaises, à agir de la sorte ? Je reconnais que c’est rhétorique, car les preuves surabondent du contraire. Par exemple, Total, de cet excellent défunt qu’est Christophe de Margerie. En 2000, Elf est absorbé par Total avec son service secret interne, qui joua un rôle direct et souvent barbouzard dans le destin de plusieurs pays africains producteurs de pétrole. Au premier rang desquels le Gabon, où notre cher grand pays avait osé envoyer comme ambassadeur un certain Maurice Robert, vieux pilier de ce qu’on n’appelait pas encore la DGSE (ici). Je vous laisse divaguer librement sur les méthodes sympathiques de ces hommes, qui mirent par exemple le Cameroun à feu et à sang, faisant sur place quelque chose comme 100 000 morts (ici).
Total, donc, mais aussi ces multinationales de l’eau bien de chez nous, qui ont su opportunément changer de nom. Ni vu ni connu, j’t'embrouille. Veolia - 187 000 salariés - s’appelait la Compagnie générale des Eaux à la belle époque où son P-DG, Guy Dejouany, était mis en examen pour corruption active. Si on veut en savoir plus, grâce à Jean-Luc Touly, c’est ici. Assurément, les choses ont changé, mais je note à ce sujet, avec une évidente surprise, que Veolia a été mise en cause dans la construction d’un tramway en Cisjordanie, en compagnie de notre bon ami Alstom (ici). Total, donc, et Veolia, et bien entendu la Lyonnaise des Eaux, qui préfère aujourd’hui se présenter sous le nom de son patron, Suez Environnement.
Alain Carignon en « visiteur du soir »
Je n’insiste pas sur la Lyonnaise, dont le P-DG d’il y a vingt ans, Jérôme Monod, fut pris dans la tourmente Alain Carignon à Grenoble. En deux mots, Carignon, maire RPR de Grenoble entre 1983 et 1995, a été condamné en 1996 à cinq ans de taule pour corruption et subornation de témoins. Le drôle avait vendu l’eau municipale de la ville à la Lyonnaise, qui avait renvoyé l’ascenseur. Monod, avant de prendre la tête de la Lyonnaise, avait en toute simplicité été le secrétaire général du RPR. Quant à Sarkozy - il est rare qu’il ne soit pas dans le coin -, il a fait de Carignon, lorsqu’il était notre président, un « visiteur du soir ». C’est-à-dire un mec qui passe prendre un verre après les heures de bureau, pour donner des conseils. On apprécie.
Total, donc, et Veolia et la Lyonnaise et j’arrête là. Il va de soi que le schéma vaut pour toutes les entreprises qui jouent au gigantesque Bingo de la mondialisation capitaliste. Toutes ? Toutes. La vérité de ce monde, l’une de ses vérités les plus enracinées, c’est qu’il faut acheter les consciences avant que d’exterminer les formes de vie. Ne croyez surtout pas que les pauvres et moins pauvres du Sud réclament à grands cris les productions de ces salauds. On leur fait avaler de force une mixture concoctée au moment des deals entre corrompus et corrupteurs. Marche ou crève, petit d’homme !
Le nucléaire français aux mains de General Electric
Imaginez une seconde avec moi. On met autour d’une table des décideurs. Un gars - ou une fille - de la Banque Mondiale, un sous-patron d’Alstom, un ou deux ou trois ministres du pays-cible, quelques techniciens capables de lire une carte et d’affirmer la main sur le cœur que tel fleuve est insupportablement sous-équipé en hydro-électricité. En quoi la décision finale pourrait-elle être un problème ? Il suffit de pouvoir puiser dans une caisse noire, et justement, comme cela tombe bien, il y en a à tous les étages. Ainsi marchera le monde à l’abîme tant que nous ne serons pas capables d’une révolte tout à fait radicale. On verra donc.
Dernière info : selon le journaliste Jean-Michel Quatrepoint - un gars tout ce qu’il y a de sérieux -, la France a vendu sans nous prévenir le contrôle des réacteurs nucléaires aux États-Unis. À une boîte privée - General Electric - qui peut décider demain ce qu’elle veut, ou à peu près. Citation :« On peut dire ce que l’on veut, mais c’est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines [nucléaires]. C’est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. La golden share que le gouvernement français aurait en matière de sécurité nucléaire n’est qu’un leurre. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire…». L’entretien complet est ici.
L’éloquent silence de Mélenchon
Je crois avoir déjà largement abusé de votre temps. J’ai commencé avec ce si sympathique Chevènement, mais avec lui, c’est presque trop simple. En vérité, toute la classe politique française s’est vautrée dans un soutien patriotique à Alstom, quand General Electric montrait ses dents acérées. Ne parlons même pas des clampins qui nous gouvernent. Ni de la droite qui aspire tant à prendre leurs places. Voyons plutôt du côté de Mélenchon : notre Great Leader Chairman - façon villages Potemkine - a réclamé pendant toute la crise la nationalisation d’Alstom, présentée mille fois comme un « fleuron national ». Extrait de son blog : « Après avoir laissé General Electric piller Alstom, [le gouvernement] doit défendre les intérêts fondamentaux de la nation ».
Lui si prolixe, lui si enflammé, lui si rigoureux dans la défense des principes, ne trouve rien à dire à la corruption massive assumée par son petit chéri de groupe capitaliste. La leçon, bien qu’un peu morose, est limpide : ces gens sont indifférents au sort des peuples qui pleurent, gémissent et meurent sous le knout des puissants. Ces gens, tous ces gens au-delà d’apparentes bisbilles, sont d’accord avec l’organisation du monde. Le paysan chinois, le paysan indien, le paysan brésilien, le paysan égyptien, le paysan éthiopien peuvent aller se faire foutre. Et c’est d’ailleurs ce qu’ils font, dans le silence de mort des médias. Mais moi, bien que cela n’aille pas loin, je maudis tous ceux qui donnent la main au désastre. Ou qui se taisent. J’aimerais réellement beaucoup traîner toute cette canaille au tribunal de la conscience humaine que j’appelle tant de mes vœux. Allez, cela viendra. L’horreur, c’est de devoir attendre.

Source : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1889

vendredi 22 mai 2015

La France a expulsé un camp de Roms tous les 3 jours en 2014

La France a expulsé un camp de 

Roms tous les 3 jours en 2014


Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par 
Pour les Roms, 2014 aura cruellement ressemblé à 2013. L’année s’est soldée par au moins 13 483 expulsions de personnes vivant dans des camps, selon le European Roma Rights Centre (ERRC) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Ce qui signifie un rythme de près de 3 expulsions de lieux de vie par semaine.

Si ce nombre est difficile à interpréter de façon brute, il prend tout son sens lorsque Philippe Goossens, rapporteur à la LDH, le confronte à la population vivant en bidonvilles. Pour lui, « on a évacué en 2014, 80 % de la population vivant dans les bidonvilles en France ». Son calcul s’appuie sur l’évaluation de la Délégation interministérielle à l’habitation et au logement (la DIHAL) qui a établi à 17 457 le nombre de personnes vivant dans un bidonville au 17 novembre 2014. Comme 13 483 personnes ont été délogées, le calcul est simple.

En fait, la situation est différente selon les régions. La zone la plus précaire reste l’Ile de France. 67 % des évacuations ont eu lieu dans cette région, alors que cette zone ne concentre que 47 % des populations en bidonville. La région Rhône-Alpes est aussi très sujette aux opérations de démantèlement : 17 % des évacuations y ont eu lieu alors que seule 7 % de la population des campements de fortune y réside. Certaines régions comme les pays de la Loire ont été données en exemple par la LDH. Seul 1,8 % de la population Rom y a été expulsée de son habitat en 2014 alors qu’elle représente 8 % de la population vivant en bidonville.

Déception


Lors de la présentation de ces statistiques, les deux associations, European Roma Right Center et LDH ont affiché leur déception. D’abord, parce qu’à leurs yeux la France est un des pays d’Europe qui expulse le plus les précaires, ensuite parce que ces méthodes vont à l’encontre des promesses électorales de 2012.
« En Italie, alors qu’on estime à 40 000 personnes la population vivant dans les bidonvilles, 56 campements ont été évacués, comptant chacun 25 à 30 personnes ; en Espagne on ne pratique par vraiment d’évacuation… », rappelle Manon Fillonneau déléguée de ERRC.

Déjà, dans son avis rendu le 20 novembre 2014, la Commission nationale consultative des droits de l’homme avait constaté à propos de la France qu’à « une politique d’intégration c’est une politique d’évacuation qui a été privilégiée, faisant fi des situations humaines tragiques et institutionnalisant au plus haut niveau de l’Etat la violation des droits des populations vivant en bidonvilles en France ».

Une circulaire publiée le 29 août 2012, élaborée par six ministres et signée par Manuel Valls, promettait pourtant « l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ». Le texte demandait aux représentants de l’Etat de « procéder à une première évaluation de la situation » des Roms « dès [qu’ils auront] connaissance  » de l’installation d’un campement ; insistant aussi beaucoup sur la notion de « concertation » avec les associations et les autres acteurs publics. Ce texte qui ne mettait pas fin aux évacuations, mais les encadrait est resté lettre morte.

Evacuations


Les évacuations ont continué et ont même changé de nature. « Sur les 135 lieux évacués en 2014, 98 l’ont été après décision d’un tribunal, 5 sur seule crainte et 35 après un arrêté pris par le maire », rappelle Manon Fillonneau. Les évacuations réalisées suite à des arrêtés municipaux sont celles qui respectent le moins le droit des victimes et aussi celles qui augmentent le plus rapidement. En 2013, 20 % des évacuations de camps ont eu lieu suite à un arrêté. Elles sont 25 % en 2014.
Face à ces violences, la LDH et L’ERRC demandent que « les autorités françaises modifient leur politique d’expulsion inutile et déshumanisante en 2015, et concentrent leur énergie et leurs ressources vers des politiques d’intégration globales ». 

La LDH, consciente que tous les Roms ne pourront dans l’immédiat bénéficier d’un logement en dur, appelle à améliorer les conditions de vie sur place dans l’attente de trouver une solution pérenne. « Les expulsions continuent à réduire à néant la scolarisation, le travail social, les soins médicaux, et la recherche d’emploi des habitants des bidonvilles ; la politique d’expulsion entrave tous les efforts d’intégration, elle accroît la vulnérabilité des Roms et les marginalise toujours plus », ajoute Nadia Doghramadjian, la secrétaire générale adjointe de la Ligue des Droits de l’Homme.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/03/la-france-a-expulse-un-camp-de-rom-tous-les-3-jours-en-2014_4569112_3224.html


jeudi 21 mai 2015

Promenades botaniques - plantes médicinales en Roussillon

On a reçu ça : 



Plantes médicinales en Roussillon...

... résolument vers l'été



Promenades botaniques au fil des saisons

Régulièrement animées par

Marc Lachèvre,
 Botaniste et producteur de plantes médicinales
Dimanche 24 mai 2015

Après-midi autour du village médiéval de Castelnou (à 5km de Thuir)

Rendez-vous : 14h30, au parking près de l'entrée du village

Participation : 10 euros
Dimanche 31 mai 2015

Après-midi à Baillestavy au creux de la vallée de la Lentilla au départ du village de Vinçà

Rendez-vous : 14h30, devant la salle des fêtes, en bas du village

Participation : 10 euros
Dimanche 14 juin 2015

La journée, à travers la réserve naturelle de Py(vallée de la Rotja)

Un lieu de sensibilisation à la protection de la diversité, de la nature et d'éducation à l'environnement

Repas tiré du sac
Prévoir de bonnes chaussures de marche


Rendez-vous : 09h30, à la sortie du village de Py, en Conflent, au-dessus de Sahorre

Participation : 16 euros
Dimanche 21 juin 2015

Après-midi au Col de l'Ouillat, dans le massif de l'Albère

Route de Saint Jean d'Albère, au départ du Perthus

Une évocation de la fête du solstice d'été : les fleurs de la Saint-Jean

Rendez-vous : 14h30, devant le refuge du Col de l'Ouillat

Participation : 10 euros

Nombre de participants limités.

Il est important de s'inscrire en téléphonant au 04 68 39 43 20

En cas de mauvais temps, la sortie sera annulée.
Association BOTANICA
Taillet - 66400 CERET


assoc.botanica@wanadoo.fr